L'Histoire et la Fabrication de la Porcelaine de Bayeux

Au marché aux puces de Bayeux (Calvados) comme ailleurs, la célèbre porcelaine de la ville s’arrache. Dimanche 13 août, collectionneurs ou simples curieux s’arrêtaient sur le stand de porcelaine de Bayeux, au marché aux puces.

La porcelaine est une vraie passion pour Gilles. Il veut avant tout la transmettre, même aux clients parfois seulement de passage. Certaines porcelaines partent parfois loin, très loin. « J’ai des pièces qui sont parties en Australie ! » assure-t-il avec une pointe de fierté.

En passionné, et expert, il n’est pas rare que des gens passent au stand de Gilles pour simplement lui demander si une pièce qu’ils possèdent correspond à de la porcelaine de Bayeux. « L’expertise, c’est primordial.

Gilles se définit lui-même comme un vendeur de porcelaines normandes, au sens large. C’est pour cette raison que son stand comporte également des vases de Louis-Étienne Desmant, fondateur de la poterie à Subles. Gilles a des pièces de porcelaines normandes, pas uniquement de Bayeux. Ici, un vase de Louis-Étienne Desmant, de la poterie de Subles.

Autour de son stand, une conversation entre plusieurs collectionneurs s’est installée. « Nos enfants, ils ne collectionnent plus ça », regrette alors une collectionneuse aguerrie qui récupère des pièces de porcelaine depuis plus de trente-cinq ans. Elle préfère ne pas donner son nom. « Le Desmant, ou le Bayeux, c’est un petit peu comme quand on aime le chocolat.

Jean et Marie-Claude sont aussi collectionneurs de « petits objets de porcelaine de Bayeux, depuis une trentaine d’années. Un couple originaire de Normandie, mais qui habite désormais en Charente-Maritime, vient d’acheter deux belles pièces de porcelaine de Bayeux.

Il fait les puces de Bayeux depuis trois ans, mais participe aux brocantes depuis plus longtemps. Ce qui lui plaît, c’est d’avoir plusieurs styles de porcelaines. « Je peux vendre plusieurs périodes de porcelaines de Bayeux, c’est-à-dire la première : Langlois, la période Gosse et la dernière période Morlent.

La production de porcelaines de Bayeux est arrêtée depuis 1951, et « de nouveaux collectionneurs s’y intéressent de plus en plus », explique-t-il. Ses clients peuvent avoir entre 30 et 80 ans. Même si le prix de certaines pièces peut parfois vite monter en raison de leur rareté, sur son stand il y en a pour tous les budgets, avec des pièces à partir de 30 €.

Pour s’approvisionner, il chine lui-même, récupère des collections, « ça peut venir d’un peu partout.

L'ouvrage de référence sur ce sujet est : LE FORT, Victor : Laporcelaine de Bayeux, 1812-1912, de la carrière au dressoir, sonhistoire sa fabrication(1912).

Un Centenaire Célébré

La porcelaine de Bayeux a fêté dimanche 15 Septembre son centenaire. Autour de ses dirigeants, lepersonnel de la manufacture s’est trouvé ce jour-là en un amicalbanquet. Cette fête si simple et si familiale a cependant eu dans toutela Normandie et bien au-delà un retentissement considérable. Toute lapresse régionale et même quelques-uns de nos grands confrères parisiensont, à cette occasion, rendu hommage dans leurs colonnes aux éminentesqualités de MM. Morlent, père et fils et vanté l’excellence desproduits qu’ils fabriquent.

Pour nous qui nous sommes donné pour tâche de faire connaître et aimer les gens et les choses quihonorent notre petite patrie, et perpétuent sa glorieuse renommée, nousavons pensé que nul moment ne serait plus convenable pour consacrer uneétude à notre bel établissement bayeusain. Nous dirons donc, de notremieux, avec son histoire, les procédés de fabrication par quoi ilréalise, à côté des pots rustiques où tiédit le café dans l’âtre deschaumières normandes, les instruments de laboratoire en usage dans lemonde entier et dans lesquels s’élaborent les mystérieux dictames devie et de mort.

La fondation et le développement d’une manufacture de porcelaine, présente un champ d’étude trop divers et trop intéressant, il doit y collaborertrop d’hommes versés dans la céramique, la chimie et les artsplastiques ou décoratifs, pour que les historiographes fassent jamaisdéfaut à un établissement de ce genre.

Lorsque cette fondation date d’un siècle et que ces cent années ont été remplies, comme c’est ici le cas, de la plus féconde activité, il n’y a point àcraindre que les matériaux manquent à celui qui veut reconstituer sonpassé.

