Au cœur de l'Anjou et du Maine-et-Loire, se trouve une spécialité gourmande qui rend hommage à un symbole local : le Mouchoir de Cholet. Bien plus qu'un simple accessoire, le mouchoir est devenu une délicieuse confiserie, appréciée tant par les habitants de la région que par les touristes du monde entier.
Cholet et La Roche-sur-Yon ne sont pas franchement de grandes destinations touristiques, les deux cités de la Vendée militaire ne se bousculent pas au cœur de l'été. Cependant, elles n'ont pas renoncé à défendre leur image et développent toute une gamme d'objets promotionnels. Poussez les portes des offices de tourisme : les rayons de produits dérivés n'attendent que de devenir des ambassadeurs des couleurs de leur ville, à condition de séduire les touristes...
À Cholet, les mouchoirs rouges, créés par le musée du Textile, constituent le produit phare de la vente à l'office du tourisme du Choletais. Plus de 1 500 pièces sont ainsi vendues chaque année en version simple (3,60 €), brodées sous étui (7,50 €), en blason Cholet ou cœur vendéen. Des coffrets de six mouchoirs (23 €) sont également proposés. Courant août, un autre produit sera proposé au travers d'un mouchoir avec les paroles sérigraphiées de la chanson de Théodore Botrel. Verdict : avantage Cholet. Plus typé, le mouchoir.
Si le nom est connu dans la région, il interroge plus en dehors car les mouchoirs, ça ne se mange pas ! Le mouchoir de Cholet, version confiserie, a été créé en 1981 par Michel Levesque.
Un pâtissier chocolatier Artisan passionné, installé à Cholet et à Angers, propose une confiserie qui rend hommage au célèbre mouchoir. Les équipes du pâtissier chocolatier Artisan passionné produisent quatre tonnes de mouchoirs de Cholet par an. Une confiserie appréciée jusqu’au Japon, indique Luc Poisson (photo) à la tête de l’entreprise avec Aurélien Trottier.
Le mouchoir se décline aussi en chocolat au travers des gourmandises confectionnées par Arnaud Guillé (de 1,40 € à 10,65 € pour des boîtes de 2 à 16 chocolats).
Mais comment ce simple mouchoir est-il devenu une gourmandise ? La réponse se trouve dans l'ingéniosité des chocolatiers locaux. Bien que chaque artisan ait sa propre version, la base reste la même : du chocolat de qualité, travaillé avec passion et savoir-faire.
Voici une idée de recette que vous pouvez essayer chez vous :
Entre la puissance du cacao, le croquant de la nougatine, la douceur de la crème pralinée… on ne peut que fondre, et se limiter à n’en manger qu’un seul me semble totalement infaisable!
Cette fois-ci, je vous propose de me suivre pour une balade à la recherche des spécialités angevines et de la gastronomie du Maine et Loire. Le département du Maine-et-Loire, nommé d’après les noms de ses deux cours d’eau, reprend en grande partie les limites de l’ancienne province de l’Anjou, l’un des trésors de la région Centre Val-de-Loire. Comme ses voisins, elle jouit d’un patrimoine historique et culturel impressionnant et une partie de son territoire à été classée au patrimoine de l’UNESCO. Elle possède de riches monuments comme l’Abbaye de Fontevraud, le château d’Angers ayant appartenu aux Duc d’Anjou, ou encore le château de Montsoreau où résida Marie Stuart.
Terre de tradition, la gastronomie d’Anjou s’est énormément développée et inclut les spécialités d’Angers, mais aussi les spécialités saumuroises.
On commence par du sucré! Arrivé à Saumur, je pénètre dans une pâtisserie aux moulures anciennes et au style Napoléon III: la Duchesse Anne, institution de la gastronomie saumuroise. Installée depuis 1842, elle a su traverser les époques, se modernisant sans cesse et créant une identité forte sous l’égide de ses différents chefs. Dans les années 50, Christian Godineau, formé par Lenôtre, va reprendre cette pâtisserie et créer ce qui deviendra la marque de fabrique de la confiserie: un chocolat, qu’il appelle “le crottin de cheval”. Pour la petite histoire, la ville de Saumur est depuis longtemps LA ville du cheval en France. Elle accueille le célèbre Cadre Noir, école où l’on forme les cadres supérieurs de l’équitation et où l’on peut venir admirer de superbes démonstrations équestres. Fort heureusement, le crottin de la Duchesse Anne n’a aucun rapport avec celui du cheval ! Il s’agit de deux coques de nougatine assemblées en sphère, garnies d’un cœur de praliné noisette. On recouvre ensuite cette coque de chocolat et de poudre de cacao.
