Le Mont Ventoux, surnommé le "Géant de Provence", est une ascension mythique pour tous les cyclistes. Avec ses 21,3 km à 7,5 % de moyenne, cette montée est bien plus qu’un simple défi sportif : c’est une véritable aventure. L’ascension depuis Bédoin, la plus emblématique, offre une expérience unique entre forêt, solitude, chaleur, paysage lunaire et émotion à l’arrivée.
Vue aérienne du Mont Ventoux.
Le parcours débute au cœur du village de Bédoin, à 300 mètres d’altitude, et grimpe jusqu’au sommet emblématique du Ventoux à 1 910 mètres. L’ascension s’étire sur 21,5 kilomètres avec un dénivelé positif de plus de 1 600 mètres, soit une pente moyenne de 7,5 %. Ce qui rend cette montée redoutable, c’est surtout sa régularité : très peu de répit une fois les premiers kilomètres passés.
Le tracé se divise généralement en trois grandes sections :
Chacune de ces sections a ses spécificités, ses pièges, mais aussi ses trésors.
Cyclistes se préparant pour l'ascension près de Bédoin.
L'ascension du Mont Ventoux par son versant sud commence à Bédoin, un charmant village provençal situé à 315 mètres d’altitude. Ce point de départ emblématique attire des cyclistes du monde entier, venus défier le “Géant de Provence”. Bédoin n’est pas seulement le départ d’un mythe, c’est aussi un lieu chargé d’histoire : occupé dès l’Antiquité, il fut longtemps un centre de production agricole prospère grâce à son climat et à la richesse de ses sols. Aujourd’hui, il vit au rythme du tourisme sportif et des marchés provençaux.
Les premiers kilomètres sur la D974 sont une entrée en matière relativement douce, oscillant entre 3 et 5 % de pente moyenne. On traverse les vignobles de l’AOC Ventoux et des vergers méditerranéens, avec une vue dégagée sur les collines du Comtat Venaissin. Le paysage est lumineux, bordé de cyprès, de cerisiers et parfois de champs de lavande selon la saison. Les jambes tournent bien, et l’euphorie du départ est palpable.
C’est dans cette portion que beaucoup de cyclistes prennent le temps de s’échauffer, de régler leur respiration, et de trouver leur cadence de croisière. L’ambiance est conviviale : on s’y salue d’un signe de tête ou d’un “bon courage” en plusieurs langues. Mais attention à ne pas se faire piéger : cette mise en jambe trompeuse cache la réalité de ce qui vous attend ensuite.
Dès que vous passez le petit hameau de Sainte-Colombe, la pente commence à se redresser, et les deux derniers kilomètres jusqu’à Saint-Estève se corsent légèrement. C’est là que le décor change : les vignes laissent place à une végétation plus dense. À l’approche du virage de Saint-Estève, kilomètre 6, la route s’engouffre dans la forêt domaniale du Ventoux, et tout bascule.
Un panneau en bord de route annonce d’ailleurs ce changement brutal : ici commence la véritable ascension du Ventoux, celle qui a fait sa légende.
C’est ici que de nombreux cyclistes trop confiants grillent leurs cartouches. Le segment jusqu’à Saint-Estève est un piège classique pour ceux qui sous-estiment la suite.
Route forestière menant au Chalet Reynard.
Vous quittez les derniers hameaux pour entrer dans l’épaisse forêt domaniale du Mont Ventoux, et avec elle, la pente devient sévère : 8 à 10 % en continu, sans véritable replat pendant près de 9 kilomètres. C’est ici que commence la section que les cyclistes redoutent le plus - le “mur forestier” du Ventoux.
Le goudron semble coller aux pneus, les virages se succèdent sans répit, et l’environnement devient oppressant. Les arbres resserrent l’horizon, le soleil pénètre à peine en été, et la route s’enfonce dans un tunnel vert ponctué de longues lignes droites usantes pour le mental. C’est une montée sans variations, où l’esprit doit tenir autant que les jambes. Vous entrez dans une lutte contre vous-même.
Chaque kilomètre est balisé par une borne en pierre typique du Ventoux. Ces petites stèles blanches, situées en bord de route, vous informent de la distance restante jusqu’au sommet, de l’altitude et surtout de la pente moyenne du kilomètre à venir. Ici, ces chiffres deviennent redoutables : 9,5 %... 10 %... 9 %.... C’est une leçon d’humilité gravée dans la pierre, et beaucoup de cyclistes finissent par compter les kilomètres non pas avec espoir, mais avec détermination.
Côté paysages, il n’y a presque rien à voir : pas de panoramas spectaculaires, peu de points de repère. Seuls quelques rochers, clairières ou aires de pique-nique (comme les Gravières vers le km 10) ponctuent cette progression linéaire. Mais c’est justement cette austérité qui rend cette section mythique : c’est la partie où l’on doute, où l’on veut abandonner, mais où l’on continue.
Et puis, au détour d’un virage… le Chalet Reynard (km 15, 1417 m d’altitude) surgit comme une oasis. Vous venez de grimper plus de 1000 mètres de dénivelé positif en 9 km, une performance physique d’envergure. Vous quittez alors l’ombre de la forêt pour entrer dans le paysage lunaire du sommet.
C’est ici que beaucoup de cyclistes abandonnent ou posent pied à terre. L’absence de paysage, l’effort soutenu, la solitude… tout pousse au doute. Mais la sortie de la forêt marque une renaissance.
Le paysage lunaire caractéristique près du sommet du Ventoux.
Les arbres disparaissent pour laisser place à un paysage minéral, aride et blanc, composé de pierres calcaires qui donnent au Mont Ventoux son surnom de “montagne lunaire”. Ce contraste saisissant marque le début de la dernière partie, la plus emblématique et la plus exposée.
À partir du Chalet Reynard (km 15, 1417 m), il reste environ 6,5 km pour atteindre les 1910 mètres d’altitude du sommet. La pente reste rude - autour de 7,5 à 8 % en moyenne - mais c’est surtout le vent qui dicte sa loi ici. Le mistral peut souffler en rafales, ralentir la progression ou vous faire tanguer d’un côté à l’autre de la route. Par beau temps, c’est une véritable récompense visuelle ; par vent fort, c’est un combat à ciel ouvert.
Cette section, malgré sa difficulté, est une expérience mémorable : la route serpente sur les crêtes, offrant des panoramas sublimes sur la vallée du Rhône, les Dentelles de Montmirail, le Luberon, et même les Alpes enneigées par temps clair. À chaque virage, l’antenne rouge et blanche du sommet se dévoile, proche en apparence, mais toujours à quelques kilomètres qui paraissent interminables.
Le km 20,8 est marqué par un moment fort de l’histoire du cyclisme : le mémorial Tom Simpson, coureur britannique décédé ici en 1967 lors du Tour de France. De nombreux cyclistes s’y arrêtent quelques instants, posent un bidon, une casquette ou une main en hommage. C’est un lieu de mémoire, mais aussi de dépassement.
Le dernier kilomètre est dur, usant, mais porté par l’adrénaline. Un dernier virage en épingle, souvent bordé de supporters, vous projette vers la rampe finale, le sommet du Mont Ventoux, battu par les vents mais baigné de lumière. L’arrivée se fait le souffle court mais le cœur grand ouvert. Vous avez vaincu le Géant de Provence. Vous êtes au sommet.
Marjorie Laudien et Paul Castiglione, alias "Mr et Mme Cocotte", sur le marché de Toulon.
Quelle que soit la denrée, Marjorie Laudien et Paul Castiglione, alias "Mr et Mme Cocotte", sont attentifs au goût des autres, et, plus largement, à leur bien-être. De vrais commerçants par choix du contact, de l’échange, par envie de partager. « Cela nous procure le sentiment de servir à quelque chose », selon Paul ; « quand on repart, on se dit qu’on n’a pas vendu que du poulet, il y a un sens à ce que l’on fait », renchérit Marjorie.
Au sein de la capitale varoise, ils écrivent de façon croissante la leur depuis cinq ans, place Louis Blanc, au pied du célèbre marché de Provence chanté naguère par Gilbert Bécaud. Leur camion rôtisseur est bercé tantôt par les accents qui se promènent et n’en finissent pas, tantôt par le clapotis des vagues le long du quai du port, tantôt par les cloches de l’église, surtout en sortie de messe du dimanche, tandis que cela fleure bon dans l’étal voisin.
Pourquoi le poulet désormais ? « C’est la seule viande que l’on mange, d’une part, et d’autre part nous étions séduits par le côté tradition du poulet du dimanche partagé en famille », affirme Marjorie. « Nous avons hésité avec des substances illicites et qui rapportent bien plus, mais je suis claustrophobe et hypocondriaque, le risque d’enfermement était trop grand… », précise Paul avec son second degré habituel, sourire en coin, l’œil rieur guettant la réaction. Sans avoir l’air d’y prêter attention, Marjorie n’en perd pas une miette. Le duo formé par ce couple attachant fonctionne à merveille, marqué du sceau de l’authentique, comme on dit chez nous.
On les appelait "Mr et Mme Bonbon" à la confiserie, ils ont perpétué l’idée en "Mr et Mme Cocotte" quand ils se sont mis dans le poulet. Du poulet dont ils tracent l’origine, voire le parcours, en provenance de la Drôme et de l’Ardèche, endormi à froid avant abattage, donc sans stress, et dans le cadre d’une relation de confiance avec le fournisseur. Le même depuis le début. Du petit, du moyen, du gros fermier, toujours bien élevé, rôti maison.
Pour les clients, il s’agit d’apprécier les poulets du jour (« jamais cuits la veille, malheureux ! »), mais aussi les bons petits plats d’accompagnement, gratins de lasagnes, dauphinois, à la truffe, écrasé de patates douces, filet mignon purée…, et tant d’autres salades. Les clients ont le désir d’y revenir comme en témoigne leur succès grandissant (notamment par le bouche-à-oreille).
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