Les Races Ovines Rustiques Françaises : Caractéristiques et Adaptation

La France possède une riche diversité de races ovines, chacune adaptée à son terroir et contribuant à la diversité agricole et environnementale du pays. Parmi celles-ci, les races rustiques se distinguent par leur capacité à prospérer dans des conditions difficiles, leur autonomie et leur rôle dans l'éco-pâturage.

Race ovine Landaise.

L'Importance des Races Ovines Rustiques

Contrairement aux races sélectionnées pour leur rendement, les races de moutons rustiques ont conservé des caractéristiques naturelles qui leur permettent de survivre dans des environnements difficiles :

  • Résistance aux maladies : Leur constitution naturelle réduit le besoin d'interventions vétérinaires.
  • Autonomie : Elles savent se nourrir de ressources naturelles, y compris de végétaux difficiles à consommer.

De plus, ces races contribuent à :

  • La biodiversité : Plus il y a de races, plus les écosystèmes sont résilients.
  • La sauvegarde de races patrimoniales : Elles racontent l’histoire d’une relation millénaire entre l’homme et l’animal.

Les Races Ovines et l'Éco-pâturage

Ecomouton est un leader de l’éco-pâturage professionnel en France, comptant des milliers d’ovins un peu partout en France. Brebis, béliers et agneaux s’épanouissent sur les sites en éco-pâturage. Nos bergers et bergères veillent étroitement à leur bien-être. Outre des chèvres de race Rove et des chèvres des fossés, nous comptons dans nos rangs en grande majorité des moutons d’Ouessant. À ce jour nous possédons le premier cheptel de France. Cette race de moutons rustique bretonne est idéale pour l’éco-pâturage.

Bon à savoir : nous plaçons nos béliers et nos brebis en fonction du climat, de la configuration du terrain ou encore des disponibilités.

Présentation de Quelques Races Ovines Rustiques

Le Mouton d'Ouessant

On ne présente plus ce petit mouton ! Nous avons déjà fait une longue présentation du mouton d’Ouessant ici même. Autonome, indépendant, la vie du mouton d’Ouessant est bien rythmée : agnelage au printemps, tonte en été, rut en automne, gestation en hiver. D’origine bretonne, assez petit, solide, résistant et rustique, le mouton d’Ouessant est une race très ancienne. Il passe sans problème l’hiver dehors. Il est résistant à de nombreuses maladies et aux parasites. Une seule tonte lui suffit au début de l’été. De petite taille et d’un poids modeste, il n’abîme pas les terrains. Pour toutes ces caractéristiques, il était donc prédisposé pour l’éco-pâturage ! Parce que petit, il n’intéressait personne pour sa viande, il a même failli disparaître. Sa laine noire, brune ou blanche n’est pas très reconnue pour sa qualité. Bref, le mouton d’Ouessant a trouvé aujourd’hui sa place et son rôle : il est un super mouton d’éco-pâturage pour entretenir les espaces verts.

Mouton d'Ouessant.

Le Mouton de Race Solognote

La race Solognot est une race de mouton locale originaire, comme son nom le laisse deviner, de la Sologne, en région Centre Val de Loire. Race ovine très ancienne, ce beau mouton massif (le mâle peut peser jusqu’à 90kg et la femelle, 60 kg) se reconnaît par un museau brun à marron. Les lieux difficiles d’accès et escarpés ne font pas peur aux Solognots. Ils sont aujourd’hui des moutons très utilisés pour l’éco-pâturage.

Le Mouton de Race Castillonnaise

Originaire des Pyrénées, cette race de mouton est plutôt menue. Le mouton Castillonais est étroit et bas. On peut le reconnaître par son museau blanc avec des tâches rousses. Les mâles ont des cornes. Leurs petites oreilles sont légèrement pendantes. Typiquement, c’est une race de montagne endurante.

Le Mouton Landais

Le mouton Landais se reconnaît par son poil long et dense. Originaire de Gascogne et d’Aquitaine, rustique et ancien, cette race locale a failli disparaître. Aujourd’hui, leur nombre est encore peu élevé et la race est fragile. Pour en savoir plus sur la race Landaise, découvrez ou redécouvrez notre article sur la STEP de Bascons.

Le Mouton Mourerous

Mourerous, ou museau roux, est une race ovine originaire des Alpes du sud. Ce mouton se reconnaît sans problème à sa tête et ses pattes rousses. Longtemps en danger d’extinction, la race aujourd’hui est plutôt stable.

La Race Grivette

C'est une race ovine de gabarit moyen (65 kg pour la brebis et 100 kg pour le bélier). La tête et les membres sont pigmentés de taches brunes-noires et la toison est blanche. Cette race est dépourvue de cornes chez les mâles comme chez les femelles. La grivette est une race recherchée pour ses bonnes qualités maternelles. Sa prolificité naturellement élevée et sa bonne aptitude laitière en font une race adaptée à des systèmes de reproduction accélérée permettant ainsi d´obtenir une productivité annuelle supérieure à 2 agneaux par brebis et par an. C’est une brebis au tempérament calme, qui présente une facilité d´agnelage et un bon instinct maternel, ce qui facilite le travail de l’éleveur. C’est aussi une race qui sait s´adapter aux ressources alimentaires. En période de pénurie, elle est capable de mobiliser ses réserves corporelles afin de maintenir sa productivité.

La Race Lacaune

La Lacaune est une race ovine française initialement à aptitude mixte qui comprend aujourd’hui deux variétés : la Lacaune lait et la Lacaune viande. C’est une race de format moyen à lourd. La brebis lacaune pèse de 70 à 80 kg pour une hauteur au garrot de 70 à 80 cm, tandis que les mâles pèsent de 95 à 110 kg. La race Lacaune type viande, créée depuis une trentaine d’années à partir du troupeau Lacaune laitier, est rustique et très facile à élever. Elle est bien adaptée à la conduite sur parcours et bénéficie de bonnes qualités laitières et maternelles qui permettent de pratiquer le système de trois agnelages en deux ans. La précocité des agnelles est également remarquable. Les agneaux, bien nourris par une mère bonne laitière ont une croissance excellente et une bonne conformation ; ils sont reconnus pour la qualité exceptionnelle de leur peau, texture et finesse du grain. Leur cuir alimente les tanneries et fabriques de produits de luxe de la région de Nontron.

La Race Blanche du Massif Central

La race Blanche du Massif Central, issue des multiples petites populations caussenardes de la Margeride, région montagneuse de la partie sud du Massif central, s’est imposée depuis une vingtaine d’années sur l’ensemble du pourtour du Massif Central où elle a supplanté les anciennes souches moins bien conformées et moins productives. Sa principale qualité reste sa rusticité et sa capacité d’adaptation à des conditions difficiles, en montagne sèche et aride comme dans les causses, mais également sous des climats plus continentaux. Elle peut vivre toute l’année en plein air et c’est une bonne marcheuse bien adaptée à l’élevage dans les parcours, y compris lorsqu’ils sont médiocres.

La Race INRA 401 (Romane)

La race INRA 401 - plus exactement une souche - est mise au point par l’INRA à la suite d’un programme de recherche démarré en 1963, à partir du métissage de deux races très rustiques, Romanov (une brebis noire, à la laine plus ou moins grise, originaire de Russie) et Berrichon du Cher (une race bouchère du centre de la France). À force de croisements successifs, l’INRA parvint à obtenir une race stabilisée, qui est officiellement déclarée comme telle en 1977. Les premiers béliers INRA 401 sont mis en circulation dans les élevages en 1980, et les éleveurs commencent alors à les utiliser sur leurs brebis en croisements d’intégration. En raison de son origine un peu particulière, la Romane n’est rattachée à aucun terroir d’origine. On la trouve sur l’ensemble du territoire français, où elle est assez dispersée, bien que légèrement plus présente dans les bassins traditionnels de production de la moitié Sud de la France où on trouve 60 % des effectifs. De ses origines, elle a conservé des aptitudes maternelles certaines : désaisonnement, agnelage facile et production de lait. Elle est ainsi capable de produire et allaiter toute l’année, y compris dans des conditions de vie difficiles.

Évolution de l'Élevage Ovin et Amélioration Génétique

Au temps de la race « Périgorde », le berger n’intervient pas sur la reproduction ; il laisse faire la nature et se contente de choisir les béliers parmi les agneaux les plus beaux et les plus robustes du troupeau. Par cette « auto-sélection » il espère favoriser les souches de mères les plus laitières et donc les plus aptes à élever leur agneau. Le berger laisse ces jeunes mâles dans la troupe des mères pendant trois ou quatre ans, sans souci des risques de consanguinité. L’essentiel pour lui est de parvenir à maintenir ses effectifs et produire les quelques agneaux que la famille engraissera comme des chapons en vue des foires annuelles.

À la fin du XIXe siècle, le berger en introduisant des béliers issus de troupeaux différents du sien, commence à raisonner les accouplements. Il cherche à obtenir des agneaux plus vigoureux et bien conformés qui « présenteront bien » à la foire. Au début du XXe siècle, une nouvelle étape est franchie avec le choix des races rustiques sachant s’adapter à des conditions précaires. Celles-ci sont capables de produire de façon très économe : elles consomment tous types de fourrages, même médiocres. La frugalité et la résistance des brebis rustiques s’accompagnent d’une capacité plus grande à mettre bas toute l’année. Le choix judicieux des mâles à accoupler aux femelles, de type rustique ou semi-rustique, permet de produire des agneaux de bonne conformation, présentant des masses musculaires développées sur un squelette fin.

