Grâce à ses atouts indéniables, le plastique s’est imposé à chaque étape de la fabrication de nos aliments, depuis le traitement des semences jusqu’aux emballages des produits. Sachets, blisters ou boîtes en plastique pour les aliments, bouteilles d’eau ou de sodas, gobelets et couverts, ustensiles de cuisine, emballage des palettes pour le transport, serres de maraîchage, bâches pour l’ensilage et l’enrubannage des fourrages, voire enrobage d’engrais et de semences… 20 % du plastique total utilisé en France (4,8 millions de tonnes par an) est employé par la filière agricole et alimentaire, depuis les champs jusqu’à nos assiettes. L’immense majorité (91 %) sert à emballer nourriture et boissons, les 9 % restants étant utilisés par l’agriculture. Léger, solide, bon marché, étanche à l’eau et aux microbes, il présente de telles qualités qu’il s’est rapidement imposé à toutes les étapes de la fabrication de notre alimentation. Au point que le système actuel ne peut plus s’en affranchir.
La grande majorité des plastiques d’emballage est fabriquée à partir d’un nombre réduit de monomères. Cinq polymères représentent à eux seuls 90% du marché : le polyéthylène, le polypropylène, le polystyrène, le PVC et le PET. Par contre, les adjuvants technologiques se comptent par milliers. Ce sont eux qui permettent d’ajuster les propriétés et la forme du matériau.
Voici quelques exemples de plastiques et leurs utilisations :
Il existe une multitude de produits disponibles pour conserver vos aliments. S’équiper de couvercles, barquettes et boîtes refermables de qualité en respectant l’environnement est tout à fait possible. Le plastique a subi une réelle évolution au cours des dernières années. Il en existe désormais des types plus respectueux de l’environnement.
Les incidents de qualité d’origine toxicologique sont la hantise des industriels de l’agroalimentaire, car c’est l’image de marque de leur produit qui est exposée. Il y a souvent des échelons multiples entre eux et le fabricant de polymères, ce qui rend difficile l’attribution des responsabilités en cas d’incident ; or à ce jour, le remplisseur est toujours considéré comme responsable.
Les sources de contamination sont diverses :
Les conditions de contact et de conservation influencent également la migration, qui augmente avec la durée et la température de stockage. La nature du matériau d’emballage joue aussi un rôle, certains additifs ayant plus ou moins d’affinité pour le milieu de contact.
Le fabricant de plastiques effectue des tests sur des simulateurs d’aliments, dans des conditions standards de température et de temps de contact. Des méthodes de contrôle existent mais elles sont souvent laborieuses et inapplicables à un contrôle en ligne. Sur le plan des contaminations potentielles, il est pratiquement impossible d’effectuer des analyses systématiques pour identifier tout ce qui migre.
Pourtant, il va falloir trouver des pistes, et vite. Car le constat posé par une étude scientifique conjointe de l’Inrae et du CNRS publiée le 23 mai dernier est sombre. Les chercheurs ayant mené ce travail constatent « une contamination massive par les microplastiques de tous les sols, et en particulier les sols agricoles, dépassant probablement en tonnage celle des océans ». Les chiffres évoqués vont de 1,5 à 6 millions de tonnes de plastiques dans les sols au niveau mondial. En France, l’estimation tourne autour de 244 kg par hectare.
Conséquence : « Tous les organismes vivants sont contaminés par les microplastiques, y compris les humains, avec des effets néfastes pour la santé. » Ces effets délétères peuvent être dus aux microplastiques (moins de 5 mm) et aux nanoplastiques (moins de 1 micromètre). Ces fragments minuscules s’accumulent dans les sols et les océans, mais aussi dans nos aliments, comme le montrent plusieurs tests menés par Que Choisir sur des sachets de thé, des produits de la mer ou des bouteilles d’eau.
Ils peuvent aussi pénétrer dans les organismes, et l’humain n’est pas épargné, puisque des études récentes en ont trouvé dans le placenta, le liquide amniotique, et même le cerveau des fœtus ! Les particules solides peuvent alors avoir des effets inflammatoires. Mais pas seulement. Les plastiques sont des polymères issus d’hydrocarbures, auxquels sont ajoutés des milliers d’additifs. Ces derniers représentent en moyenne 7 % de la matière, mais parfois beaucoup plus : plastifiants (comme les phtalates ou les huiles minérales aromatiques), colorants, adhésifs, stabilisants, tensioactifs, retardateurs de flamme, etc. Or, ces substances sont potentiellement dangereuses : effets cancérogènes, troubles de la reproduction, perturbateurs endocriniens, pathologies comme l’obésité, l’asthme, le diabète, etc.
Et c’est sans compter les NIAS, c'est-à-dire les substances ajoutées non intentionnellement ! Ces dernières, qui apparaissent au cours de la fabrication du plastique ou de sa dégradation, sont très peu étudiées. On trouve aussi dans les plastiques divers polluants tels des métaux lourds ou des contaminants chimiques. Ou encore des nanomatériaux destinés à ajouter des propriétés au plastique, par exemple le dioxyde de titane pour son rôle anti-UV. Autant de substances mal connues - les fabricants s’abritant derrière le secret industriel - et dont l’impact sanitaire n’a pas encore été pris en compte, ni même évalué.
