Pourquoi le porc est-il interdit dans le judaïsme ? Histoire et raisons d'une interdiction

Apprécié voire vénéré dans l’Antiquité, le cochon est prohibé dans le judaïsme et l’islam, et il a longtemps été rejeté dans les sociétés chrétiennes. Mais pourquoi ? Cet article vous propose un décryptage des symboles derrière l’animal et les raisons de son rejet dans certaines religions.

Le porc dans l’Antiquité

Dans l’Antiquité, le cochon est particulièrement apprécié. Les fermiers égyptiens, au IIIe millénaire avant notre ère, l’élèvent et le consomment abondamment. Loin d’être méprisé, il est, au contraire, digne d’être offert en sacrifice au dieu Osiris. Dans les sociétés païennes (mondes gréco-romain, germanique, scandinave, celte ou slave), le cochon sacrifié honore les dieux autant qu’il sustente les vivants. En outre, si sa chair est synonyme de bombance, sa graisse permet la fabrication de chandelles, son cuir et ses tendons se muent en cordes d’instruments de musique, et ses soies, en brosses ou en pinceaux.

L'émergence du mépris dans les monothéismes

Comment les monothéismes en sont-ils arrivés à le mépriser ? Malgré la place primordiale qu’il occupe dans l’alimentation carnée, le christianisme médiéval va peu à peu le rejeter. Que penser, en effet, d’un animal qui fouille en permanence le sol avec son groin et ne porte jamais ses yeux vers le ciel, demeure de Dieu ? Que penser d’un animal qui dévore des excréments et des cadavres d’animaux ? Le porc a tous les attributs de Satan : sa couleur noire (au Moyen Age, les cochons ne sont pas encore croisés avec la race rose venue d’Asie), sa gueule ouverte, tel le gouffre de l’enfer, et sa faible acuité visuelle ne lui permettant pas de voir Dieu, qui est lumière.

Pourquoi Le Porc est interdit en Islam ? Les éclaircissements de Dr Zakir Naik

Le porc et le judaïsme : Raisons religieuses et historiques

La raison principale pour expliquer pourquoi les juifs ne mangent pas de porc semble se trouver dans la Torah. Il y a des preuves que dans l’Antiquité, le cochon était consommé en Mésopotamie. L’archéologie a trouvé des traces d'élevage de porcs dans certaines régions. Mais cette pratique a disparu, et elle a été interdite par différentes religions, dont le judaïsme.

Pour comprendre pourquoi les juifs ne mangent pas de porc, il y a donc deux aspects à analyser : le religieux et l'historique. L’interdiction prétendument divine de la consommation de porc chez les juifs aurait tout simplement sanctionné, sans susciter de critiques, une tendance agricole qui n’était plus productive et efficace.

La religion comme explication

Les Saintes Écritures sont souvent la raison avancée pour expliquer pourquoi les juifs ne mangent pas de porc. Le Lévitique fait partie des livres de l’Ancien Testament, le livre sacré des juifs, qui interdit la consommation de viande de porc dans le judaïsme. En effet, il autorise les juifs à manger seulement des animaux qui ruminent. Le porc n’est pas un ruminant, il est donc exclu de la liste des produits alimentaires kasher. Dans le Deutéronome, on trouve un verset qui indique que les juifs doivent considérer le porc comme un animal impur.

Pour certains anthropologues, l’argument religieux selon lequel les juifs ne mangent pas de porc est apparu après une série de changements sociaux et environnementaux qui ont cessé de rendre profitable l’élevage de ces animaux.

L'histoire comme explication

S’il existe des preuves archéologiques que des porcs ont été élevés et mangés en Mésopotamie, les Saintes Écritures ont fini par interdire aux juifs de manger du porc. En effet, l’élevage et la consommation de porcs n'étaient plus rentables au Moyen-Orient. La religion n’a été utilisée que pour éviter tout doute.

La raison pour laquelle l’élevage et la consommation de porc n'étaient plus des pratiques intéressantes pour les communautés mésopotamiennes primitives est que la population a commencé à croître. Cette croissance a obligé les humains à consommer les produits qui étaient destinés à l’alimentation des porcs, comme le blé ou le maïs. De plus, les porcs ne prennent pas de poids s’ils ne mangent que de l’herbe, contrairement aux moutons et aux vaches.

