Les jardinières en biscuit incarnent une part importante de l'histoire de l'art de la table et de la décoration intérieure. Elles témoignent de l'évolution des goûts et des techniques à travers les siècles. Cet article explore l'histoire et la fabrication de ces objets décoratifs, en mettant en lumière leur importance culturelle et esthétique.
Royal Dux Bohemia - Baigneuse (vers 1900)
L’évolution des arts de la table est un domaine riche en histoire et en innovations. Cette évolution est souvent mise en évidence par la présentation de tables dressées, ornées de faïences qui ont marqué leur époque. L’évolution des formes et des décors des services de table tout au long du XVIIIe siècle est présentée dans des placards secrets.
Une chambre invoque l’univers des fleurs et des jardins avec les vases et jardinières rocaille ou Louis XVI qui ont orné les intérieurs jusqu’à la fin du XIXe siècle. Depuis la plus haute antiquité, les fleurs ont pris la plus grande place dans l’ornementation, et les artistes les ont abondamment représentées. Pour répondre à la volonté d’introduire les fleurs coupées ou en pots à l’intérieur des maisons, les faïenciers ont développé avec une créativité sans cesse renouvelée de nombreux objets spécifiques à cet usage.
Royal Dux Bohemia - Jugendstil Figur eines Mädchens
Lorsqu’on se promène dans les vide-greniers et que l'on tombe sur une pièce en barbotine, les reliefs délicats et les couleurs chatoyantes attirent immédiatement l'attention. Cette technique, raffinée mais accessible, a marqué profondément l’époque de 1900, transformant les objets du quotidien en véritables œuvres d’art. Avant d’être la vedette des brocantes, la barbotine possédait déjà une histoire riche et complexe.
Contrairement aux techniques de peinture traditionnelles sur céramique, la barbotine crée des reliefs authentiques. Pour comprendre véritablement les pièces que nous trouvons dans les vide-greniers, il faut s’intéresser au processus créatif. La barbotine, d’abord et avant tout, est une pâte spécifique : de l’argile finement broyée, mélangée à de l’eau, jusqu’à obtenir une consistance crémeuse.
L’application de la barbotine demandait une dextérité remarquable :
Une fois décorée, la pièce était cuite à haute température. Ce passage au four était décisif : la pâte de barbotine s’intégrait complètement à la céramique, et les couleurs, appliquées avant cuisson, fusionnaient avec le matériau pour créer des teintes durables et vibrantes. Le résultat final était irrévocable.
Vase Majolica Royal Dux
Lorsque l'on fouille dans les brocantes, il est important d'inspecter le dessous des pièces, à la recherche de marques ou de cachets. Car ces signatures racontent une histoire : celle des manufactures qui ont porté la barbotine à son sommet.
Implantée en Lorraine, la manufacture de Sarreguemines incarne le savoir-faire français appliqué à la céramique. Fondée au XVIIIe siècle, elle avait déjà une réputation d’excellence lorsqu’elle a embrassé la barbotine à la fin du XIXe siècle. Ce qui frappe chez Sarreguemines, c’est la qualité inégalée de ses motifs. Les jardinières de Sarreguemines, particulièrement, sont des pièces extraordinaires. Massives, décorées de tous côtés, elles transformaient un simple pot de fleur en sculpture.
De l’autre côté de la Manche, l’Angleterre rivalise avec ses propres maîtres. Royal Doulton, fondée en 1815, s’impose rapidement comme une force créative majeure. Les créateurs de Royal Doulton impriment à leurs pièces une atmosphère champêtre, une certaine tendresse. Leurs vases en barbotine dépeignent des scènes rurales, des fleurs des champs, des animaux de ferme.
Minton, son contemporain, adopte une philosophie légèrement différente. Plus audacieuse dans ses formes, plus inventive dans ses motifs, Minton produit des pièces qui surprennent et fascinent. Ses créateurs explorent les limites de la barbotine, expérimentant avec des configurations nouvelles et des associations de couleurs raffinées.
Ce qui intrigue particulièrement dans l’histoire de la barbotine, c’est son rôle dans la démocratisation de l’art. Pour la première fois, une femme de classe moyenne pouvait se permettre de posséder ce qui ressemblait à une vraie œuvre d’art. Imaginez un salon bourgeois de 1900. Sur les murs, des papiers peints aux motifs floraux Art Nouveau. Sur les meubles, des services de table en barbotine, chaque assiette racontant son histoire florale.
La barbotine trouvait sa place partout. Les services à thé, les plats de service, les jardinières pour les plantes, les objets de bureau : aucune pièce domestique n’échappait à cette rage de décoration naturelle. Chaque élément était une occasion d’afficher son raffinement et sa sensibilité artistique.
Comme tout mouvement artistique, la barbotine a connu son apogée avant de céder la place aux tendances suivantes. Entre 1880 et 1910, la barbotine règne quasi sans partage. Puis, progressivement, les vents changent. Les années 1920 apportent avec elles l’Art Déco, avec son esthétique épurée, géométrique, résolument moderne.
Par les années 1930, la barbotine a largement disparu de la production courante. Aujourd’hui, lorsque l'on chine, il faut garder toujours un œil affûté pour déceler la barbotine. D’abord, l’examen tactile. La barbotine se ressent sous les doigts. Ces reliefs ne sont pas peints ; ils ont une présence physique. En passant la main sur la surface, on perçoit des variations, des irrégularités qui témoignent du travail manuel.
Royal Dux est le nom d'une manufacture de porcelaine établie à Dux, en Bohême, actuellement Duchcov, en République tchèque. Elle produit des objets que l'on qualifie de Royal Dux.
La barbotine de l’époque 1900 reste bien plus qu’une simple technique céramique. Elle incarne l’esprit de la Belle Époque : optimiste, créatif, et résolument humain. Chaque vase, chaque assiette, chaque jardinière raconte l’histoire d’artisans talentueux qui ont su donner forme à la beauté.
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