Problèmes de Digestion de la Viande Rouge : Causes et Solutions

La digestion est un système complexe où l'aliment consommé est transformé en nutriment et en déchet. Ce processus se déroule en plusieurs étapes, incluant la digestion mécanique, gastrique, intestinale et colique.

Qu'est-ce que l'hyperperméabilité intestinale ?

Certaines personnes peuvent être sujettes à l’hyperperméabilité intestinale aussi appelée « syndrome de l’intestin qui fuit ». Chez elles, la muqueuse intestinale est fragilisée, et ne fonctionne pas correctement, laissant passer dans le sang des substances indésirables. Cette mauvaise étanchéité provoquerait des symptômes gênants, et pourrait être à l’origine de pathologies intestinales mais aussi extra intestinales comme les maladies auto-immunes et les désordres métaboliques.

L’hyperperméabilité intestinale vient d’un déséquilibre au niveau des intestins, qui laissent passer nutriments, bactéries et déchets dans le sang. En cas de dysfonctionnement, son rôle de barrière est compromis. On parle alors d’intestin poreux. Qu’est-ce que l’hyperperméabilité intestinale ? Quels sont ses symptômes et comment la soulager ?

Zoom sur la muqueuse intestinale

Notre écosystème intestinal est composé de 3 éléments : la flore intestinale, la muqueuse intestinale et le système immunitaire intestinal. La muqueuse intestinale qui est en d’autres termes la paroi interne de l’intestin grêle est une membrane très fine et plissée qui revêt l’intestin.

Les cellules qui composent la muqueuse se renouvellent tous les 2 jours, elles sont reliées entre elles par une structure appelée jonction serrée qui laisse passer les nutriments (vitamines, minéraux, acides aminés, acides gras…) et sert de barrière aux substances potentiellement toxiques : parasites, virus, bactéries, aliments incomplètement digérés… La muqueuse intestinale joue ainsi un rôle de filtre.

Dans le cas d'une hyperperméabilité intestinale, également appelée “leaky gut”, ces jonctions serrées s'affaiblissent ou s'ouvrent davantage que la normale, principalement au niveau de l’intestin grêle. La paroi devient plus perméable et agit comme une "passoire" involontaire.

Ce phénomène d'augmentation de la perméabilité intestinale permet à des éléments qui devraient normalement rester dans le tube digestif de se retrouver dans la circulation sanguine.

La perméabilité intestinale est régulée par des facteurs internes (hormones, inflammation…) et des facteurs externes (alimentation, stress, micro-organismes, traitements médicamenteux…). L’étanchéité de la paroi intestinale peut notamment être altérée par la consommation excessive d’alcool et de produits transformés sucrés, les anti-inflammatoires ou encore les chimiothérapies.

Quels sont les symptômes d'un intestin poreux ?

Les symptômes du “leaky gut" sont multiples et peuvent être ressentis différemment d’une personne à l’autre. Ils se manifestent aussi bien directement au niveau digestif qu'à distance, en affectant d'autres systèmes du corps. Cette diversité rend le diagnostic parfois difficile, car certains signes sont communs à d’autres maladies.

Les signes digestifs directs :

  • Ballonnements et gaz excessifs dus à la fermentation des aliments non digérés et à la prolifération de mauvaises bactéries dans l'intestin devenu perméable.
  • Douleurs abdominales et crampes en raison de l’inflammation et l'irritation de la muqueuse intestinale.
  • Diarrhée et/ou constipation. Un intestin poreux perturbe le transit intestinal, entraînant divers troubles digestifs.
  • Indigestion et reflux acide causés par une mauvaise digestion des aliments et une inflammation.
  • Sensibilités ou intolérances alimentaires nouvelles dues au passage de particules d'aliments non digérés dans la circulation sanguine qui peuvent inciter le système immunitaire à les identifier comme des menaces, créant de nouvelles réactions.

Les manifestations à distance :

L’intestin poreux peut aussi impacter tout le corps. En cause : l'inflammation systémique et la surcharge du système immunitaire. Plusieurs manifestations extra-digestives ont été rapportées :

  • Fatigue chronique liée à l’inflammation persistante associée à une malabsorption des nutriments.
  • Troubles cutanés de type eczéma, acné, psoriasis ou rosacée.
  • Douleurs musculaires et articulaires.
  • Migraines, sensations de brouillard cérébral (lien axe intestin-cerveau).
  • Carences nutritionnelles: la muqueuse intestinale endommagée absorbe moins bien les vitamines et minéraux, même avec une alimentation équilibrée.
  • Faiblesse du système immunitaire qui, constamment activé par l'intestin poreux, peut devenir moins efficace face aux vraies menaces, augmentant la susceptibilité aux infections.