Les lois alimentaires juives (Kashrut)

Les lois alimentaires juives, appelées kashrut, sont détaillées dans la Torah et spécifient quels animaux peuvent être consommés et comment ils doivent être préparés. Les animaux terrestres doivent avoir des sabots fendus et ruminer pour être considérés comme casher. Les exemples d'animaux casher comprennent le bœuf, le mouton et le cerf. En ce qui concerne les animaux aquatiques, ils doivent avoir des nageoires et des écailles. Les poissons comme le saumon, la truite et le hareng sont généralement considérés comme casher. En revanche, les fruits de mer tels que les crustacés et les mollusques ne sont pas autorisés.

Il est important de noter que différentes communautés juives peuvent interpréter ces lois de manière légèrement différente, mais les principes généraux restent les mêmes. Pour des informations plus précises, il est recommandé de consulter un rabbin ou une autorité compétente en matière de kashrut.

Le porc est-il casher ?

Non, le porc n'est pas considéré comme casher selon les lois alimentaires juives (kashrut). La Torah interdit la consommation de porc, et les règles alimentaires juives stipulent que les animaux terrestres doivent avoir des sabots fendus et ruminer pour être considérés comme casher. Le porc ne répond pas à ces critères, car il a un sabot non fendu et ne rumine pas. En conséquence, la viande de porc, ainsi que tous les produits dérivés du porc, ne sont pas autorisés dans l'alimentation casher. Les personnes qui observent les lois alimentaires juives s'abstiennent donc de consommer du porc et de ses sous-produits.

Les chrétiens et la consommation de porc

Oui, les chrétiens, en général, ne sont pas soumis aux lois alimentaires spécifiques de l'Ancien Testament, y compris les restrictions alimentaires juives telles que l'interdiction de manger du porc. Les enseignements du Nouveau Testament, qui fait partie des Écritures chrétiennes, ne contiennent pas de restrictions alimentaires spécifiques comme celles trouvées dans le Lévitique de l'Ancien Testament. Selon le Nouveau Testament, les chrétiens ont la liberté de manger tous les types d'aliments. Par exemple, dans le livre de Marc (7:19), Jésus déclare que tous les aliments sont purs.

Origines de l'interdiction de manger du porc

Pourquoi certains anciens textes religieux, notamment judaïques ou islamiques, ont interdit la consommation de cochon ? On a longtemps pensé que c'était pour des raisons sanitaires, mais la vraie raison serait plus complexe. D’où vient à l’origine l’interdiction de manger du porc ? La consommation de la viande de cochon est proscrite dans plusieurs religions, notamment chez les musulmans, les juifs et les chrétiens d’Éthiopie. Mais pourquoi a-t-on à un moment de l’histoire décrété que cette viande était impure ?

"On a l’interdit qui est dans les textes juifs", explique Youri Volokhine, égyptologue, "tu ne mangeras pas de porc parce que… puis d’autres animaux à côté, les explications ne sont pas très claires, donc finalement, on ne sait pas pourquoi. Dans l’islam, c’est pareil, on ne mange pas de cochon parce que c’est interdit point final."

Une mauvaise réputation qui date de l'Égypte ancienne

Pendant longtemps, on a cru que les religions avaient interdit la consommation du cochon pour une raison sanitaire. Sa viande se conserve mal dans la chaleur et surtout, elle peut donner des parasites et des maladies lorsqu’elle est mal cuite. Mais en réalité, on n’en savait pas grand-chose dans l’Antiquité.

"Les archéologues ont des hypothèses", selon Youri Volokhine et "une des hypothèses, c’est qu’à un certain moment, un certain groupe de population décide de se distinguer des autres et adopte des lois qui vont le différencier de tous les autres. Et parmi ces règles, puisque les autres mangent du cochon, eh bien nous, on n’en mange pas."

