Dans l'agglomération paloise, le monde agricole est omniprésent. Certains acteurs ont choisi de faire évoluer leur système de production en développant l'autonomie de la ferme, tant au niveau de l'alimentation des animaux que de la commercialisation en vente directe.
Face à la concurrence européenne, le modèle familial présente de solides atouts. Michel Bloc’h, président de l’UGPVB (Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne), souligne l'importance de ce modèle : "Notre chance, c’est notre modèle familial, de petits éleveurs, naisseurs engraisseurs. Avec 150 truies seulement, certains gagnent très bien leur vie."
L’UGPVB réunit tous les groupements de producteurs de porcs du Grand Ouest (à l’exception de la Cooperl), soit 3 500 éleveurs qui produisent 11,5 millions de cochons par an (sur un total national de 23 millions).
Le début de l'année 2022 a été particulièrement difficile. Michel Bloc’h a alerté le gouvernement sur la nécessité d’un plan d’aides, dénonçant un dumping sous couvert du Covid, où des aides étaient distribuées aux concurrents européens.
Les cours du porc ont commencé à remonter à partir de mars, améliorant légèrement la situation. Cependant, la flambée des coûts de production a suivi : +100 € la tonne de céréales en un seul mois ! Soja, colza, cette tonne d’aliments est montée jusqu’à 400 €, pour s’établir aujourd’hui encore à 350 €. Les coûts de production restent ainsi très élevés, autour de 2 €/kilo, soit le cours du porc, en août, au Marché du porc breton (MPB) de Plérin. Depuis trois semaines, ce cours est un peu redescendu, à 1,85 €.
Michel Bloc’h note que tous les bassins d’Europe du nord baissent leur production : -10 % en Allemagne, de même en Pologne. Seule l’Espagne progresse encore, un peu : +1 %. Au total, l’Union européenne voit sa production baisser de 4 %, peut-être même de 5 % à la fin de 2022. Cette érosion de la production est structurelle et va se poursuivre en 2023 et 2024.
L'Europe du nord revoit sévèrement ses modèles de production. C’en est fini du modèle naissance des porcelets en Hollande ou au Danemark, puis engraissage en Allemagne, à coups de dumping social et fiscal. La crise du Covid a tout remis en cause.
| Pays | Évolution de la Production |
|---|---|
| Allemagne | -10 % |
| Pologne | -10 % |
| Espagne | +1 % |
| Union Européenne (Total) | -4 % à -5 % |
Globalement, Michel Bloc’h n’est pas trop inquiet, ni euphorique pour autant. Ce qui le préoccupe, c’est l’explosion des prix de l’énergie, car ils en consomment beaucoup pour chauffer les bâtiments. Comment le Grand Ouest va-t-il pouvoir faire face à autant d’incertitudes ? En gardant des volumes de production conséquents, et en assurant le renouvellement des générations : beaucoup d’éleveurs vont partir dans les 5 ans. Sur quatre exploitations à reprendre aujourd’hui, seules deux seront reprises, les autres vont disparaître.
Pour que l’Ouest maintienne son niveau de production, il faut garder les idées claires et avoir le soutien des pouvoirs publics : trop de projets d’extension sont attaqués. L’autre atout, c’est la nouvelle Politique agricole commune (Pac). Elle va permettre des aides sectorielles pour les producteurs organisés. C’est un encouragement au collectif. C’est une Pac de projets, pas de rentiers.
Les Français sont de plus en plus attentifs à la provenance et à la qualité des produits qu’ils consomment, surtout lorsqu'il s'agit de viande. Pour une viande de porc, l’origine France assure une traçabilité sans faille, garantissant des conditions de vie respectant le bien-être animal. C’est le cas des porcs de Nouste des Pyrénées, sélectionnés pour leur qualité.
Le mode d’alimentation de l’animal est également crucial. La viande persillée permet d’élaborer des jambons secs de qualité, avec un gras caractéristique. Cela donne une charcuterie typée et des recettes bigourdanes traditionnelles. La viande de Porc Noir, produite selon un cahier des charges strict, doit être dégustée juste cuite (rosée) pour révéler ses arômes de fruits à coques.
Grâce à l’implication de quelques éleveurs et d’un transformateur, un programme de conservation génétique et de relance de la production de la race Pie Noir du Pays Basque a été mis en place dans les années 1980. Cette race, considérée comme menacée d’extinction, s’est fortement développée, passant de 25 à 500 truies en 35 ans. Les conditions de production garantissent un élevage minimum d’un an dans des parcours extensifs et une alimentation composée d’herbe, de racines, de glands et de céréales non OGM.
Cette filière rassemble aujourd’hui 76 éleveurs (dont 30 transformateurs fermiers), 7 transformateurs artisanaux, 1 abattoir et 2 séchoirs, proposant des produits haut de gamme : la viande fraîche et le jambon AOP Kintoa.
Avant la cuisson, il est essentiel de sortir la viande du réfrigérateur pour qu’elle soit à température ambiante. Après la cuisson, laissez reposer la viande dans une feuille d’aluminium pour qu'elle reste tendre et que ses saveurs se révèlent.
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