Les manchots, ces oiseaux marins emblématiques de l'hémisphère sud, sont parfaitement adaptés à la vie aquatique. Leur régime alimentaire varie en fonction de l'espèce et de leur habitat, mais il est principalement composé de proies marines.
Manchot Empereur (Aptenodytes forsteri)
On trouve dans l’hémisphère sud 17 espèces de manchots répertoriées. Ce sont par définition des oiseaux aquatiques passant la majeure partie de leur temps en eaux froides. Leurs ailes atrophiées leur permettent de littéralement « voler sous l’eau ». Empotés à terre, ils nagent avec une agilité déconcertante une fois dans l’océan.
Voici un aperçu de quelques espèces de manchots et de leurs caractéristiques distinctives:
Leur alimentation se compose essentiellement de calmars, de poissons et de krill. Les manchots se nourrissent exclusivement dans les eaux marines, jamais sur terre. La composition de l’alimentation du manchot varie selon la saison.
Les manchots royaux ne se nourrissent que dans les eaux marines, jamais sur terre. Ils peuvent se nourrir de petits crustacés, de plancton et de krill, ainsi que de calmars, mais sa nourriture principale est une espèce de poisson bioluminescent, le poisson lanterne. Pour le pêcher, le manchot royal plonge la nuit afin de repérer à vue la lumière que le poisson émet.
Le manchot de Humboldt est piscivore. Il se nourrit de petits poissons tels que les anchois, sardines et maquereaux. Il peut aussi capturer des crustacés. La technique de chasse du manchot consiste à tourner autour de sa proie, de l’attaquer sur le côté et de lui manger la tête en premier.
Piscivore et carnivore, il se nourrit de poissons et d’invertébrés marins. Il se nourrit principalement de poissons (Nototheniidae, Calandre antarctique), de crustacés, de céphalopodes (calmars) et du krill antarctique.
Un simple bond hors de l’eau leur suffit à reprendre de l’air et à échapper à d’éventuels prédateurs comme le léopard des mers.
Colonie de Manchots Empereurs en Antarctique
Les manchots sont des chasseurs agiles et efficaces dans l'eau. La principale technique du manchot empereur consiste à plonger profond (50 mètres) et à remonter brutalement pour capturer un poisson. Il arrive que les membres d’une colonie coordonnent leurs mouvements pour être plus efficaces. Le manchot de Humboldt pêche en plongée, avec une grande agilité, et peut rester sous l’eau plusieurs minutes pour chasser.
Le manchot de Humboldt pratique le « marsouinage », une technique consistant à nager rapidement vers la surface pour effectuer des petits sauts hors de l’eau, permettant au manchot de reprendre son souffle.
Ils peuvent nager à plus de 30 km/h !
Les manchots sont des animaux sociables qui pondent et élèvent leurs petits en colonies. La majeure partie des espèces nidifient à terre principalement sur des galets agrémentés parfois d’os et de fourrures. Seuls l’empereur et le manchot royal diffèrent. Ces derniers se reproduisent en hiver et mettent au monde leurs petits sur un sol couvert de glace.
La saison de reproduction se tient au cours de l'été austral (c'est à dire environ de décembre à mars). Les manchots se réunissent alors en colonies nombreuses, dans lesquelles les mâles vont commencer à parader pour attirer une partenaire avec qui il restera tout au long de la saison de reproduction.
Chez les autres espèces de manchots, le temps d’incubation à terre varie généralement de 5 à 14 semaines.
Il pond généralement deux œufs par an. Le couple élève sa progéniture ensemble et se répartit les tâches.
Le cycle reproducteur du manchot royal est complexe. En effet, il n'a lieu que tous les 16 mois, ce qui fait que les naissances ne sont pas toujours synchronisées et que certaines années, il n'y a aucune reproduction. Ceci fait, aucun nid n'est fait et la femelle pond un oeuf unique qu'elle garde sur ses pattes, sous un repli de sa peau, pour le protéger du froid. Mâle et femelle se partagent la tâche de maintenir l'oeuf sur leurs pattes, alternant tous les 6 à 18 jours pour permettre à l'autre parent d'aller se nourrir en mer.
Le poussin éclot au bout de 55 jours et reste sur les pattes de ses parents encore un mois, le temps qu'il soit capable de réguler sa température seul. Pour nourrir leur petit, mâles et femelles continuent de se relayer, l'un restant auprès du petit pendant 15 jours ; l'autre partant pêcher, maintenant dans son estomac sans les digérer la nourriture qu'il régurgitera à son poussin. Le petit est gavé au maximum afin de lui assurer un maximum de réserves de graisse.
À partir de mai, les ressources alimentaires commençant à manquer, les parents doivent laisser les petits seuls pour aller se nourrir à 2000km de leur colonie, près des côtes antarctiques. Les jeunes peuvent ne plus être nourris pendant plusieurs mois et seuls les plus gras, c'est à dire ceux nés le plus tôt et le mieux nourris, pourront survivre. Les parents reviennent au printemps austral pour nourrir à nouveau les petits. C'est également à cette période que le jeune d'environ 11 mois va muer, perdant son plumage juvenile pour la tenue des adultes. Il peut alors à son tour rejoindre la mer et se nourrir seul.
L’oeuf, une fois pondu, est déposé sur les pattes du mâle et recouvert d’un épais repli de peau le conservant au chaud dans un incubateur naturel. Lorsque le petit naît, le mâle le nourrit par régurgitations jusqu’au retour de sa mère. Lorsqu’ils grandissent, les petits manchots sont laissés en « crèche » sous la garde de quelques adultes. Leurs parents peuvent alors se rendre plus aisément en mer en quête de nourriture.
La saison des amours du manchot empereur a lieu pendant l’hiver austral (mars à avril). Ne réalisant pas de nid, le manchot empereur couve l’œuf en le tenant sur ses pattes sous un repli de peau qui le maintient au chaud.
La femelle pond 1 ou 2 œufs qu’elle couvera entre 39 et 42 jours à tour de rôle avec le mâle. Les deux parents participent aussi à l’élevage des petits, ces derniers étant regroupés en « crèches » pendant que les adultes partent chasser. Après 10 à 12 semaines, les petits sont prêts à chasser en mer et sont matures sexuellement vers l’âge de 3 ans.
Si les manchots peuvent vivre jusqu'à 25 ans dans la nature, ils doivent affronter de nombreux dangers. Les adultes sont les proies des léopards de mer, des otaries, et des orques. Quant aux petits, ils doivent affronter le froid et la faim pendant l'absence des parents, ainsi que des prédateurs tels que les pétrels géants.
Aujourd’hui, ce manchot est encore chassé pour sa viande, appréciée en Amérique du Sud. À partir de 1850, la récolte et l’exploitation du guano a entraîné le déclin de l’espèce, cette matière lui étant indispensable pour la construction des nids. Le manchot de Humboldt est également menacé par la destruction de son habitat au profit de l’industrie minière notamment ainsi que par la pollution.
Selon les dernières estimations, il resterait un peu moins de 24 000 manchots de Humboldt dans le milieu naturel.
Menacé par la pollution, la pêche industrielle et les changements climatiques, le manchot de Magellan bénéficie aujourd'hui de mesures de conservation, notamment dans les réserves naturelles, pour protéger ses colonies et ses zones de nidification.
Le réchauffement des océans perturbe profondément l’écosystème dont dépendent les manchots de Magellan. Les changements dans les courants marins et la raréfaction des ressources halieutiques forcent ces oiseaux à parcourir des distances de plus en plus grandes pour se nourrir.
La pollution marine constitue une autre menace majeure. Les déversements d’hydrocarbures, fréquents le long des côtes patagoniennes, affectent gravement les colonies.
Sa conservation nécessite une approche globale, mobilisant scientifiques, autorités locales et grand public. Des initiatives comme le Proyecto Pingüino en Argentine montrent qu’il est possible de concilier tourisme durable et protection de l’espèce.
Des études menées par l'Université de Patagonie montrent que les colonies bien gérées maintiennent des taux de reproduction stables malgré la présence humaine, à condition que les protocoles d'observation soient strictement respectés.
| Espèce de Manchot | Taille | Poids | Alimentation Principale | Habitat |
|---|---|---|---|---|
| Manchot Empereur | 1 à 1,3 mètres | Environ 30 kg | Poissons, crustacés, céphalopodes, krill | Antarctique |
| Manchot Royal | 85 à 95 cm | 8 à 17 kg | Petits crustacés, plancton, krill, calmars, poissons lanterne | Îles subantarctiques |
| Manchot Adélie | 45 à 55 cm | 2 à 4 kg | Krill, petits poissons | Antarctique et banquise |
| Manchot Papou | 70 à 80 cm | 3 à 7 kg | Krill, poissons | Péninsule antarctique et îles subantarctiques |
| Manchot de Humboldt | Environ 70 cm | 4 kg | Anchois, sardines, maquereaux, crustacés | Côtes du Pérou et du Chili |
| Manchot de Magellan | 60 à 70 cm | 2 à 4 kg | Poissons, calmars, crustacés | Côtes australes du Chili et de l'Argentine |
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