L'Histoire Gourmande de la Crêpe au Sucre : De la Bretagne au Monde Entier

La crêpe française, plus qu’un simple dessert, est un véritable symbole de la cuisine française. On la trouve sur toutes les tables, de la Bretagne à la Côte d’Azur.

Les Origines et l'Évolution de la Crêpe

Pourtant, les origines de la crêpe comme celle de la galette sont complexes. D’un terroir à l’autre, voire d’une famille à l’autre, ces appellations recouvrent des réalités bien différentes. Les premières traces de la crêpe remontent à plus de mille ans. Déjà au Moyen Âge, on préparait une sorte de galette fine à base de farine et d’eau, cuite sur une pierre plate.

Mais c’est en Bretagne que la crêpe, telle qu’on la connaît aujourd’hui, s’est véritablement imposée. À l’origine, on faisait des crêpes à base de blé noir (sarrasin), souvent salées. Puis, au XIXe siècle, le sucre et la farine blanche sont arrivés dans les maisons. C'est alors qu'est née la version sucrée à la farine de froment.

D'ailleurs, en Bretagne, on parle de « crêpe » en pays bretonnant, tandis qu’en pays gallo, la « galette » domine. Rappelons ici qu’à l’Ouest de la Bretagne on emploie le même mot « crêpe », que la crêpe soit salée ou qu’elle soit sucrée (crêpe de sarrasin ou blé noir pour le salé et crêpes de froment pour le sucré, en général) tandis qu’on parle de « galette » pour le salé et de « crêpe » pour le sucré à l’Est de la Bretagne. Cette distinction se superpose à la frontière linguistique entre Basse et Haute-Bretagne.

La galette se veut aussi plus épaisse que la crêpe, ce qui justifie, à l’Est, l’usage de deux noms pour désigner un même produit. Et si la crêpe était la tendance culinaire de demain ? Il se dit qu’il existe autant de recettes que de Bretons, et d’ailleurs les recettes de ce succès sont, elles aussi, multiples.

La Crêpe à Travers le Monde et les Époques

Eh oui, la crêpe n’est pas une invention bretonne, c’est un des plats les plus répandus au monde. Mais alors, pourquoi l’associer à la Bretagne ? C’est ce que creuse ce volet de l’exposition en plongeant dans ses origines. Vous l’aurez remarqué, aujourd’hui on trouve des crêperies partout à travers le monde, et, à chaque fois, il y a une identification à la gastronomie bretonne.

Depuis, la crêpe s’est non seulement démocratisée dans toute la France… mais elle s’est aussi exportée dans le monde entier. Aujourd’hui, les crêpes font partie des habitudes culinaires des Français. On les prépare pour le goûter, le dessert, ou même en plat principal.

Et elles sont célébrées chaque 2 février, lors de la Chandeleur. C'est une fête populaire d'origine religieuse. Les familles se réunissent pour faire sauter les crêpes ensemble. Les amateurs de légende apprécieront celle-ci : on dit que les ours sortent de leur tanière le 2 février, marquant la fin de l'hibernation.

À l'origine, cette tradition montrait le retour de la lumière après l'hiver. Les crêpes, rondes et dorées comme le soleil, apportaient de la chance pour les récoltes à venir. De coutume, on les faisait sauter en tenant une pièce d’or dans la main, un geste censé apporter prospérité pour l’année.

Mais au-delà de la tradition, la crêpe est un moment de partage. Elle fait partie de l’art de vivre à la française. On l’accompagne souvent d’un verre de vin blanc ou d’un champagne léger. Un bon exemple de ces accords simples et raffinés est dans notre programme Gastronomie & Vin.

L'Innovation et l'Industrie de la Crêpe

La meilleure façon de... Réussir ses crêpes - 750g

Les industriels comme les restaurateurs misent sur ce produit qui reste peu cher malgré l’inflation sur le coût des matières premières. Il est même, selon une étude CSA de 2024, le dessert préféré des Français, devant la tarte aux fruits et le brownie. 78 % des habitants de l’Hexagone en consomment d’ailleurs à l’occasion de la chandeleur, d’après une étude de 2025 révélée par la Fédération des entrepreneurs de boulangerie.

Sur le marché de la crêperie, il faut en effet distinguer les industries des restaurants, qui sont environ 1 700 en Bretagne, sur les 4 000 recensés en France. On estime qu’il existe ainsi en France environ 120 crêperies industrielles, dont l’essentiel, soit une centaine, en Bretagne. Parmi elles, une douzaine se partage une grande partie du marché.

Les fabricants de crêpes vendent leurs produits selon différents canaux de distribution à l’échelle régionale, nationale, voire, pour certaines, internationale. S’il est très éclaté et très concurrentiel, le marché reste porteur.

Visionnaire, Christian Faure a imaginé en 1988 le concept de la crêpe fourrée Whaou!, emballée individuellement, à la fois ludique, gourmande et pratique. Un concept dont le succès ne se dément pas 30 ans plus tard, grâce à la passion de son créateur qui a imaginé plusieurs recettes innovantes, dont le fourrage croustillant Cracky!. Véritable institution du goûter et destinée aux enfants et adolescents, la crêpe Whaou! a su évoluer au fil des années afin de fidéliser son public. Leader sur le marché, la crêpe fourrée Whaou! affiche des chiffres éloquents : 7 crêpes Whaou!

Si la crêpe au sucre reste la plus populaire, le produit surfe sur une vague de sympathie pour sortir des sentiers battus. Pour se démarquer de la traditionnelle "complète" pour le salé ou "beurre-sucre" pour le sucré, de nombreuses innovations culinaires naissent de l’imaginaire des industriels et des chefs.

Type de Crêpe Accompagnement Recommandé
Crêpe au citron et sucre Vin blanc moelleux (type Jurançon ou Vouvray)
Crêpe au chocolat noir Vin rouge fruité (Gamay, Pinot noir)
Crêpe flambée au Grand Marnier Champagne brut ou crémant

La Crêpe : Un Marqueur de l'Identité Bretonne

La crêpe est une évidence en Bretagne, elle est un marqueur de son identité. Certes, on la rencontre à travers le globe sous des formes apparentées - des pains plats vieux de 14 000 ans ont été découverts en Jordanie - mais c’est la presqu’île armoricaine qui se l’est appropriée de la façon la plus remarquable.

Sur le site même de l’ancienne abbaye de Landévennec, on a découvert en 2015 des céramiques du XIIIe siècle assimilées par les archéologues à des « galettières », plats de forme circulaire aux rebords peu élevés à l’image de celui daté des IXe-XIe siècles découvert à Plouedern. Fait remarquable, l’usage du beurre et une température de cuisson supérieure à 240°C, attestés par les archéologues, restent deux techniques toujours pratiquées par les artisans crêpiers.

Si la consommation de crêpe a autant marqué l’alimentation des Bretons depuis mille ans, c’est que la crêpe s’accommode de farines non panifiables et que sa cuisson nécessite moins de combustible que le pain. Le parcours de l’exposition raconte donc comment les Bretons se sont approprié la crêpe ou crampoës - aujourd’hui krampouez - n’hésitant pas à confectionner des poêles à crêpes en pierres de grande taille, que les dictionnaires, à commencer par le Catholicon (1464) de Jehan Lagadec, évoquent avec les différents ustensiles qui les accompagnent.

Tout phénomène culturel suscite sa légende noire. La légende dorée s’impose avec justesse au XXe siècle avec Mathurin Méheut qui dessine en 1925 des crêpières au travail sur un service à dessert pour la faïencerie Henriot.

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