Il a donc été publié sur la Porcelaine de Bayeux de nombreux rapports et documents, le plupart, il est vrai, dansles Bulletins des Sociétés Savantes. Le plus complet de ces travaux futcouronné par la Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Bayeuxen juillet 1896. Il avait pour auteur M. de Brébisson à qui futattribué de ce fait, le prix Létot.

M. de Brébisson avait été lui-même aidé dans la rédaction de sa notice par les notesdéjà très documentées de MM. Georges Villers et Blanchetière, ainsi quepar les recherches précédemment faites sur les manufactures deporcelaine de la région.

L’Histoire ne s’invente pas. Nous n’avons donc qu’à puiser pour cette partie rétrospective dans l’abondante moisson recueillie.

Un Peu d'Histoire

Le véritable fondateur de la Porcelaine de Bayeux fut M. Joachim Langlois, né à Lasson le 31 juillet 1759. Maire de Caen et président du Tribunalde Commerce de cette ville pendant la période révolutionnaire, ilvenait d’éprouver des revers de fortune en 1801 et se trouvait enpossession d’un lot d’actions de la Fabrique de porcelaine de Valognes,actions dépréciées qui lui avaient été remises en paiement d’une dette.

L’idéelui vint de contrôler la valeur de ce nantissement et il se présenta unbeau jour à Valognes où depuis quelques années on commençait àfabriquer des produits assez beaux. Malheureusement, comme ils sevendaient mal, la situation financière de la Société était peubrillante. M. Joachim Langlois, en homme d’action qu’il était,entreprit de la rendre prospère.

Il part incontinent pour Sèvres, y acquérir les connaissances techniques indispensables quilui font défaut, et revient à Valognes après quatre ou cinq moisd’études qui ont porté surtout sur le kaolin des Pieux. Il fonde unesociété constituée pour dix ans et en est nommé le directeur.

C’est alors que M. Langlois, abandonna Valognes pour Bayeux. Ilacquit l’ancien couvent des Bénédictines et s’y installa avec 40 de sesanciens ouvriers. Les premières années furent pénibles. Après l’apothéose de l’Empire, le malheurs’abattait sur la France. Mais le cauchemar de 1815 passé, le paysentier et la manufacture de Bayeux avec lui se prennent à revivre.

M. Langlois ne cesse de perfectionner ses procédés. Comme la lithographievient de faire son apparition et que l’on ne peut se procurer lespierres nécessaires qu’en Allemagne, il imagine de confectionner desplaques de biscuit de porcelaine destinées à les remplacer. Puis ilgrave et imprime à l’aide de ces planches des vues et des paysages dontquelques épreuves sont conservées à la Bibliothèque de Caen.

Ce procédé dénommé par son inventeur, Caustographie nedonna pas les résultats escomptés et fut abandonné. M. J. Langlois crée encore des plaques indicatrices de rues et indique undispositif d’attache, il fabrique en porcelaine des rouets de pouliespour le gréement des bateaux, des roulettes de lit, des barils àacides, des capsules et instruments de chimie, etc.

Dans toutes les expositions auxquelles il prend part, il obtient de hautesrécompenses. Mais en 1830 M. Langlois meurt. Saveuve et son fils Frédéric continuent avec zèle et succès l’œuvrecommencée.

Ils abandonnent peu à peu la fabricationde la porcelaine de luxe qui ne peut lutter comme finesse et comme prixavec les produits de Sèvres et de Limoges et se spécialisent dans laconfection des ustensiles de laboratoire et de chimie pour lesquels laporcelaine de Bayeux est sans rivale.

Frédéric Langlois s’étant, par la suite, séparé de sa mère, celle-ci continua àdiriger la manufacture avec ses deux filles jusqu’en 1847 époque àlaquelle elle mourut.

Cette disparition qui privaitla manufacture de porcelaine d’une direction entendue eut de plus pourconséquence fâcheuse le morcellement de la succession. La Révolution de 1848 qui survint et la crise commerciale quil’accompagna, ajoutèrent encore à la gravité de la situation etrendirent quelque temps précaire l’existence de la Manufacture.

Il y eut bien quelque chômage, la production dut bien forcément descendrejusqu’au niveau très bas des demandes ; malgré tout l’usine ne fermapoint ses portes. En août 1849, M. Gosse en devintpropriétaire.

Ayant à sa disposition d’importantscapitaux, le nouveau directeur s’attacha à améliorer ses produits et àaugmenter le rendement de sa fabrication. Un abaissement notable des prix, allant même jusqu’à 30 à 50 % surcertaines catégories, en résulta. C’est une chose qui est toujoursagréable aux acheteurs et aux tributaires.