La mauvaise réputation du cochon est en fait antérieure à l’islam et au judaïsme. Elle remonte à l’Égypte ancienne, il y a 4 000 ans. Les Égyptiens ont construit un discours mythologique autour des animaux. Et dans leur mythologie, le cochon a plutôt une mauvaise image. L’animal, réputé vorace et agressif, aurait mangé l'œil du dieu Horus, ce qui lui aurait valu une ostracisation du monde des temples et des rituels. Mais contrairement à ce qu’on a longtemps pensé, les Égyptiens mangeaient bel et bien du cochon.

"D’ailleurs, c’est intéressant parce qu’on a un discours qui est mis sur une difficulté faite sur ce que mange le porc", rappelle Youri Volokhine, "on considère que le porc mange des choses suspectes."

Une histoire commune de 9 000 ans

Les humains ont commencé à élever et à manger du porc il y a environ 9 000 ans. Pour les premières communautés sédentarisées, cette viande est une source de protéines facile d’accès. Le cochon produit beaucoup de graisse, sa viande peut se conserver et surtout, les cochons ont un cycle de croissance et de reproduction très rapide.

"Il peut recycler des ordures domestiques, rappelle l'archéologue Max Price, auteur de Evolution of a Taboo: Pigs and People in the Ancient Near East (Oxford University Press, 2023), il y a des textes de la période de l’ancienne Babylone autour du début du II millénaire avant J.-C., qui associent les cochons aux latrines et égouts."

L’élevage de porc a aussi des inconvénients. Le cochon est moins mobile, à cause de sa morphologie et de ses petites pattes. On peut difficilement le déplacer en troupeau sur de longues distances, il est donc plus adapté en milieu urbain que rural. Et surtout, hormis sa viande et sa graisse, le cochon ne produit rien d’autre d’utile, comme la laine, et son cuir est réputé de mauvaise qualité. Une explication économique voudrait que les sociétés de l’âge de bronze aient tout simplement privilégié d’autres animaux, comme le bœuf ou le mouton.

Justement, ces deux animaux produisent du cuir ou de la laine en plus de leur viande, ce qui permet des échanges, favorise le commerce et donc l’expansion. Le cochon, lui, aurait été relégué aux catégories les plus pauvres de la population et finalement frappé d’une interdiction religieuse.

Une interdiction pour se démarquer ?

Mais d’autres historiens ont une autre hypothèse. Pour la comprendre, il faut aller dans la région qui correspond aujourd’hui à Israël et aux territoires palestiniens, vers 1 200 avant J.-C. À cette époque, les Israélites, les ancêtres du peuple juif, cohabitent près d’un peuple ennemi : les Philistins. À un certain moment, des villages israélites auraient décrété qu’ils ne mangeraient plus de porc, pour se démarquer de leurs voisins philistins, mais aussi pour s’affirmer en tant que peuple, avec une identité et des habitudes alimentaires communes.

Les archéologues se basent en fait sur des fouilles très précises réalisées dans la région. Dans les sites philistins, ils ont retrouvé beaucoup d’os de porc. Au contraire, les sites israélites de la même période et distants parfois de seulement quelques kilomètres n’en comportent quasiment pas.

Pour Max Price, "cela suggère, qu’il y a là un changement de regard sur le porc, qu’il y a un choix conscient, ou au moins certaines différences culturelles qui existent entre ces deux peuples très proches géographiquement. Mais ils choisissent de manger une nourriture très différente. Et l’un de ces peuples finit par transcrire ce tabou dans un livre religieux." S’agissait-il à l’origine d’un tabou formel ou juste d’une préférence affichée, nous n’avons pas la réponse.

L’interdiction de manger du porc est en tout cas écrite explicitement plus tard dans le Lévitique, l’un des livres de la Torah, rédigé entre le 8ᵉ et 7ᵉ siècle avant J.-C. Ce tabou du cochon sera repris par les musulmans et inscrit dans le Coran. Le sens et l’application de ce tabou a en réalité beaucoup varié, selon les époques et les contextes. Par exemple, Philon d’Alexandrie, un philosophe juif du 1ᵉʳ siècle de notre ère, affirmait que les Juifs ne mangeaient pas de porc car leur viande était trop riche et succulente, et que les juifs devaient s’en priver pour se rapprocher de Dieu. Aux États-Unis aujourd’hui, une majorité des Américains de confession juive mangent du porc.

