Le Scotoplanes et le Mulet Porc : Deux Mondes Aquatiques Fascinants

Le monde marin regorge de créatures étonnantes, chacune adaptée à son environnement spécifique. Parmi celles-ci, le Scotoplanes, communément appelé cochon de mer, et le Mulet porc, un poisson migrateur, se distinguent par leurs caractéristiques uniques et leurs rôles écologiques importants.

Scotoplanes globosa

Le Scotoplanes : Un Habitante des Abysses

Le scotoplanes ou cochon de mer est un invertébré marin que le corps arrondi et les pieds tubulaires rendent peu attrayant. Le scotoplanes, communément appelé cochon de mer, appartient à la classe des holothuries (concombres de mer) et à la famille des Elpidiidae. Avec l’oursin et l’étoile de mer notamment, il fait partie des échinodermes, embranchement d'invertébrés exclusivement marins se caractérisant par un squelette externe rugueux ou épineux. Cette créature à l’allure de pomme de terre sur pattes vit dans les abysses, c’est-à-dire dans les régions les plus profondes des océans du globe.

Description et Caractéristiques

Les concombres de mer doivent leur nom à leur ressemblance avec le légume bien connu : un corps mou, plus ou moins allongé et arrondi aux extrémités. Ovale comme une patate, avec la majorité de sa masse au milieu du corps, le scotoplanes revêt une couleur rosâtre pâle, presque translucide. Il possède 6 paires de gros pieds tubulaires qui l’aident à se déplacer sans s’enfoncer dans les fonds boueux de l’océan. Ses déambulations dans l’eau sont très lentes mais le cochon de mer est capable de nager s’il se sent en danger. L’espèce arbore également 2 longues paires de papilles dorsales et 10 tentacules autour de la bouche pour palper et se nourrir. Le scotoplanes a été décrit en 1882 par le naturaliste suédois Johan Hjalmar Théel, à l'issue d’une grande expédition océanographique menée autour du monde par HMS Challenger, le célèbre navire britannique de la Royal Navy.

Habitat et Distribution

Le scoplanes colonise les tréfonds océaniques, en particulier la plaine abyssale des océans Atlantique, Pacifique et Indien. À savoir que certaines espèces apparentées peuvent se rencontrer dans l’Antarctique. L’animal fréquente des profondeurs extrêmes, allant de 1 200 à 6 000 m. Des spécimens ont même été observés à plus de 9 500 m, donc dans la zone dite hadale, qui correspond à une profondeur de 6 000 à 11 000 m sous la surface des océans.

Distribution du Scotoplanes dans les océans

Alimentation et Mode de Vie

L’échinoderme suit un régime alimentaire dépositivore, c'est-à-dire qu’il prélève la matière organique revêtant la couche supérieure du sédiment. À l’aide de ses tentacules buccaux, le scotoplanes cherche et aspire des morceaux d’algues et d’animaux en décomposition nichés dans la boue de sable. Tels des fouets, ses organes sensoriels s’agitent pour localiser les sources de nourriture provenant de la perturbation des eaux. Des scientifiques rapportent que Scotoplanes globosa montre une nette préférence pour les nutriments frais, descendus au cours des 100 derniers jours.

Les concombres de mer du genre Scotoplanes habitent dans les profondeurs extrêmes. Ils vivent en groupes denses d’une centaine d’individus qui avancent tous dans la même direction. Ils consomment la couche supérieure des sédiments: ils sont dépositivores.

Comme tous les échinodermes, le cochon de mer présente un système respiratoire peu développé et dans ce contexte, il respire par l’anus. Dépourvu d’arbre trachéo-bronchique, le cochon de mer pompe de l'eau en dilatant et en contractant son orifice anal. L'eau est ensuite filtrée pour capter l'oxygène et éliminer ce dont il n’a pas besoin. Cette caractéristique constitue une adaptation naturelle de son corps aux profondeurs marines.