La porcelaine de Bayeux connut donc bientôt un nouvel essor. Lorsque M. Gosse était arrivé, la fabrique n’occupait plus que 25 ouvriers. Peud’années après, elle comptait 130 et la production de 30 tourssuffisait à peine aux commandes.

Puis ce fut la construction du chemin de fer de Paris à Cherbourg qui vint offrir en1858 une plus grande facilité dans le transport du kaolin qui étaitjusqu’alors acheminé par voie de mer jusqu’à Port-en-Bessin. La mêmeannée, M. Gosse imagina de substituer le charbon de terre au bois dansle chauffage des fours.

Il modifia ceux-ci enconséquence et son système, qu’il fit du reste breveter, fonctionnaavec une telle perfection que l’on n’a pas trouvé mieux et que c’estencore celui-là qui est à présent en usage. Cette innovation abaissa deprès de moitié le prix de cuisson des fournées.

La prospérité de la manufacture allait croissant. En 1866, 130 ouvriers etouvrières y étaient employés. A l’Exposition Universelle de 1867, M. Gosse obtint pour ses produits une grandemédaille d’or et pour lui-même la croix de Chevalier de la Légiond’honneur.

La Matière Première : Le Kaolin

Pour faire un civet il faut un lièvre -c’est la Sagesse des Nations qui l’affirme, - encore que certainsmaîtres-queux trouveraient sans doute le moyen de tourner ladifficulté. Il n’en est pas de même pour la porcelaine, dont laconfection ne peut se passer de kaolin.

Qu’est-ce que le kaolin et où le trouve-t-on ? Le kaolin entermes simples est une argile d’une espèce particulière produite par ladécomposition de roches granitiques.

Ces roches, fedspath ou pegmatite, sous l’influence des agents atmosphériquespassent progressivement de l’état granulaire à l’état kaolinique etoffrent à ce moment une consistance savonneuse et friable, assezsemblable à celle d’un mastic à demi desséché.

La coloration blanc pur des très beaux kaolins est fréquemment altérée parla présence dans les terres de sels de fer qui leur communiquent uneteinte légèrement bleue ou grisâtre. Si c’est précisément le cas dukaolin usiné à Bayeux, par contre sa grande teneur en alumine augmentela propriété qu’ont ses produits d’aller impunément au feu.

Les kaolins sont des silicates d’alumine. Celui qui nous occupe est composéde 55 parties de silice et 45 d’alumine sans aucune trace de potasse. Ajoutons pour ceux de nos lecteurs qui trouveraient cette description trop peuscientifique, la formule chimique de composition des kaolins purs oukaolinite : 2SiO2,Al2O3 + 2H2O.

Il est inutile de rappeler que les Chinois et les Japonais connaissent depuis un temps immémorial la fabrication de la porcelaine ; on saitaussi à quel degré de perfection ils l’ont amenée.

Cette fabrication commença seulement en Europe vers le début du siècledernier, et la façon dont fut découverte, en Saxe, le premier gisementde kaolin ne manque pas d’originalité.

L’Electeur deSaxe avait chargé un certain Bottger, de recherches sur la possibilitéde confectionner de la porcelaine dans ses Etats. Malgré son zèle, Bottger n’avait rien trouvé, lorsqu’il fut frappé par lanature bizarre de la poudre dont son barbier blanchissait sa perruqueau lieu et place de la farine de froment, jusqu’alors employée. C’étaittout uniment du kaolin pulvérisé, provenant du gisement de la Valléed’Aue.

La porcelaine de Saxe, la première porcelaineeuropéenne a fait depuis son chemin. Une cinquantaine d’années après, on découvrait, en France cette fois, àSaint-Yrieix, près de Limoges, un gisement analogue qui fournissait lamatière de la première porcelaine française.

D’importants gisements de kaolin existent en Bavière, en Italie à Chiesi, enAngleterre dans le pays de Cornouailles et dans le Devonshire, auxEtats-Unis, etc… En France on en trouve aux environsde Bayonne, dans l’Allier, dans la vallée de la Nièvre et enfin à 19kilomètres de Cherbourg dans la commune des Pieux.

L’honneur d’avoir découvert et expérimenté ce kaolin revient à un maître-tourneuroriginaire du pays, M. Le Masson, qui devint par la suite directeur dela manufacture de porcelaine de Valognes. Les améliorations etperfectionnements qu’il apporta à l’exécution des poteries etporcelaines de la Manche lui valurent même une récompense nationale desix cents livres qui lui fut remise le 31 octobre 1792.

