Pour le climat, notre santé, la biodiversité et un revenu digne pour les éleveurs, il est indispensable de réduire notre consommation de produits animaux et de choisir des produits durables lorsque nous en consommons. Mais qu’est-ce que cela veut dire au quotidien ? Quels labels choisir pour manger “mieux” de viande et de produits laitiers ? Découvrons ensemble comment adopter une consommation de viande plus responsable et bénéfique.
La consommation de viande, qui ne baisse pas en France, génère une intensification de l’élevage, néfaste pour le bien-être animal, l’eau, les sols et la biodiversité. Actuellement, la principale carence est une carence en fibres, pourtant essentielles pour prévenir l’obésité, le diabète, le cholestérol, les pathologies induites, le cancer du côlon, etc. Pour être en bonne santé, il est donc crucial de mettre dans votre assiette une grande diversité d’aliments (des légumineuses, des céréales complètes, des fruits et des légumes).
Réduire notre consommation de viande et privilégier une viande de meilleure qualité permettrait donc de développer un élevage durable, non intensif et donc plus respectueux de l’environnement, du bien-être animal, plus rémunérateur et plus épanouissant pour les éleveurs. 30 % des élevages français ont disparu en 10 ans. Résultat : 30 % des élevages français ont disparu en 10 ans !
Selon le baromètre du Réseau action climat, 1 Français sur 2 affirme avoir réduit sa consommation de viande au cours des trois ans passés et 1 sur 3 l’envisage dans les années à venir, pour des questions d’argent et de santé. Mais des garanties en termes de rémunération des éleveurs, de qualité, de pratiques durables et de réduction de des importations pourraient motiver ceux ne prévoyant pas de baisser leur consommation. Ainsi qu’une impulsion des politiques publiques.
Pas vraiment ! De nombreux Français ont en effet fait le choix de remplacer la viande rouge, plus émettrice de gaz à effet de serre, par la volaille. Mais lorsqu’on parle de réduire la consommation de viande, il s’agit de tous les types de viande (bœuf, porc, volaille). Plus de 80% des volailles sont élevées dans des élevages intensifs. Le problème : ces élevages nuisent au bien-être animal et reposent sur une forte dépendance au soja importé d’Amérique du Sud, OGM et issu de la déforestation. De plus, les déjections de volailles en grande quantité polluent l’eau et contribuent à la prolifération d’algues vertes.
Non ! Si l'image de la bavette ou du steak haché nous vient spontanément lorsqu'on parle de viande rouge, attention : cela concerne également le porc, l'agneau et le mouton. En bref, toute la viande hors volaille, considérée comme une viande blanche.
Beaucoup de consommateurs suppriment aujourd’hui la consommation de viande dans leur régime alimentaire mais augmentent leur consommation des produits laitiers (fromage en particulier). Si cette démarche peut se comprendre à l’échelle individuelle et est confortée par l’offre végétarienne proposée riche en produits laitiers, elle omet que 50% de la viande bovine actuellement consommée vient du troupeau laitier[1] ! Il serait donc impossible de généraliser un système dans lequel la population ne mange plus de viande bovine mais mange davantage de produits laitiers. La solution ? Réduire à la fois la consommation de viande ET de produits laitiers.
Non, au contraire ! Aujourd’hui, notre niveau de consommation oblige les éleveurs à produire toujours plus pour moins cher et nous conduit à importer de la viande. Si actuellement, les éleveurs sont en difficulté, c’est parce que l’élevage intensif, majoritaire en France, ne les rémunère pas correctement et les amène à s’endetter.
Cela peut varier selon le type de produit, mais de façon générale :
Le changement d’habitudes alimentaires ne peut en aucun cas reposer uniquement sur le consommateur ! L’offre de la grande distribution a un grand impact dans nos choix d’achat : les grandes et moyennes surfaces couvrent à elles seules plus de 80% des achats de viande de boucherie (bœuf, veau, porc…), de volaille et de charcuterie des ménages. L’offre en restauration hors-domicile n’est pas forcément adaptée : la viande de poulet servie hors-domicile est importée dans la majorité des cas (à 60-75 %), et en restauration commerciale, plus de la moitié de la viande bovine servie est importée.
Du strict point de vue de votre santé, il n’est pas impossible que vous mangiez encore trop de viande. Selon les données de l’étude Inca3, une étude sur les consommations et les habitudes alimentaires de la population française, publiée par l’Anses en 2017, un Français adulte consomme environ 530 g de bœuf et de porc par semaine (voir notre tableau), soit environ 3 steaks hachés et 1 belle côtelette. Plus grave encore : nous dévorons plus de 350 g/semaine de viande transformée et de charcuterie, quand les autorités déconseillent de dépasser les 150 g, soit 4 tranches de jambon blanc environ.
Les études épidémiologiques semblent d’ailleurs plutôt confirmer la réduction des risques de maladies cardiovasculaires ou d’obésité dans le cas d’un régime végétarien « bien conduit » (1). Les chercheurs conservent en revanche des interrogations sur le régime « végan », qui implique une suppression totale des produits animaux.
Une alimentation avec moins de viande rouge permet d’augmenter ses apports en omégas 3 (grâce à la consommation de poisson) et en fibres (grâce aux végétaux).
En matière de nutrition, la viande reste un aliment intéressant. L’ensemble des apports de la viande peuvent ainsi être remplacés par d’autres aliments. Si le fromage est par exemple une bonne source de protéines et de zinc, le poisson contient presque autant de vitamines B12 que la viande.