Interactions Écologiques

Dans les profondeurs de l’océan Pacifique, une relation étroite a été constatée entre le scotoplanes et le crabe royal (Neolithodes diomedeae). Une étude menée dans les eaux de Californie a constaté que 96% des crabes juvéniles étaient agrippés à des holothuries scotoplanes. Selon l’équipe de chercheurs, les crustacés chercheraient d’abord à se protéger des prédateurs. Ils en profiteraient également pour prélever de la nourriture brassée par leur hôte et enfin, pour se faire transporter. Le concombre de mer est aussi connu pour héberger divers invertébrés parasites tels que des vers plats, des gastéropodes et des petits crustacés de l’ordre des Tanaidacea. Les concombres de mer sont connus pour être en symbioses, intéractions étroites, avec un grand nombre d’organismes (escargots de mer, crustacés, vers plats…). Dans certains cas, pourtant, les petits voyageurs clandestins vivent en dehors du corps des concombres de mer. Par exemple, Neolithodes diomedeae est une espèce de crabe royal présente dans les profondeurs de l’océan Pacifique, parfois associée aux cochons de mer.

En cas de menace, les concombres de mer sont capables de projeter des filaments collants et empoisonnés (tubes de Cuvier) ou d’expulser leur tube digestif!

Reproduction et Conservation

Le mode de reproduction du cochon de mer est peu renseigné et ce, pour deux raisons principales : l’habitat abyssal de cette espèce qui la rend quasiment inaccessible et la difficulté d’étudier un animal susceptible de se détruire s’il est remonté à la surface. Les observations établissent néanmoins que les deux sexes disposent chacun d’un seul organe reproducteur (gonade) et qu’ils expulsent les gamètes dans l’eau. La fécondation est donc externe et sexuée puisque mâle et femelle apportent leurs chromosomes.

Au regard de la profondeur de son lieu de vie, le cochon de mer n’est pas mis en danger par l’activité humaine. L’échinoderme n’est pas une espèce évaluée par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et ne figure pas sur les annexes de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES). Toutefois, comme un grand nombre d’animaux marins, le scotoplanes connaît de multiples prédateurs contre lesquels il déploie un efficace mécanisme de défense. Le concombre de mer est en effet capable de projeter des filaments collants et empoisonnés contenant une substance hautement toxique appelée holothurine.

Le Mulet Porc : Un Poisson Migrateur Résilient

Chelon ramada, plus communément appelé mulet-porc, est un poisson vivant en eau de mer, en eau saumâtre et en eau douce. Il représente, avec le mulet cabot (Mugil cephalus), la majorité des captures de mulets en eau douce. Cette espèce est présente en mer Noire, mer Méditerranée et dans l'océan Atlantique Est tempéré et tropical. Cette espèce, qui appartient à la famille des Mugilidae, se reproduit en mer avant de venir coloniser les milieux aquatiques continentaux.

Description et Caractéristiques

Le corps est allongé et fuselé. La bouche, sous une tête massive et comprimée, est édentée mais présente des lèvres lisses. Les flancs argentés sont couverts de grandes écailles. Le dos est sombre et plusieurs bandes longitudinales foncées sont visibles sur les flancs. Le mulet porc présente une tâche noire à la base des nageoires pectorales. Le mulet porc mesure entre 30 et 50 cm et pèse entre 2 et 4 kg. Le mulet-porc mesure entre 35 et 70 cm. Ce poisson est tricolore avec un corps majoritairement argent, blanc et gris.

Habitat et Distribution

Le mulet porc se rencontre dans les fleuves, les estuaires et les zones intertidales et est très fréquent, surtout aux stades les plus jeunes, dans les zones humides littorales (marais et lagunes) où il domine en biomasse avec l'anguille européenne. Cette espèce réside naturellement à mi-profondeur et à proximité de la surface. On retrouve le plus souvent le mulet-porc à une profondeur inférieure à 20 mètres. Cette espèce fréquente tous types de fond marin côtiers. Le mulet porc est présent en Méditerranée, en Mer Noire et le long des côtes de l'Atlantique, de la Norvège au Maroc.