Autre conséquence, « la composition et la structure des plastiques se sont complexifiées, notamment avec l’ajout d’additifs et de couches multiples, rendant ainsi leur recyclage plus difficile », souligne l’expertise. En France, un tiers des plastiques collectés (au total 3,6 millions de tonnes en 2018) est incinéré (induisant des dégagements de CO2), un tiers est enfoui en décharge (et se retrouve ensuite dans les sols), et seulement un tiers est réellement recyclé - et ce de façon insatisfaisante.
« Seul le recyclage des bouteilles d’eau en PET [soit 1 à 2 % des plastiques, ndlr] est destiné à produire le même objet. Le reste est recyclé pour fabriquer des produits différents car ils ne correspondent plus aux normes fixées par les réglementations des produits au contact de l’alimentation », précise l’expertise. On peut certes obtenir des cintres, des pots de fleurs ou des pare-chocs, mais pas de nouveaux emballages alimentaires - ce qui implique que la production de contenants à usage unique se poursuit.
Quant à la biodégradation, elle est illusoire. « Certains plastiques sont indiqués comme biodégradables, mais ils ne se décomposent que dans des conditions très spécifiques, voire uniquement en milieu industriel contrôlé », poursuivent les chercheurs. Il s’agit en général de matières biosourcées, mises en avant par les fabricants, la majorité des plastiques pétrosourcés n’étant pas biodégradables, non plus que certains biosourcés d'ailleurs : ils ne sont pas tous biodégradables car ce sont aussi des polymères, qui se comportent chimiquement comme les plastiques issus de la pétrochimie.
Bien qu’ils influencent directement l’efficacité du recyclage, les modes de collecte et de tri des plastiques restent peu étudiés. Le principal procédé de recyclage mis en œuvre à l’échelle industrielle est dit mécanique, procédé dans lequel la chaîne du polymère n’est pas modifiée. Mais il est contraint par la dégradation des matériaux, leur contamination et sa rentabilité limitée.
Certains plastiques sont indiqués comme biodégradables, mais ils ne se décomposent que dans des conditions très spécifiques, voire uniquement en milieu industriel contrôlé. La majorité des plastiques pétrosourcés ne sont pas biodégradables, tout comme certains plastiques biosourcés. De plus, la présence de polymères pétrosourcés et d’additifs au sein d’un plastique « biosourcé » complique leur traitement. Les plastiques biodégradables restent faiblement biodégradés en conditions réelles (sols, compost domestique) et nécessitent un meilleur étiquetage pour adapter leur traitement selon leurs capacités réelles de biodégradation.
Face à l’ampleur des dégâts, les mesures de régulation sont insuffisantes. Le recyclage et la substitution par des matériaux plus vertueux ne suffisent pas, voire sont illusoires. Seule solution à long terme : réduire massivement la production. Ce qui est inapplicable avec le fonctionnement actuel de notre filière alimentaire.
Les scientifiques coordinatrices de l’expertise Inrae-CNRS, Muriel Mercier-Bonin (Inrae) et Sophie Duquesne (CNRS), ont averti en conclusion de leur rapport : « Il faut questionner la possibilité même de rendre soutenable l’usage des plastiques dans l’agriculture et l’alimentation. Il faut repenser le système dans sa globalité, et pas seulement par une substitution de matériaux. »
Une autre voie moins polluante serait de fabriquer des emballages comestibles. Ce serait de plus un débouché pour les protéines agricoles. Par exemple, un film de plastique à base de gluten de blé a été mis au point en 1992 par des chercheurs du CIRAD.
Dans ce contexte, l’INRA a créé en 1986 une unité de recherches sur la sécurité et la qualité des aliments emballés (SQUALE). Elle a pour objectif, dans un souci de préserver la sécurité du consommateur, d’apporter un soutien aux industries agro-alimentaires, grâce à la mise en place d’une méthode d’évaluation de la qualité des matériaux plus fiable et plus rapide que celles qui existent actuellement.
Pour les professionnels travaillant dans le domaine de la restauration, il existe des récipients avec une fonction bien précise comme les cornets à frites ou pots à pâtes que nous vous recommandons d’utiliser uniquement pour l’effet prévu. Des barquettes en plastique pour y disposer les restes de plats et permettre à vos clients de les emporter. Pour les traiteurs ou la livraison de repas, optez pour des boîtes en carton carrées ou rectangulaires refermables. N’oubliez pas également de vous munir de sacs en papier kraft à poignée pour le transport de vos boîtes et barquettes.
Si vous travaillez dans l’événementiel, sachez qu’il existe des saladiers en carton très pratiques pour y disposer des légumes ou de la salade. Et comme mentionné précédemment, des couvercles en plastique recyclable, carton ou canne à sucre. Ces derniers conservent parfaitement la contenance du récipient au chaud ou au froid.
| Type de Plastique | Utilisations Courantes | Caractéristiques |
|---|---|---|
| PET (Polyéthylène Téréphtalate) | Bouteilles d'eau, emballages alimentaires | Recyclé, recyclable, sans BPA |
| PP (Polypropylène) | Jouets, pièces automobiles, emballages alimentaires | Très utilisé en Europe |
| PS (Polystyrène) | Emballages de produits laitiers, gobelets | Utilisé pour les produits laitiers |
| PE (Polyéthylène) | Films d'emballage, bouteilles, flacons | Fabriqué à partir d'éthylène |
| PVC (Polychlorure de vinyle) | Conduites d'eau, films alimentaires | Utilisé pour les conduites d'eau |
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