Si l’on peut faire des confitures tout au long de l’année, les fruits d’été se prêtent particulièrement bien aux confitures. Fait maison, c’est tellement bon. Si les recettes de confiture sont toujours ultra simples, qui ne s’est jamais demandé comment savoir si la confiture est cuite ou non ? Dans cet article, nous vous présentons quelques astuces et conseils pour savoir quand votre confiture est cuite, combien de temps la cuire, et comment la rattraper en cas de problème de cuisson.
Réaliser sa confiture maison, c’est tout un art : celui de capturer le goût de vos fruits fraîchement cueillis, de trouver le parfait équilibre entre sucrosité et acidité, mais surtout… de maîtriser la cuisson. Une cuisson juste et réussie donnera à votre confiture sa texture, mais également son goût. Le plaisir est au rendez-vous dès la préparation : s’attabler à plusieurs pour éplucher ou dénoyauter les fruits, tout en conversant. Humer les délicats parfums qui enveloppent toute la maison pendant la cuisson. Créer des souvenirs enchantés pour nos enfants et petits-enfants, qui apprécient de prendre part à la réalisation de leurs futurs goûters. On aime aussi offrir ces précieux nectars à nos plus chers amis !
On les adore… rien de tel que les confitures que l’on a faites soi-même ! Il n’y a pas de saison pour en manger : on les savoure toute l’année, gorgées de soleil, de vitamines et tout en couleurs. Toutefois, c’est au printemps et en été que les fruits les plus variés abondent pour confectionner ses confitures. En automne et en hiver, on adopte les marmelades aux agrumes et confitures aux fruits secs qui sont, elles aussi, divines !
En bref : on veut toutes et tous savoir comment faire la confiture comme autrefois, n’est-ce pas ? Seulement, voilà : c’est à la fois très simple (des fruits, du sucre) et… complexe de les réussir vraiment ! Autant de questions incontournables à se poser avant de se lancer, et auxquelles le Club Fackelmann répond pour vous. Prêt.es ? Suivez le guide !
L’idéal, ce sont les fruits de saison, qui sont au mieux de leur saveur, de leurs vitamines, et bien plus économiques qu’à tout autre moment. On les choisit bien mûrs, et toutefois pas blets ou ramollis. Ces derniers sont déjà moins savoureux et contiennent moins de pectine, essentielle pour que la confiture prenne bien.
Vous cultivez votre jardin ? Si vous avez des pommes… et du temps, gardez-en pour faire votre propre pectine (cf plus bas). Vous récoltez des petits fruits rouges, mais juste un peu à chaque fois ? Vous pouvez les surgeler et préparer votre confiture ou gelée lorsque vous en aurez ramassé suffisamment.
N’hésitez pas à marier les saveurs pour créer des recettes de confiture bien à vous ! Associez plusieurs fruits, personnalisez avec des épices (vanille, cannelle, piment, anis étoilé, poivre, safran…), des herbes (romarin, basilic, thym, menthe…), infusez des fleurs (violette, pissenlit, rose…), ajoutez des zestes d’agrumes ou un soupçon de gingembre. En bref : libérez votre imagination !
Notre astuce : si possible, préférez les fruits de producteurs locaux, qui n’auront pas fait des kilomètres en camion réfrigéré (mauvais pour leur saveur et pour la planète). Bon à savoir : en fin de marché, les commerçants sont ravis de brader les fruits restants, et tout le monde est content. Si vous achetez des fruits bio, il n’est pas nécessaire de les éplucher, sauf si leur peau est trop épaisse.
Comme toujours en cuisine, l’ustensile approprié est votre meilleur allié pour réussir votre préparation. Les confitures et gelées nécessitent quelques ustensiles très spécifiques ; les autres sont polyvalents et vous serviront aussi pour mille autres recettes ! De quoi avez-vous (vraiment) besoin, étape par étape ? On fait le point.
Le bon basique est le sucre semoule (ou sucre cristallisé). Vous pouvez laisser libre cours à vos goûts, à votre imagination ! Il existe mille sucres pour varier les saveurs : blonds, roux (cassonade, vergeoise), bruns, complets (rapadura, muscovado), sucre de fleur de coco, sirop d’agave ou même pointe de miel… Bon à savoir : moins les sucres sont raffinés, plus leur saveur est prononcée, et peut prendre le pas sur celle du fruit. Il s’agit de mettre le fruit en valeur par une alliance subtile, avec un sucre original qui agit comme une épice. Allez-y en douceur avec ces sucres puissants, gardez une bonne proportion de sucre semoule et faites vos mélanges, que vous testerez sur de petites quantités !
Côté gélifiants, les fruits en contiennent dans la peau et les pépins (en quantités variables) : c’est la pectine. Il n’est pas indispensable d’en ajouter, sauf pour les fruits qui en contiennent le moins (fraises, rhubarbe, cerises, pêches, cassis, framboises, mûres, poires, figues…). On trouve dans le commerce de la pectine de fruits, et vous pouvez aussi réaliser la vôtre, avec des pommes (cf ici). Naturel également, l’agar-agar est un gélifiant extrait d’algues rouges.
