L'élevage porcin fermier en plein air représente une alternative aux méthodes intensives, privilégiant le bien-être animal, la qualité des produits et le respect de l'environnement. Cette approche, encadrée par des réglementations spécifiques, séduit de plus en plus de consommateurs à la recherche de produits authentiques et savoureux.
Quand on parle de porc "fermier", il faut nécessairement que les méthodes de production (élevage et transformation) soient à l'opposé de l’élevage en batterie. La loi française encadre la dénomination "porc plein air" dans les grandes lignes, même s'il n'existe pas de définition légale. La mention « élevé en plein air » peut être ajoutée, quand les cochons sont élevés en plein air. Il est important de noter que le porc fermier peut être élevé sur paille ou sur caillebotis, si toutes les conditions ci-dessus sont respectées.
Élever ses porcs en plein air, c'est s'éloigner encore plus du système d'élevage en batterie, qui priorise sur la production de gros volumes au détriment de la santé physique et mentale des cochons, élevés sur de courtes périodes dans des espaces de vie très restreints.
Certaines races de porcs sont particulièrement bien adaptées à l'élevage en plein air, grâce à leur rusticité et leur capacité à valoriser les ressources naturelles.
Le Porc Celte, peuplait l’Ouest de la France du Moyen-Age jusque dans les années 70. Cette race n’est pas modifiée génétiquement, ce qui l’a induit à presque disparaitre ! Contrairement au porc industriel, élevé entre 5 et 6 mois, il faut 12 à 13 mois au porc celte pour que sa viande soit rouge (dû au pâturage) et goûteuse. Cette race d’antan est inadaptée à l’élevage industriel hors sol. Les truies mettent bas de gros porcelets, elles ont de très bonnes qualités maternelles.
Friands de glands, châtaignes, noix, pommes, prunes, noisettes, mûres, ces fruits de saison donnent du goût à la viande. Leur croissance est lente comme autrefois, afin d’avoir un dépôt de gras parfait. Il consomme peu d’énergies fossiles et aide à la bonne gestion de la fertilisation organique. Il entretient l’espace en labourant avec son groin, ce qui favorise le renouvellement de la biodiversité.
Le Porc Blanc de l’Ouest manque de disparaître dans les années 1970, car jugé pas assez productif pour le nouveau virage que prend l’agriculture en Bretagne. Grâce à la passion d’une poignée d’éleveurs, quelques porcs sont conservés. « L'élevage de Porc Blanc de l'Ouest c'est passionnant, tant par la manière de les élever en plein air que par le fait de participer à la sauvegarde d'une race menacée. C'est aussi une race sympa pour ses facilités d'élevage. Ils sont affectueux, très intelligents et on peut les mener facilement si on les manipule régulièrement.
« La viande est exceptionnelle, avec un gras qui fond à basse température, et qui a un très bon goût. Les charcuteries cuites sont vraiment qualitatives, et sont d'ailleurs à l'origine de la réputation des rillettes du Mans et du jambon de Paris.
La création et la gestion d’un atelier de naissage en plein air demandent une organisation rigoureuse. Dans un atelier de naissage, le travail est rythmé par la succession de trois activités régulières : le sevrage, les inséminations ou lutte naturelle et les mises bas.
La conduite en bandes permet d’avoir des groupes d’animaux de taille identique au même stade physiologique. Cette pratique permet donc une synchronisation des chaleurs et des mises-bas des truies ce qui facilite grandement la surveillance, les pratiques d’adoption.
Le cycle de reproduction de la truie est composé de 3 éléments : durée de lactation / intervalle sevrage-insémination / durée de gestation. La durée de gestation est de 114 jours, et l’intervalle sevrage-insémination est relativement constant autour de 5 jours.
Avec un sevrage à 42 jours, les intervalles entre bandes seront toujours irréguliers, car le nombre 23 est un nombre premier (il n’est pas divisible par 3 ou par 6 par exemple). C’est la manière dont sont logées les truies qui va en grande partie influencer sur les performances d’un élevage de plein air. Le nombre de porcelet sevré qui doit à minima être de 10 par mise bas dépend en priorité de l’environnement de vie de la truie.
La nature du terrain va ainsi permettre ou non l’alimentation en extérieur des animaux. Dans certains contextes, il est possible sans trop de gaspillage d'alimenter les animaux au sol, alors qu'en situation plus fraîche et profonde, il faut soit avoir des auges fixes et couvertes, soit mieux nourrir les animaux à l’intérieur des cabanes. Cette option oblige à redessiner en entier le logement avec des hauteurs de construction permettant à l’éleveur de se tenir debout, ce qui offre également de meilleures conditions de travail lors des sevrages ou interventions diverses telles que la castration.
Pour la truie, ce sera l’endroit où se déroulera la mise bas, moment crucial pour la réussite ou non du projet. Un apport de paille restreint est conseillé afin d’éviter les écrasements, surtout avec des cochettes inexpérimentées. Elle doit pouvoir avoir l’espace suffisant pour se retourner. En maternité, elle doit pouvoir également façonner le nid pour elle et ses porcelets.
Il est en effet possible de considérer le parcours comme une aire d’exercice minimaliste exigée par le cahier des charges ou comme un apport nourricier permettant une économie d’aliment concentré. Nos animaux sont nourris avec un aliment bio complet dont les matières premières sont d'origine française, composé de céréales (orge, blé, triticale) et de légumineuses (pois, féverole, luzerne) ainsi que des minéraux.
Contrairement aux idées reçues, les cochons raffolent d’herbe et de foin. Nos cochons passent aussi une grande partie de la journée à manger tout ce qu’ils trouvent dans leur parc (herbes, racines, baies, …). Nous leur donnons de temps en temps des légumes venant d’un maraîcher bio et, en automne, des châtaignes bio.
Avant de se lancer, il est prudent de vérifier si le site d’exploitation réunit les conditions favorables à la création d’un élevage plein-air, notamment au regard des surfaces disponibles, des conditions de sol et de météo. Si l’élevage plein-air concerne environ la moitié des truies biologiques en France, l’engraissement des porcs en plein-air est beaucoup moins fréquent dans les régions de l’Ouest de la France.
En fonction de ses objectifs et des caractéristiques de son exploitation (type d’installations, emplacement, surface disponible, main-d’œuvre, caractéristiques de l’environnement, etc.), chaque éleveur choisit son mode d’élevage et sa conduite.
| Caractéristique | Description |
|---|---|
| Bien-être animal | Accès à de grands espaces, expression des comportements naturels |
| Alimentation | Aliments bio, céréales, légumineuses, ressources naturelles du parcours |
| Races adaptées | Porc Celte, Porc Blanc de l'Ouest |
| Cycle de reproduction | Gestion en bandes pour synchroniser chaleurs et mises-bas |
| Logements | Cabanes paillées, espace suffisant pour la truie et les porcelets |
| Réglementation | Encadrement de la dénomination "porc plein air" |
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