La question de la consommation de viande saignante dans l'islam suscite des débats et des interprétations variées. Cet article examine l'avis religieux islamique sur cette pratique, en tenant compte des aspects liés à l'abattage rituel halal, aux risques sanitaires potentiels et aux controverses entourant l'étiquetage de la viande.
L'abattage rituel halal, ou "dhabiha", est une méthode d'abattage des animaux conforme à la loi islamique. Il consiste à pratiquer une incision profonde et rapide sur la gorge de l'animal, coupant les veines jugulaires et les artères carotides, sans sectionner la moelle épinière. Cette méthode est censée permettre un drainage maximal du sang, rendant la viande plus hygiénique.
Selon l’esprit de la loi islamique, on ne peut avoir une relation instrumentale avec l’animal, qui est une créature du Dieu créateur. Autrement dit, cette religion considère que le monde a été créé par un Dieu, que ce Dieu a créé l’Homme comme il a créé les animaux ; par conséquent, celui-ci n’a aucun droit sur les animaux, si ce n’est avec l’autorisation ou la permission du Dieu créateur.
La législation islamique sur l’abattage rituel est complexe, très détaillée. Un verset important de la sourate 6 (verset 121) stipule : « Ne mangez pas ce sur quoi le nom de Dieu n’aura pas été invoqué, car ce serait une perversité ».
En France, depuis 1974, la réglementation officielle exige l’étourdissement préalable de l’animal afin de lui épargner des souffrances inutiles. Mais elle est de moins en moins respectée, sous la pression des deux communautés religieuses musulmane et juive.
Si l'étourdissement ne semble pas toujours appliqué correctement dans les abattoirs français comme en témoigne le procès de l'association L214 contre Charal, son absence est toutefois autorisée dans le cadre de dérogations liées à l'abattage rituel.
Ce mode d’abattage consiste donc à saigner l’animal en lui tranchant la gorge (carotides, trachée, œsophage). La moelle épinière n’est pas atteinte et continue à alimenter le cerveau par de petites quantités de sang, permettant à l’animal de conserver sa conscience pendant de longues minutes d’agonie. Pendant qu’il se vide de son sang, il souffre énormément et se débat violemment, les yeux exorbités, la langue sortie et couverte de bave, comme le montrent d’affreuses vidéos sur Internet.
Il est clair que l’abattage casher ralentit la chaîne et que ce mode d’abattage est peu adapté au rythme industriel des chaînes d’abattage modernes. L’observation de la mort animale ne laisse évidemment pas indemne et conduit à une réflexion sur le droit de tuer pour manger, qui est tout à fait présente dans la tradition juive.
Concernant la consommation de viande crue en Islam, les opinions des érudits divergent. Certains la considèrent comme détestable, tandis que d'autres l'autorisent. L'avis dominant est que la consommation de viande crue est légale, à condition qu'elle ne cause pas de dommages évidents. Cependant, il est généralement conseillé de consommer la viande cuite, car la cuisson élimine les bactéries potentiellement présentes.
Les Ulemas sont divisés sur la consommation de viande crue. Certains savants ont prétendu que c’était détestable, tandis que d’autres l’ont permis. Par conséquent, l’avis selon lequel la viande crue peut être consommée légalement est le point de vue dominant, car il n’y a pas de texte pour signaler illicéité, et les règles de base concernant toute chose est la licéité et que l’interdiction engendre une preuve tant que sa consommation ne cause pas de dommages évidents, tout cela est correct, sinon cela deviendra une consommation illégale.
S’il n’y a aucun risque à manger de la viande crue, alors c’est autorisé d’en consommer. Mais attention, la viande crue dispose de nombreuses bactéries qui disparaissent à la cuisson. Il est plus avisé de consommer la viande cuite.
L'abattage rituel peut présenter des risques sanitaires supplémentaires. Gilbert Mouton, ancien professeur à l'école vétérinaire de Maison Alfort, explique qu'un abattage rituel ne permet pas de protéger la viande contre les risques d'infection bactérienne car l'œsophage, brisé, ne plus être ligaturé pour empêcher le versement de l'estomac, voire des poumons sur la carcasse.
Pire, la viande Halal peut être contaminée à la fois par la régurgitation et l'effondrement des défenses immunitaires de l'animal au moment de l'égorgement. Alain De Peretti, vétérinaire rural, souligne même le "gigantesque bond en arrière" des autorités qui acceptent la commercialisation de cette viande, à l'encontre des progrès réalisés jusqu'alors en terme de sécurité alimentaire en Europe.
Lors du tranchage de la gorge, l’œsophage est lui aussi sectionné. Du fait des réactions physiques de l’animal conscient et d’un stress maximal, la bête peut vomir. Les contenus de l’estomac appelés "bols alimentaires" ou "résidus stomacaux" contiennent beaucoup de bactéries, des parasites, du suc gastrique (acide). Lors de cette régurgitation, cette vomissure souille la plaie de la gorge tranchée, se mélange au sang expulsé et se répand sur les viandes du cou consommables appelées "collier" ou "chaînette". L’abattage rituel offre donc un risque sanitaire supplémentaire possible.
