Il existe, dans la comédie française, un sous-genre très particulier qu'on ne semble retrouver nulle part ailleurs : celui des suites des films qu'on n'attendait pas mais pour lesquelles on finit par développer une étrange curiosité. Comme Alad'2 de Lionel Steketee ou, prochainement, le déjà indispensable 4 Zéros de Fabien Onteniente, suite du fameux 3 Zéros sorti en 2002. Aussi, quand on a appris que Barbecue, la comédie d'Éric Lavaine avec Lambert Wilson et sa ribambelle de stars, allait connaître un deuxième opus, intitulé Plancha, on s'est demandé comme beaucoup de monde : qu'y a-t-il de si beau et fort à nous raconter pour que l'on veuille réunir une troupe d'acteurs pour une seconde tournée ? Réponse : définitivement pas grand-chose.
Huit ans après avoir dépassé la barre du million d'entrées dans les salles en 2014, Plancha essaye de reproduire le succès de Barbecue en se basant sur une recette quasi-inchangée. Les acteurs reviennent à table - à l'exception de Florence Foresti, partie en solo avec sa série Désordres sur Canal+ -, l'histoire reste la même : des amis se réunissent pour partir en vacances en Grèce, à l'occasion du cinquantième anniversaire d'Yves (Guillaume de Tonquédec). Problème : leur voyage est subitement annulé.
En solution de secours, Yves propose à ses camarades de poser leurs bagages dans son manoir familial de Kerzellec, en Bretagne. Décor (souvent pluvieux) où chacun videra son sac et se libérera de ses angoisses les plus profondes : peur de la mort, peur de vieillir, peur d'être abandonné ou de ne rien laisser derrière soi.
Tout comme Barbecue, qui démarrait sur l'infarctus du personnage incarné par Lambert Wilson, la mort rôde dans Plancha. Elle installe un climat de comédie qui n'avance jamais totalement le cœur léger, qui se rêverait en exutoire calibré pour le dimanche soir sur TF1 mais qui en réalité semble plus attiré par le drame qu'autre chose.
Toutes les situations qui devraient prêter à sourire sont en fin de compte imprégnées d'une tension qui désactive la possibilité de rire aux éclats. Baptiste, un quinquagénaire campé par Franck Dubosc, est convaincu qu'il va prochainement être licencié de son travail du fait de son vieillissement. La séquence, d'une grande futilité, est étirée sur plusieurs minutes avec un sérieux qui paraît presque lunaire au vu du sujet évoqué.
On sent chez Éric Lavaine la volonté d'évoquer, derrière la mécanique de la comédie, des sujets très contemporains qui donneraient à Plancha une allure autre que celle du simple produit télévisuel, prêt à l'emploi. Le réalisateur aimerait causer de crise de masculinité, de misogynie et des infernaux diktats de la réussite mais passe aussi son temps à gâcher ces opportunités avec des saynètes au mieux vieillottes, parfois carrément rétrogrades.
Au bout de 40 minutes, le personnage de Jean-Mich (Jérôme Commandeur) débarque pour passer du bon temps avec ses amis. Désormais riche et marié à une belle et jeune femme costaricienne (Alice Llenas, tristement reléguée au statut de “trophy wife”), l'homme est devenu un objet désirable, dont certains potes jalousent discrètement la vie si bien rangée, le petit bonheur familial qu'il expose à qui veut l'entendre.
Au lieu d'insister sur le fait que la réussite dont Jean-Mich est devenu l'emblème pourrait paraître purement matérielle et anachronique, le film préfère se focaliser sur le fait que le protagoniste a d'abord pris une revanche sur la vie et que ce sont les autres, ceux à qui tout souriait, qui doivent désormais passer à la caisse des souffrances.
En sortant de Plancha, on se souvient moins des moments de rigolade, finalement peu nombreux et limités à un ping-pong verbal sans surprise, que de la tristesse qui a inondé ses personnages, chacun leur tour, et que le film détaille parfois très crument. Éric Lavaine tente autant qu'il le peut de sauver les apparences avec des scènes de joie artificielles et de la musique sirupeuse, comme pour répondre à un certain cahier des charges de la comédie populaire.