Parmi les pistes intéressantes pour réduire sa consommation de bœuf, de porc ou d’agneau, les experts pointent tous la volaille. Une catégorie de viande que les recommandations officielles invitent à « privilégier » par rapport aux autres espèces.
Pour ceux que la cuisine végétarienne ennuierait, Benjamin Allès rappelle de son côté que de nombreuses idées sont disponibles sur le site officiel de la Fabrique à menus, issu des recommandations du PNNS. « Les gens qui veulent diminuer beaucoup et vite la viande peuvent aussi aller voir un médecin nutritionniste ou des professionnels de la diététique, parfois remboursés par votre mutuelle, qui vous conseilleront par rapport à votre âge, votre profession, votre niveau d’activité physique. »
| Apports observés chez les hommes en France | Apports observés chez les femmes en France | Recommandations | |
|---|---|---|---|
| Protéines (g/jour) | 103 | 76 | Au moins 0,83 g/j/kg poids corporel ce qui équivaut à :
|
| Acide gras saturés (% AEJ)* | 14 | 15 | Max 12 % |
| Oméga 3 (EPA-DHA, g/jour)** | 0,33 | 0,22 | Au moins 0,50 g/jour |
| Fibres (g/jour) | 23 | 19 | Au moins 30 g/jour |
Légende : rouge = apport excessifs / orange = apports insuffisants *AEJ : Apport énergétique journalier** L’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA (acide docosahexaénoïque) sont 2 des 3 types d’acides gras omégas 3, ils sont principalement de source marine.
Pour évaluer les effets de notre alimentation sur l’environnement, « il s’agit de prendre en compte cinq indicateurs : les gaz à effet de serre, mais aussi la consommation en eau, les pollutions azotées, l’énergie et l’occupation des terres », énumère Michel Duru, directeur de recherche à l’Inrae.
D’après les résultats, les personnes consommant 2 fois plus de viande de bœuf que la moyenne émettraient 20 % de plus de gaz à effet de serre, tout en consommant 20 % de plus de terres. À l’inverse, les personnes consommant 2 fois moins de viande que la moyenne présentent un meilleur bilan sur 80 % des indicateurs environnementaux étudiés.
Publié en 2019, le rapport Eat-Lancet offre des pistes concrètes. En se basant sur la notion de limites planétaires, et en s’efforçant de conserver un régime équilibré du point de vue nutritionnel, cette équipe de chercheurs internationaux a fixé des repères plus ambitieux que ceux des autorités françaises (voir notre tableau), avec un plafond de viande de bœuf et de porc à 100 g/semaine.
Pour concilier santé et environnement dans le cas d’adultes en bonne santé, Nicolas Darmon propose un moyen mnémotechnique simple. Chaque jour, au moins un repas peut être végétarien. Pour les repas restants, les sources de protéines doivent être alternées : un jour de la viande de bœuf ou de porc, un jour de la volaille, un jour des œufs, deux jours avec du poisson (un maigre et un gras), et un dernier repas au choix.
| Consommation réelle moyenne en France (en g/semaine) | Recommandations françaises (PNNS4) | Régime planète et santé (Lancet-EAT) | |
|---|---|---|---|
| Viandes rouges (boeuf, porc, agneau et autres) | 530 g/semaine | 500 g/semaine max | 0 à 200 g/semaine max ensemble |
| Charcuterie | 350 g/semaine | 150 g/semaine | |
| Volailles | 210 g/semaine | À privilégier | 0 à 400 g/semaine |
| Oeufs | 30 g/semaine | Pas d’indication | 90 g/semaine |
| Légumineuses | 90 g/semaine | Au moins 2 fois par semaine | 500 g/semaine |
Sources : Dussiot et al., Clinial Nutrition/Eat-Lancet
Alterner repas végétariens et repas avec viande/œufs/poisson est une façon de garder des apports raisonnables. Tous les repas peuvent être par défaut végétariens sans risque pour la santé. Dans ceux-ci, on prévoira des légumineuses (lentilles, haricots secs, pois chiches, etc.) pour assurer des apports en protéines.
La viande soulève des débats passionnés. Alors, pour passer à l’action, dédramatisons ! Si plus personne aujourd’hui ne peut ignorer qu’il est urgent de s’emparer de ce sujet dans notre quotidien, on oublie trop souvent cette notion essentielle: à chacun de le faire à son rythme et à sa manière.
Pour des raisons environnementales, financières, de santé ou de bien-être animal, de plus en plus de Français s'interrogent sur leur consommation de viande. Certains décident de la réduire, voire de l'écarter. Les études s'accordent globalement sur les bienfaits de réduire la viande (rouge et blanche).
A l'heure où les Français sont encore de gros consommateurs de protéines animales (viande, produits laitiers, œufs), le vent tourne en faveur d'une végétalisation de l'assiette. "On sait que plus tôt on végétalise son alimentation, plus on a de bénéfices sur la santé globale. Et cette transition peut se faire à tout âge, même chez les personnes âgées", soutient Marie Gabrielle Domizi, diététicienne nutritionniste.
Dans une perspective de diminution de leur consommation de viande, les Français privilégient comme alternative les légumes secs et les légumineuses (78%), les céréales et les graines (73%) et les aliments peu transformés (60%) qui en sont issus.
Ils sont loués autant pour leur richesse en fibres et nutriments (88%) que pour leurs avantages en matière économique par rapport à la viande (86%). Ils sont aussi perçus comme ayant des atouts particuliers : faciles à cuisiner (86%) et à faire manger aux enfants (62%).
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