Dans 15 à 20 % des cas, les germes se déposent sur le collier (cou de la bête) contribuant à augmenter les risques d'infection par E.
Ce mode d’abattage avec étourdissement préalable est réglementaire et obligatoire en France, mais d’après les enquêtes menées, n’est plus respecté - officieusement - dans 80% des cas (au moins). Ce mode d’abattage halal a été d’autant plus facilement accepté par les abattoirs français qu’il simplifie l’abattage et donc le rend plus « rentable »…moins onéreux au détriment des animaux, lesquels endurent des souffrances qui auparavant leur étaient épargnées. On n’a jamais entendu la SPA (Société Protectrice des Animaux) protester contre l’égorgement halal.
Le marché de la viande halal est en pleine expansion, suscitant l'intérêt de l'industrie agroalimentaire. Cependant, des voix s'élèvent contre un défaut de transparence qui léserait les consommateurs. L'étiquetage des viandes issues de l'abattage halal ou casher est une revendication des organisations de protection des animaux et des consommateurs.
En effet, une étude réalisée par l'agence Solis en décembre 2009 et publiée en janvier 2010 montre que la croissance annuelle du marché halal est de 15% et que son chiffre d'affaires pourrait atteindre 5,5 milliards d'euros en 2010...[12].
Aussi surprenant que cela puisse paraître, de plus en plus d’industriels choisissent le tout-halal , réel ou prétendu. Ils ne se contentent plus d’investir le marché de la viande halal. Ce n’est pas 10, 20 ou encore 30 % de leur production qui est consacrée au halal, mais parfois bien 100 %. Vendre halal ou y prétendre est ainsi, au fil des ans, devenu un modèle économique. Ce qui ne va pas sans poser de problèmes, puisque des voix s’élèvent contre un défaut de transparence qui lèserait selon elles les consommateurs.
Nous l’avons déjà dit : nous ne voyons aucun inconvénient à ce que les viandes issues de l’abattage halal ou casher destinées aux non-musulmans et aux non-juifs aient une signalétique suffisante pour que chaque consommateur achète en conséquence. C’est là une des revendications d’organisations de protection des animaux.
L’OABA, à cet égard, n’hésite pas à crier au scandale. Dans sa lettre de janvier 2007, elle note qu’il est « inacceptable, au regard des textes assurant la liberté de conscience et de religion, que le respect des pratiques rituelles religieuses concernant 7 % de la population nationale (6 % de la population française serait de tradition musulmane et le judaïsme concernerait 1 % de ladite population selon les chiffres cités, en septembre 2006, par le rapport de la Commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics) ait des répercussions sur la consommation de l’ensemble de nos concitoyens. »
Limiter ou épargner à l’animal des souffrances inutiles, inacceptables dans une société civilisée comme la France.
terribles souffrances infligées inutilement aux animaux de boucherie conscients pendant une agonie qui peut durer jusqu’à 14 minutes. Ce qui est incompatible avec les lois françaises sur le devoir de protection animale d’une société civilisée.
L’abattage rituel a fait l’objet de nombreuses études vétérinaires, dont les résultats restent contrastés quant au temps de perte de conscience d’une bête saignée sans étourdissement préalable, a fortiori quant à la douleur ressentie. C’est ce laps de temps qui, selon les tenants de l’interdiction de l’abattage sans étourdissement serait source de souffrance - l’étourdissement consistant pour les bovins en l’usage d’un pistolet à tige perforante. Or on ne dispose pas d’un instrument de mesure unique et fiable pour mesurer cette souffrance, d’autant que les conditions des expérimentations sont variables et que peu d’entre elles se déroulent in situ.
L’assommage ou l’étourdissement est parfois considéré par certaines personnes comme plus cruel ou plus douloureux qu’un égorgement bien fait : dans l’islam comme dans le judaïsme, il faut égorger d’un seul coup, le cisaillement est interdit et la viande d’une bête dont le cou aurait été cisaillé est illégale.
Réfléchir aux conditions d’abattage, c’est aussi réfléchir sur les rythmes et les temps dans les abattoirs.
| Aspect | Point de vue |
|---|---|
| Consommation de viande crue | Avis partagés : certains la considèrent comme détestable, d'autres l'autorisent si elle ne cause pas de dommages. |
| Risques sanitaires | L'abattage rituel peut présenter des risques supplémentaires en raison de la contamination potentielle de la viande. |
| Bien-être animal | L'abattage sans étourdissement préalable est critiqué pour la souffrance infligée aux animaux. |
| Étiquetage | L'étiquetage des viandes issues de l'abattage rituel est revendiqué pour garantir la transparence et la liberté de choix des consommateurs. |
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