L'histoire des Cocottes et de l'Hôtel Particulier Albert à Bordeaux

Pendant plusieurs siècles, le centre de Bordeaux a été façonné par une architecture de style classique magnifiant la monarchie et la prospérité de la ville. Avec le XIXe siècle, apparaît le style Empire, puis c’est au tour de l’Art nouveau à l’orée du XXe. Un peu partout dans la capitale girondine, des boutiques, des restaurants et des hôtels particuliers témoignent de l’éclectisme de cette période où les styles se mélangent avec brio.

Comme au 83, boulevard du Président-Wilson, cet hôtel particulier qui vient de retrouver ses lettres de noblesse grâce à la détermination de deux sœurs, Sandra et Léa Rolland. Cet hôtel particulier a d’abord appartenu à des « courtisanes » ou « cocottes ».

Un héritage épicurien

« Notre grand-mère était une épicurienne, certainement comme l’étaient les premières propriétaires de la maison à la fin du XIXe siècle », raconte Sandra. Elle adorait sa maison, y a vécu cinquante-trois ans et fait grandir ses deux enfants. Sous la rotonde, Léa et moi avons annoncé tous les grands moments de nos vies.

Après cinq mois d’intenses travaux, la belle endormie a retrouvé son faste d’antan. La restauration des vitraux, un ensemble patrimonial exceptionnel daté et signé Edmond Chauffrey, a été confiée à l’artiste verrier vitrailliste de Floirac (33) Fabrice Laval.

L'histoire cachée d'un hôtel particulier

Autrefois situé au cœur de Caudéran, haut lieu de divertissement de la capitale girondine (vers 1830, il y avait près de 70 cabarets ou auberges sur la commune, où les Bordelais venaient s’encanailler), cet hôtel particulier a d’abord appartenu à des « courtisanes » ou « cocottes ». Autrement dit des femmes qui savaient monnayer chèrement leurs faveurs pour s’offrir un train de vie de grandes dames.

10. L'hôtel particulier en France, XVIe - début XIXe siècle (1)

Jeanne Clara Sombrun et Albert Schÿler

« En 1898, une certaine Jeanne Clara Sombrun a fait l’acquisition de ce terrain appartenant à un célèbre négociant en vin du quartier des Chartrons, Albert Schÿler », raconte Fabienne Labat, la guide-conférencière qui a travaillé sur le projet. Derrière la façade élégante mais discrète, l’architecte Charles Durand dresse les plans d’une luxueuse maison ouverte sur un jardin, alliant raffinement, confort et hygiène.

« Autre élément exceptionnel, poursuit la guide, l’architecte y intègre une salle de bain avec baignoire et robinetterie, ce qui contribue au bien-être de ses habitants », quand d’immenses miroirs, panneaux de toile peinte, vitraux, émaux et céramiques en complètent l’attrait.

Marie Victorine Porcherel

En 1910, la maison est revendue à Marie Victorine Porcherel, une femme également célibataire et déclarée sans profession. Elle y demeurera pendant vingt-trois ans avant de s’en séparer pour un appartement cossu du 15e arrondissement parisien. « Comment cette femme de l’Ain issue d’un milieu modeste, qui donne naissance à 20 ans à une fille déclarée de père inconnu, se retrouve-t-elle propriétaire d’une telle demeure typique de la bourgeoisie bordelaise ? » s’interroge Fabienne Labat. Maîtresse entretenue ?

Un espace de réception

Faute d’archives, le mystère demeure, même si ici et là, au travers de détails ornementaux, la maison semble révéler une histoire secrète : côté rue, deux magnifiques cariatides aux seins généreux accueillent le visiteur. Or il a été longtemps admis qu’au temps de la Grèce antique ces statues féminines servant de support à une charge incarnaient visuellement l’asservissement… Dans le salon, au centre d’un vitrail signé, s’invite un visage féminin qui ressemblerait à Diane chasseresse, déesse de la chasse, de la guerre, mais aussi… de la nuit dans la mythologie romaine. La décoration nous glisserait-elle des messages ?

Si deux femmes ont initié l’histoire de cette « pépite » typique de l’architecture privée bordelaise de la fin du XIXe, deux autres femmes en perpétuent aujourd’hui l’existence. En octobre dernier, Sandra et Léa ont ainsi inauguré Hôtentique, un espace de réception pouvant accueillir des évènements aussi bien professionnels en semaine (réunion, séminaire, vernissage jusqu’à 45 personnes) que réservés aux particuliers le week-end.

Hôtentique
83, bd du Président-Wilson 33200 Bordeaux.
Téléphone : 06 60 97 87 03.

Visite guidée de la maison sur réservation auprès de Fabienne Labat, guide-conférencière indépendante. Site : 33détours.fr.

Les Cocottes Société civile immobilière

LES COCOTTES Société Civile au Capital de 1.000,00 euros Siège social: 13 Rue Jeanne dHarcourt- 80300 ALBERT R.C.S. AMIENS 841 625 056 Lassemblée générale des associés en date du 21 Mai 2025, a pris acte du Décès de Monsieur Edouard GUFFROY, Survenu à AMIENS (80000) le 02 Janvier 2025, en qualité de Co-Gérant de la société, lequel ne sera pas remplacé.

Information Détail
Dénomination LES COCOTTES
SIREN 841 625 056
Siège social 13 RUE JEANNE DHARCOURT 80300 ALBERT
Capital social 1.000,00 euros

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