À partir du début du XXe siècle, les éleveurs périgourdins suivant l’évolution générale commencent à s’intéresser au progrès génétique. Dans un premier temps fut introduite la race Charmoise. Cette race a été créée au milieu du XIXe siècle par l’agronome-éleveur Édouard Malignité. Elle est issue du croisement de bélier anglais (béliers de la race anglaise améliorée Romney-Marsh appelée New Kent en France) avec une brebis issue de croisements entre des races rustiques françaises (Berrichon, Mérinos, Tourangeau, Solognote). Il s’agit d’une race très résistante à la sécheresse - ce qui constitue un atout important lorsque le fourrage vient manquer - et très bien adaptée aux conditions d’élevage en plein air avec agnelage sous abri. On retrouve donc des Charmoise dans des zones herbagères de qualité médiocre avec une conduite extensive. D’autre part, c’est une race à croissance lente, donc très bien adaptée à la production d’agneaux d’herbe pour une commercialisation possible au quatrième trimestre sous la forme d’agneaux de report. Sa bonne aptitude au désaisonnement naturel permet jusqu’à trois agnelages en deux ans, avec une productivité annelle de 1,3 à 1,4 agneau par brebis. Enfin, elles présentent une bonne résistance aux maladies, en particulier aux parasitoses gastro-intestinales.

En 1938 la Dordogne, qui se classe parmi les 5 premiers départements de France pour la production ovine, est devenue un élément important du bassin Charmois. Cependant, les agneaux issus de ce croisement présentaient deux inconvénients importants ; leur gabarit réduit et leur viande trop grasse.

Dans un second temps, la race Berrichonne de l’Indre, connue pour sa très grande rusticité est préférée, du fait de son gabarit plus long et plus haut, à celui de la Charmoise. Capable de survivre au grand air dans des conditions atmosphériques relativement difficiles, la femelle Berrichonne est aussi très sobre et sait « s’engraisser » avec une consommation réduite. C’est un très bon marcheur, qui peut se contenter de fourrages grossiers et d’une alimentation frugale y compris sur des zones relativement insalubres. Elle a ainsi permis de valoriser les zones marécageuses de la Double et du Landais, deux régions très pauvres du Sud-Ouest de la Dordogne où il était alors très difficile de pratiquer l’élevage. Elle est aussi capable de désaisonner facilement et permet de conduire l’agnelage en saison et en contre-saison, de septembre à novembre et de décembre à avril. Les brebis sont très prolifiques, avec en moyenne 1,7 agneaux par brebis et par an. D’autre part, la race est intéressante pour sa production de viande de qualité. Elle a un rendement en viande nette d’environ 50 %, mais qui peut atteindre 55 %. C’est la raison pour laquelle la race a été répertoriée dans la base de données de l’Arche du goût, parmi les produits alimentaires de qualité menacé d’extinction. Ce croisement largement utilisé dans les années 1950 fut peu à peu délaissé du fait de la disparition progressive des troupeaux de Berrichon de l’Indre dans leur bassin d’origine. Elle est aujourd’hui menacée et fait l’objet d’un programme de conservation.

À la même période, la race Caussenarde du Lot se déploie sur les causses du Périgord Noir, à partir de sa région d’origine, le département du Lot. Race également très sobre, ses qualités naturelles de rusticité (les moutons passent la majeure partie de l’année dehors, ne rentrant que pour l’hiver), de résistance à la chaleur et aux tiques (pyroplasmose), ainsi que son aptitude à la marche conviennent particulièrement bien aux plateaux caussenards, secs et pauvres, de l’est du département. Elle sait par ailleurs valoriser les maigres ressources herbagères qu’elle pâture, mangeant, si nécessaire, des ligneux pour compléter ses besoins.

Aujourd’hui, ces trois races ont vu leurs effectifs diminuer, en race pure, et même en croisement, dans leur berceau d’origine et sur la zone Périgord. Elles ont été remplacées peu à peu par la race Lacaune type viande et la race Blanche du massif Central, qui représentent aujourd’hui plus de 70 % des effectifs sur la zone Périgord.

Systèmes d'Élevage et Croisements

Race locale bien identifiée dans les années 1900, la grivette a connu une forte évolution au 20ème siècle. En recul par absorption dans la première moitié du 20ème siècle du fait croisements successifs avec des béliers de race à viande, elle rebondit en Isère à partir des années 60. Après une phase de développement en région Rhône-Alpes, son schéma de sélection démarre en 1981 et se base principalement sur la valeur laitière et la prolificité. Dans les années 90, la mise en place du schéma de croisement à double étage permet à la race de compenser son handicap au niveau de sa conformation. Elle devient alors une race très intéressante dans la production d´agneaux de qualité à contre saison.