Mais peut-on, même le temps de quelques secondes, croire dans ce carpe diem final après tout ce que ces personnages se sont jetés en réprimandes et insultes, ont révélé de leurs fragilités ? Aussi vite vu aussi vite oublié, Plancha fera les grandes heures des chaînes de télévision et des plateformes de streaming dans les prochaines années, avant un potentiel troisième opus sur les mésaventures de nos personnages devenus grabataires.
Sur le titre, on hésite encore. Fondue, Raclette ou Vin chaud ?
Sorti en 2014, "Barbecue" est une comédie française réalisée par Éric Lavaine. Le film réunit un casting de luxe, incluant Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti et Guillaume de Tonquédec. "Barbecue" est une comédie qui nous fait sourire et surtout rire. L'intrigue est centrée sur l’amitié entre amis, avec des disputes et bien sûr des fameux repas.
Antoine Chevalier, interprété par Lambert Wilson, est victime d’un infarctus à l'aube de ses 50 ans. Cet événement le pousse à reconsidérer sa vie et à adopter une approche plus spontanée. L'été arrivant, Antoine et ses amis se retrouvent dans sa magnifique maison du Sud pour les vacances annuelles.
Parmi eux, Yves (Guillaume de Tonquédec), un psycho-rigide roi du barbecue, et sa femme Laure. Baptiste (Franck Dubosc) ignore que son ex-femme, Olivia (Florence Foresti), a choisi la même semaine pour venir, créant des retrouvailles explosives, surtout lorsqu'il apprend qu'elle a eu une liaison avec Antoine avant leur rencontre. Laurent (Lionel Abelanski) et Jean-Michel (Jérôme Commandeur), le boulet qui ne sait pas qu'il ne faut pas mettre du Château Petrus dans une sangria, complètent ce groupe d'amis.
Le « film de potes » est un genre en soi : étude de caractères sur l’air de la complicité, mais aussi des vieilles rancœurs, des petites manies… Celui-ci nous est présenté par Antoine (Lambert Wilson, en cavaleur désinvolte), qui ironise en voix off sur son gang de cadres sup quinquagénaires. De Frank Dubosc, sobre pour une fois, à Florence Foresti, au naturel désopilant, la galerie de portraits s’adapte à un casting de luxe, où chacun joue (plutôt bien) une partition assez caricaturale.
Petites bisbilles, grandes cuites, vagues coucheries et bilans existentiels. Eric Lavaine réussit une sorte de Sautet rigolard, nettement mieux construit que la plupart des "buddy movies" à la française (bien qu'avec personnages archétypaux, intrigue très convenue - heurs et malheurs conjugaux, amicaux et professionnels, et décors attendus, somptueuse maison dans le Luberon pour les vacances de la petite troupe de nantis et leur copain fauché, comprise).
Et surtout, outre de bons interprètes, qui ont le plaisir de jouer ensemble communicatif, de très bons dialogues. Vifs, percutants, bien écrits. Les personnages sont complices et très attachants. Cela m'a fait pensé au film de Guillaume Canet " Les petits mouchoirs ", mais bien entendu le drame en moins. Pas très original, niveau scénario.
Donc, les gags fonctionnent à merveille. Le réalisateur donne envie au spectateur de partir en vacances cet été. Il accomplie sa mission, celui de divertir. On ne trouve aucun temps mort et heureusement pour une telle comédie. Pour finir, Barbecue nous fait évader par sa joie de vivre et par ses paysages superbes. Rafraîchissant ! Simple, court et efficace. Une comédie française comme on les aime.
| Aspect | Description |
|---|---|
| Réalisateur | Éric Lavaine |
| Genre | Comédie |
| Acteurs Principaux | Lambert Wilson, Franck Dubosc, Florence Foresti |
| Durée | 1h38 |
| Date de Sortie | 2014 |
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