Certains sucres « spéciaux confitures », contiennent des conservateurs et des ingrédients destinés à « faire prendre » les confitures, qui laissent une saveur indésirable.
Si vous avez la chance d’avoir des pommiers, c’est idéal pour ne rien gâcher de vos délicieux fruits du jardin ! Idem si vous choisissez des pommes bio. Rien de plus simple (mais ça demande de la patience) ! Après lavage, épluchage et découpage, conservez toutes vos épluchures, trognons et pépins de pommes que vous placerez dans un sac au congélateur. Quand vous en avez mis de côté au moins 1 kg, mettez-les dans un grand faitout en inox, ajoutez de l’eau (juste de quoi les recouvrir) et portez à ébullition. Puis baissez le feu et posez le couvercle de côté, afin que la vapeur puisse s’évacuer un peu. Laissez mijoter 2 heures à feu doux, en remuant de temps en temps. Passez au chinois, puis placez votre pectine dans des moules à cupcakes en silicone que vous mettrez à congeler. Vous pourrez ensuite en disposer toute l’année !
Vos beaux fruits de saison sont sur la table, idéalement votre équipe de confituriers est installée à vos côtés, et vous allez passer un bon moment ensemble.
On lave, on épluche (sauf les fruits bio), on coupe les parties abîmées, on équeute, on dénoyaute, on coupe en morceaux sur une planche en bois. Astuce : surtout n’épluchez pas la rhubarbe bio ou du jardin ! C’est sa peau qui va donner à la confiture sa délicate couleur rosée, et davantage d’arômes.
C’est le moment de sortir sa balance ou son verre doseur pour peser la quantité de fruits restante après épluchage. Traditionnellement, nos grand-mères mettaient poids pour poids de sucre, soit 1 kg de sucre pour 1 kg de fruits. C’est le cas aujourd’hui pour la plupart des confitures industrielles : elles se conservent ainsi sur de longues périodes. Faire sa confiture soi-même est l’occasion de sucrer un peu moins : on sait que c’est meilleur pour la santé, et la saveur du fruit n’en sera que plus présente ! Les meilleurs confituriers comptent 700 g de sucre pour un kg de fruits. Vous pouvez descendre jusqu’à 500 g de sucre pour 1 kg de fruits, mais la conservation sera moins longue.
Mélangez à l'aide d'une cuiller en bois les fruits et le sucre dans un récipient (en verre ou en acier inox). A ce stade, ajoutez également les épices, les herbes ou les zestes d'agrumes que vous aurez éventuellement choisis pour s'allier à vos fruits. Couvrez les d’une feuille de papier sulfurisé, et placez au réfrigérateur, ainsi qu’une petite assiette vide (vous en aurez besoin demain). Laissez macérer au frais pendant une nuit.
Pour les fruits pauvres en pectine, 3 solutions : ajouter à votre mélange de la pectine de fruits achetée dans le commerce, ou un palet de la pectine que vous avez-vous-même confectionné ; ou encore des zestes d’agrumes, un trognon de pomme et des pépins enveloppés dans une mousseline.
Pas question de laisser des bactéries ou moisissures gâcher nos confitures ! Juste avant de cuire la confiture, lavez soigneusement les pots et couvercles. Puis mettez-les dans votre stérilisateur si vous en disposez ; sinon plongez-les dans un faitout plein d’eau bouillante pendant 10 minutes. Vous les sortirez à l’aide d’une pince à bocaux ou d’une fourchette, sans mettre les doigts à l’intérieur (sinon, flûte : tout est à recommencer). Ensuite, retournez-les sur un torchon bien propre, sans essuyer (comme pour nos doigts, même si le torchon est propre, la stérilisation ne sera pas optimale).
Attrapez votre bassine, votre faitout ou votre cocotte en fonte et versez-y le joli mélange (un petit coup de cuillère en bois pour le remuer au passage). Placez-la sur feu vif et portez à ébullition pendant 15 à 20 minutes, en remuant de temps en temps. Laissez l’écume se former pendant une dizaine de minutes, puis retirez là à l’aide d’une écumoire. A quoi bon nous direz-vous ? On la laisse au départ car elle peut contenir de la pectine. Ensuite, elle concentre les impuretés qui risquent d’altérer le goût de la confiture, de la faire durcir ou moisir.
La confiture est cuite lorsqu’elle atteint 105°C. Vous avez un thermomètre de cuisson : rien de plus facile. Vous n’en avez pas ? Observez bien votre mélange : quand les fruits deviennent plus translucides, versez quelques gouttes de votre mélange sur votre assiette froide. Si la confiture se fige et ne coule pas lorsque vous penchez l’assiette, c’est cuit !
