Les Confitures de Haute-Soule : Fabrication Artisanale et Engagement Local

À Alos-Sibas-Abense, près de Tardets, l’entreprise Les Confitures de Haute-Soule défend le retour au local. Installée depuis 2002, elle produit des desserts à base de fruits locaux certifiés sans additif. L'histoire des "Confitures de Haute-Soule", c'est d'abord celle de Gilles et Sophie Butturini. En 2002, le couple, propriétaire d'une pâtisserie aux docks de la Négresse à Biarritz, décide de changer de vie et de s'installer à Alos-Sibas-Abense, le berceau familial de Sophie. Pour vivre, ils créent leur propre emploi : une production artisanale de confitures à l'ancienne vendues en ville. En 20 ans, l'activité familiale s'est transformée en une PME florissante qui continue de se développer.

Elle emploie 18 personnes au sein de trois unités de production et possède plus de 400 références au catalogue bio.

« Donner à manger aux gens est une grande responsabilité. » Les mots de Gilles Butturini, patron de l’entreprise Les Confitures de Haute-Soule, annoncent la couleur. Avec sa femme Sophie, cogérante, ils font des desserts fruités bien plus qu’une tradition : le fer de lance de cette société basée près de Tardets, à Alos-Sibas-Abense, depuis 2002.

Dans l’entrée, une vitrine offre au regard du visiteur une vue sur les installations de fabrication de l’usine artisanale. Une façon de mettre en avant l’objectif de transparence de ce commerce de desserts à base de fruits locaux. Entre respect de la méthode des anciens et efficacité d’une véritable usine agroalimentaire, l’affaire trace son chemin. « On a des contrôles deux fois par an, et on obéit à un certain nombre de critères de qualité bio.

Un Engagement pour la Soule et l'Économie Locale

L’entreprise travaille avec des producteurs issus de la région Nouvelle-Aquitaine dans un idéal d’économie locale et circulaire, tout en limitant l’impact carbone du projet. « On veut revaloriser la Soule dans l’imaginaire collectif. C’est un territoire qui a des qualités. Plutôt qu’un coin perdu, je préfère le voir comme un carrefour stratégique entre Pays basque et Béarn », argumente le directeur.

« Par exemple, on plante des pommiers autour de Tardets, ce qui permet de dynamiser le secteur, tout en améliorant la retraite des agriculteurs locaux. L’installation d’hôtels à insectes et de nids à oiseaux sur ces arbres permettra de participer à la biodiversité », ajoute-t-il.

Pédagogue, l’homme cherche à rééduquer les gens à la consommation de fruits de proximité et de saison. « Il y a un gros travail d’éducation à faire. Une pomme un peu tachée, une fraise qui n’a pas un rouge vif, ce sont des fruits parfaitement sains et consommables. Ce sont des choses qui allaient de soi du temps de nos grands-parents, il faut s’y réhabituer avec le réchauffement climatique. »

Développement et Innovation : Local Pote

Après les confitures et les jus de fruits,... L’aventure a démarrée en même temps que le siècle : en 2001. Créée à Alos dans le projet de vivre en Soule en y créant son travail. Depuis l’entreprise artisanale « Les Confitures de Haute-Soule » a bien grandi. Plus de 20 ans après, la confiture ne « représente plus » que les 2/3 de l’activité pour les 18 salariés, auxquels il convient d’ajouter les deux gérants créateurs : Gilles et Sophie Butturini.

Après les jus de fruits 100 % locaux, le couple s’est lancé dans une nouvelle aventure : les desserts fruités sans sucre ajouté baptisés : « Localpote ». L’appellation « compote » ne peut être usitée dans le cas de l’entreprise artisanale, précisément car il n’y a aucun sucre ajouté, autre que celui du fruit.

« Ce produit est de plus en plus sollicité, explique Gilles, car il est 100 % bio et local et surtout sans sucre ajouté, il répond en tous points aux demandes du consommateur ».

Le nom de « localpote » est venu de la volonté de Gilles et Sophie de créer un produit confectionné à base de fruits provenant exclusivement de la région Nouvelle-Aquitaine : « Nous sommes partis du constat qu’il y avait des fruits à valoriser, notamment tous ceux mis au rebus pour défauts d’aspect, beaucoup de pommes étaient mises au pilon car non utilisables dans le réseau actuel, nous avons donc commencé par faire des jus de fruits il y a quelques années. Puis, pour répondre aux demandes, nous avons été chercher des fraises ou des kiwis dans les Landes ou des pruneaux dans le Lot-et-Garonne.

Sa « Localpote » nourrit aujourd’hui un large éventail de consommateurs en Nouvelle-Aquitaine, depuis les crèches jusqu’aux EHPAD en passant par le monde sanitaire.

« Nous avons des marchés avec la Mairie de Bordeaux, mais également avec de nombreux collèges et lycées des Landes et des Pyrénées-Atlantiques et nous sommes présents sur les forums manger bio du département ».

Pas question en revanche de viser au-delà de la région, et ce pour une raison éthique : « Dans la même philosophie de se fournir localement, on souhaite distribuer relativement localement également, afin de respecter notre impact carbone. Et puis, je pense qu’on n’a pas besoin de viser l’autre bout de la terre, si on arrive déjà à nourrir sainement la Nouvelle-Aquitaine, ce sera déjà pas mal ! ».

Si notre homme fourmille d’idées, la problématique reste celle liée à l’investissement. Mais le savoir-faire développé depuis plus de vingt ans par toute l’équipe autour de Gilles et Sophie, ainsi que la qualité de son dossier déposé, mais surtout son abnégation et sa résilience à le défendre contre vents et marées en pleine crise sanitaire, vient d’être reconnue par la Région Nouvelle-Aquitaine à travers l’attribution d’une subvention de 239 168 euros afin de l’aider à développer le dernier né de la gamme « localpote » : les gourdes.

Le conditionnement du dessert fruité localpote sous forme de gourdes a été voulu pour que le produit soit accessible à plusieurs catégories de consommateurs : « Pour l’instant ce confort de consommation n’est proposé que par des industriels, nous sommes les premiers à le proposer au niveau artisanal. Ce format est aussi bien adapté lors d’activités sportives, que pour les tous petits et ce système recueille un très bon accueil de la part des personnes travaillant auprès des personnes âgées dépendantes.

« À la naissance de notre fils, on s’est dit qu’il fallait changer de vie. Maçon, charpentier, ce n’était pas mon métier, je ne savais pas faire, raconte Gilles.

Un an plus tard, le déménagement dans la maison Haritchague, le berceau familial de Sophie, constitue une nouvelle étape. « La confiture, ce n’est pas quelque chose qui consomme beaucoup de fruits à l’échelle d’un arboriculteur. C’est un produit haut de gamme, pour se faire plaisir, pour offrir… Mais ce n’est pas un produit de consommation. On a donc décidé de se lancer dans la production de compotes. »

C’est ainsi que débute l’aventure Local Pote, en 2016. Pour « valoriser la production locale » - une notion primordiale pour Gilles Butturini -, Les Confitures de Haute Soule utilisent des fruits qui ne pourraient pas être commercialisés, pour des défauts de taille, de forme, de poids…

« On privilégie les produits de catégorie B, qui ne posent aucun problème pour faire des compotes. On est arrivé à un compromis avec les arboriculteurs : 60 centimes le kilo. À ce prix-là, tout le monde est content. »

En pénétrant à l’intérieur, peu de temps est nécessaire pour voir que tout est millimétré, avec une pièce réservée pour chaque étape de production. Les produits Local Pote s’adressent principalement aux établissements scolaires, en Nouvelle-Aquitaine mais aussi, plus rarement, ailleurs en France.

« On est référencés dans les réseaux Manger Bio. On rentre également dans la loi EGalim, la loi égalité alimentaire pour tous qui impose, au niveau national, 20% de produits bios et locaux pour la restauration collective », indique Gilles Butturini.

On retrouve aussi Local Pote dans certains Ehpad. Pour les consommateurs, il est possible d’acheter ces compotes dans les magasins bios de Béarn et de Soule, comme Ferm’envie et Terres gourmandes à Lons, notamment. Il est également possible de commander sur le site internet des Confitures de Haute Soule.

La première comprend trois opérations : la turbo-extraction, la désoxygénation et la désactivation enzymatique. « Pour cela, on est allé chercher une machine en Italie. C’est un skid qui comprend les trois modules, précise Gilles Butturini. Il s’agit d’un prototype qui servait normalement de démonstration pour les clients. La « purée de pomme » passe ensuite dans un pasteurisateur en ligne, avec une température minimale fixée à 86°C. « En dessous, la machine considère que ce n’est pas cuit. » L’étape suivante est la mise en pot ou la mise en poche, selon le format choisi.

Avec 200 tonnes de compote produites durant l’année 2025, le patron des Confitures de Haute Soule ne peut qu’être satisfait. « Aujourd’hui, on vend nos produits dans toute la Nouvelle-Aquitaine. Notre ambition principale, c’est de participer à la vie locale.

Augmentation des Capacités de Production

Pour poursuivre son développement et notamment celui des gammes compotes de la marque Local Pote et jus de fruits, l’entreprise souhaite augmenter ses capacités de production en lançant un conditionnement sous forme de gourdes. Pour ce faire, elle a obtenu une subvention de 239 168 euros de la part de la Région, au titre de son action pour une « alimentation durable et locale ».

On l’aura compris pour développer cette nouvelle activité, le couple a décidé d’investir 1 million d’euros répartis sur le site historique d’Alos et un nouveau situé à Mauléon qui sera activé en début d’année prochaine. La subvention régionale va être mise à profit dans l’équipement de matériels de production de pointe afin, d’une part d’augmenter la capacité de production, mais également de dépénibiliser le travail des salariés principalement dans les tâches de manutention et de faire des économies d’énergie : « le matériel dont on va s’équiper est très pointu en termes de consommations énergétiques ».

Plus que jamais si « les confitures de Haute-Soule » se développent, elles le font constamment dans le respect de l’environnement et de la maîtrise de l’impact carbone, « tout le monde doit apporter sa pierre à l’édifice dans ce domaine » souligne Gilles.

Défis et Perspectives d'Avenir

Malgré la difficile situation économique actuelle, l’affaire parvient à tenir le cap et compte aujourd’hui 1 600 clients à travers la France. « L’année du Covid a été compliquée. Le souci actuel, c’est qu’avec l’inflation, les particuliers baissent leur budget alimentation, tout simplement parce que c’est l’un des rares où on peut diminuer ses coûts.

Mais l'entreprise est désormais à l'étroit à Alos. Elle a acquis une seconde unité à Mauléon-Licharre pour se rapprocher des centres logistiques et routiers. Celle-ci devrait ouvrir avant la fin de l'année. Par ce positionnement, "Les Confitures de Haute Soule", confrontée à des difficultés de recrutement (le taux de chômage en Soule est inférieur à 5%), espère également attirer des candidats à l'emploi des bassins de Saint-Palais, Navarrenx, Sauveterre-de-Béarn. La PME prévoit en effet à terme de créer entre 7 et 12 emplois supplémentaires.

Toujours dans sa quête de développement, l’entreprise souletine achète en 2021 une ancienne usine de découpe de viande à Mauléon-Licharre. Mais de longs mois de galères se dressent alors face à Gilles et son épouse, avec des frais de notaire augmentés de… 50 000 euros suite à un retard dans la signature de la vente. Malgré des sollicitations auprès des présidents et préfets du département et de la région, Les Confitures de Haute Soule n’obtiennent pas gain de cause dans cette affaire.

« On a juste réussi à trouver un arrangement avec la Caoso (Coopérative agricole et ovine du Sud-Ouest, propriétaire des lieux, NDLR), qui a diminué le prix de vente de 25 000 euros, partageant ainsi avec nous le surplus de 50 000 euros. »

Passé cet épisode « épuisant », l’entreprise peut enfin lancer en mars 2025 l’unité de production de Mauléon-Licharre, dans un bâtiment de 1 000 m2.

« On peut aller jusqu’à 40 000 pots par jour, d’environ 100 grammes chacun. On fait également des poches de trois et cinq kilos, à destination notamment des cantines scolaires », détaille Gilles Butturini.

Zoom sur les confitures Beyet (Alsace)

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