C’est une race qui se caractérise par une faculté d'adaptation importante aux différents systèmes alimentaires, ce qui lui permet d'évoluer aisément en zone de plaine ou de montagne. La longueur des carcasses et des gigots, souvent reprochée à la grivette se trouve largement compensée par la mise en place du schéma de croisement à double étage.

Les brebis grivette, possédant tous les atouts de la race (dessaisonnée, prolifique, laitière, maternelle et rustique) sont croisées avec des béliers de race Ile de France, triés sur les qualités d´élevage pour produire des agnelles appelées F1 qui associent les qualités maternelles de la grivette et les qualités bouchères du père. Le deuxième étage est caractérisé par un second croisement entre les brebis F1 et des béliers de type viande (charollais), choisis pour leurs caractères bouchers. Les produits obtenus sont des agneaux de type F2 bien conformés et adaptés à la demande de la filière. Les agneaux issus de ces élevages se positionnent sur un panel de produits identifiés sous signes officiels de qualité ou marques d’entreprise tels que : Agneau de l´Adret, Terre d´Agneaux, Grillonnet ou Agneau Fermier des Pays d'Oc (Label Rouge).

Races Ovines du Parc National des Cévennes

Marqué par une forte activité d’élevage et une tradition agropastorale multimillénaire, le Parc national accueille une large variété de races locales. L’établissement public souhaitait, en effet, préserver la diversité des races locales mais aussi maintenir l’entretien annuel des espaces ouverts, occasionné par les brebis lors de la transhumance.

  • Les Raïoles ont une allure particulière avec leur longue tête, leur chanfrein un peu busqué et des cornes ouvertes, enroulées autour de leurs oreilles.
  • La Caussenarde des Garrigues est une race de brebis allaitante, rustique et bonne marcheuse. Elle est habituée aux longues transhumances. D’instinct grégaire très poussé, elle a l’habitude de marcher en permanence, même en mangeant. Sa silhouette est élancée, sa toison courte et peu étendue, et ses oreilles très courtes.
  • Contrairement aux deux races précédentes, la Rouge du Roussillon est une race sédentaire. Les brebis de cette race sont reconnues pour être de bonnes laitières sur les premiers mois et prolifiques. Elles s’adaptent aisément à la chaleur et à la sécheresse.
  • La Lacaune est la première race ovine française. C’est une race allaitante et laitière, locale, concentrée sur une zone géographique à cheval sur le Languedoc-Roussillon et le Midi-Pyrénées. Elle est connue pour son lien avec la filière Roquefort. Sa tête est longue, fine et recouverte de poils blancs très fins à teinte argentée. Son profil est légèrement busqué et ses oreilles sont longues et horizontales.
  • La Blanche du Massif Central se caractérise par sa rusticité et son aptitude à la marche dans les zones difficiles et arides. Elle est essentiellement élevée pour sa viande et est la première race ovine allaitante française. Sa tête est fine et blanche, plutôt longue et dépourvue de cornes.

Les Différentes Aptitudes des Races Ovines

Les races ovines peuvent être classées selon leurs aptitudes principales :

  • Laitières : Principalement présentes dans les 3 grands bassins (Roquefort, Pyrénées Atlantiques, Corse), elles sont profondément inscrites dans leur terroir et à l'origine de produits bien spécifiques.
  • Bouchères : Ces races ont été sélectionnées dans un but de produire des agneaux de bonne croissance et de bonne conformation. Les béliers sont également utilisés en croisement sur des races rustiques pour produire des agneaux mieux conformés.
  • Rustiques : Ces races sont adaptées à des milieux difficiles tant au niveau de l'alimentation que des conditions climatiques.
  • En conservation : Ces races très souvent associées à des territoires spécifiques ont des effectifs limités et sont parfois menacées de disparition.

Tableau Récapitulatif des Races Ovines Rustiques

Race Ovine Origine Caractéristiques Aptitudes
Ouessant Bretagne Petite taille, rustique, résistant Éco-pâturage
Solognote Sologne Masse importante, museau brun Éco-pâturage
Castillonnaise Pyrénées Menue, museau blanc avec tâches rousses Montagne, endurance
Landaise Gascogne, Aquitaine Poil long et dense Rustique, conservation
Mourerous Alpes du sud Tête et pattes rousses Rustique
Grivette Isère Taches brunes-noires, sans cornes Maternelles, laitières
Lacaune (viande) Lacaune Format moyen à lourd, rustique Viande, laitières
Blanche du Massif Central Massif Central Rustique, adaptation difficile Viande
INRA 401 (Romane) Hybride (Romanov x Berrichon du Cher) Adaptation, désaisonnement Maternelles, laitières

Naissances sauvages à la campagne

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