La première greffe réussie d'un cœur de cochon humanisé sur un patient a suscité un immense espoir pour la communauté scientifique. Retour sur cette opération historique et les événements qui ont suivi.
Des médecins de Baltimore au Maryland ont réalisé, avec succès, une xénogreffe unique en son genre. Un cœur de cochon génétiquement modifié a été greffé sur un homme de 57 ans souffrant d'une maladie cardiaque en phase terminale.
À 57 ans, David Bennett, un habitant du Maryland aux États-Unis, était condamné à vivre sur un lit d'hôpital à cause d'une maladie cardiaque grave. Son état de santé ne lui permettait pas d'être éligible à une greffe de cœur et ses problèmes d'arythmie le privaient d'un cœur artificiel. Les médecins de l'université du Maryland lui ont alors proposé un ultime recours expérimental : se voir greffer un cœur de porc génétiquement modifié. Il s'agissait d'une opération jamais réalisée auparavant sur un patient avec une maladie cardiaque en phase terminale.
David Bennett a accepté : « c'était soit mourir, soit faire cette greffe. Je veux vivre. Je sais que c'est une tentative hasardeuse, mais c'est mon dernier choix », expliquait-il.
Le cœur prélevé sur le porc génétiquement modifié a subi au total dix modifications génétiques pour maximiser les chances de réussite de la greffe :
Le cœur a été prélevé sur l'animal par les mêmes chirurgiens qui ont réalisé la greffe et placé dans une boîte spéciale qui l'a maintenu en vie ex vivo avant sa transplantation.
Des études préliminaires sur des animaux ont montré qu'un cœur de porc greffé sur un singe a fonctionné au-delà de trois ans. En se basant sur ces données et sur le cas désespéré de David, la FDA a autorisé cette expérimentation à titre compassionnel.
Le cœur de porc génétiquement modifié.
David Bennett, premier homme à se voir greffer un cœur de cochon génétiquement modifié, est décédé deux mois après l'opération, le 10 mars 2022. Un communiqué du porte-parole de l'université d'Arizona indiquait qu'aucune cause évidente n'avait été identifiée et qu'un rapport complet était en attente.
Le 20 avril dernier, lors d'un webinar de l'American Society of Transplantation, l'un des médecins de David Bennett a expliqué que le greffon était contaminé par un virus porcin. Ce dernier est-il impliqué directement ou indirectement dans sa mort ? La question n'est pas encore tranchée.
Le virus porcin en question est un cytomégalovirus, un virus qui infecte d'abord les muqueuses nasales de l'animal avant de rester latent dans d'autres organes, qui n'a pas été détecté avant la transplantation.
Selon les informations relayées par un article de MIT Technology Reviews, le cytomégalovirus porcin n'est pas capable d'infecter les cellules humaines, mais aurait pu endommager le greffon et provoquer une réaction inflammatoire délétère.
Il semblerait que ce soit un syndrome inflammatoire généralisé, peut-être alimenté par le cytomégalovirus, qui ait causé la défaillance du greffon. Des cas similaires ont été observés lors de xénogreffes de cœurs porcins sur les babouins faites en Allemagne en 2020. Le virus avait diminué considérablement la durée de vie des animaux greffés.
Malgré l'issue tragique de la procédure, le corps de David Bennett n'a montré aucun signe de rejet du greffon, même plusieurs semaines après l'opération. Le porc sur lequel le cœur a été prélevé avait été génétiquement modifié - à raison de dix mutations génétiques - précisément dans ce but.
Après l'opération, "le patient a pu passer du temps avec sa famille et participer à des activités de physiothérapie pour l'aider à reprendre des forces".
Les chercheurs considèrent ainsi l'expérience comme un succès. "Nous avons obtenu des informations de grande valeur, et appris qu'un coeur de porc génétiquement modifié peut correctement fonctionner à l'intérieur d'un corps humain", a déclaré Muhammad Mohiuddin, directeur scientifique du programme de xénotransplantations de cet hôpital. "Nous restons optimistes et prévoyons de continuer notre travail lors de futurs essais cliniques."
Si ce genre d'opération constitue un espoir pour les malades en attente d'une transplantation, l'utilisation des xénogreffes soulève aussi d'importantes questions éthiques sur l'utilisation d'organes animaux en médecine humaine, mais aussi autour de toutes les expérimentations animales que cela requiert.
Les questions éthiques autour des xénogreffes sont encore vivement débattues au sein de la communauté scientifique. Et la question de la contamination virale soulevée par l'histoire de David Bennett montre bien qu'il y a encore beaucoup de recherches à entreprendre avant que les xénogreffes ne deviennent une chirurgie de routine pour tous les patients en attente d'une greffe.
Il reste beaucoup d'inconnues autour des xénogreffes pour que ces opérations deviennent des procédures de routine. Les bénéfices pour les patients sont-ils plus nombreux que les risques qu'ils encourent ? « La réussite de la procédure a fourni des informations précieuses pour aider la communauté médicale à améliorer cette méthode potentiellement vitale chez les futurs patients », a déclaré Muhammad M.
En 2020, 370 greffes cardiaques ont été réalisées en France. Les patients sont transplantés, dans la plupart des cas, dans l'année suivant leur inscription. Mais pour certains, ce délai est trop long et leur état de santé se dégrade avant qu'un organe ne soit disponible. L'utilisation de xénogreffes pourrait réduire l'attente dans le futur.
Face à la pénurie d'organes, accentuée par le vieillissement de la population selon le Prof. Tout d'abord, inciter davantage la population au don d'organes par une meilleure information, tout en respectant le choix personnel de chacun à cet égard. On observe par ailleurs de sérieux progrès dans l'impression 3D d'organes artificiels et la reconstitution de tissus à l'aide de cellules souches.
En janvier 2022, une opération suscite des espoirs immenses pour la communauté scientifique : le premier homme à recevoir une greffe de coeur de cochon sort indemne de l'opération et recouvre ses capacités respiratoires. Pourtant quelques mois après, son état se détériore brutalement.
Pour conclure, il faut noter que la xénotransplantation pourrait potentiellement sauver des milliers de vies mais comporte des risques. La première tentative avait été réalisée dans les années 1980 chez une petite fille née avec une malformation cardiaque.
| Aspect | Détails |
|---|---|
| Patient | David Bennett, 57 ans |
| Procédure | Xénogreffe d'un cœur de porc génétiquement modifié |
| Modifications génétiques | 10 modifications (3 gènes délétés, 6 gènes humains ajoutés, 1 gène pour contrôler la croissance) |
| Issue | Décès 2 mois après l'opération |
| Cause potentielle | Cytomégalovirus porcin |
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