L'abat-jour tulipe en pâte de verre est bien plus qu'un simple accessoire d'éclairage ; c'est une œuvre d'art qui incarne l'élégance et le raffinement de l'Art Nouveau et de l'Art Déco. Ces luminaires, souvent signés par des noms prestigieux tels que Gallé et Muller Frères, témoignent d'un savoir-faire artisanal exceptionnel et d'une passion pour le travail du verre.
L’Art nouveau, dont l’influence s’est propagée dans toute l’Europe entre 1890 et 1910, était caractérisé par l’utilisation de formes naturelles et organiques. Ce style visait à rompre avec les traditions académiques et à intégrer la beauté dans les objets du quotidien. Les artistes de l'Art nouveau considéraient la nature comme une source d’inspiration infinie, et les motifs végétaux, floraux ou animaliers étaient souvent stylisés pour orner des meubles, des lampes et d’autres objets décoratifs.
Le design floral de la lampe fait écho aux mouvements artistiques qui cherchaient à réhabiliter les éléments naturels dans les objets quotidiens.
Le 13 février 1901, l’École de Nancy voit officiellement le jour. Elle est née de la seule volonté de Gallé, un homme alerté par la concurrence venue des pays étrangers.
Issu de la bourgeoisie commerçante de Nancy, où ses parents possédaient un prospère magasin de porcelaines et cristaux, Émile Gallé reçut une éducation très soignée. Après un séjour d’un an à Weimar pour compléter sa formation, il devient le collaborateur de son père. Soucieux d’ajouter à son titre d’éditeur celui de fabricant, Émile Gallé développe, en les contrôlant avec fermeté, les structures de travail héritées de son père. Il en créa même de nouvelle. Cette intense activité aboutit en 1894 au regroupement à Nancy de tous les secteurs de fabrication.
C’est avec les outils de son temps et une solide connaissance du passé qu’Émile Gallé élabore son art, en utilisant trois supports d’expression: terre, verre, bois. Un art enraciné dans la tradition classique.
Après 1889, les Salons annuels artistiques de Paris vont, à la suite d’un long combat au nom de « l’Unité de l’Art », s’ouvrir aux créations d’objets d’art. C’est là que les poèmes en verre d’Emile Gallé trouvent leur premier écrin avant de rejoindre les collections publiques et privées les plus prestigieuses.
Ces années 1890 correspondent à la mise au point de la fameuse technique de la marqueterie de verre née d’une remarquable coordination de la conception, du travail à chaud et du travail à froid.
Muller Frères est un nom emblématique de l'Art nouveau et de l'Art déco, célèbre pour ses créations artistiques en verre et ses luminaires exceptionnels. L'histoire de Muller Frères commence avec une famille talentueuse et passionnée par l'art du verre.
L’histoire des Muller Frères débute avec une famille talentueuse et passionnée par l'art du verre. Les frères Muller, issus d’une fratrie de neuf enfants, ont grandi dans une région réputée pour son artisanat verrier. Parmi eux, Henri, Camille, Désiré, Eugène et Victor Muller se consacrent à l'art du verre et acquièrent une solide formation dans les ateliers de maîtres verriers renommés, notamment chez Gallé, à Nancy.
À la fin du XIXᵉ siècle, les frères Muller décident de voler de leurs propres ailes et fondent leur propre atelier à Lunéville, une ville proche de Nancy.
Avec l’évolution des goûts au début du XXᵉ siècle, les Muller s’adaptent au style Art Déco, marqué par des lignes plus géométriques et des motifs plus abstraits. Leur maîtrise de la pâte de verre soufflée et de la technique de gravure à l'acide leur permet de créer des pièces d’une qualité remarquable, mêlant nuances de couleurs subtiles et textures uniques.
Comme beaucoup de manufactures d’artisanat, les ateliers Muller Frères ont souffert des crises économiques et des bouleversements de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, les œuvres des Muller Frères restent aujourd’hui très prisées des collectionneurs et des amateurs d’art.
Depuis 1990, de nombreuses contrefaçons des œuvres des frères Muller envahissent le marché de l’art, portant des signatures plus ou moins semblables aux signatures authentiques.
L’art déco, mouvement artistique né dans les années 1920, est célèbre pour son mariage harmonieux entre formes géométriques, motifs floraux et matériaux luxueux.
Représentative de l’Art déco, la lampe Tip Gallé offre une alternative aux véritables créations de l’artiste.
Dans le monde du design luminaire contemporain, la lampe champignon de style art déco est une pièce à la fois emblématique et intemporelle. L’artisan travaille à chaud le verre, appliquant une superposition de couche de verre par cueillage successif de couleurs différentes. Le résultat est éblouissant.
La pâte de verre, technique méticuleuse et exigeante, confère une texture et une luminosité uniques. Chaque détail, chaque veinure marbrée, semble capturer la lumière de manière éthérée, créant une ambiance chaleureuse et enveloppante.
La lampe champignon est une pièce d’art et d’éclairage qui fusionne l’esthétique contemporaine avec la tradition artisanale. Fabriquée à partir de pâte de verre, elle incarne l’élégance et l’innovation, tout en conservant un lien profond avec le savoir-faire ancestral du travail du verre.
La gravure à l’acide permet alors de révéler un décor naturel, typique de l’Art Nouveau et ses bijoux. L’artiste réalise dans un premier temps le décor, qui est appliqué sur la pièce. A l’aide d’un vernis, l’ouvrier recouvre les parties de la pièce à protéger de l’attaque de l’acide.
