La question de la présence d'hormones dans la viande et de leurs potentiels risques pour la santé est un sujet de préoccupation majeur, tant pour les consommateurs que pour les autorités sanitaires. L'Union Européenne a récemment découvert que du bœuf brésilien importé contenait de l’œstradiol, une hormone cancérigène interdite sur son territoire. Cette découverte a relancé le débat sur les normes de sécurité alimentaire et les accords commerciaux.
Des résidus de l’hormone de croissance œstradiol, interdite en Europe mais autorisée au Brésil, ont été détectés dans du bœuf importé, selon un audit de la Commission européenne. Utilisée pour accélérer la croissance des bovins femelles, cette hormone est considérée comme cancérigène par les experts. Un risque confirmé sur RTL par Jean-Luc Angot, inspecteur général de Santé publique vétérinaire au ministère de l’Agriculture.
« Ces substances hormonales ont vraisemblablement un effet cancérigène chronique. C’est pour cela que l’Union européenne l’avait interdit dès 1988 », a-t-il expliqué. Les autorités brésiliennes ne parviennent pas à garantir la traçabilité de l’utilisation de cette hormone.
Florence Brunet-Possenti, cancérologue à l’hôpital Bichat de Paris, a souligné que « des expositions répétées peuvent induire des cancers. Par exemple, quand on parle d’œstradiol, on peut avoir des cancers œstradiol-dépendants, comme des cancers du sein ».
En 2023, 41 000 tonnes de bœuf brésilien ont été importées dans l’Union européenne. Pour l’heure, impossible de déterminer la quantité contaminée aux hormones. La Commission a donc suspendu les exportations de viande bovine femelle brésilienne en attendant des mesures correctives.
Ce scandale intervient alors que l’Union européenne tente de finaliser un accord de libre-échange avec le Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay, Uruguay). Pour les agriculteurs, cet accord, qui pourrait accroître les importations agricoles, est jugé « déloyal ».
Patrick Benezit, président de la Fédération nationale bovine, a exprimé son incompréhension face aux autorités européennes qui constatent des défaillances sur des importations et qui se disent "on va quand même faire des traités".
Dans un rapport, l'Omc a rendu deux jugements concernant la querelle entre Bruxelles et les Etats-Unis d'une part et le Canada de l'autre, sur l'importation du boeuf aux hormones. Bruxelles demandait la levée des sanctions imposées par Ottawa et Washington en représailles à l'interdiction des importations de boeuf aux hormones en Europe, autorisées par l'Omc en 1998.
L'UE faisait valoir que la nouvelle réglementation adoptée en octobre 2003, qui apporte des justifications supplémentaires à la proscription de la viande aux hormones exigeait une levée des sanctions. "Les preuves obtenues n'ont permis de découvrir aucun nouveau motif de préoccupation concernant le risque lié à l'exposition aux résidus d'hormones présents dans la viande de bovins traités à des fins anabolisantes", a estimé un expert cité dans le rapport de l'Omc. La nouvelle réglementation européenne de 2003 n'est toujours pas conforme à l'Accord sur les mesures phytosanitaire de l'Omc, ont-ils estimé.
L'Omc a par ailleurs critiqué l'attitude des Etats-Unis et du Canada qui auraient dû demander l'arbitrage de l'organisation pour la poursuite des sanctions, au moment où l'UE a annoncé la mise en place de son nouveau règlement en 2003.
Les sanctions infligées par les Etats-Unis depuis juillet 1999 représentent un montant annuel de 116,8 millions de dollars, alors que celles du Canada se montent à 11,3 millions de dollars canadiens (autant en dollars américains).
Face aux problèmes liés à l'élevage traditionnel, la viande in vitro est souvent présentée comme une solution pour résoudre les problèmes de bien-être animal et de sécurité alimentaire, tout en étant supposée avoir moins d’impacts négatifs sur l’environnement que l’élevage traditionnel.
Jean-François Hocquette, spécialiste de la physiologie du muscle, est coauteur de plusieurs revues récentes. Il explique que ce que l’on désigne par « viande in vitro » est un amas de cellules musculaires qui se multiplient dans des boîtes de Pétri contenant un milieu de culture riche. On est encore loin d’un vrai muscle, qui mêle des fibres organisées, des vaisseaux sanguins, des nerfs, du tissu conjonctif et des cellules adipeuses.
Actuellement, la production de viande in vitro est entièrement le fait du secteur privé, avec une cinquantaine de start-up travaillant sur le sujet en 2020. Depuis le premier steak in vitro apparu en 2013 (250 000 euros pour 140 g), le prix a baissé, mais il reste toutefois très élevé (46 euros environ pour une lamelle de 5 mm d’épaisseur).
Les avantages indiscutables de la viande in vitro seraient de libérer des terres cultivables et de diminuer le nombre d’animaux d’élevage abattus. Cependant, il est difficile d’évaluer l’impact global de ce procédé sur l'environnement, car il est encore expérimental et non standardisé.
Considérant l'augmentation de la demande en produits animaux, plusieurs solutions non exclusives et complémentaires existent pour nourrir le monde :
La modernisation de l’élevage, avec la sélection génétique, l'évolution des pratiques, les économies d’échelle, devraient contribuer à couvrir la demande en produits carnés avec plus d’efficience et un moindre impact environnemental.
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