Le Bois Jumel est bien plus qu'un simple lieu : c'est une histoire de solidarité, d'innovation et d'engagement social. Ancré dans le cœur des habitants de Carentoir et de toute la Bretagne, le projet du Bois Jumel est devenu une activité phare de l'ESAT (Établissement de Service et d'Aide par le Travail, anciennement CAT - Centre d'Aide par le Travail).
L’histoire de cet établissement a débuté avec l’arrêté préfectoral du 8 octobre 1981, officialisant la création du Centre d’aide par le travail et du foyer d’hébergement. André Bagot, l’un des premiers employés, a immortalisé cette aventure en écrivant l’histoire de l’établissement. Il se souvient : « Les premiers pensionnaires sont arrivés le 16 février 1976. Ce n’était pas encore le Centre d’aide par le travail, mais une section d’ergothérapie de l’hôpital. »
Au fil du temps, de nombreuses activités se sont développées, incluant la construction de nouveaux bâtiments, l’atelier confiture, et les espaces verts. De plus, des projets de restructuration et d’agrandissement du foyer d’hébergement et du service administratif sont en cours, avec le dépôt prochain du permis de construire. Une plateforme d’inclusion sera également ouverte pour accueillir les partenaires du médico-social et développer l’insertion professionnelle à travers la formation et l’information, comme l’explique Rachel Bihan.
L’établissement service d’aide par le travail (Esat) du Bois Jumel propose des activités diversifiées, allant de la fabrication de confitures au parc animalier. Les produits « Fiers » commencent à se faire connaître, témoignant du travail, de l’apprentissage, de la précision et de la fierté des équipes.
« Dans nos ateliers partenaires, pas de grands discours. Du travail, de l’apprentissage, des gestes précis, de la fierté. C’est pour montrer cette réalité-là que nous avons ouvert les portes du Bois Jumel, à Carentoir. Pas pour « raconter une belle histoire », mais pour montrer le quotidien : des compétences, de l’exigence, et des équipes qui ne lâchent rien. Avec des charlottes sur la tête et des blouses. »
Confiture de lait
À l'origine de ce rapprochement des deux « Bois », une donatrice généreuse, Marie-Thérèse Texier, propriétaire de la ferme du Bois-Brassu, a joué un rôle crucial. Sans héritier, elle décide de léguer sa ferme à une organisation caritative à but social, s'engageant à l'exploiter dans ce sens. Le CAT de Carentoir, à vocation agricole, a été naturellement choisi pour répondre à la demande de Madame Texier et exploiter les 45 hectares de la ferme.
En 1986, le CAT possédait déjà une activité agricole avec 20 vaches laitières, transformant leur production en Confiture De Lait, un produit réinventé avec le concours de l'INRA. Cependant, les équipes éducatives s'interrogeaient sur l'avenir de cette activité laitière, située à Bel-Air, près du Centre du Bois-Jumel. L'activité était contraignante et difficile à gérer compte tenu de la mission socio-éducative auprès des personnes handicapées.
Le directeur de l'époque, Serge Temey, a eu l'idée d'un parc animalier ouvert au public, rassemblant des animaux d'élevage du monde entier, lors d'un voyage familial en Angleterre. La marque FERME DU MONDE a été déposée en 1986 à l'INPI (Institut National de la Propriété Industrielle) de Rennes.
Animaux d'élevage du monde
C'est ainsi que LA FERME DU MONDE a pris forme, d'abord dans les esprits, puis sur le terrain. Initialement prévu à Bel-Air, le parc a finalement été implanté au Bois-Brassu, un lieu idéal avec des bois et des surfaces planes et bien exposées. Bien que des raisons administratives aient retardé l'exploitation des terres, les équipes ont continué à travailler sur les 20 hectares de Bel-Air.
Au début des années 90, le travail au Bois-Brassu a commencé. Tout le monde s'est investi pour créer la FERME DU MONDE. Hormis les gros travaux de terrassement, d'électricité et de plomberie, les ouvriers du CAT et leurs encadrants ont réalisé l'ensemble des aménagements : rénovation des bâtiments, construction des cabanes, aménagement des prairies, nettoyage des bois, création des 5 km d'allées, installation de 12,5 km de clôtures et 2000 poteaux, et la signalétique. Un travail impressionnant réalisé par tous les temps.
La presse locale et nationale a couvert l'événement, témoignant de cette réussite. 27 ans plus tard, LA FERME DU MONDE est devenue une attraction touristique incontournable de la région.
Quelles sont les spécificités de ces deux ateliers ? Tout d’abord, le Bois Jumel garde le maximum d’opérations à faire à la main (étiquetage, pose des coiffes, marquage des dates de péremption, etc.) afin de respecter sa vocation première d’accompagnement des personnes en situation de handicap. Même si cela prend plus de temps, la qualité est garantie grâce à l'implication de tous. De plus, le Bois Jumel se spécialise dans les petites séries.
