L'élevage des porcs, ou élevage porcin, est une filière agricole dédiée à la production de viande. En France, ce secteur est soumis à une réglementation stricte visant à garantir le bien-être des animaux, tout en assurant une production de qualité.
Porcs dans un élevage
La truie met bas pour la première fois autour d’un an. Elle est élevée en bande (groupe de truies physiologiquement au même stade). La durée de gestation est de 3 mois, 3 semaines et 3 jours. Une semaine avant la mise-bas et pendant l’allaitement, la truie est généralement placée dans un hébergement appelé la salle de maternité. Chaque truie est dans une case avec ses propres porcelets.
En France, les porcelets sont sevrés généralement à l’âge de 28 jours. Une fois sevrés, les porcelets sont séparés de leur mère et regroupés, ils passent d’une alimentation à base du lait de leur mère à un aliment dit premier âge (formulé spécifiquement pour cette période de sevrage). Pendant la période de lactation, la truie est en anoestrus. Le sevrage déclenchera la reprise du cycle ovarien, permettant une insémination artificielle dans les 7 jours post-sevrage. Lors de la remise à la reproduction par insémination artificielle, la truie est temporairement placée dans un hébergement individuel afin de faciliter les manipulations et de limiter les chevauchements et blessures.
Après le sevrage de ses porcelets, la truie est remise à la reproduction et pour les porcelets deux phases suivent : une phase dite de post-sevrage pendant 2 mois, puis une phase d'engraissement, jusqu'à 6 mois d'âge. La grande majorité des porcs sont vendus en tant que porcs charcutiers à un poids de 115 à 120 kg (équivaut à 6 mois d'âge). Lorsqu'elles sont moins performantes, les truies de réforme sont envoyées à l'abattoir.
Parmi les comportements normaux du porc, ce dernier a besoin d’exprimer le fouissage : le fait d’explorer avec le groin, mais également le mâchonnement. Il lui est donc nécessaire d’avoir à disposition des matériaux manipulables qui lui permettent de fouir et mâchonner. Comme la plupart des espèces domestiques, le porc est une espèce sociale qui vit en groupe organisé selon une hiérarchie. Toutefois, il peut avoir tendance à l’agressivité, notamment en cas de stress (lorsque la densité est forte, le groupe est changé, la température varie brutalement, lors de pathologies digestives, etc.). Ces agressions se traduisent par des morsures entre congénères. Le plus souvent, ils se mordent la queue (on parle alors de caudophagie), voire les oreilles ou les flancs. L’origine du déclenchement de ce comportement est multifactorielle donc difficile à corriger. C’est pourquoi l’éleveur (ou autre personnel formé) peut être amené à réaliser l’épointage du fouet de la queue avant 7 jours de vie des porcelets (le plus souvent en pratique entre 2 et 4 jours).
La réglementation bien-être en élevage porcin en France concerne tous les types d’élevages, et tous les stades de l’élevage. Le texte de référence en France date de 2003 (Arrêté du 16 janvier 2003 établissant les normes minimales relatives à la protection des porcs), traduction en droit français de la Directive Européenne 2001/88/CE, elle-même révisée en 2008 sous forme de Directive 2008/120/CE. En 2020, la France a modifié l’Arrêté du 16 janvier 2003. La directive européenne 2008/120/CE du Conseil du 18 décembre 2008, transposée en droit français par l'arrêté ministériel du 16 janvier 2003 consolidé renforce la protection des porcs en élevage.
En 2020, l’Efsa (European Food Safety Authority) a publié trois rapports sur le bien-être des porcs en élevage, en élevage, pendant le transport et à l’abattage.
Principales exigences réglementaires :
Des contrôles des services vétérinaires sont réalisés pour vérifier les conditions d’hébergement des animaux, la qualité de l’identification, le bon état général des animaux, les soins vétérinaires éventuellement apportés.
Le législateur a fait évoluer l’environnement des porcs vers une meilleure prise en compte des besoins de l’espèce, mais également vers un meilleur encadrement des interventions douloureuses comme la castration et la coupe de queue.
Sous l’impulsion de l’Union Européenne, la France s’est dotée fin 2017 d’une stratégie visant à arrêter la pratique de la caudectomie systématique. Un arrêt de la castration à vif.
Au-delà des demandes règlementaires demises en conformité, il est progressivement perçu comme un moyen d’amélioration continue dans la chaine de production. Il ne saurait y avoir de bien-être des animaux de production sans des conditions de vie et de travail satisfaisantes pour les personnes en charge de leur élevage, transport et abattage.
Des audits BEA sont réalisés par les vétérinaires porcins avec pour objectif d’évaluer le respect des normes demandées mais aussi d’objectiver les améliorations apportées par ces nouvelles mesures bien-être.
Orientations futures :
Agriculture Biologique et Bien-Être Animal
L'agriculture biologique impose des normes encore plus strictes pour le bien-être des porcs :
Elevage de porcs en agriculture biologique
Une équipe de chercheurs suédois a analysé dans treize pays de l’Union européenne les évolutions réglementaires entre 1991 et 2020 en matière de protection des porcs. Ils distinguent deux groupes de pays : ceux du premier groupe s’en tiennent à une application stricte des directives européennes ; il s’agit de la France, de la Belgique, de l’Irlande, de l’Italie, de la Pologne et de l’Espagne. À l’opposé, un second groupe composé de l’Autriche, du Danemark, des Pays-Bas, de l’Allemagne, de la Finlande, du Royaume-Uni, avec en tête la Suède, ont des réglementations nationales « bien-être » qui vont plus loin que la réglementation européenne.
Ces différences d’application des réglementations bien-être entre ces deux groupes s’expliquent par l’importance de la production porcine dans le pays, la volonté politique d’appliquer une réglementation nationale plus stricte ,et la perception du bien-être par les citoyens et les éleveurs.
Les auteurs montrent également que la caudectomie et le manque d’apport en matériaux manipulables sont les non-conformités les plus fréquentes relevées dans les rapports d’audit des autorités européennes, sauf en Suède et en Finlande où la caudectomie est déjà interdite.
Aude Dubois, Chambre d’agriculture des Pays de la Loire: « Depuis 2020, date à laquelle cette étude s’est arrêtée, les États membres rencontrent les mêmes difficultés que la France pour appliquer la réglementation européenne dans les élevages, notamment sur l’arrêt de la caudectomie ou encore l’apport en matériaux manipulables. En parallèle, la dynamique sur la réduction de la contention des truies semble enclenchée dans de nombreux pays. Il faut aussi souligner que depuis 2020, la France a, elle aussi, légiféré pour la protection des porcs en élevage : arrêt de la castration à vif, matériaux manipulables, abreuvement… »
Parmi les deux groupes de pays, nous observons des pays producteurs et exportateurs de porcs majeurs de l’Union européenne : d’un côté, l’Espagne et la France qui appliquent uniquement les directives européennes et, de l’autre côté, le Danemark, l’Allemagne ou les Pays-Bas qui ont renforcé leur législation nationale. Cette réglementation bien que légèrement plus contraignante ne semble donc pas nécessairement entraver leur capacité à commercialiser leur viande de porc.
Quelques chiffres clés :
L'élevage des porcs est très encadré d’un point de vue règlementaire. L’objectif est une meilleure maîtrise des facteurs de risque et une évolution des pratiques en élevage de porc.
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