L'Étonnante Histoire et Utilisation des Porcs de Guerre

L'histoire militaire est parsemée d'anecdotes surprenantes et d'utilisations inattendues des animaux. Parmi celles-ci, l'emploi des porcs de guerre, ou "porcs incendiaires", se distingue par son originalité et son efficacité, bien que cruelle. Ces animaux, loin d'être de simples réserves de nourriture, ont été transformés en armes redoutables, capables de semer la panique et la destruction dans les rangs ennemis. Cet article explore l'histoire et l'utilisation des porcs de guerre à travers les âges, des tactiques antiques aux anecdotes insolites.

Un porc de guerre attaquant un éléphant, illustration.

Les Porcs de Guerre dans l'Antiquité

Le concept du "porc de guerre" était une arme particulière utilisée durant l’Antiquité. L’historien romain Pline l’Ancien fait mention explicite de cette méthode chez les Romains pour mettre le bazar dans les lignes ennemies dans son ouvrage Histoire naturelle. On retrouve aussi le récit de cette pratique chez l’historien romain Claude Elien dans Natura Animalium.

Les porcs étaient vraisemblablement couverts de goudron, de lances, d’huile d’olive, ou de toute autre liquide auquel on mettait le feu. Les cris de souffrance des cochons immolés et la boule de feu se rapprochant d’eux provoquait la panique des éléphants et désorganisait l’armée adverse. Cette tactique a été utilisée contre les éléphants, notamment lors de la campagne d’Italie d’Hannibal.

En 270 av. J.-C., le roi macédonien Antigone II Gonatas se présente sous les murailles de Mégare (Grèce) avec une armée montée d’éléphants de guerre. Pour effrayer les mastodontes, les Mégariens réunissent un troupeau de cochons - dont les grognements étaient censés déplaire aux pachydermes - qu’ils enduisent de résine de pin, particulièrement inflammable. Les bêtes en feu sont lâchées en direction des lignes ennemies. À la vue des cochons se consumant et grognant à la mort, les éléphants, pris de panique, rebroussent chemin provoquant ainsi la levée du siège de la cité.

Le souverain macédonien tirera les enseignements de ce fiasco en ordonnant à ses fournisseurs indiens d’élever les éléphanteaux avec des cochons.

Autres Anecdotes Animalières dans l'Histoire Militaire

Dans l’histoire des conflits, les porcs ne furent pas les seuls animaux à être utilisés par telle ou telle armée.

  • Lors de l’invasion de l’Inde en 1399, l’Emir Tamerlan aurait utilisé des chameaux comme explosifs contre des éléphants. Il les aurait chargés de bois et de foin avant de leur mettre le feu et de les envoyer dans les rangs ennemis.
  • Gjergj Kastrioti, surnommé Skanderbeg, aurait utilisé des milliers de chèvres pour repousser l’invasion ottomane lors d’une bataille au XVème siècle. Il eut l’idée de fixer des bougies sur les cornes des chèvres lorsque l’armée de Murad II entra dans le pays. Voyant en pleine nuit, un nombre incroyable de torches qu’il prit pour autant de combattants ennemis, le sultan fit demi-tour.
  • En 525 av. J.-C. Le roi perse, sachant que les chats sont sacrés en Égypte, décide de les utiliser contre son adversaire. Selon une première version des faits, les soldats perses auraient utilisé les félins comme boucliers, sachant que la loi égyptienne interdisait de les tuer. Mais une autre version veut que les assaillants aient carrément catapulté des chats sur le champ de bataille.

Citons également, cette fois pendant la seconde guerre mondiale, les chiens antichars des Soviétiques utilisés contre les Allemands. De nos jours on sait que des bêtes servent à protéger les navires ou à déminer. L’utilisation des dauphins en particulier par l’armée américaine, qui a développé pendant 50 ans un programme spécial, est censée avoir pris fin en 2017, au profit de robots.