Ensuite, la philosophie est de travailler avec des ingrédients d’origine bretonne, assurant ainsi traçabilité et qualité. Enfin, le Bois Jumel fabrique également « à façon » pour des éleveurs et maraîchers locaux, valorisant ainsi leurs surplus de production en circuits courts.
La Trinitaine est un client historique et fidèle, partageant la même philosophie et accueillant également des travailleurs en situation de handicap dans ses ateliers. Le Bois Jumel et La Trinitaine partagent le goût du bon et du terroir.
Mais la Ferme du Monde n’allait pas s’arrêter en si bon chemin : le 10 juin 2001 dans une salle polyvalente de Carentoir, se produisait la journée Graine d’étoiles. 130 résidents de CAT et Foyers de vie de Bretagne et des Pays de Loire s’étaient déplacés pour venir applaudir des artistes handicapés amateurs. Chants, danses, musique, théâtre qui sont souvent le support de ces fêtes de fin d’année ou de ces petits spectacles présentés devant les familles devenaient autant de représentations jouées devant un public inconnu.
Le dimanche 7 juillet 2002, Graine d’Etoile a laissé la place au festival Handistars. Près de 2.000 personnes s’étaient déplacés à la Ferme du Monde. Une grande scène accueillait plus d’une centaine d’artistes en herbe, en provenance de plus de trente établissements. Ce fut le foyer Piprack d’Auray (56) qui proposa un sketch muet mêlant des acteurs déficients visuels et d’autres, déficients auditifs. Ce fut aussi le foyer Le Jeune de Corcoué-sur-Logne (44) qui produisit le groupe de percussion Tempo. Ce fut encore le foyer occupationnel de Pouancé (49) qui présenta un numéro de dressage de poneys Shetland.
Une scène plus petite déclarée ouverte offrait la possibilité aux volontaires de venir s’exprimer à leur guise, sans programmation préalable. L’accordéon y fit danser les couples une partie de l’après-midi. Ambiance kermesse, buvette, les deux petits trains continuant à faire découvrir le parc à qui le désirait : admirer les moutons à poils et les chèvres à laine, observer la seule chèvre syrienne survivante, détailler les troupeaux de Longhorn, ces vaches que l’on retrouve dans tous les bons westerns ... C’est la fête et une ambiance chaleureuse qui a uni les valides et les personnes porteuses de handicap.
Et puis, derrière la scène, un petit village miniature animé par des automates, fabriqué par un agriculteur durant les 25 années de sa retraite. Devenant trop âgé, pour continuer, il l’a cédé à la Ferme du Monde, en échange du versement annuel par le parc d’une somme à l’association Solidarité rurale qui a engagé avec le Burkina Fasso des opérations de coopération.
Une solidarité s’est ainsi installée par delà les continents : financer la fabrication, par les forgerons des villages burkinés, de charrettes permettant aux femmes de ne plus porter l’eau (parfois distante de plusieurs kilomètres) ou les autres marchandises sur leur tête. Autre opération lancée avec ce pays : le CAT du Bois Jumel achète des fruits séchés (mangue, ananas, papaye ...) fabriqués par les 250 orphelins et travailleurs handicapés des ateliers de Mabradaga et les utilise pour fabriquer des confitures.
La Ferme du Monde entend transformer le formidable essai de ce début d’été 2002. Pourquoi ne pas ouvrir les prochaines années sur deux voire trois journées et offrir aux Cat, ateliers protégés, foyers de vie ou foyers occupationnels l’opportunité de venir présenter leur savoir-faire, leurs productions ? Cela peut continuer à se faire en matière artistique, mais aussi dans les productions les plus diverses. Déjà un CAT de Fougères (35) spécialisé dans le cannage et le rempaillage de chaises était présent et proposait des démonstrations.
L’idée est bien de donner un rendez-vous tous les ans à toutes celles et à tous ceux qui veulent se retrouver pour partager un moment fort, mais aussi pour afficher tout ce qu’ils savent faire.
Jacques Trémintin - LIEN SOCIAL ■ n°630 ■ 18/07/2002
Le parc animalier est aujourd’hui bien ancré dans les esprits des Carentoriens et bien au-delà encore, dans toute la Bretagne. C’est le 1er avril 1996 que « LA FERME DU MONDE » a ouvert ses portes au public. C’est devenu, l’activité phare de l’ESAT (Etablissement de Service et d’Aide par le Travail anciennement CAT (Centre d’Aide par le Travail) du BOIS-JUMEL).
| Événement | Date | Description |
|---|---|---|
| Ouverture de la Ferme du Monde | 1er avril 1996 | Le parc animalier ouvre ses portes au public. |
| Journée Graine d'Étoiles | 10 juin 2001 | Résidents de CAT et foyers de vie présentent des spectacles amateurs. |
| Festival Handistars | 7 juillet 2002 | Près de 2000 personnes assistent à des performances artistiques de personnes handicapées. |
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