La question de savoir quel goût a la chair humaine est aussi insoluble que de décrire l’odeur du jasmin. Dépeindre une saveur est un exercice très personnel, qui rassemble les sensations venant de la langue, celles venant du nez, mais aussi la mémoire de tout ce que l’on a déjà mangé et des circonstances particulières au cours desquelles on a découvert de nouveaux aliments. Et sans doute la chair humaine n’a-t-elle que le goût de la chair humaine, sans autre référent exact qu’elle même.
Bien que les exemples d’anthropophagie soient nombreux, les informations précises sur la saveur de la viande taboue ne courent ni les rues ni les articles scientifiques.
Pour se renseigner, mon collègue a fouillé dans les récits de tueurs en série véritables.
Le premier et l’un des plus célèbres d’entre eux est l’Allemand Armin Meiwes, connu sous le surnom de “Cannibale de Rotenburg”, qui avait passé des annonces où il déclarait chercher un volontaire désirant être mangé. Il en trouva facilement un, qui vint se faire dévorer chez lui en mars 2001. Lors d’une interview donnée en 2007, Armin Meiwes, condamné à la prison à vie, expliqua comment il avait préparé son steak d’ingénieur, qu’il l’avait trouvé un peu dur et que la viande “avait un goût de porc, en un peu plus amer, plus fort”. Evidemment, étant donné la personnalité très particulière du sujet, il est difficile de lui faire confiance à 100 %.
Autre témoignage discordant, celui de William Buehler Seabrook. Journaliste au New York Times après la Première Guerre mondiale, il voyagea de par le monde, et notamment en Afrique, où il s’interrogea sur le cannibalisme au point de vouloir tenter lui-même l’expérience. Revenu en France, il réussit à se procurer un morceau de chair auprès d’un interne de la Sorbonne et, dans la villa du baron Gabriel des Hons, à Neuilly, se livra enfin à son expérience, devant témoins. Seabrook cuisina la viande comme il l’aurait fait pour du bœuf, s’attabla avec un verre de vin et une assiette de riz, et goûta : “Cela ressemblait à de la bonne viande de veau bien développé, pas trop jeune mais pas encore un bœuf. C’était indubitablement comme cela, et cela ne ressemblait à aucune autre viande que j’aie déjà goûtée. C’était si proche d’une bonne viande de veau bien développé que je pense que personne qui soit doté d’un palais ordinaire et d’une sensibilité normale n’aurait pu le distinguer du veau. C’était une viande bonne et douce, sans le goût marqué ou fort que peuvent avoir, par exemple, la chèvre, le gibier ou le porc. (…) Et pour ce qui est de la légende du goût de porc, répétée dans un millier d’histoires et recopiée dans une centaine de livres, elle était totalement, complètement fausse.”
Tout le monde n’est pas d’accord. A commencer par un autre assassin anthropophage, Nicolas Cocaign, surnommé le “Cannibale de Rouen”, condamné en juin 2010 à 30 ans de réclusion criminelle pour avoir tué un codétenu, dont il a ensuite mangé un morceau de poumon : “Ce qui est terrible, c’est que c’est bon. Ça a le goût de cerf. C’est tendre”, avait-il déclaré à un psychologue en 2007.
Le rapprochement avec la viande de porc prend un peu plus de consistance avec les histoires, tout aussi réelles et horribles, du Polonais Karl Denke et de l’Allemand Fritz Haarmann, deux personnages dignes du film Delicatessen, de Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, ou des Bouchers Verts, du Danois Anders-Thomas Jensen. Ces deux hommes ont vécu dans les années 1920 et tué des dizaines de personnes, dont ils revendaient la viande au marché en la faisant passer pour du porc.
Il y aurait de bonnes raisons, scientifiquement parlant, pour que l’homme ait un goût de porc… Le cochon est en effet considéré comme un bon analogue, sur le plan physique et physiologique, d’Homo sapiens : un mammifère pas trop gros qui mange de tout. Les organes internes des deux espèces font à peu près la même taille. Je me souviens d’ailleurs qu’un médecin de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, à Rosny-sous-Bois, m’avait expliqué que les travaux sur la décomposition - très utiles pour dater les crimes lorsqu’on retrouve les cadavres tardivement - se faisaient principalement sur des cochons.
L’homme a un goût de cochon, emballé c’est pesé ? Pas si vite.
Ce mardi, les Londoniens ont pu manger pour la première fois un hamburger au goût de chair humaine. Cet hamburger fait froid dans le dos. Sa recette a été concoctée par le chef cuisinier James Thomlison. Pour concevoir une viande au goût de chair humain, l’homme a fait de nombreuses recherches. Il explique au New York Daily News qu’il a notamment lu « Jungle Ways » de l’explorateur et journaliste cannibale William Seabrook. Pour reproduire une telle sensation, James Thomlison a utilisé du porc, du foie de poulet et de l’os à moelle.
« Ces burgers ont vraiment du goût, mais ils ont un goût différent. Ce n'est pas quelque chose qu'on a l'habitude de manger... Ce n'est pas un goût fort de bœuf, ce à quoi on pourrait s'attendre. Si vous êtes tenté par ces hamburgers au goût de chair humaine, il faudra vous rendre à la Terminus Tavern, à Londres.
Plusieurs faits divers mettent en lumière le danger que peuvent représenter les porcs, notamment lorsqu'ils sont affamés ou en grand nombre:
Ces incidents soulignent que, bien que le porc soit omnivore, il peut s'attaquer à l'homme dans certaines circonstances, notamment en cas de vulnérabilité de la victime ou de comportement agressif des animaux.
Voici un tableau récapitulatif de ces faits divers :
| Lieu | Année | Description |
|---|---|---|
| Oregon, États-Unis | 2012 | Un fermier est dévoré par ses porcs après un possible accident. |
| Village d’Ushanka, Russie | 2024 | Une adolescente est tuée et dévorée par les porcs de sa famille. |
| Afrique du Sud | - | Découverte de corps en état de décomposition dans une porcherie. |
Un porc domestique.
L'affaire de Robert Pickton, un éleveur de porcs canadien, illustre de manière glaçante comment les porcs peuvent être utilisés pour faire disparaître des corps. Ce tueur en série, condamné à la prison à vie pour le meurtre de six femmes, aurait fait en réalité de bien plus nombreuses victimes.
Au cours du procès de Robert Pickton, l'un des plus coûteux et des plus longs de l'histoire du Canada, un témoin avait expliqué qu'il lui avait raconté comment il étranglait ses victimes et donnait leurs restes à manger à ses porcs. Les restes ou l'ADN de 33 femmes ont été retrouvés dans sa ferme à Port Coquitlam, en Colombie-Britannique.
Vue aérienne de la ferme de Robert Pickton.
« Robert Pickton, détenu de l'établissement de Port-Cartier, dans la province de Québec, est décédé à l'hôpital des suites des blessures consécutives de l'agression d'un autre détenu, le 19 mai dernier », ont indiqué les services pénitentiaires canadiens dans un communiqué.
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