La gastronomie d’Anjou ne serait pas ce qu’elle est sans les vins de Loire. Parmi toutes les appellations que l’on trouve dans la région d’Anjou, il en est une bien spécifique à la région de Saumur: le Saumur fines bulles AOP. Deux raisons à cela: Le sol dans un premier temps, fait de tuffeau, est calcaire à souhait ce qui est excellent pour l’expression des arômes du cépage chenin, majoritaire dans ces vins. La deuxième est la présence des caves. Le sol de la région est troué en 1001 endroits de caves et de couloirs souterrains, que ce soit dans la plaine ou dans le coteau saumurois.
Je quitte maintenant Saumur et arrive en quelques coups de pédales à Doué-en-Anjou, où je vais à la rencontre de Fanny et Patrice, tous deux originaires de la Sarthe et ayant repris en 2018 la boulangerie de l’Éclat de Blé. C’est une authentique boulangerie de village. Les habitués viennent y chercher leur pain, leur baguette… au centre du village, elle est connue de tous. Dans cette boulangerie populaire, on s’évertue à respecter les traditions et à perpétuer la gastronomie du Maine-et-Loire. Lorsque j’arrive, Patrice vient de les mettre au four, et son ami Roger, 93 ans, me raconte l’histoire de ce gâteau. Existant depuis au moins 1900, c’est un grand biscuit rond en pâte sablée, décoré et doré aux œufs comme une galette des Rois. Cousin du broyé du Poitou, on la servait à l’Epiphanie avant l’arrivée de la galette frangipane. Grand gourmand, Patrice l’a “amélioré” en y ajoutant une couche de purée de framboise. Autre recette traditionnelle d’Anjou: la fouée d’Anjou, petite boule de pain fourrée de fromage ou de rillettes d’Anjou. Patrice confectionne également des pâtés aux prunes quand c’est la saison; les longets, petit pain local que les paysans trempaient dans le café le matin; ou encore ces délicieux boutreaux, des beignets au rhum servis pour Mardi Gras. Tout dans cette boulangerie sent bon l’authenticité, l’amour des traditions et du terroir.
Je poursuis ma traversée du Maine-et-Loire et arrive à Puy-Notre-Dame, village juché sur une butte de tuffeau. Depuis le XVIe siècle, les sols de la région ont été exploités pour l’extraction de tuffeau, créant un gigantesque réseau de galeries souterraines. Ces caves et ces galeries ont ensuite été utilisées comme lieux d’habitation pour certains, et revêtait un grand intérêt pour les vignerons. Ces caves troglodytes étaient idéales pour entreposer et élever le vin. Puis au XIXème siècle, les nombreux champignonnistes de Paris, chassés par l’arrivée du métro parisien, trouvèrent refuge dans ces caves dont la température constante est favorable à la culture du champignons.
Mes champignons sous le bras, je quitte les caves troglodytes et reprends mon vélo direction Lys-Haut-Layon, à une vingtaine de kilomètres d’ici. Je suis accueilli au Domaine de la Clartière par toute la famille Pinet, présente sur l’exploitation depuis 5 générations. Aujourd’hui, Agnès et Pierrot, aidés de leurs 3 enfants, exploitent les 33 hectares de vignoble, travaillant leurs vins de la vigne à la bouteille. On est sur un vin entre le sec et le moelleux au niveau du sucre, confectionné sur une base de cépages cabernet franc et cabernet sauvignon. Parfait pour l’apéritif, il l’est tout autant pour le dessert. On est sur des arômes d’une extrême finesse, avec des notes fortes de fruits rouges, framboises et même fruits exotiques. Et je parle d’expérience: fort de ma récolte de champignons et des conseils de Jacky, je suis passé en cuisine une fois arrivé au domaine! J’ai fait revenir mes champignons dans du beurre doux avant de les déglacer au cabernet d’Anjou. Le mariage des saveurs des deux produits angevins est parfaitement réussi!
D’un domaine à un autre, je m’en vais découvrir une autre appellation des vins de Loire: les Anjou Blancs AOP. Mais on retrouve toujours un vin aérien, avec des arômes de fleurs blanches et d’agrumes, et quelques notes de fruits blancs. Il se boit jeune, 2 ou 3 ans d’âge, pour en apprécier sa rondeur et son équilibre entre l’acidité et le fruité du chenin. C’est au domaine du Château de Passavant que je découvre cette appellation. La famille David-Le Comte le possède depuis 1900. Anciens agriculteurs, ils décident de se mettre aux vins et achètent pour cela le Château de Passavant dans un but précis: utiliser ses caves. Car ici, on est en Anjou noir, sur une terre faite de schiste, difficile à creuser, contrairement au tuffeau de l’Anjou Blanc. Invité par les châtelains pour le déjeuner, j’ai pu déguster l’Anjou blanc accompagné d’un poisson avec une sauce au beurre blanc et aux zestes de citron. Les zestes font échos aux notes d’agrumes du vin, et la sauce assez riche s’équilibre avec la fraicheur de l’Anjou blanc.