C’est cette précieuse terre embarquée en gare de Couville qui fournit àBayeux son indispensable matière première.

Préparation de la Barbotine

Voici donc l’argile kaolinique arrivée à pied-d’œuvre. Elle n’est pas àl’état de pureté, il s’agit de l’y amener par une série de lavages etde décantations qui élimineront les sables et les particules de grèsquartzeux qui s’y trouvent mélangés.

Le kaolin est donc placé dans un premier délayeur, assez analogue à une baratte àbeurre, dans lequel il est mouillé et transformé en une bouillie plusou moins épaisse. La barbotine. Pour fixer le temps nécessaire à ce délayage et pour qu’il s’opère d’unefaçon uniforme, un avertisseur électrique prévient l’ouvrier du degréde chargement de la cuve.

Cette bouillie descend alors dans une auge divisée en trois parties au fond desquelles sedéposeront déjà les sables les plus lourds qui représentent environ le⅓ des terres traitées. De là, la barbotine passedans une série de bacs de décantation à plans étagés communiquant entreeux par un écoulement insensible et qui retiennent chacun des sables deplus en plus fins. Il ne demeure en suspension dans l’eau que le kaolinpur.

Un système de pompe aspire la barbotine dans ledernier décanteur et la refoule dans un autre délayeur où se fera ledosage des matières qui constituent la pâte œuvrable. Les élémentsfusibles, sables feldspathiques et quartzeux provenant des lavages etla craie, qui donneront à la porcelaine la dureté et le liant, y sontincorporés dans des proportions rigoureusement déterminées.

Ce composé est brassé longuement par un mélangeur, d’où par un jeu derobinet la même pompe le renvoie dans un malaxeur à hélice quiressemble beaucoup au pétrin mécanique des boulangers.

Dans cet appareil on ajoute à la barbotine les résidus non-cuits provenantdes déchets de tour et de pièces brisées au séchage : puis de là, lapurée kaolinique repasse dans un nouveau délayeur qui parachève lemélange.

On pourrait supposer que cette séried’épurations suffirait à donner une pâte assez fine : il n’en est rien. Pour éliminer les impuretés qu’elle peut encore contenir, elle est aspiréeet refoulée par une pompe, d’abord dans un premier tamis rotatif dontla toile fait 90 fils au pouce, puis dans une seconde bluterieconstituée par un tamis plus fin de 120 fils.

Toujours aqueux, le kaolin est repris à nouveau par un délayeur destiné àmaintenir l’homogénéité du liquide. La barbotine traverse encore un filtre-presse qui a pour but de l’amener à l’étatpâteux.

Cette machine est composée d’une série deplateaux creux, percés d’un orifice central et revêtus d’une toileperméable. Une pompe à membrane refoule le liquidedans ces plateaux, à une pression de 9 kilogs contrôlée par unmanomètre.

A mesure que cette pression s’élève,l’eau s’écoule à la partie inférieure des plateaux par une série depetits trous ; le kaolin en ...

Né à Lasson en 1759, P. J. Langlois exerce d'abord la profession de marchand ferronnier d'art à Tilly-sur-Seulles. Il est doué d'un sens artistique très développé et emploie ses loisirs à faire de la peinture. Très préoccupé par les affaires publiques, il devient maire de Caen du 30 mai 1794 au 24 septembre de la même année. Après la Révolution, il se lance dans la finance et se fait banquier. En 1801, ses affaires l'amènent à Valognes, où la manufacture de porcelaine est en mauvaise posture financière.

Pierre-Joachim passe alors plusieurs mois à la manufacture de Sèvres, où il étudie la fabrication de la porcelaine et en 1802, les actionnaires de Valognes lui confient la direction de l'entreprise. Muni d'une solide expérience, P.J. Langlois poursuit l'activité en la transférant à Bayeux et l'acquisition des bâtiments de l'ancien monastère, le 9 juin, en est l'acte de fondation.

La situation géographique de Bayeux est très favorable aussi bien pour l'approvisionnement en combustible et en matière première que pour l'écoulement de la production. Bénéficiant à ses portes du bois nécessaire pour alimenter les fours, la manufacture se situe à moins de 10km de la mer, par laquelle transite le kaolin des Pieux, où ce gisement d'argile blanche n'est lui-même distant que de 5km de Diélette, son port d'embarquement. De plus, la ville est placée sur l'axe principal de communication entre la Normandie et la capitale où P.J. Langlois ouvre un dépôt, faubourg St Martin.

