Au cœur de la cuisine grecque, il existe un plat qui raconte à lui seul des histoires de repas de famille interminables et de mezzés partagés sous le soleil : les dolmades. Ces petites bouchées, délicates feuilles de vigne farcies de riz parfumé, sont bien plus qu’une simple recette ; elles sont une invitation au voyage, un concentré de Méditerranée. Loin des versions industrielles que l’on trouve parfois, découvrez les secrets d'une version authentique, simple et profondément savoureuse.
Oubliez les idées reçues, la confection des dolmades n’est pas un art réservé aux initiés. C’est un rituel apaisant, presque méditatif, qui embaumera votre cuisine des parfums de l’Égée.
Commencez par préparer les feuilles de vigne. Ouvrez le bocal et égouttez-les soigneusement. Dépliez-les une par une avec délicatesse pour ne pas les déchirer et rincez-les sous un filet d’eau froide pour enlever l’excès de sel de la saumure. Mettez de côté les quelques feuilles qui seraient abîmées ou trop petites, elles serviront plus tard.
Dans un grand saladier, préparez la farce, l’âme de vos dolmades. Versez le riz cru, la poudre d’oignon, l’aneth, la menthe et le persil séchés. Ajoutez la moitié de l’huile d’olive (soit environ 75 ml) et la moitié du jus de citron (soit 50 ml). Salez, poivrez et mélangez intimement tous ces ingrédients. Le riz doit être bien enrobé de tous les parfums. Votre farce est prête.
Vient maintenant le moment le plus technique mais aussi le plus satisfaisant : le roulage. Prenez une feuille de vigne et étalez-la sur votre plan de travail, la face la plus brillante et lisse tournée vers le bas. Les nervures doivent donc être face à vous. Déposez l’équivalent d’une petite cuillère à café de farce au centre de la feuille, près de la base où se trouvait la tige. Repliez le bas de la feuille sur la farce, puis rabattez les deux côtés vers le centre, comme pour fermer une enveloppe. Enfin, roulez la feuille sur elle-même vers la pointe, en serrant suffisamment pour former un petit cylindre compact mais pas trop pour que le riz puisse gonfler à la cuisson sans faire éclater la feuille. Répétez l’opération jusqu’à épuisement de la farce.
Le secret d’une cuisson réussie réside dans l’organisation de votre faitout. Prenez les feuilles de vigne abîmées que vous aviez mises de côté et tapissez-en le fond de votre cocotte. Cette astuce toute simple empêchera les dolmades du fond d’attacher et de brûler. Rangez ensuite vos dolmades bien serrées les unes contre les autres, en formant des couches successives. Le fait de les tasser évite qu’elles ne s’ouvrent pendant la cuisson.
Une fois tous les dolmades bien installés, versez le reste d’huile d’olive et de jus de citron sur le dessus. Ajoutez ensuite les 500 ml d’eau. Le liquide doit arriver juste à hauteur de la dernière couche de dolmades. Pour les maintenir immergées et bien en place, posez une assiette retournée, d’un diamètre légèrement inférieur à celui de votre cocotte, directement sur les dolmades. Portez le tout à une légère ébullition, puis baissez le feu au minimum, couvrez et laissez mijoter tout doucement pendant environ 60 minutes. Le riz doit être tendre et tout le liquide absorbé.
La patience est la clé. Une fois la cuisson terminée, éteignez le feu mais ne touchez à rien. Laissez les dolmades refroidir complètement dans la cocotte, avec le couvercle. Cette étape de repos est fondamentale : elle permet aux saveurs de se diffuser et à la farce de se raffermir. Ne soyez jamais tenté de servir les dolmades chauds ou même tièdes. Le secret de leur saveur et de leur texture parfaite réside dans le repos. En refroidissant lentement dans leur jus de cuisson, ils s’imprègnent de tous les arômes d’huile d’olive, de citron et d’herbes. Le riz finit de gonfler et la feuille s’attendrit juste ce qu’il faut.
Les dolmades, avec leur caractère végétal, leur acidité citronnée et la richesse de l’huile d’olive, appellent un vin blanc sec, vif et minéral. Tournez-vous sans hésiter vers les trésors du vignoble grec. Un Assyrtiko de Santorin sera un choix d’exception, avec sa tension saline et ses notes d’agrumes qui répondront parfaitement au plat.
Si les dolmades (dolmadakia en grec, littéralement ‘petits dolmas’) sont un pilier de la cuisine hellénique, leur nom et leur concept nous viennent de l’Empire ottoman. Le mot dolma dérive en effet du verbe turc doldurmak, qui signifie ‘remplir’. La pratique de farcir des légumes ou des feuilles est commune à toute la Méditerranée orientale et au Moyen-Orient. Chaque région a sa propre version, avec de la viande, des pignons de pin ou des raisins secs. La version grecque que nous préparons ici, dite yialantzi, est végétarienne, à base de riz et d’herbes, et se déguste froide.
La simplicité est la clé de l’élégance pour servir les dolmades. Choisissez un grand plat de service rond, de préférence en céramique blanche ou aux motifs bleus rappelant les Cyclades. Disposez vos dolmades en cercles concentriques ou en pyramide, en veillant à ce qu’ils soient tous bien alignés. Juste avant de servir, arrosez-les généreusement d’un filet de votre meilleure huile d’olive et disposez quelques quartiers de citron sur le plat pour que chaque convive puisse en ajouter à sa guise. Au centre du plat, placez un petit bol ou un ramequin rempli de yaourt grec nature ou d’un tzatziki maison.
Pour accompagner vos dolmades, voici quelques suggestions de mezzés pour un repas grec complet :
Le tarama végétal reprend cette idée de pâte rosée et lisse au bon goût iodé marin. La composition proposée repose sur une base de tofu, associée à des algues et à des épices, avec de l'huile d'olive et du jus de citron, ainsi qu'un peu de betterave cuite pour la couleur. Le tout mixé jusqu'à prendre la consistance qu'on lui connaît. A l'apéro ou en entrée, tartinable sur des toasts ou des blinis (veganes), ce tarama vous paraîtra aussi ressemblant de texture et de goût que celui dont vous vous rappeliez.
Une variante du grand classique tzatziki déclinable avec ce qu’on a sous la main ou ce qu’on aime en gardant son principe, sa texture, sa fraîcheur et sa légèreté. Une sauce dense, sans cuisson et passe-partout qui nous fait voyager sous le soleil de Méditerranée.
Conservation : cette préparation se conserve un à deux jours au frais.
Cette spécialité grecque peut être servie comme un mezzé, dans une petite coupelle parmi un assortiment de plats que l’on picore, souvent avec du pain pita ; mais elle peut aussi être servie comme un accompagnement avec du poisson frit ou poché, des légumes frits comme les courgettes et les aubergines ou des betteraves cuites. La bakaliaros skordalia est le plat traditionnel de la fête nationale du 25 mars.
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