Voici un tableau récapitulatif de quelques exemples d'animaux utilisés dans la guerre :

AnimalUtilisationPériode/Contexte
PorcsEffrayer les éléphants, incendiairesAntiquité (Romains, Mégariens)
ChameauxExplosifs improvisésInvasion de l'Inde (1399)
ChèvresTactique de diversionXVème siècle (Skanderbeg)
ChatsBoucliers psychologiques, projectilesBataille de Péluse (525 av. J.-C.)
ChiensAnticharsSeconde Guerre mondiale (Soviétiques)
DauphinsDéminageArmée américaine (jusqu'en 2017)

Les Porcs et la Vie Quotidienne au Moyen Âge

L'histoire des porcs ne se limite pas à leur utilisation militaire. Au Moyen Âge, le cochon domestique était un animal vil, bien que très utile comme réserve de nourriture. Les féodaux mangeaient énormément de gibier ; dans les débris des cuisines de leurs châteaux on peut trouver des quantités de défenses de sangliers. Les « manants » au service de ces seigneurs étaient tenus de « plesser* » les haies, c'est à dire de les entretenir pour empêcher les grosses bêtes de s'enfuir de la réserve du maître des lieux. Seuls les nobles avaient le droit de chasse sur les terres de leurs sujets.

Quant aux manants, leur nourriture était le plus souvent faite de pain, de bouillies, à base de farine de châtaignes ou de glands, de légumes secs, de légumineuses et quand ils mangeaient de la viande, c'était de la volaille, éventuellement du poisson de rivière mais le plus souvent du porc tué en hiver. Animal rentable puisque l'on peut consommer quasiment toutes les parties. Le lard et la viande étaient conservés par le sel dans des jarres ou fumées.

Dans les campagnes, les porcs étaient envoyés à la glandée, à la « paisson » dans la forêt selon des règlements similaires aux adjudication de coupes de bois. Pour la glandée*, il était interdit aux pastours de monter dans les arbres. Le panage* n'était pas gratuit. Il pouvait représenter la somme de deux deniers pour chaque porc le dimanche après la saint Jean Baptiste.

Si dans les bois et forêts la circulation des porcs est sévèrement réglementée, dans toutes les villes du Maine, du Mans et d'ailleurs, les gens jetaient dans les rues et par les fenêtres les excréments, urines et autres immondices. Les rues étaient encombrées de nombreux porcs qui circulaient librement et y remplissaient le rôle de destructeurs des déchets et immondices.

Bien que vaquant en liberté, ils faisaient l'objet de certaines contraintes. Parfois, on avait ferré* leurs sabots ou il leur était passé un carcan autour du cou afin de les empêcher de traverser les clôtures et de pénétrer dans les cours et les jardins.

Les Risques et les Procès d'Animaux au Moyen Âge

Mais revers de la médaille, tous ces porcs circulaient librement, souvent sans gardien, dans les villes, les bois, les landes, les terres communes, déterrant les cadavres dans les cimetières, constituant un véritable danger. Des verrats, des truies et même des porcelets devenus subitement furieux ou enragés vont massacrer, des bergers et dévorer des enfants en s'introduisant dans des maisons.

Evénement courant au Moyen Age où ces derniers sont considérés comme des êtres moraux, doués de raison et donc responsables de leurs actes. L'animal, neuf fois sur dix un cochon, est arrêté, emprisonné, souvent défendu par un avocat lors d'un procès qui peut durer plusieurs jours. L'animal est alors condamné à être pendu ou avoir la tête tranchée sur l'échafaud devant la foule réunie en masse et les autorités locales.

Si la possession de porcs chez soi est coutumière, c'est- -à dire fondée en droit sur la tradition, des législations locales vont s'imposer au fil du temps. Tout ceci n'est bien entendu que de l'histoire ancienne et nos braves cochons ont définitivement disparu des rues des villes du Maine et des Vaux-du-Loir.

Cette disparition serait intervenue au moment de la Révolution.