Apres avoir gouté la vie de château, je me remet en route, destination Angers. Ancienne place forte du Comté d’Anjou, Angers ne manque pas d’atouts pour séduire son visiteur, surtout si celui-ci est en quête de ce que la gastronomie du Maine-et-Loire a de meilleur. Et c’est pour cela que je pousse la porte de la chocolaterie Benoit, installée dans la ville depuis 1975. Ici, Gilbert, ancien chef pâtissier, a mis tout son talent à l’œuvre pour régaler les papilles des Angevins en reprenant cette pâtisserie. En 1997, il passe le flambeau à sa fille Anne-François, et c’est une réussite. J’y arrive de bon matin, une odeur de chocolat et d’amandes torréfiées flotte dans l’air. Anne-Françoise, qui confectionne elle-même plus de 70 chocolats différents, m’accueille et me montre la fabrication de son chocolat signature: les « caramandes ». De forme triangulaire, il est produit à partir d’amandes torréfiées et effilées, mélangées à de la nougatine pour avoir un bon gout de caramel au beurre. Le mélange est étalé sur une plaque fine puis découpé en triangle et recouvert de chocolat, noir ou au lait. Cette petite douceur artisanale est particulièrement addictive. J’admire celui qui fera durer son sachet de « caramandes » plus de quelques heures!
De nouveau sur la route, je prends la direction de Rochefort-sur-Loire pour me rendre au Moulin de Chauvigné. J’arrive sur le beau domaine de Sylvie, un domaine de femmes puisqu’elle le tient avec Manon, la plus jeune de ses deux filles. A elles deux, elles ont créé un monde très féminin autour du vin, très doux, qui compense avec l’histoire tragique de la famille. Sylvie tenait auparavant l’exploitation avec son mari Christian, qui décède tragiquement le jour de ses 51 ans… Sylvie mit alors tout son courage pour maintenir et réinventer le domaine. On est sur un vin aux notes de fruits rouges, mais aussi de fleurs comme la violette et l’iris, un vin souple pour les plus jeunes, tannique pour les plus anciens. Ce vin peut facilement accompagner tout un repas comme va me le démontrer Sylvie. Parfait avec la charcuterie, délicieux avec un jarret de bœuf mijoté à l’Anjou rouge. Une balade digestive s’imposant, elle m’emmène faire une balade “sensoristique”, parcours de découverte pensé par elle au travers de ses vignes pour y découvrir les cépages de la région.
Depuis mon arrivée dans la région, je croisais ces curieuses vaches blanches tachetées d’un rouge ocre profond, avec comme un cœur dessiné sur leur tête. Désireux d’en savoir plus, je me suis rendu au Domaine des Galloires à Orée d’Anjou. Idéalement situé sur les hauteurs, il jouit d’une vue magnifique sur la vallée de la Loire. Ce domaine est dirigé depuis 7 générations par la famille Toublanc qui exploite 130 hectares de terrain. 52 d’entre eux sont dédiés à la vigne, les autres à l’exploitation agricole et à l’élevage de leur cheptel de 50 vaches à viande. Il s’agit en fait d’une vache de race ancienne et locale, la Rouge des Prés, élevée pour sa viande Maine-Anjou AOP, très rouge et persillée. On la trouve principalement dans le Maine-et-Loire, mais aussi en Mayenne et Loire-Atlantique. Vache de terroir, elle est particulière de par son mode d’élevage, nourrie exclusivement à l’herbe. Au domaine, on commercialise la viande brut et on la transforme également. Ils en font des terrines, mais aussi du mijoté de bœuf à l’Anjou ou à la bolognaise. Je profite moi d’une dégustation de leurs rillettes de bœuf. C’est assez peu commun et on les penserait un peu sèches. Et pourtant elles sont fondantes à souhait grâce au persillé du muscle, donnant une texture rappelant un peu celle de la viande à bourguignon.
Force est de constater que l’on se sent bien au domaine des Galloires, raison pour laquelle j’y passe une seconde journée! Cette fois ci pour le vin, et plus spécifiquement celui commun à toutes les régions de Touraine, Saumur et Anjou: le Crémant de Loire AOP. Diversité que l’on explique aux différents terroirs entre ces 3 régions, mais aussi aux différents cépages utilisés: le chenin et le chardonnay pour le crémant blanc, le grolleau ou le cabernet franc pour le crémant rosé. Aux Galloires, on organise pour les visiteurs des pique-niques gourmands, préparés par un chef du village. Mon panier sous le bras, je m’installe dans les vignes, en hauteur du domaine, face à la Loire et au village de Champtoceaux (réputé pour être une des plus belles vues de la vallée). En entrée, un nid de céleri rémoulade et son saumon gravlax. En plat, une brochette de volaille d’Ancenis et sa salade de pommes de terre sauce moutarde. Face à ses plats forts en bouche, le crémant blanc sec 100% chardonnay ne s’efface pas, apportant fraicheur, finesse et notes de fruits blancs.
tags: #mouchoir #de #cholet #chocolat #recette #histoire
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic