L'aromathérapie peut se révéler être un allié de taille pour soigner certaines addictions. L’aromathérapie, c'est-à-dire l'utilisation d'huiles essentielles dans un but thérapeutique, peut être un outil intéressant en cas d’addiction lors d’un sevrage et pour contrôler ses pulsions. Alcool, tabac, boulimie... Il est parfois ardu de se libérer de ces addictions.
Quelles huiles essentielles faut-il utiliser pour arrêter de fumer ? Comment freiner les grignotages avec des huiles essentielles ?
Les huiles essentielles peuvent avoir plusieurs bienfaits lorsqu'on souhaite se défaire de certaines addictions. Certaines huiles essentielles (cannelle, poivre noir...) agissent comme un leurre : « Elles font diversion dans le cerveau, saturent les muqueuses olfactives ou celles des poumons », explique la Dr Sophie Rasson, psychiatre addictologue. Cela aide à focaliser son attention sur autre chose ou à se sentir satisfait.
D’autres, comme la pruche ou la myrrhe, favorisent le lâcher-prise (grâce à des molécules qui se fixent sur les récepteurs aux opioïdes) : on est moins obsédé par la nourriture, la cigarette, l’alcool... Camomille noble, marjolaine à coquille, mandarine ou petit grain bigarade agissent sur le système nerveux et calment l’anxiété qui pousse à ouvrir le placard à gâteaux ou à allumer une cigarette.
Elles aident aussi à lutter contre la déprime qui peut accompagner le sevrage, en olfaction (2 à 3 gouttes de celle de votre choix, diluées dans une huile végétale, sur un mouchoir ou sur les poignets) ou en massage sur le plexus solaire (même dilution), jusqu’à 6 à 8 fois par jour.
Le fait de respirer plusieurs fois par jour une huile essentielle sur un mouchoir ou un stick inhaleur devient un nouveau rituel, pour remplacer la pause cigarette ou s’occuper si on a envie de grignoter. Cela sert de « béquille » dans les premiers temps, on ne se retrouve pas sans rien faire face à l’envie qui monte.
« L’huile essentielles d’encens oliban aide à prendre du recul, celle de laurier noble à affronter les épreuves et se donner du courage, tandis que les HE de cyprès et de sauge aident à tenir sa ligne de conduite, pour mieux résister à l’envie de sortir une cigarette ou de remplir son verre vide au restaurant », détaille la psychiatre.
L’HE de poivre noir, grâce à son côté légèrement irritant, donne la sensation qu’on est en train de fumer, à la fois dans le cerveau et au niveau des poumons. Les HE de pin sylvestre, d’Eucalyptus globulus ou de menthe des champs offrent une bouffée fraîche à l’inhalation qui vient mimer la sensation dans la gorge et les poumons de la fumée de cigarette. L'utilisation de ces deux huiles est très intéressante si on fumait des cigarettes mentholées.
Il est conseillé d'appliquer 3 gouttes d’HE de poivre noir + 2 gouttes d’Eucalyptus globulus + 2 gouttes de menthe des champs, déposées directement sur une mèche de stick inhaleur. On peut aussi les diluer dans 10 ml d’huile végétale de noyau d’abricot et déposer 1 goutte du mélange sur le bout de la langue chaque fois que l’envie de fumer survient.
L’HE de pamplemousse libère des limonènes qui aident à focaliser son attention sur autre chose que l’envie de manger. « Son inhalation fonctionne bien sur les pulsions sucrées, surtout si on l’associe simultanément à une activité qui occupe l’esprit : lecture, télévision...
L’HE de géranium d’Égypte, riche en géraniol, et l’HE de cannelle qui contient de l’eugénol sont hypoglycémiantes : ces molécules régulent le taux de sucre dans le sang.
Il est conseillé d'appliquer 3 gouttes d’HE de pamplemousse sur un mouchoir en tissu, qu'on inhale lentement et profondément quand l’envie survient. Si les inhalations ne suffisent pas, on peut avaler 1 goutte d’HE de géranium d’Égypte diluée dans un peu d’huile végétale type tournesol ou noisette, 2 fois par jour.
Il est recommandé d'appliquer 4 gouttes d’HE de cannelle de Ceylan + 4 gouttes d’HE de girofle + 10 gouttes de petit grain bigarade + 10 gouttes d’HE de mandarine zeste sur un stick inhaleur, que l'on va placer au bord des narines pour le respirer quand l’envie de grignoter survient ou si on a déjà attaqué le paquet de chips. On respire 1 goutte d’HE d’angélique diluée sur un mouchoir ou sur les poignets.
Plus éventuellement 1 goutte d’HE de genévrier + 1 goutte d’HE de pruche pour lâcher prise, dans du miel ou une huile végétale. Mélanger et avaler avant de sortir en soirée, au resto...
La sérotonine est un neurotransmetteur (molécule chimique qui assure la transmission des messages d’un neurone à l’autre) responsable du bien-être, du lâcher prise, de la sérénité. C’est le « frein physiologique » de la fin de journée.
Les personnes souffrant d’un manque de sérotonine seront alors souvent impatients, agacés, irritables, parfois même agressifs. Ils peuvent souffrir également de compulsions alimentaires de type sucré ou gras en fin de journée. D’autres seront reconnaissables car ils ne lâchent jamais prise, ils doivent tout maîtriser et ruminent en permanence !
La sécrétion de sérotonine obéit à un rythme biologique circadien (sur 24 h). Ce neurotransmetteur est synthétisé à partir d’un précurseur : l’acide aminé tryptophane.
La synthèse de la sérotonine à partir de cet acide aminé n’est pas un long fleuve tranquille. De l’assiette jusqu’à sa synthèse et au-delà. Le tryptophane est un acide aminé essentiel, c’est-à-dire que notre organisme ne peut pas le synthétiser, il doit être alors apporté en quantité suffisante par l’alimentation. Ceci représente un premier frein à la synthèse de sérotonine.
Dans l’intestin il rencontrera alors son premier obstacle. Il rentre en contact avec notre microbiote intestinal. Il ne craindra pas un microbiote équilibré, en revanche, les bactéries de putréfaction telles que les clostridiums raffolent du tryptophane. Elles le dévoreront, celui-ci ne sera donc plus disponible pour synthétiser de la sérotonine.
Une personne souffrant de dysbiose de putréfaction (facilement reconnaissable à l’odeur de ses gaz!) sera alors beaucoup plus sujet au déficit de sérotonine. Si nous apportons du tryptophane en complément alimentaire dans ce cas, non seulement nous n’aurons pas l’effet escompté, mais nous nourrirons ces mauvaises bactéries et aggraverons la dysbiose.
Il paraît alors évident que le traitement du microbiote permettra d’améliorer la biodisponibilité du tryptophane qui pourra alors être absorbé et, si les autres obstacles sont maîtrisés, il pourra se transformer en sérotonine. Notre sujet retrouvera alors bien-être et sérénité !
La deuxième voie de détournement du tryptophane est l’inflammation. Celle-ci fait dévier le tryptophane vers la voie de la kinurénine. Non seulement le tryptophane ne sera plus disponible pour fabriquer de la sérotonine, mais en plus, l’inflammation lui fera emprunter cette voie neuro toxique responsable de dépression et d’anxiété.
Les études indiquent bien une corrélation entre inflammation et dépression. Il paraît alors nécessaire de moduler l’inflammation pour améliorer la synthèse de sérotonine.
Enfin, la 3ème voie de détournement est la carence en vitamine B3. Cette dernière est fabriquée à partir du tryptophane. En cas de carence de vitamine B3, une grande quantité du tryptophane absorbé sera consommé pour synthétiser cette vitamine.
Dans ces 3 conditions (inflammation, dysbiose et carence de Vit B3), l’apport de tryptophane sera inefficace. En revanche, le 5 HTP contenu dans la Griffonia échappera à ces voies de détournement. Il pourra alors trouver sa place dans le traitement des déficits de sérotonine.
En revanche, contrairement au tryptophane, le 5HTP échappera au rétrocontrôle sur la synthèse de sérotonine. C’est-à-dire que si nous apportons trop de 5 HTP par rapport aux besoins, nous synthétiserons trop de sérotonine. Il faut donc rester prudent lors de son administration en cas de traitement antidépresseur type inhibiteur de la recapture de sérotonine (ISRS).
Dans tous les cas, la priorité sera de repérer et de traiter les éventuelles causes de détournement du tryptophane pouvant être à l’origine du déficit de sérotonine.
Dans le sang, le tryptophane est pris en charge par un transporteur : l’albumine qui le conduit jusqu’au cerveau. Pour favoriser son détachement de l’albumine, plusieurs stratégies existent : L’activité physique, la sexualité et la consommation de gras favoriseront cette opération (ainsi que le lithium).
C’est ainsi que le sport augmente la sécrétion de sérotonine, un des facteurs responsables du bien-être ressenti pendant l’activité physique. Certains grands addicts au sport sont de grands déficitaires de sérotonine qui dès lors seront bien équilibrés par le sport.
Une fois détaché de l’albumine, le tryptophane emprunte un autre transporteur (sorte de porte d’entrée) pour passer la barrière hémato-encéphalique (BHE) et entrer dans le cerveau, lieu de la synthèse de sérotonine centrale.
Le tryptophane doit « partager cette porte d’entrée » avec d’autres acides aminés compétiteurs, notamment ceux qu’on appelle les acides aminés branchés et la tyrosine. Ces acides aminés branchés sont présents en grande quantité dans les protéines animales.
Ainsi la consommation de viandes, charcuteries (et dans de moindre proportion : les poissons, les œufs et produits laitiers) apportera de grandes quantités d’acides aminés branchés au niveau du transporteur de la BHE, limitant l’entrée du tryptophane dans le cerveau.
Pour rappel, nous avons besoin de sérotonine en fin de journée. Pour améliorer sa synthèse, nous devons caler notre rythme nutritionnel sur notre rythme biologique : il est alors judicieux d’éviter les protéines animales à ce moment de la journée. Ce type d’approche porte le nom de chronobiologie alimentaire.
En cas de déficit de sérotonine, privilégiez un dîner végétalien pour faciliter l’entrée du tryptophane dans le cerveau.
D’autres stratégies permettent de détourner les acides aminés compétiteurs du tryptophane et donc de laisser la porte totalement disponible pour l’entrée du précurseur de la sérotonine dans le cerveau. Ces stratégies consistent à faire monter notre taux d’insuline.
L’insuline, hormone produite en réponse à l’augmentation du taux de « sucre » dans le sang, détournera les acides aminés branchés de notre cerveau. Ils seront alors moins nombreux à se bousculer aux portillons et le tryptophane entrera plus facilement dans le cerveau.
Ainsi, la consommation d’aliments glucidiques entraîne une augmentation de la sérotonine. Ceci explique les compulsions alimentaires de fin de journée de types sucrées ressenties par les personnes souffrant de déficit de sérotonine.
Le problème c’est que ces compulsions nous dirigent vers des aliments de type « sucres rapides » augmentant rapidement l’insuline donc la sérotonine (d’où un sentiment de mieux être) mais cette augmentation trop rapide sera suivie d’une hypoglycémie réactionnelle donc d’une chute de l’insuline et de sérotonine.
En revanche, nous pouvons utiliser cette stratégie d’une manière plus raisonnée : Prendre un goûter vers 17 heures (heure du pic de sécrétion de sérotonine pour respecter notre chronobiologie) contenant des sucres lents.
Ceux-ci permettront de faire monter doucement et durablement l’insuline, entraînant une augmentation stable et durable de la sérotonine jusqu’en début de soirée permettant une humeur plus sereine, une meilleure maîtrise du stress, un meilleur contrôle des compulsions alimentaires et une bonne synthèse de mélatonine nocturne ! Ca fait rêver non ?
Par ailleurs, une fois rentré dans le cerveau, le tryptophane doit être transformé en sérotonine, pour cela il aura besoin d’un bon niveau de magnésium, vitamine B9, B12, de Zinc et de Fer. Si un seul manque, la synthèse sera limitée.
Pour cela des membranes neuronales souples sont indispensables ! Ces membranes sont constituées de grandes quantités d’acides gras (=les graisses). Les acides gras permettant d’avoir des membranes cellulaires bien souples sont les acides gras insaturés et tout particulièrement les omégas 3. Et puisque nous ne pouvons pas évoquer les omégas 3 sans parler des antioxydants, je rajouterais simplement un mot pour dire que ces acides gras sont magiques à condition qu’ils ne soient pas oxydés par les radicaux libres !
Pour cela une alimentation riche en anti oxydants est indispensable ! Remplissez vos assiettes de couleurs ! Les fruits et légumes les plus colorés sont souvent les plus riches en antioxydant et polyphénols ! Favorisez une alimentation biologique ou raisonnée, abusez des aliments tel que thé vert, curcuma, gingembre, aromates, chocolat noir, baies, légumes feuilles vertes ! Une étude a même démontré que l’optimisme était corrélé au taux de caroténoïde sanguin !
Le Docteur Coudron vous dirait : « Ma grand-mère avait raison ! « Les carottes, ça rend aimable » ! Vous avez dès lors compris qu’une bonne synthèse de sérotonine est loin d’être gagnée d’avance. Une bonne maîtrise et compréhension des voies biochimiques menant à sa synthèse est nécessaire afin de lever tous les freins responsables de son déficit.
Voici quelques astuces supplémentaires pour vous aider à contrôler vos envies de sucre et vos pulsions alimentaires :
Par ailleurs, consulter un spécialiste (nutritionniste, tabacologue, addictologue...) offre toujours une chance supplémentaire de se défaire de son addiction. Voir un psychiatre ou un psychologue est utile en cas de forte anxiété ou si l’addiction se répète dans l’histoire familiale.
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