Le temps de cuisson idéal d’une confiture varie d’une recette à l’autre. Il dépend principalement des fruits cuisinés, de leur teneur en eau, en sucre et en pectine, mais également de l’ajout éventuel de gélifiant (pectine ou agar-agar). Si vous testez régulièrement de nouvelles recettes, il peut donc être assez difficile de s’y retrouver. Heureusement, il existe quelques méthodes très fiables pour savoir quand la confiture est cuite :
Il n’y a pas de durée universelle, le temps de cuisson d’une confiture dépend de plusieurs facteurs :
En général, selon la recette, comptez un temps de cuisson de 10 à 20 minutes après ébullition.
| Méthode | Description | Avantages | Inconvénients |
|---|---|---|---|
| Thermomètre à sucre | Mesure la température de la confiture. | Précis et facile à utiliser. | Nécessite un thermomètre à sucre. |
| Test de l'assiette froide | Déposer une goutte de confiture sur une assiette froide et observer sa consistance. | Simple et ne nécessite pas d'équipement spécifique. | Moins précis que le thermomètre. |
| Expérience | Observer les changements dans la confiture pendant la cuisson. | Ne nécessite pas d'équipement. | Demande de l'expérience pour être précis. |
Munissez-vous de votre louche, de votre entonnoir et de votre habileté légendaire ! Remplissez les pots au maximum avec la confiture bouillante et vissez leur couvercle.
Pour la stérilisation de vos confitures, 2 options :
Les pots ont refroidi, vous avez passé un petit coup d’éponge à l’extérieur ? Place aux étiquettes ! Elles sont décoratives certes, mais aussi bien utiles pour noter le contenu et la date de création de la confiture. Vous saurez ainsi quels pots ouvrir en priorité.
C’est tout simple : on les place nos pots dans un endroit frais et sec, à l'abri de la lumière. Une fois ouverts, placez vos pots au réfrigérateur et dégustez-les vite !
Préparer une confiture maison est une activité à la fois simple et gratifiante, mais elle peut parfois réserver des surprises. Qui n’a jamais ouvert un pot pour découvrir une texture trop liquide qui dégouline de la tartine ou, au contraire, une masse compacte difficile à étaler ? Heureusement, nos grands-mères savaient comment ajuster ces petits ratés sans jamais gaspiller leur précieuse production.
Il existe plusieurs raisons pour lesquelles une confiture reste désespérément fluide après cuisson. L’une des principales explications réside dans la teneur en pectine des fruits utilisés. Un autre facteur clé est le temps de cuisson. Une confiture qui n’a pas assez cuit contient encore trop d’eau et ne s’épaissira pas correctement une fois refroidie. Le dosage du sucre joue aussi un rôle déterminant. Le sucre, en plus de sucrer, agit comme un conservateur et contribue à la texture finale de la confiture. Enfin, il faut évoquer le matériel : l’utilisation d’une casserole trop petite peut impacter négativement votre recette, de même d’ailleurs qu’une cuisson à feu trop doux peut empêcher l’évaporation rapide de l’eau contenue dans les fruits.
Si votre confiture est trop fluide après refroidissement, vous n’avez ni à la jeter, ni à l’utiliser uniquement en coulis. La première consiste tout simplement à prolonger la cuisson. Il suffit de remettre la confiture sur le feu et de la laisser mijoter quelques minutes supplémentaires à feu moyen, en remuant régulièrement pour éviter qu’elle n’accroche. Pour vérifier si elle est prête, on peut utiliser la méthode de l’assiette froide. Une autre astuce consiste à ajouter un gélifiant naturel. La pectine peut être apportée sous forme d’un morceau de pomme râpée ou d’un sachet de pectine du commerce, mais l’un des remèdes les plus efficaces et naturels reste l’ajout de jus de citron. L’acidité du citron active la pectine naturellement présente dans les fruits et aide à la prise de la confiture. Une autre alternative consiste à utiliser l’agar-agar, un gélifiant végétal extrait d’algues. Enfin, si vous disposez déjà d’une confiture bien prise sous la main, il est possible de la mélanger avec la confiture trop liquide.
Compte tenu des éléments que vous avez déjà pu lire jusqu’ici, vous comprenez qu’une confiture trop dense ou trop figée est souvent le résultat d’une cuisson trop prolongée. Un excès de pectine peut jouer un rôle semblable. Mais il arrive aussi que ce problème survienne simplement parce que les fruits eux-mêmes manquent d’humidité. La solution la plus simple pour détendre une confiture trop compacte est de la réchauffer en y ajoutant un peu de liquide. Il est préférable d’utiliser du jus de fruit plutôt que de l’eau, afin de ne pas altérer le goût. Une autre astuce consiste à mélanger la confiture trop épaisse avec une confiture plus liquide.
Maîtriser la cuisson d’une confiture, c’est avant tout connaître les fruits, observer, tester et ajuster. Avec ces quelques techniques et astuces et un peu d’expérience, vos confitures maison seront réussies à tous les coups !
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