Jeu une Pomme des Pains : Définition et Histoire d'un Aliment Essentiel

Si son absence est devenue synonyme de torture, c'est bien parce que le pain a pris une place considérable dans nos vies. Aliment fait de farine pétrie et cuite, le pain se décline sous de nombreuses formes : bon pain, mauvais pain, pain bis, pain blanc, bis-blanc, pain noir, pain tout chaud, pain tendre, pain frais, pain rassis, pain dur, pain salé, pain sans levain, pain de froment, de seigle, d’orge, etc., pain de pommes de terre, de châtaignes, etc., pain long, pain rond, pain de pâte ferme, pain de ménage, pain de cuisson, ou pain de bourgeois, pain de boulanger, gros pain, pain de Gonesse, façon de Gonesse, petit pain, petit pain à café, pain mollet, demi-mollet, pain à la reine, pain au lait, pain bien cuit, bien levé, pain gras-cuit.

C’est le long du Nil que la technique du levain a vu le jour avec un succès tel que les Égyptiens sont vite surnommés les « mangeurs de pain » (Hécatée de Milet) !

Sous l'influence des Égyptiens, la Grèce va se prendre à son tour de passion pour le pain, inventant le four préchauffé s'ouvrant de face. Il va faire la fortune des boulangers à partir du Ve siècle av. J.-C.

Sous Auguste, la capitale romaine ne compte ainsi pas moins de 320 boulangeries, tenues pour l'essentiel par des affranchis grecs placés sous le contrôle de l'État pour assurer la distribution gratuite de pain aux plus déshérités. « Du pain et des jeux ! » On connaît la célèbre formule de Juvénal critiquant les supposées priorités du peuple romain au temps de Néron.

C'est à partir de Bethléem, littéralement « la maison du pain », que notre aliment va acquérir une symbolique religieuse de premier plan. Geste de fraternité traditionnel, rompre le pain devient lors de la Cène l'évocation de la mort prochaine de Jésus mais aussi l'image de l'unité de l'Église qui va naître (« Nous avons tous part à un seul pain » dira saint Paul). Il en découlera la cérémonie de l'eucharistie qui propose aux fidèles de célébrer le sacrifice du Christ en recevant l'hostie (« Ceci est mon corps »).

La fin de la domination romaine est aussi, pour un temps, la fin du pain. Devenu cet aliment de base qui a la capacité d'accompagner presque tous types de plat, il est désormais sévèrement contrôlé par l'État à toutes les étapes de sa fabrication : emplacement du four, qualité de la farine, temps de cuisson, poids... Rien n'est laissé au hasard.

En 1774, Turgot rétablit la libéralisation du commerce des grains ce qui, associé à de mauvaises récoltes, crée de nouvelles émeutes. Et quand le peuple a faim, c'est vers son roi qu'il se tourne.

« S'ils n'ont plus de pain, qu'ils mangent de la brioche ! » Même si, semble-t-il, Marie-Antoinette n'a jamais prononcé ces mots, ils montrent bien à quel point le pain était devenu le reflet du niveau de vie.

Ce n'est donc pas un hasard si, en 1793, la Convention décide qu'il « ne sera plus composé un pain de fleur de farine pour le riche et un pain de son pour le pauvre » : tout le monde doit se contenter du même « pain de l'Égalité », ancêtre de notre baguette, à base de farine de froment et seigle, son y compris. Finalement, avec le retour de la stabilité et l’abolition des corporations, le nombre de boulangeries explose à la fin du XVIIIe siècle tandis que le pain blanc devient majoritaire.

Cela n'empêche pas au XIXe siècle les ouvriers parisiens, réduits à la misère, de crier « Du pain ou du plomb ! ». La situation est bien différente pendant l'Occupation où l'impossibilité d'importer des céréales signe le retour du pain noir dans les villes.

Puis c'est la décadence : après-guerre, le pain n'est plus qu'un produit d'accompagnement que l'on n'hésite pas, pour la première fois, à jeter à la fin du repas.

Longtemps inséparable du béret, la baguette représente aujourd'hui la France avec autant d'efficacité que la Tour Eiffel. Mais d'où vient ce trésor ? Toujours est-il qu'en 1922 un journal américain évoquait déjà le « french stick » (bâton français) comme un produit banal.

L'étape suivante de cette marche vers la gloire fut l'inscription à l'automne 2022 de la baguette parisienne sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.

On cuisine du PAIN comme les GAULOIS ! Histoire Appliquée #3

Il est intéressant de noter certaines expressions liées au pain :

  • Manger son pain dans sa poche : Manger seul ce qu’on a, n’en faire part à personne.
  • Manger du pain d’un autre : Être domestique.
  • Il sait son pain manger : se dit D’un homme habile et intelligent.
  • Du pain cuit, du pain de cuit : se dit D’un ouvrage, d’un travail qui ne sert pas au moment où il vient d’être fait, mais qui servira plus tard.
  • Mettre à quelqu’un le pain à la main : Être le premier artisan de sa fortune, de son bien-être.

Le pain peut également désigner d'autres éléments :

  • Pain des prisonniers : Le pain qu’on distribue journellement aux prisonniers.
  • Pain du roi : se dit Du pain des soldats, et de celui des prisonniers.
  • Pain de chien : Pain grossier destiné à la nourriture des gros chiens.
  • Pain d’épice : Certain pain qui est fait avec de la farine de seigle, de l’écume de sucre, du miel, des épices, etc.
  • Pain aux champignons, aux mousserons, à la crème, etc. : Sorte de mets fait avec la croûte d’un pain, des champignons, des mousserons, de la crème, etc.
  • Pain bénit : Pain qui est béni avec les cérémonies de l’Église, et que l’on distribue à la grand’messe, dans les églises paroissiales.
  • Le pain des anges, le pain céleste : L’eucharistie.
  • Pain quotidien : Ce que l’on fait tous les jours ou presque tous les jours.

Enfin, le mot "pain" peut signifier la nourriture, la subsistance en général. Gagner du pain, gagner son pain à la sueur de son corps, etc.

Le terme "pain" est aussi utilisé pour décrire certaines substances mises en masse, comme le pain de sucre, le pain de cire, le pain de savon, ou le pain de chènevis.

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