Parallèlement à la production d'une porcelaine luxueusement décorée, il s'engage dans la fabrication d'articles pour les laboratoires de chimie et ustensiles culinaires allant au feu car la pâte élaborée avec le kaolin des Pieux subit avec succès le chauffage à des températures élevées ainsi que le refroidissement rapide sans dommage. Cet aspect de la production offre dès cette période un débouché commercial des plus prometteurs, qui continuera à se développer, après son décès en 1830, avec son épouse puis ses filles. Par la suite, les membres de la famille Gosse (1849-1878) et de la famille Morlent (1878-1951) en feront le fer de lance de l'entreprise.

"L'acquisition de la manufacture le 9 septembre 1878 par Jules Morlent, jeune entrepreneur parisien de 26 ans, se caractérise par l'entrée dans l'ère industrielle. La porcelaine d'usage domestique, destinées à la cuisine ainsi qu'au service de table, est qualifiée dans le langage commercial de la manufacture de "porcelaine de ménage". Les différents catalogues édités par Jules Morlent offrent un panorama complet de cette production.

Les pièces sont séchées avant de subir une première cuisson à 800°. A Bayeux seuls le bleu de cobalt et le vert de chrome sont utilisés.

Pierre Joachim Langlois et son épouse acquièrent dès le 9 juin 1812 les bâtiments de l’ancien couvent des Bénédictines de Bayeux, mis sous séquestre à la Révolution. Il s’agit de l’acte de fondation de la manufacture de porcelaine de Bayeux.

Le 10 octobre 1849, François Gosse est le seul enchérisseur à la vente à la bougie de la manufacture. Dès 1855, les signatures apposées, « GOSSE/Bayeux », « G/Bayeux » et « Bayeux » permettent d’identifier le Bayeux période Gosse jusqu’en 1879. D’abord d’inspirations orientales, les motifs évoluent progressivement vers une standardisation d’un motif végétal inspiré par la fleur de pommier.

L’acquisition de la manufacture le 9 septembre 1878, par J. Morlent, se caractérise par l’entrée dans l’ère industrielle. Toujours réalisés à la main et au pinceau, les décors « Saxe » et « barbeau » s’ajoutent au décor « pomme ». Enfin, est élaboré le décor « marguerite », une création de J. Morlent spécifiquement bayeusaine.

Durant la Seconde Guerre mondiale, la production est totalement désorganisée.

Pierre Joachim Langlois, maire et président du Tribunal de Commerce de Caen pendant la période révolutionnaire, issu de la bourgeoisie protestante éprouve en 1801 des revers de fortune et se trouve en possession d’un lot d’actions de la Fabrique de porcelaine de Valognes, actions dépréciées remises en paiement d’une dette. La situation financière de cette fabrique est peu brillante et il entreprend de la rendre prospère.

Il se rend à Sèvres pour acquérir les connaissances techniques indispensables qui lui font défaut, et après 5 mois d’études, revient à Valognes où il fonde une société dont il est le directeur. 86 ouvirers dont 12 peintres et doreurs travaillent sous ses ordres. En 1812, il abandonne Valognes pour Bayeux et s'installe dans l'ancien couvent des Bénédictines avec 40 de ses ouvriers.

Les années sont difficiles mais le cauchemar de 1815 passé, le pays entier et la manufacture de Bayeux avec lui revivent. Il meurt en 1830, sa veuve, Jeanne Marie le Cavelier, et ses enfants lui succèdent. Son fils Frédéric fait sécession en 1840, après rupture avec sa mère qui ne tolère pas son union avec une catholique, en créant une manufacture à Isigny puis en dirigeant ensuite la Fabrique Royale de faïence près de Madrid.

François Gosse, décorateur de céramique à Paris, rachète l'entreprise en 1850. Durant la Seconde Guerre Mondiale, la production est totalement désorganisée.

Voici un récapitulatif des propriétaires et des périodes clés de la manufacture de porcelaine de Bayeux :

Période Propriétaire Caractéristiques
1812-1830 Pierre Joachim Langlois Fondation de la manufacture, production diversifiée (luxe, laboratoire, chimie)
1830-1847 Veuve Langlois et ses filles Spécialisation dans les ustensiles de laboratoire et de chimie
1849-1878 François Gosse Amélioration des produits, augmentation de la production, mécanisation
1878-1951 Jules Morlent Entrée dans l'ère industrielle, production de porcelaine de ménage

Assiette en porcelaine de Bayeux

Aujourd'hui, les pièces de porcelaine de Bayeux sont très recherchées par les collectionneurs et les amateurs d'art. Elles témoignent d'un savoir-faire unique et d'une histoire riche en rebondissements. La porcelaine de Bayeux continue de fasciner et d'inspirer, perpétuant ainsi l'héritage de ses fondateurs et de ses artisans.

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