Les organismes génétiquement modifiés (OGM) suscitent depuis des décennies un débat passionné, oscillant entre fascination et crainte. Fruits d'une technologie de pointe appliquée au monde vivant, ils soulèvent des questions légitimes sur l’environnement, l’économie et l’éthique.
Un OGM est un organisme vivant dont les caractéristiques génétiques initiales ont été modifiées de manière non naturelle, par ajout, suppression ou remplacement d'au moins un gène. L'opération correspondante est dite transgenèse. La première véritable manipulation génétique date de 1972, avec la création par des chercheurs américains, d'une molécule d'ADN hybride à partir de l'ADN du signe et de celui d'une bactérie. Après quelques années d'hésitation liées aux réactions de l'opinion publique et à la prise de position de certains chercheurs sur la nécessité d'un moratoire, c'est en 1977 qu'il y a autorisation de reprise des expériences, dans le cadre de bonnes pratiques.
Les techniques du génie génétique sont issues de la recherche en biologie moléculaire, en médecine, en agriculture, mais aussi en chimie ou en physique. La transgenèse autorise l'apport de caractères d'intérêt jusque là inaccessible à certaines espèces. L'application du génie génétique en agriculture est ensuite devenue opérationnelle il y a plus de 10 ans avec les premières autorisations d'essai en champ de micro-organismes génétiquement modifiés résistants au gel, et de tomates transgéniques résistantes à un herbicide. En 1994, les Etats-Unis autorisent la culture et la mise sur le marché d'une tomate transgénique, à conservation prolongée.
Si le développement des OGM est essentiellement motivé par des considérations économiques en termes de coût de production, un certain nombre d'autres avantages peuvent leur être reconnus : compétitivité technologique, développement économique, amélioration des rendements des pays en voie de développement et sauvegarde de l’environnement.
Les OGM peuvent présenter des avantages, mais leurs inconvenients potentiels doivent aussi être considérés ... Les OGM en questions : quel intérêt ? quelles craintes ?
L’un des arguments les plus mis en avant en faveur des OGM est l’augmentation de la productivité. Certaines plantes sont modifiées pour résister aux maladies, aux parasites ou aux conditions climatiques difficiles. Résultat : moins de pertes, des récoltes plus stables et une meilleure sécurité alimentaire dans certaines régions du monde. Les OGM permettent d'améliorer les rendements agricoles grâce à une meilleure résistance aux maladies, parasites et conditions climatiques difficiles.
Certains OGM, notamment les plantes Bt, sont conçus pour produire leur propre protection contre certains insectes. Cela permet aux agriculteurs de diminuer l’usage de pesticides chimiques, avec un impact potentiel positif sur la santé des travailleurs agricoles et sur l’environnement. Les insectes ravageurs peuvent causer de graves dommages dans certaines cultures et entraîner des pertes financières importantes. Les agriculteurs ont l’habitude d’utiliser des insecticides en grandes quantités pour les vaincre. Les OGM permettent à la plante de lutter elle-même contre les insectes en produisant une protéine qui les tue.
Les OGM peuvent être enrichis en nutriments ou adaptés pour répondre à des besoins nutritionnels spécifiques. Le cas le plus avancé reste celui du riz doré. Il a été génétiquement modifié pour produire du béta-carotène, précurseur de la vitamine A. Une carence en vitamine A peut provoquer de graves problèmes de vision, pouvant aller jusqu’à la cécité. L’Unicef estime qu’un apport suffisant en béta-carotène permettrait d’éviter la mort de deux millions d’enfants à travers le monde.
Quelques exemples de plantes OGM et leurs avantages :
La culture et la consommation des organismes génétiquement (OGM) présentent ainsi de nombreux risques. La dissémination des gènes de plantes génétiquement transformées est également une préoccupation majeure, avec le pollen comme vecteur privilégié. Les OGM soulèvent des préoccupations concernant la biodiversité, notamment par leurs effets potentiels sur les écosystèmes et la dissémination des gènes vers les plantes sauvages. Sur le plan environnemental, les OGM peuvent perturber les équilibres naturels et accroître la pollution génétique par croisement avec des cultures non modifiées.
L’introduction de plantes génétiquement modifiées peut provoquer des déséquilibres dans les écosystèmes. Les OGM résistants aux insectes, par exemple, peuvent affecter la chaîne alimentaire en éliminant certaines espèces. Par ailleurs, la dissémination des gènes vers des plantes sauvages est une crainte souvent évoquée. Une culture transgénique peut alors transmettre, par fécondation, le transgène à des plants avoisinants, cultivés ou sauvages et permettre l'apparition de mauvaises herbes résistantes aux herbicides, par exemple.
La majorité des semences OGM sont brevetées. Les agriculteurs doivent donc racheter des graines chaque année, ce qui peut entraîner une dépendance économique vis-à-vis des multinationales semencières. Cela représente un risque pour l'autonomie agricole et la diversité des semences traditionnelles.
À ce jour, aucune étude solide n’a démontré que les OGM approuvés présentent un danger pour la santé humaine. Cependant, certaines personnes restent vigilantes quant aux effets potentiels à long terme, notamment en ce qui concerne les allergies ou la résistance aux antibiotiques. L'ingestion de produits contenant des OGM ou issus d'OGM crée une incertitude sur la présence d'une substance indésirable qui pourrait causer des réactions allergiques.
Même avec des règles strictes, il est difficile d’empêcher les croisements entre plantes OGM et cultures non OGM situées à proximité. Cela complique la tâche des agriculteurs bio ou des producteurs souhaitant rester 100 % sans OGM. La culture des OGM empêche toute autre forme d’agriculture. Pour arriver à créer une étanchéité toute relative entre cultures OGM et non-OGM, ces dernières nécessitent des investissements importants.
C’est pour cela que l’Europe a mis en place une réglementation stricte encadrant leur utilisation. Les textes européens définissent des obligations d'étiquetage pour tous les produits alimentaires, tous les additifs et les arômes contenant 0,9 % ou plus de matériel génétiquement modifié.
En France, la culture d’OGM à des fins commerciales est interdite depuis 2008. La France a d'abord fait usage des clauses de sauvegarde et mesures d'urgence prévues par la directive 2001/18/CE et le règlement 1829/2003 pour interdire la culture, sur son territoire, du maïs MON810.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) contrôle les OGM en France. Selon la législation européenne, l’étiquetage des produits alimentaires est obligatoire pour tout ingrédient, additif ou arôme qui contient plus de 0,9 % d’OGM.
Tableau récapitulatif des avantages et inconvénients des OGM :
| Avantages | Inconvénients |
|---|---|
| Amélioration des rendements agricoles | Risques pour la biodiversité |
| Réduction de l'utilisation des pesticides | Dépendance aux grandes entreprises |
| Amélioration de la qualité nutritionnelle | Interrogations sur la santé |
| Résistance aux maladies et aux conditions climatiques | Pollution génétique |
tags: #ogm #et #alimentation #risques #et #avantages
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic