Cléo de Mérode, de son nom complet Cléopâtre Diane de Mérode, est une figure mondaine de la Belle Époque dont la vie a été marquée par la danse, la beauté et les scandales.
Née à Paris en 1875, Cléo est une enfant illégitime. Sa mère, une baronne belge issue de l'aristocratie viennoise, s’est exilée en France pour lui donner naissance. Elle bénéficie toujours du soutien financier de sa famille, et d’un nom qui lui permet d’intégrer les salons mondains. La bonne société parisienne tombe immédiatement sous le charme de Cléo.
Cléo a sept ans. Ses petits pieds foulent le sol avec grâce et ferveur sous les yeux du régisseur de l’Opéra de Paris, qui lui propose d’intégrer l’école de danse de l’institution. La voilà petit rat de l’Opéra.
Ce n’est pas pour ses talents de danseuse qu’elle se fait connaître du Tout-Paris, mais pour son incroyable beauté. Avec son teint de porcelaine, sa chevelure brune et sa silhouette longiligne, Cléo de Mérode incarne l’innocence et devient vite la coqueluche de la Belle Époque.
Consciente des raisons de son succès, elle confie dans son autobiographie (Le Ballet de ma vie, 1955) : "Il y avait encore une chose qui me mettait nettement à part. C’est que je ne ressemblais à aucune autre. Et ma coiffure en bandeaux achevait de me différencier, toutes les danseuses ayant les cheveux relevés, la nuque et les tempes dégagées et un chignon sur le haut de la tête."
Avançons dans le temps. Cléo a 19 ans. Sa fraîcheur angélique en a fait une icône, son portrait est diffusé à travers des cartes postales que l’on s’arrache dans tout le pays. Les lecteurs de L’Illustration lui décernent le titre de reine de beauté parmi 131 célébrités.
En 1896, les lecteurs de L’Illustration l’élisent "reine de beauté". Elle a devancé 131 célébrités, dont la grande Sarah Bernhardt ! Habillée par les plus grands couturiers, Cléo pose pour de nombreux peintres comme Edgar Degas ou Toulouse-Lautrec. Elle fréquente Marcel Proust par le biais de son amant, Reynaldo Hahn, et l’on dit qu’elle aurait inspiré le personnage de Nana à Emile Zola.
Son succès doit beaucoup au développement de la photographie.
Les rumeurs qui circulent à son sujet ne font qu’entretenir le mythe, les artistes, eux, en font leur muse, de Degas en passant par Toulouse-Lautrec. Cléo danse, Cléo séduit, Cléo pose et le Tout-Paris en est ravi. Au tournant du siècle, elle se produit sur les plus grandes scènes européennes. Rien ne semble l’arrêter. À Hollywood, le film Peacock Alley, inspiré de sa vie, fait un carton. Il est diffamatoire, Cléo attaque en justice.
Bien qu’elle parvienne à garder le feu des projecteurs sur elle à force de spectacles et scandales, elle demeure néanmoins quelqu’un de très réservé, dont on sait finalement peu de choses.
C’est le 28 septembre 1895 que la danseuse fait la connaissance de Sa Majesté. Ce soir-là, on joue Aïda à l’Opéra de Paris et la voilà qui danse devant un roi immédiatement sous le charme de cette tige brune au teint de porcelaine. À l’issue de la représentation, il se fait présenter les artistes, dont cette jeune femme qui lui a tapé dans l’œil. Il apprend qu’elle s’appelle de Mérode, un nom bien connu dans le Plat Pays, puisqu’il est celui d’une ancienne famille de la haute noblesse belge. Noble et belle, que demander de plus ? Qu’elle déménage à Bruxelles pour intégrer la troupe de danse de la Monnaie ! Cléo refuse mais ça ne sera pas suffisant pour faire taire la rumeur qui commence à enfler : la ballerine et le souverain fileraient le parfait amour… à tel point que les camarades de la danseuse se mettent à l’appeler « Cléopold » !
Au même moment, une œuvre de Falguière, exposée au Salon des artistes, la montre nue. Scandale ! Elle assure qu’il s’agit du moulage du corps d’une autre, que jamais ô grand jamais elle n’a posé dans le plus simple appareil. Elle n’est pas une fille aux mœurs légères, ça non. Cléopâtre Diane de Mérode, de son nom complet, est une aristocrate propre sur elle, issue de la lignée autrichienne de la maison belge des Mérode. Si son père est inconnu, elle n’en demeure pas moins un membre important de la bonne société parisienne, grâce à sa mère qui lui a appris à tirer profit (toujours avec goût) de sa beauté et de son talent. « Il y avait encore une chose qui me mettait nettement à part, écrit-elle dans son autobiographie, Le Ballet de ma vie (1955). C'est que je ne ressemblais à aucune autre. Et ma coiffure en bandeaux achevait de me différencier, toutes les danseuses ayant les cheveux relevés en bouffant, la nuque et les tempes dégagées et un chignon sur le haut de la tête. J’étais, en somme, au singulier, et les autres au pluriel.
Et puis vient la guerre. Sa prétendue relation avec le roi des Belges s'essouffle : « Au bout de quelques années, la violence de ses sentiments s’apaisa et leur expression se ralentit. Les charmes de la baronne de Vaughan l’avaient consolé de son amour insatisfait et j’en fus heureuse pour lui, qui s’était toujours montré si bon et si empressé à mon égard », écrit-elle.
Surtout, elle a vieilli et préfère désormais rester au chaud chez elle dans son appartement cossu du 8e arrondissement de Paris, à attaquer Simone de Beauvoir qui a le malheur de l’assimiler à une prostituée.
Avançons, plus loin encore. Cléo a 75 ans. Elle défraie la chronique en remportant un procès face à Simone de Beauvoir, qui l’avait assimilée à une « cocotte » dans Le Deuxième Sexe. Un mensonge pour lequel l’écrivaine sera condamnée à verser un franc de dommages et intérêts à mademoiselle de Mérode.
Simone de Beauvoir raconte l’affaire dans une missive envoyée à son amant américain, Nelson Algren : « Dans Le Deuxième Sexe j’ai consacré un passage aux putains, aux prostituées et, entre autres élégantes cocottes de 1900, j’ai mentionné Cléo de Mérode (...) Je fus hier condamnée à payer un franc de dommages et intérêts à mademoiselle Cléo de Mérode (…) En tout cas elle n’a pas obtenu les millions qu’elle ambitionnait. »
Sans les cinq millions de francs qu’elle réclamait, Cléo peste dans son coin, se retire de la société et finit par mourir le 17 octobre 1966.
Simone de Beauvoir raconte l’affaire dans une lettre à son amant américain, Nelson Algren : "Dans Le Deuxième Sexe j’ai consacré un passage aux putains, aux prostituées et, entre autres élégantes cocottes de 1900, j’ai mentionné Cléo de Mérode. Je fus hier condamnée à payer un franc de dommages et intérêts à mademoiselle Cléo de Mérode.
La "mauvaise réputation" la poursuit bien après sa mort. En 2015, le musée d’Orsay présente l’exposition : "Splendeurs et misères. Images de la prostitution, 1850 -1910" et inclut dans ses collections… le nu de Falguière ! La principale intéressée n’en aurait pas été étonnée car elle écrivait dans son autobiographie : "Le revers de la célébrité, je sais ce que c'est.
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