Nouveauté en l’honneur des 140 ans de la cristallerie Daum, qui a souhaité réinterpréter sa pièce iconique « la lampe champignon ». Au XIXème siècle, les frères Daum seront les premiers à habiller la lumière électrique avec du verre, en s’associant à des artistes de l’époque tels que Majorelle ou le talentueux dessinateur Henry Bergé.
Symbole de créativité et de savoir-faire, cette collection reflète parfaitement le travail de la pâte de cristal de l’atelier Daum à Nancy. L’armature en métal de couleur champagne ajoute une touche d’élégance et de modernité à la collection. La lumière permet à la matière de prendre vie au travers d’un cristal aux couleurs douces et pétillantes. Cette lampe dévoile son plus beau secret au contact des LED laissant apparaître une pluie de bulles gravées dans l’abat-jour.
En tout, l’Exposition universelle de 1900 aura réuni près de 48 millions de personnes, 83000 exposants et plus de 40 pays participants. Les frères Daum, dont Jean Daum (fondateur de la cristallerie Daum), comptent parmi les personnes ayant répondu présents à ce rendez-vous du siècle.
Ils ont rapidement été convaincus par tous les atouts commerciaux de cette toute nouvelle invention. Impatients à l’idée d’exploiter ce milieu encore inconnu jusqu’ici, ils eurent la brillante idée d’habiller le verre qui fut l’une des plus grandes réussites de la manufacture Daum. « Le savoir-faire séculaire marié à l’innovation électrique », le secret qui a permis à la maison Daum de commercialiser différents modèles de lampes et luminaires aussi élégants qu’intemporels.
La lampe Champignon étant l’une des collections les plus prisées de la maison.
Face au succès fulgurant des objets d’art habillé du style Art Nouveau, la maison Daum décide de repousser encore plus ses limites en s’associant avec les membres de l’École de Nancy. Désormais devenue le berceau de l’Art Nouveau, la ville de Nancy a vu grandir les artistes au talent incroyable tels qu’Eugène Grasset, Émile Gallé et Louis Majorelle. Ces mêmes noms ont d’ailleurs été sous les projecteurs durant l’Exposition Universelle de 1900, au moment de l’officialisation du courant artistique.
C’est plus précisément avec l’ébéniste Louis Majorelle que les frères Daum se sont d’abord associé. Fils d’un fabricant et vendeur de meubles, Louis Majorelle reprend les règnes du petit commerce de sa famille après la mort de son père.
Quelques années plus tard, il parvient à hisser son entreprise au sommet avec un volume de commande encore plus important chaque jour. De 20 salariés à 250, la réussite de ce génie créatif demeure dans la qualité de ses meubles et de son imagination sans fin. Son désir de créer constamment des objets originaux et sa quête perpétuelle de l’authenticité l’ont également amené à s’initier au travail du métal : bronze, fer forgé, cuivre, etc.
Il avait pour objectif de réaliser des éléments encore plus décoratifs pour parer ses meubles. Spectateurs du savoir-faire indiscutable de Louis Majorelle, les frères Daum décident de recourir à ses services sur leur collection de lampes à poser.
L’idée était que les ateliers Majorelle créent les pieds de lampes en fer forgé, ou en bronze, pendant que la manufacture Daum s’occupe de créer la verrerie.
Une collaboration inédite qui contribuera à faire des lampes Daum, des pièces symboliques du mouvement Art Nouveau, auprès des légendaires vases Daum. Une création mythique créée sous l’œil aiguisé des grands noms de l’École de Nancy.
Pas plus tard qu’en 1903, les collections Daum et Louis Majorelle ont été exposés pour la première fois au grand public à l’occasion de l’Exposition de l’École de Nancy, à Paris.
Témoin de la réussite des lampes Daum/Majorelle, Émile Gallé, le directeur de l’École de Nancy, suit le mouvement et signe avec sa collection de lampes dès l’an 1899.
Ces premières réalisations étaient aussi belles et uniques que celles de Daum/Majorelle, au point d’être déjà présentées au public en 1902.
Plus à l’aise avec le verre, la collection de lampes en forme de fleur d’Émile Gallé illustre parfaitement son savoir-faire et sa maîtrise des différentes techniques de travail de cette matière.
Plus fascinants encore, les dispositifs électriques de la lampe sont précieusement dissimulés dans la fleur, colorée et nervurée. Une collection d’un réalisme étonnant pour le plus grand plaisir des plus exigeants en termes de qualité et de précision.
Il existe une multitude de formes d'abat-jour, chacune apportant un style et une ambiance différents à un luminaire. Voici quelques exemples :
Voici quelques exemples de lampes qui mettent en valeur l'abat-jour tulipe en pâte de verre :
Si l’on peut constater que l’évolution de la production verrière en France dans la première moitié du XIXe siècle correspond à la mise en place de manufactures puissantes et modernes, on constate par contre que l’originalité et la force des apports à l’histoire de la verrerie depuis la seconde moitié du siècle sont inséparables de destins d’individus.
| Période | Innovation ou Caractéristique |
|---|---|
| Avant le XIIIe siècle | Verre rare et précieux, aux couleurs variées mais opaques. |
| XIIIe siècle (Venise) | Invention du "Cristallo", un verre transparent, fin et léger. |
| XVIIe siècle | Caspar Lehmann utilise la technique de gravure sur verre. |
| XIXe siècle | Introduction du verre pressé-moulé aux États-Unis, accélérant la production. |
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