Mulet Porc (Liza ramada)

Cycle Biologique

Le Mulet porc est capable de migrer sur de longues distances entre les eaux marines et douces, que ce soit pour se nourrir ou pour grandir puis retourner se reproduire. La migration anadrome (vers les fleuves) s’effectue du printemps au début de l’été et la migration catadrome (vers la mer) en automne. La reproduction a lieu en mer de l’automne à l’hiver. Les femelles peuvent pondre plus de 300 000 œufs par kilo de leur propre poids.

Le mulet porc peut effectuer des migrations facultatives sur des longues distances entre les eaux marines et dulçaquicoles à des fins trophiques, voire de maturation sexuelle. Le mulet porc est mâture à partir de 25-40cm, soit entre 3 et 6 ans. Les mâles arrivent à maturité sexuelle plus tôt mais auraient une durée de vie plus courte. Les femelles ont une fécondité relative de 0,6 à 5 millions d'ovules / kg. Les mulets porcs sont itéropares, c'est-à-dire qu'ils peuvent se reproduire plusieurs fois au cours de leur vie. La reproduction en mer aurait lieu entre l'automne et l'hiver sur le plateau continental à proximité des estuaires. Les géniteurs se regroupent en banc, principalement composé de femelle. Les oeufs sont libres et tombent sur le substrat où ils restent sans protection des géniteurs.

Très peu d'information est disponible concernant le développement larvaire mais celui-ci dépendrait de la température et de la salinité. Les larves se développent d'abord en mer avant de migrer dans les estuaires entre l'hiver et le printemps vers 2 et 4 mois. Les juvéniles y grandissent jusqu'à atteindre la maturité sexuelle. Le recrutement des jeunes, âgés de 3 à 4 mois, apparait sur les zones littorales au cours de l'hiver jusqu'au printemps. Jusqu'à 2 ans, la majeure partie des juvéniles occupent les milieux littoraux et les estuaires. On les retrouve ensuite à l'état adulte dans les zones estuariennes et fluviales.

Le mulet porc est surtout zooplanctonophage au cours de sa première année puis devient benthophage à tendance limnivore.

Stade de Vie Habitat Période
Larves Mer Hiver à Printemps (2-4 mois)
Juvéniles Milieux littoraux et estuaires Jusqu'à 2 ans
Adultes Zones estuariennes et fluviales Après 2 ans

État des Populations et Menaces

Le mulet porc est considéré comme étant en préoccupation mineure dans la liste rouge des espèces de l'UICN (2011) et des poissons d'eau douce de France métropolitaire (2019). En Bretagne, même si les données de connaissance sont peu nombreuses (classement DD -données insuffisantes- selon la Liste Rouge des poissons d'eau douce de Bretagne, 2024), l'espèce semble présente partout.

Peu exigeant en terme d’habitats et de ressources en comparaison d’autres migrateurs, le Mulet porc apparait peu perturbé par la fragmentation des milieux. Les changements climatiques pourraient même le favoriser au regard des connaissances sur cette espèce.

Le mulet porc a une grande capacité d'adaptation aux divers types de milieux dans lequel il vit (habitats, ressources, salinité...). Malgré tout, cette espèce est très sensible aux crises dystrophiques des milieux saumâtres ainsi qu'aux bouchons vaseux des estuaires.

Aire de répartition actuelle du mulet porc en France métropolitaine (INPN - MNHN)

Pêche et Conservation

Le mulet porc a peu de valeur commerciale en France, bien qu'il se retrouve de plus en plus à la carte des grands restaurants. Mais, cette espèce est très appréciée en Afrique du Nord et en Méditerannée où elle constitue une part importante des productions piscicoles, notamment dans les lagunes saumâtres. La taille minimale réglementaire de capture du mulet porc est de 30 cm sur la côte atlantique.

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