Le lien suspecté avec les maladies auto-immunes

L'hyperperméabilité intestinale pourrait jouer un rôle potentiel dans le développement des maladies auto-immunes en raison du passage de molécules : toxines, fragments bactériens, protéines alimentaires dans la circulation sanguine.

Le système immunitaire les identifie comme étrangères et produit des anticorps. La relation entre un microbiote altéré, une barrière intestinale perturbée et le développement de maladies est complexe et souvent bidirectionnelle.

L'hyperperméabilité intestinale est plus fréquente chez les patients atteints d'hypertension, de MICI (où elle peut précéder l'apparition des symptômes cliniques et est liée à une dysbiose et à une inflammation), de maladies chroniques du foie, de polyarthrite rhumatoïde et de spondylarthrite ankylosante, où des taux élevés de zonuline sont observés.

Des liens sont également établis avec la maladie de Parkinson, les troubles du spectre autistique, le diabète de type 1 et 2 (où la porosité intestinale et la dysbiose peuvent précéder les symptômes et aggraver la résistance à l'insuline), et l'obésité.

Le dysfonctionnement de la barrière intestinale peut donc avoir de multiples causes et entraîner un large éventail de symptômes, des troubles digestifs aux maladies systémiques, neurologiques et psychiatriques.

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Quelles sont les causes de l'hyperperméabilité intestinale ?

  • L'alimentation moderne : Le régime alimentaire actuel est souvent une cause suspectée de cette porosité intestinale. Les aliments transformés, riches en sucres raffinés, graisses saturées et trans, et additifs alimentaires (émulsifiants, colorants, conservateurs) sont fréquemment cités comme facteurs délétères pour la muqueuse intestinale favorisant l'inflammation.
  • Le déséquilibre du microbiote : La perméabilité intestinale est une caractéristique étroitement liée au microbiote intestinal. Celui-ci est impliqué dans les processus métaboliques et régule la barrière épithéliale. Le dysfonctionnement du microbiote intestinal, appelé dysbiose, constitue donc un facteur majeur de porosité intestinale.
  • Le stress chronique et son impact sur la paroi intestinale : Le lien entre le cerveau et l'intestin est bidirectionnel et puissant. C’est pourquoi le stress chronique a un impact négatif sur la barrière intestinale. L'exposition au stress a été montrée, dans des études précliniques et cliniques, comme capable d'altérer le microbiote intestinal et ses métabolites.
  • L'effet de certains médicaments : Sans le savoir, vous utilisez peut-être couramment certains médicaments qui peuvent impacter votre barrière intestinale. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) tels que l'ibuprofène ou l'aspirine peuvent irriter et endommager la muqueuse intestinale, en particulier à forte dose et s’ils sont pris en dehors des repas.

Les antibiotiques, bien qu'indispensables pour traiter les infections bactériennes, ils perturbent gravement le microbiote intestinal en détruisant indistinctement les bonnes et les mauvaises bactéries, ce qui peut conduire à une dysbiose et à une perméabilité intestinale accrue.

Les inhibiteurs de la pompe à protons (IPP) utilisés pour réduire l'acidité gastrique peuvent favoriser la prolifération bactérienne dans l'intestin grêle, contribuant à la dysbiose et potentiellement à l'hyperperméabilité.

Les corticoïdes irritent les intestins et affaiblissent la barrière intestinale en cas d’utilisation prolongée.

Comment rétablir la perméabilité intestinale ?

Il existe des moyens pour rétablir la perméabilité intestinale, notamment en agissant sur votre alimentation. Pour préserver votre intestin, optez pour une alimentation anti-inflammatoire.

En plus de ces mesures, la prise de compléments alimentaires peut contribuer au bon fonctionnement des intestins grâce à l’apport de nutriments visant à limiter le phénomène d’hyperperméabilité intestinale et à entretenir l’équilibre de la flore intestinale.