Textes religieux et interdictions

Pour les Juifs, cette interdiction est fondée sur deux passages de l’Ancien Testament :

  • Livre du Lévitique 11:7-8 « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue et le pied fourchu, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur. Vous ne mangerez pas de leur chair, et vous ne toucherez pas leurs corps morts : vous les regarderez comme impurs. »
  • Livre du Deutéronome 14:8 : « Vous ne mangerez pas le porc, qui a la corne fendue, mais qui ne rumine pas : vous le regarderez comme impur.

« Les musulmans ne mangent pas de porc parce que le Coran l’interdit à cinq reprises», explique Önder Günes, porte-parole de la Fédération d’organisations islamiques de Suisse (FOIS). Le verset 173 de la sourate 2 est particulièrement clair à ce sujet: « Certes, il vous est interdit la chair d’une bête morte, le sang, la viande de porc et ce sur quoi on a invoqué un autre qu’Allah ».

Pour les Musulmans l’interdit de manger du porc est selon Malek Chebel le plus massif et le plus ancien. « Les animaux morts, le sang, la chair du porc, tout ce qui a été tué sous l’invocation d’un autre nom que celui d ‘Allah, les animaux suffoqués, assommés, tués par quelque chute ou d’un coup de corne ; ceux qui ont été entamés par une bête féroce, à moins que vous ne les ayez purifiés par une saignée ; ce qui a été immolé aux autels des idoles ; tout cela vous est défendu. (…)» (Sourate 5 La table servie (Al-Maidah), verset 3).

Cependant un autre verset (XVI, 115) introduit une exception à cet interdit : « Il vous a été interdit la bête morte, le sang, la chair du porc et tout ce qui a été immolé à un autre Dieu qu’Allah.

Hypothèses des historiens

De nombreuses hypothèses circulent chez les historiens. Si, dès l’Égypte ancienne, le cochon avait une mauvaise image, la domestication de l’animal pourrait être une explication. Dans la Torah et dans le Coran, écrit des siècles plus tard, le porc est banni des assiettes. « Dieu vous a seulement interdit la bête morte, le sang, la viande de porc », peut-on lire dans le Coran (sourate 2, verset 173). Mais pourquoi le rejet de cet animal rose ? « Sans lui, point de lard, et par conséquent, point de cuisine », disait Alexandre Dumas.

Bien malin celui qui pourra vous livrer une explication définitive. Car les historiens sont partagés. On est rapidement surpris par la quantité d'hypothèses qui circulent dans la littérature scientifique ou sur les blogs. La plus populaire veut que cette interdiction soit uniquement imputée à des motivations sanitaires. « En fait, on ne sait pas pourquoi les livres religieux posent cet interdit. Et on ne le saura probablement jamais », tranche d'emblée Youri Volokhine, maître d'enseignement et de recherche, unité d'histoire et d'anthropologie des religions de l'université de Genève.

Le cochon, tabou durant l'Égypte ancienne ?

Aucune explication n'est à trouver dans les textes religieux sacrés. Chez les juifs, comme chez les musulmans, le cochon ne doit pas être mangé et… c'est tout. Aucune explication n'est vraiment donnée dans le Coran ou la Torah. Ce qui complique la tâche des historiens qui se sont penchés sur la question. « La plupart des hypothèses […] sont basées sur les discours formulés a posteriori, dans les années et les siècles qui ont suivi », explique Youri Volokhine.

Remontons aux sources du tabou sur le cochon. Dès l'Égypte ancienne - donc bien avant l'apparition des trois grands monothéismes -, le cochon aurait eu une mauvaise image. Dans les Textes des sarcophages du Moyen Empire, le cochon est accusé d'un « crime cosmique » : il a blessé l'œil du dieu Horus, dieu de la Lune. Ses phases d'obscurcissement sont alors interprétées comme des blessures infligées par ses ennemis. Or, le porc est justement l'un des avatars de Seth, dieu du chaos et du désordre. Résultat ? L'animal aurait été jugé impur et banni des temples et des rituels.

