Pegase et l'Origine de la Viande Chevaline : Enjeux et Perspectives

La viande chevaline, riche en fer et pauvre en matières grasses, suscite un intérêt particulier en France. Elle offre une forte teneur en vitamines B12, B3 et B6, bénéfiques pour la santé. Mais d'où vient cette viande et quelles sont les conditions de sa production ?

Chevaux émaciés sur le site de l’abattoir Sarel, en Uruguay.

Consommation et Importation de Viande Chevaline en France

Environ 6 millions de Français consomment de la viande chevaline. En 2021, la France a importé pour 47,5 millions de dollars de viande chevaline, représentant environ 70 % de la consommation nationale. Elle est ainsi le troisième plus grand importateur au monde, après l’Italie et la Belgique.

La France importe principalement cette viande de :

  • Belgique (22 millions de dollars)
  • Uruguay (10,4 millions de dollars)
  • Argentine (3,32 millions de dollars)
  • Pays-Bas (2,58 millions de dollars)
  • Canada (1,81 million de dollars)

Origine de la Viande Chevaline : Le Nouveau Monde en Tête

La plupart du temps, la viande commercialisée provient du Nouveau Monde, notamment d’Argentine, du Canada et d’Uruguay.

Par exemple, la Société Normande de Viandes et Courtages (SAS SNVC), basée à Toutainville, dans l’Eure, commercialise de la viande chevaline en provenance de l’abattoir Clay, importée par la société d’import-export de viande P. Harinordoquy & fils, basée à Bordeaux. Or, l’abattoir Clay et les deux entreprises françaises appartiennent tous les trois à l’entrepreneur français Yon Harinordoquy.

La viande issue de l’abattoir Clay est exportée en France, puis vendue par la SNCV aux acteurs de la grande distribution. D’autres distributeurs vendent de la viande en provenance d’Uruguay commercialisée par divers fournisseurs français.

Enjeux de Traçabilité et Bien-Être Animal

Une vidéo dénonce la maltraitance et le trafic des chevaux abattus en Uruguay et en Argentine. Ce sont ces conditions que révèle une vidéo filmée dans plusieurs de ces pays, et rendue publique en juin dernier par l’association suisse Tierschutzbund Zürich (TSB) et la fondation Animal Welfare Foundation (AWF), impliquées dans le bien-être animal.

En Uruguay et en Argentine, des pays où l’on ne mange pas de cheval, toute la viande des chevaux de course, de travail ou de loisir est exportée vers l’Europe, la Russie ou l’Asie.

De telles failles dans la traçabilité de plusieurs pays d’Amérique du Sud sont largement épinglées par les deux associations. Quid, notamment, de la présence de résidus de médicaments ? La question se pose tout particulièrement pour les chevaux de course : ils ont pu être préalablement dopés à diverses substances sans que leur abattage ne respecte les délais d’attente imposés par le règlement européen n° 504/2008 sur les règles d’éligibilité à l’abattage des équidés.

Contrôles et Mesures de Précaution

La Direction générale de l’alimentation (DGAL) nous précise être « consciente des risques potentiels que cette situation génère. Aussi, des contrôles renforcés sont régulièrement mis en place, comme en juin dernier, pour une durée de deux mois, pour rechercher de la phénylbutazone [un anti-inflammatoire utilisé comme produit dopant] dans tous les lots de viandes d’équidés en provenance du Canada.

De son côté, l’association Welfarm France, partenaire des deux associations allemande et suisse, appelle, par « principe de précaution », les artisans bouchers et distributeurs français à exclure de leurs rayons la viande chevaline originaire d’Argentine, d’Uruguay et du Canada.

Campagne Welfarm contre la viande chevaline d'Amérique du Sud.

Initiatives pour une Production Plus Respectueuse

Pour parer aux critiques, les importateurs de viande chevaline ont lancé en 2017 le projet Respectful life. Sur la base d’audits menés dans les lieux de rassemblement et d’abattage des différents pays concernés, il a abouti à l’élaboration d’un guide de bonnes pratiques ; celui-ci est destiné aux professionnels de tous les pays. Les participants à ce projet peuvent apposer un logo sur les emballages de leurs produits commercialisés en grandes surfaces.

Renée & René : Une Nouvelle Marque pour Célébrer l’Héritage Culinair

Spécialiste de la viande chevaline, Pégase BVS lance une nouvelle marque : Renée & René. Plutôt attractive, l’identité graphique de la nouvelle marque apporte de la modernité tout en misant sur un couple de seniors - Renée et René - pour ambassadeurs. Des personnages 3D souriants et rassurants.

« Le lancement de la marque Renée & René est profondément ancré dans notre désir de célébrer l’héritage culinaire transmis de génération en génération , explique Célia Debras, responsable marketing de l’industriel du Plessis-Robinson (92). Lors de nos échanges sur les salons et dans les magasins, les consommateurs évoquent presque toujours leurs grands-parents lorsqu’ils parlent de viande chevaline. Cet attachement familial témoigne de la place importante que cette viande occupe dans notre patrimoine gastronomique. Nous souhaitons honorer cette tradition tout en offrant des produits adaptés aux besoins des familles modernes.

Uruguay: une ONG achète et fait adopter des chevaux pour leur éviter l'abattoir | AFP

La Boucherie Chevaline : Un Métier Qui Résiste

Alors que les boucheries chevalines disparaissent au galop du paysage commercial, l’une d’entre elles fait de la résistance au marché des Halles. Elle rajeunit même.

La boucherie chevaline des Halles avait pour Quentin Garcia un irrésistible goût de tradition. "J’ai grandi sur les marchés. On vendait les fruits et légumes de l’affaire familiale puis on a tenu une rôtisserie. Enfant, on mangeait aussi un steak de cheval tous les samedis", confie-t-il.

Quant à Maëva Garcia, elle s’inscrit également dans une démarche de transmission et garde un souvenir ému de ses débuts à la boucherie. "Quand mon père l’avait rachetée, je venais aider l’été et les dimanches.

Loin de se laisser désarçonner par les dernières modes alimentaires, le chef d’entreprise s’est diversifié en proposant du bœuf angus, de l’agneau ibérique, du porc… Il continue de flatter les papilles des amateurs, qui viennent parfois de loin. "Les clients ont tous les âges. Certains arrivent de Perpignan, Béziers, Marseille… Ils font plus de quatre heures de route pour remplir les glacières.

Côté traçabilité et bien-être animal, l’équipe de Viande 2 000 rassure : "La viande de cheval est issue d’animaux d’élevage ou réformés, issus essentiellement de France et d’Espagne. Il s’agit de filières très cadrées et contrôlées, comme pour les bovins et les ovins".

De plus, "c’est une viande saine, pleine de fer, qui comporte moins de matière grasse et qui est plus abordable que le bœuf.

Si la vitrine consacrée à la viande chevaline est moins importante qu’autrefois, "elle ne réduira pas non plus", rétorquent Quentin et Maëva Garcia. "Car le cheval est notre produit phare et représente notre plus importante sortie. On sait que ceux qui l’aiment continueront à venir.

La boucherie chevaline des Halles de Narbonne.

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