Animaux au Combat : Une Autre Histoire de la Seconde Guerre Mondiale | SLICE HISTOIRE | DOC COMPLET

Le Pèle-Porc : Une Tradition Ancestrale

Le pèle-porc Lou pèlo-porcCette coutume ancestrale qui couvrait toutes les Pyrénées et surtout la Haute-Bigorre, pays du porc par excellence, avait généralement lieu entre le début de décembre et la fin de février, lorsque les travaux des champs étaient au ralenti et les mouches à viande moins nombreuses à cause du froid. Il se disait que l’on devait tuer le cochon pendant la lune vieille ou après le vendredi de la lune nouvelle, il paraît que c’est le meilleur moment pour la conservation de la viande.

Le verrat ou la truie qui devaient être sacrifiés étaient nourris avec un pâté fait de grains de maïs et de farine d’orge dans lequel on mêlait parfois de la pomme de terre. L’animal était engraissé en vase clos et sortait rarement. Il était mal vu d’appeler le cochon par son nom, aussi l’affublait-t’on du surnom de moussu ou de ministre.

Toute la maisonnée et les voisins proches participaient à la fête qui durait jusqu’à sept jours, car il s’agissait bien d’une fête pendant laquelle la maîtresse de maison nourrissait copieusement ses invités et durant laquelle le vin abondait. Elle resserrait les liens entre les villageois.

Pèle-porc en vallée de Batsurguère.

La Mise à Mort et la Préparation de l'Animal

En premier, on faisait chauffer de grandes bassines d’eau. Cette eau chaude devait d'abord, rendre étanche la maie ou mey, sorte de pétrin, grand bac de bois. L’animal était attaché par la hure, avec l’aide d’un lien torsadé ou torcho-naè que l’echcanayré ou l’officiant vrillait afin de mieux maintenir la tête. La bête était alors tirée vers la maie. Une seconde personne était souvent nécessaire pour le pousser par derrière. Mise sur le dos à côté de celle-ci, sur un lit de paille, les pattes en l’air.

L’animal était alors immédiatement mis sur le flanc afin que son sang qui s’échappait de la plaie, agrandie par une rotation du couteau d’un quart de tour, puisse être recueilli dans une bassine placée par la maîtresse de maison. Ce sang devait être brassé sans cesse afin de ne pas se coaguler. C’est lui, une fois filtré, qui servira à la réalisation de boudins et de miques.

Une fois que le sang était récupéré, on plaçait l’animal dans la maie. On l’arrosait d’eau presque bouillante à l’aide d’une coussole ou grande casserole de cuivre munie d’un long manche. Celle-ci permettait de décrocher la peau qui était préalablement couverte de résine en poudre. On commençait par les extrémités des pattes afin de pouvoir mieux lui arracher les sabots de corne (16 doigts) à l’aide d’une paire de tenailles et d’un crochet. Puis on continuait par le reste du corps que l’on tournait grâce à des chaînes terminées par des poignées ou canlies placées dans la maie avant la pose du corps. Grâce à des frictions avec le dos de cuillères on faisait décrocher la peau et à l’aide de couteaux, ou d’un morceau de faux appelé escarret on rasait les soies jusqu’à ce que l’animal soit tout rose.

Suspension et Dépeçage

Les tendons des pattes arrière étaient dégagés afin de pouvoir passer dans l’orifice une corde qui devait permettre de suspendre l’animal aux deux crochets de l’échelle alors appuyée contre un mur abrité de la grange. Ainsi suspendue, la bête était une dernière fois lavée à grande eau chaude. La tête était coupée, puis le ventre, face à l’intervenant, était fendu à coups de hachette. C’est alors que l’on commençait à le vider. Tombaient aussitôt dans un torchon tendu par deux assistants, les intestins, le foie et l’estomac.

Le dépeçage terminé, les flancs de la carcasse étaient maintenus ouverts par un bâton de bois placé de travers. La carcasse vide reposait un jour, à l'air libre afin que la viande s'égoutte un peu et refroidisse. C'était mieux pour la travailler et pour la conservation.

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