Au tournant du XXe siècle, Paris était le théâtre d'une effervescence culturelle et sociale sans précédent. Parmi les figures emblématiques de cette époque, les cocottes, également appelées demi-mondaines, incarnaient un mélange de scandale, de glamour et d'indépendance. Ces femmes, souvent issues de milieux modestes, ont su captiver l'attention de la haute société et des têtes couronnées grâce à leur charme, leur esprit et leur sens des affaires.
Jane Avril par Toulouse-Lautrec, une figure emblématique de la Belle Époque
Le terme "demi-mondaine", popularisé par Alexandre Dumas fils, désignait ces femmes entretenues par de riches Parisiens. Elles se distinguaient des prostituées ordinaires par leur ambition, leur sophistication et leur capacité à évoluer dans les cercles les plus huppés. Leur maxime ? « La fortune vient en dormant… à condition de ne pas dormir seule », comme le clamait la Belle Otero.
Contrairement aux 6 000 prostituées "fichées" par la préfecture de police de Paris à la Belle Époque, et encore moins avec les 90 000 modestes lorettes, grisettes ou filles de joie, les cocottes décidaient seules de leurs relations et de leurs tarifs. Certaines, comme la Belle Otero, étaient particulièrement exigeantes : 25 000 francs la demi-heure !
Les cocottes menaient une vie de luxe et d'oisiveté, passant des heures à leur toilette et paradant aux Bois, aux courses de chevaux, au théâtre, au restaurant ou chez leurs amies. Leurs liaisons alimentaient l'actualité des tabloïds, et les ragots des gazettes mondaines amusaient le lecteur.
Ces reines du Paris d'avant la Première Guerre mondiale, comme l'espagnole Caroline Otero, l'élégante Liane de Pougy, la mystérieuse Cléo de Mérode, la populaire Émilienne d’Alençon, l'exotique Mata Hari et beaucoup d’autres, faisaient la une de la rubrique "variétés & histoires scandaleuses". Belles, manipulatrices, vénales, cruelles au besoin, elles chassaient le gros poisson, de préférence riche et célèbre, voire même la tête couronnée. Elles furent aussi promptes à dilapider ces fortunes que l’homme séduit déposait à leurs pieds… et à l'oublier sitôt ruiné.
Le demi-monde et son peuple ont beaucoup inspiré les artistes, que ce soit des romanciers comme Zola, des poètes comme Baudelaire ou des peintres comme Millet. Les chroniqueurs mondains influent considérablement sur la notoriété des « grandes horizontales », et les photographes leur assurent un succès international. La diffusion des portraits photographiques permet à ces femmes de consolider leur renommée, en misant tout sur leur beauté.
Ces reines du « Gai Paris » brûlent les planches des cabarets, des Folies Bergère à l’Olympia, se livrant une concurrence sans merci. Elles font flamber le cours de l’amour, monnayant chèrement leurs faveurs pour s’offrir un train de vie de grandes dames.
Si la Belle Époque est révolue, l'esprit des cocottes semble perdurer. Comme le suggère Catherine Guigon, certaines histoires récentes dans les palais ministériels montrent à l'évidence qu'il n'en est rien. Les cocottes ont-elles disparu ? Certaines histoires récentes dans les palais ministériels nous montrent à l'évidence qu'il n'en est rien.
Femme élégante de la Belle Époque
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