Beaucoup soutiennent que c'est ici que l'interdiction du porc chez les juifs trouve sa source. « Mais à partir de cet épisode, on a bâti une aversion de toute l'Égypte antique pour cet animal. En réalité, il n'y avait pas d'interdiction de consommation. On peut dire que c'est un animal qui n'est pas valorisé et très rarement donné en offrande. Mais il était tout de même consommé », nuance Youri Volokhine, auteur de l'ouvrage Le Porc en Égypte ancienne. Mythes et histoire à l'origine des interdits alimentaires (Presses universitaires de Liège, 2020).

La domestication du porc

Mais alors pourquoi, à deux reprises dans la Torah, dans le Lévitique, ces pauvres cochons sont-ils vus d'un mauvais œil ? « Parmi les ruminants et parmi les animaux ayant des sabots, vous ne pourrez pas manger ceux-ci : […] le porc car, bien qu'ayant le sabot fourchu, fendu en deux ongles, il ne rumine pas, il est impur pour vous », est-il écrit.

L'hypothèse la plus répandue sur Internet - et que vous a sûrement déjà raconté votre oncle historien du dimanche - veut que cette interdiction soit liée à des préoccupations sanitaires. Dans son Guide des égarés, Moïse Maïmonide, l'un des plus grands philosophes juifs du Moyen Âge, explique qu'au XIIe siècle - bien après l'écriture de la Torah donc -, l'interdit juif se fonde sur le fait que la chair du porc serait mauvaise, corruptible, indigeste, car issue d'un animal sale et déplaisant.

Il s'agirait d'un conseil de bienveillance de Dieu lui-même. « En effet, les cochons, déjà dans le monde antique, sont des éboueurs : ils mangent tout et n'importe quoi, même des déjections. La domestication implique normalement de contrôler l'alimentation de l'animal, au risque d'être contaminé. Sauf qu'à cette époque, la connaissance en médecine ne permettait pas de savoir que cela est dangereux pour la santé. Encore une fois, ce sont des explications livrées après coup et qui ne peuvent pas suffire à expliquer ces inscriptions dans les textes sacrés. »

Une revendication identitaire

Pour beaucoup d'historiens ayant travaillé sur la question, le refus de consommer du porc est une façon, pour les juifs d'abord et les musulmans ensuite, de se distinguer des autres. Une sorte de revendication identitaire, même si le mot est anachronique. « Par exemple, Maïmonide pointe du doigt les Francs qui mangent du cochon, en disant : “Regardez, ils sont dégoûtants, ils mangent du porc” », abonde Youri Volokhine.

Le cochon serait un moyen de se distinguer, également pour les chrétiens. « La judaïté est pour les chrétiens la figure nécessaire de l'origine, pensable à l'échelle historique et collective (tant il est vrai que le Christ fut d'abord un juif et que le Nouveau Testament sort de l'Ancien Testament), comme à l'échelle individuelle : c'est à une sorte de judaïsme de nature que le baptême arrache les petits des chrétiens. Puisque les juifs refusent de manger du cochon, il faut donc que les chrétiens en mangent, manière de dire haut et fort (trop fort parfois) ce qu'ils sont et d'où ils viennent », écrit Jean-Claude Schmitt, historien français.

Une autre piste de recherche est souvent citée : la consommation du porc est évitée car ce sont des animaux trop difficiles à élever. Ces petits êtres aux courtes pattes ne sont pas adaptés aux conditions rudes du désert du Moyen-Orient. Là encore, Youri Volokhine est sceptique : « Si ce ne sont pas des animaux du désert, comment expliquer que, dans l'Égypte antique, on en consommait ? Beaucoup d'historiens américains sont attachés à cette explication fonctionnaliste », explique le chercheur, avant d'ajouter : « Moi, de mon côté, je pense au contraire que la culture nous montre que, parfois, les êtres humains font des choses parfaitement absurdes.

tags: #porc #religion #juive #interdiction

Articles populaires: