Les affections buccodentaires représentent un problème très fréquent chez le cochon d’Inde. Non traitées, elles s’accompagnent de complications générales rapidement graves voire mortelles. Les récidives sont également fréquentes, ce qui oblige le vétérinaire à toujours réserver son pronostic.
Parmi ces affections buccodentaires, les malocclusions, incisives et molaires, sont les plus fréquentes. Les abcès buccodentaires sont également rencontrés, ainsi que d’autres affections plus spécifiques au cochon d’Inde (stomatite, chéilite, dermite labiale, lésions de nature métabolique, congénitale ou infectieuse). Nous traiterons dans cet article des malocclusions.
Serons successivement envisagés l’anatomie bucco-dentaire, les causes des malocclusions, les signes cliniques associés, les traitements et la prévention.
La dentition du cochon d’Inde se compose de 4 dents molaires et 1 incisive par demi-mâchoire, soit un total de 20 dents. Toutes les dents sont à croissance continue. Le cochon d’Inde ne développe pas de dents lactéales, il naît avec une dentition d’adulte déjà fonctionnelle.
Les incisives maxillaires sont très développées, très longues et incurvées selon le trajet de l’alvéole dentaire. Les incisives mandibulaires sont très semblables aux maxillaires, mais plus courtes et moins incurvées. Elles viennent en contact avec la face interne des incisives maxillaires.
Il y a 16 molaires (également appelées dents jugales) chez le cochon d’Inde. Les racines des molaires inférieures occupent la branche horizontale de la mandibule, alors que les racines des molaires supérieures sont situées dans l’os maxillaire.
On compte une prémolaire et 3 molaires vraies sur chaque demi-mâchoire. Ces dents ont une face occlusale en forme de S. Les molaires supérieures sont orientées vers le bas et l’extérieur, alors que les molaires inférieures sont orientées vers le haut et vers l’intérieur de la cavité buccale. Les molaires sont en occlusion (c’est-à-dire qu’elles se touchent) au repos.
Le plan d’occlusion est oblique, incliné à 30 % par rapport à l’horizontale, du dehors vers le dedans.
L’occlusion dentaire et la position des mâchoires au repos diffèrent de celles du lapin. Les molaires sont en contact au repos. Les incisives inférieures sont en retrait par rapport aux incisives supérieures et le contact ne se fait que par le bord des incisives inférieures qui est en contact au repos avec la face interne des incisives supérieures.
La surface occlusale des dents jugales est lisse et inclinée de 30 ° par rapport à l’horizontale (du dehors vers le dedans, ce qui n’est pas le cas chez le chinchilla par exemple). Les molaires mandibulaires ont deux racines et elles s’insèrent de façon très oblique sur les arcades mandibulaires. Les molaires maxillaires ont plusieurs racines et elles partent du milieu du palais.
Les incisives étant un peu en contact en position de repos, le cochon d’Inde doit rétracter la mandibule lors de la mastication, afin d’éviter une interférence du mouvement masticatoire par contact incisif. Les mouvements masticatoires sont essentiellement antéro-postérieurs (d’avant en arrière), avec très peu de latéralité contrairement à ce qui est observé chez le lapin.
Les articulations temporo-mandibulaires sont très mobiles et elles présentent une grande laxité, ceci pour deux raisons :
Le système masticatoire est donc fragile, précaire. En équilibre instable, il peut être perturbé par des causes nutritionnelles ou pathologiques. L’inclinaison des molaires, la forte incurvation des incisives et les mouvements masticatoires d’avant en arrière entraînent des problèmes différents que ceux rencontrés chez le lapin.
Il existe chez le cochon d’Inde des malocclusions incisives vraies assez rares, et des malocclusions molaires très fréquentes. L’origine de la malocclusion dentaire est aujourd’hui bien connue chez le lapin (causes avant tout alimentaires, et à un degré moindre génétiques) et le chinchilla (causes avant tout génétiques).
Elle n’est par contre pas clairement établie chez le cochon d’Inde, elle est sans doute polyfactorielle, et reste sujette à hypothèses et discussions. Le problème doit donc être abordé de façon différente à celle du lapin et il faut se garder d’être péremptoire dans ses affirmations.
Les facteurs suivants ont été ou sont invoqués :
La façon dont se forme la malocclusion (ce qu’on appelle la pathogénie) est complexe et encore non clairement définie. Il est d’ailleurs préférable de parler de syndrome malocclusion plutôt que de malocclusion tout court.
On peut rencontrer aussi bien des brachygnathismes (reculs) mandibulaires que des prognathismes mandibulaires (plus fréquents). Les maloccclusions des dents jugales peuvent faire intervenir trois grands types de modifications bucco-dentaires :
Ces modifications peuvent être isolées, coexister ou se succéder. La malocclusion peut être simplement caractérisée par une angulation inhabituelle (excessive) du plan d’occlusion. Discrète, difficile à détecter, elle peut surtout être diagnostiquée par un scanner.
Si elle ne cause pas de retentissement important au niveau postérieur, le mouvement masticatoire et la position modifiée de la mandibule entraînent cependant l’apparition d’une malocclusion incisive secondaire.
Dans le cas d’une malocclusion molaire, on observe une croissance excessive de la couronne dentaire. De par l’angulation des dents du cochon d’Inde (30 degrés par rapport à l’horizontale), les dents mandibulaires peuvent facilement converger et former un pont partiel puis complet au-dessus de la langue.
Ce pont s’accompagne dans les cas plus avancés d’un véritable chevauchement au-dessus de la langue, ce qui emprisonne celle-ci et entrave ses mouvements. La mastication et la déglutition deviennent impossibles. Le pronostic est beaucoup plus réservé, car les conséquences sont rapidement très lourdes.
Une malocclusion entraîne une gêne et une diminution de l’activité masticatoire. Le muscle masticateur masséter très développé chez le cochon d’Inde, va s’atrophier, provoquant un recul de la mandibule et accentuer la malocclusion. La situation devient irrémédiable : même si la cause première est traitée, il sera impossible de redonner au muscle masséter sa puissance initiale et ainsi de replacer correctement la mandibule. Le pronostic est alors désespéré.
Les malocclusions molaires peuvent s’accompagner d’une élongation coronaire. Cette élongation dentaire concerne en général en bloc toutes les dents d’une ou deux hémi-mâchoires. Elle est responsable d’un déplacement secondaire de la mandibule, ce qui entraîne ou aggrave des lésions déjà existantes (luxation temporo-mandibulaire ou inflammation des muscles masséters). Deux cas de figure peuvent se présenter :
Les dents jugales supérieures n’ayant plus les dents jugales inférieures opposables continuent de pousser latéralement vers les parois jugales, jusqu’à créer des poches parodontales ou des plaies au niveau des muqueuses jugales par leurs pointes latérales acérées.
Du fait de cette élongation des dents jugales, la cavité buccale reste ouverte en permanence avec incapacité de sa fermeture, ce qui entraîne de la salivation et empêche les mouvements normaux de préhension et de mastication des aliments.
Cette élongation entraîne une luxation progressive de la mandibule vers l’avant, ce qui engendre un défaut d’occlusion et une élongation des incisives.
Lorsque le déplacement antérieur de la mandibule est à son maximum, les dernières dents jugales supérieures n’ont plus de dents opposables au niveau des dents jugales inférieures. Elles ne s’usent plus et continuent de pousser, se placent en arrière de la dernière dent jugale inférieure, jusqu’à empêcher tout retour en arrière de la mandibule donc toute possibilité de mastication.
L’hyperélongation également rétrograde peut entraîner une perforation des os mandibulaires. Il en résulte un inconfort et une douleur à la mastication en raison de la pression sur le nerf intra-alvéolaire. Une correction de l’occlusion ne résout pas cet inconfort qui doit être pris en compte dans le traitement et le pronostic de la maladie et des risques d’infection donc d’abcès buccodentaire.
L’hyperélongation des dents mandibulaires est cependant moins fréquente que chez le lapin, ce qui peut s’expliquer par une plus grande courbure radiculaire chez le cochon d’Inde. Il en résulte une moins grande fréquence d’abcès buccodentaires mandibulaires que chez le lapin.
Mais cette hyperélongation peut également concerner les dents jugales maxillaires et entraîner une perforation de l’os maxillaire vers les cavités orbitaires ou nasales, avec un risque d’abcès maxillaires, plus fréquent que les abcès mandibulaires, ou d’abcès sous-orbitaires.
Ce sont avant tout les informations concernant les possibilités de s’alimenter, ce qui suppose une bonne observation de la part du propriétaire. Selon le niveau de la malocclusion :
Il faut souvent beaucoup de temps pour que les problèmes dentaires deviennent perceptibles. Les cochons d'Inde, comme les lapins, sont des animaux volants par nature et ne montreront donc pas la douleur aussi rapidement.
Les cochons d'Inde sont moins susceptibles d'être dérangés par des morceaux de dents acérés qui collent à leurs joues. Chez les cobayes, les problèmes se forment à l'intérieur des dents, tandis que chez les lapins, ils se situent à l'extérieur.
Dans le cas des cobayes, les molaires poussent sur la langue comme un pont. Un cobaye qui a des problèmes dentaires peut avoir des difficultés particulières à utiliser sa langue.
Ce que l'on peut remarquer, c'est que votre cochon d'Inde continue d'aller dans le bol de nourriture, mais qu'il ne mange plus. Votre cochon d'Inde ne pourra donc pas manger. Cela fera également perdre du poids à votre cochon d'Inde.
Cette démarche concerne le vétérinaire.
Ils peuvent être utiles voire indispensables pour préciser le diagnostic et le pronostic.
Une simple contention physique est souvent insuffisante, les cochons d’Inde étant rarement coopératifs lorsqu’ils sont couchés sur la table de radiographie. Une anesthésie gazeuse est donc préférable pour l’obtention de bons clichés.
La difficulté de l’examen jugal sur les radiographies conventionnelles donne un intérêt de premier ordre à la tomodensitographie. Elle permet de latéraliser et de préciser les sites lésionnels en évitant la superposition des deux hémi-mâchoires.
Elle permet aussi d’obtenir des images 3D et des coupes transversales au niveau des dents postérieures, permettant ainsi une bien meilleure visualisation. Son intérêt est certain pour établir un bon diagnostic et par la-même un bon pronostic, que ce soit pour des soins ou avant une intervention chirurgicale.
Il convient de faire la distinction entre les malocclusions incisives vraies, le plus souvent de bon pronostic et qui n’entravent pas la prise de nourriture, et les malocclusions incisives secondaires à une malocclusion molaire.
Rappelons que les incisives ne sont pas en contact au repos et que les incisives mandibulaires sont en retrait par rapport aux incisives maxillaires.
Les malocclusions incisives vraies sont moins fréquentes chez le cochon d’Inde que chez le lapin pour plusieurs raisons :
Les incisives n’adoptent pas de position incurvée comme chez le lapin, et de ce fait causent rarement des blessures aux tissus environnants.
Les incisives mandibulaires du cochon d’Inde sont naturellement très longues. Il est important de ne pas confondre ceci avec une croissance excessive due à une malocclusion et se garder de couper hâtivement dans un tel cas les incisives sur un cochon d’Inde par ailleurs anorexique. On déclenche alors une anorexie qui peut être définitive.
Si vous soupçonnez que votre cochon d'Inde a un problème avec ses dents, n'attendez pas trop longtemps. Il est préférable de consulter un vétérinaire le plus tôt possible. Plus vous attendez, moins votre cochon d'Inde mange.
Comme pour les lapins, votre vétérinaire peut restaurer les dents de votre cobaye. Cela devra toujours se faire sous anesthésie.
Après le traitement, il est important de surveiller de près votre cochon d'Inde pendant les premiers jours. Il est important qu'il recommence à manger seul. Ce n'est généralement pas un problème, mais il est parfois nécessaire de gaver votre cochon d'Inde.
Comme mentionné, un problème dentaire chez les cobayes n'est généralement pas un problème de bouche seul.
Une quantité suffisante de vitamine C et une quantité suffisante de vitamine D sont deux choses dont vous pouvez facilement vous occuper. Une position tordue de la mâchoire due à un accident ne peut pas toujours être évitée.
Les cochons d’Inde ont besoin de beaucoup ronger pour user leurs incisives. Donnez donc suffisamment de foin à votre cochon d’Inde pour éviter les problèmes dentaires. Veillez à ce qu’il puisse ronger tous les jours, mais évitez les pierres à ronger trop riches en minéraux et en sel.
Les cochons d'Inde, comme les lapins, ont des dents elodontes. Les incisives et les molaires poussent tout au long de la vie de votre cobaye. Les dents et les molaires s'usent parce qu'elles bougent les unes sur les autres en mangeant.
Lorsque la croissance des dents et l'usure des dents ne sont pas en équilibre, des problèmes peuvent survenir.
Tableau récapitulatif des soins dentaires pour cochons d'Inde
| Aspect | Recommandations |
|---|---|
| Alimentation | Foin à volonté, légumes frais, éviter les granulés exclusifs et pierres à ronger salées |
| Vitamines | Apport suffisant en vitamine C et vitamine D |
| Surveillance | Observer l'appétit et la capacité à manger, surveiller la salivation |
| Prévention | Visites régulières chez le vétérinaire pour un contrôle dentaire |
tags: #tout #savoir #sur #les #dents #du
Vrac zéro déchet et Primeurs de saison au plus proche de chez vous à Thorigné-Fouillard près de rennes en Ille et Vilaine 32
© 2021 - Du bocal à l'assiette - Tous droits réservés / création web : 6cyic