Reperméabiliser ou étanchéifier un intestin poreux est un processus qui demande de la patience et une approche holistique.

Étape 1 : Retirer les agresseurs

Il va de soi qu’un changement de vos habitudes alimentaires est la base du traitement. Pour cela, vous devez identifier les aliments pro-inflammatoires qui endommagent votre muqueuse intestinale et réduire le plus possible leur consommation.

  • Sucre raffiné et édulcorants artificiels.
  • Gluten (blé, orge, seigle).
  • Plats préparés (industriels) et aliments ultra-transformés car ils contiennent souvent des graisses saturées, des additifs, colorants et conservateurs.
  • Alcool, café, épices fortes.
  • Produits laitiers ou contenant du lactose.

Étape 2 : Remplacer par des nutriments essentiels

Privilégiez une consommation équilibrée en protéines animales et végétales sans faire d’excès de viande.

Mangez des fruits et des légumes cuits plutôt que crus, ils seront plus faciles à digérer et à assimiler pour votre intestin.

Côté boisson, le thé vert ou le rooibos peuvent être bénéfiques pour leurs propriétés antioxydantes et anti-inflammatoires.

Certains aliments riches en enzymes digestives comme l’ananas, la papaye, l’avocat, le kiwi ou encore le miel, permettront de soutenir votre système digestif.

Étape 3 : Réparer la muqueuse avec des nutriments clés

En complément de l’adaptation de votre régime alimentaire, l’apport de micronutriments spécifiques est essentiel pour renforcer la santé de votre muqueuse intestinale.

Par exemple, la glutamine est l’acide aminé qui sert de carburant aux cellules de l’intestin grêle, les entérocytes. Des études montrent qu’elle peut inhiber l’activation des cytokines responsables de l’inflammation.

LaL-glutamine se présente en gélules ou en poudre à intégrer dans une boisson ou un verre d’eau. Cet acide aminé est omniprésent dans les muscles et le système digestif.

Le zinc est également un minéral important pour le maintien de l’intégrité de la barrière intestinale. Une étude montre qu’une carence en zinc pourrait être liée à l’augmentation de la perméabilité des jonctions serrées. Le zinc bisglycinate est hautement biodisponible, ce qui en fait un complément idéal pour son excellente assimilation.

Étape 4 : Réensemencer avec de bonnes bactéries

Pour terminer votre protocole, il est capital de restaurer l’équilibre de votre microbiote, lui au... Alors que se passe-t-il lorsque le microbiote intestinal est déséquilibré ? Quels sont les facteurs pouvant expliquer son déséquilibre ? Comment prendre soin de son microbiote intestinal ? Voici tout ce qu’il faut savoir sur le microbiote intestinal et son équilibre.

Le microbiote intestinal est un ensemble de micro-organismes (bactéries, levures, champignons) qui peuple nos intestins. Ces micro-organismes participent à la digestion des aliments, à l’assimilation des différents nutriments, et jouent un rôle dans la modulation de notre système immunitaire.

Notre microbiote intestinal comporte naturellement de bons micro-organismes, bénéfiques à notre santé, et de mauvais micro-organismes, qui peuvent être à l’origine de troubles du transit. Pour fonctionner correctement, notre microbiote intestinal doit ainsi se composer en grande majorité de bons micro-organismes.

Un déséquilibre du microbiote se manifeste dans la plupart des cas par des troubles intestinaux : ballonnements, flatulences, transit perturbé. Il aurait aussi un rôle sur notre énergie physique.

Bien sûr, les signes évocateurs d’un microbiote déséquilibré peuvent varier d’un individu à un autre. Il existe aussi différents niveaux de déséquilibre du microbiote intestinal, plus ou moins sévères.

Notre microbiote intestinal se constitue essentiellement à travers notre alimentation. Une autre cause d’un microbiote déséquilibré est donc un déséquilibre alimentaire. Ainsi, les régimes trop riches en protéines, et/ou en glucides, et/ou en lipides peuvent avoir un impact sur la santé de notre flore intestinale.

Ces aliments difficiles à digérer entraîneraient une fermentation dans le côlon, favorisant la production de mauvaises bactéries. Au-delà de ces facteurs importants, notre patrimoine génétique et notre environnement influencent également notre microbiote intestinal.

Pour vous aider à maintenir un microbiote intestinal en bonne santé, un régime équilibré et varié est la clé. Certains aliments bénéfiques au microbiote intestinal sont à privilégier, tels que les fruits, les légumes, les fibres et les aliments fermentés.

En parallèle, les plats trop gras et/ou trop sucrés sont à éviter, ainsi que l’alcool et le tabac. Ces derniers favorisent le développement de mauvais micro-organismes au sein de votre microbiote.

En cas d’inconfort intestinal récurrent, vous pouvez tenter d’écarter les aliments difficiles à digérer de votre régime, tels que le gluten, le lactose, ou la viande rouge. N’hésitez pas à solliciter l’aide d’un(e) diététicien(e) ou d’un médecin spécialiste si vous modifiez votre régime alimentaire de manière substantielle, afin de ne pas prendre de risques.

Conseils supplémentaires pour une meilleure digestion

Outre l'alimentation, le microbiote et le stress, d’autres facteurs peuvent expliquer “pourquoi dès que je mange j’ai mal au ventre”.

  • Le manque de sommeil perturbe la production de certaines hormones digestives (telles que la ghréline qui joue un rôle dans l’appétit, la leptine qui contribue à la fonction normale de la satiété ou la mélatonine, l’hormone du sommeil mais également du transit intestinal). Le manque de sommeil favorise également la production de cortisol qui a un impact sur la digestion.
  • Les variations hormonales (cycle menstruel, hypothyroïdie ou SOPK) peuvent affecter la digestion et provoquer des inconforts abdominaux.
  • L’exercice physique favorise le transit intestinal et aide à limiter le stress. Une sédentarité excessive peut ralentir la digestion et causer ballonnements et inconforts.
  • Manger trop vite ou mâcher insuffisamment fatigue le système digestif en perturbant la première étape de la digestion, qui commence dans la bouche.

En résumé, plusieurs facteurs peuvent expliquer les inconforts après les repas.

Aliments à privilégier pour une meilleure digestion

Optez pour des aliments faciles à digérer tels que :

  • Les légumes cuits (carotte, courgette, patate douce) qui sont plus digestes que les crudités.
  • Les bouillons et soupes qui hydratent tout en fournissant des nutriments essentiels.
  • Les céréales adaptées comme le riz semi-complet, le quinoa ou les flocons d’avoine, qui sont plus digestes que les céréales trop riches en fibres.

Limitez les excitants et les aliments irritants. Certains aliments peuvent agresser la paroi intestinale ou favoriser excessivement la production d’acide gastrique tels que :

  • Le café et l’alcool qui peuvent accentuer l’inflammation digestive.
  • Les plats trop gras ou épicés qui demandent un travail digestif plus intense.

Adoptez des habitudes alimentaires adaptées :

Mastiquer lentement : une digestion sereine commence dans la bouche !

Apprenez à vous détendre vous permet d’optimiser votre digestion. Pratiquez la cohérence cardiaque : cette technique de respiration aide à activer le système parasympathique qui favorise la relaxation digestive.

Les probiotiques sont des micro-organismes qui aident à soutenir un microbiote équilibré, essentiel pour une digestion fluide et un confort intestinal au quotidien. Les probiotiques ont un effet bénéfique sur la santé de l’hôte en concourant à l’équilibre de la flore intestinale.

Pour maximiser leurs bienfaits, il est recommandé de les consommer régulièrement. Adopter une activité physique adaptée : Les sports doux tels que le yoga, le stretching ou la marche favorisent la relaxation et le fonctionnement digestif normal.

Consultez votre médecin en cas de troubles digestifs évocateurs d’une hyperperméabilité intestinale.


Aliments à privilégier et à éviter pour une meilleure digestion
Aliments à Privilégier Aliments à Éviter
Légumes cuits (carottes, courgettes, patates douces) Aliments riches en graisses saturées (viandes grasses, fromages à pâte dure)
Bouillons et soupes Aliments épicés et acides (piment, poivre, agrumes, tomates)
Céréales adaptées (riz semi-complet, quinoa, flocons d'avoine) Produits laitiers (pour les personnes intolérantes au lactose)
Aliments riches en enzymes digestives (ananas, papaye, kiwi) Gluten (pour les personnes atteintes de la maladie cœliaque ou sensibles au gluten)
Aliments riches en fibres solubles (légumes verts, pois chiches, haricots) Excitants (café, alcool)

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