Optimisation de l'indice de consommation en engraissement porcin : Stratégies et pratiques gagnantes

L’indice de consommation (IC) en engraissement est un levier essentiel pour améliorer le coût alimentaire d'un élevage, représentant 70 % de l'indice global. Pour aider les éleveurs à progresser, le groupement Evel’up a analysé les pratiques de 25 exploitations performantes, identifiant dix pratiques gagnantes présentées lors d'un forum technique.

Cette enquête montre qu’atteindre un très bon indice 30-115 est à la portée de tout type d’élevage.

Gestion rigoureuse des bandes et biosécurité

Un strict respect de la conduite en bandes est primordial, dès la maternité. Les exploitations veillent à ce que le nombre de truies à la mise bas corresponde au nombre de places en maternité. 80 % des éleveurs réforment les truies surnuméraires après l’échographie.

Les mélanges d’animaux entre bandes et dans la bande sont limités au maximum. 90 % d’entre eux chargent leurs salles de post-sevrage en âge unique.

Une biosécurité stricte est appliquée, incluant un sas d’entrée, une douche, et un changement de tenue entre les blocs, ainsi que de bottines quasiment à chaque salle.

Gestion des bâtiments et confort animal

Concernant la gestion des bâtiments, ils sont une majorité à préchauffer en toute saison les salles de post-sevrage et d’engraissement. 90 % des éleveurs chauffent en début d’engraissement.

« Ce n’est pas aux cochons de chauffer la salle. Chaque jour de croissance compte, surtout les premiers », rappelle Hervé Pelleau, animateur technique du groupement.

En sortie de post-sevrage, le chargement des éleveurs enquêtés est de 84,4 kilos par mètre carré (kg/m2), soit 6 % de moins que les préconisations de 90 kg/m2. 68 % n’effectuent jamais de surcharge.

Les salles de post-sevrage sont alimentées par un multiphase, qui permet d’ajuster la ration en quantité et en qualité en fonction du poids de case à l’entrée en post-sevrage et de l’augmenter nourrisseur par nourrisseur.

Alimentation et abreuvement optimisés

« Favoriser la consommation au démarrage est essentiel pour améliorer l’IC, car tous les kilos qui ne sont pas faits au début devront l’être en fin d’engraissement. »

Le plan d’alimentation en engraissement des élevages enquêtés est en moyenne basé sur une quantité plutôt élevée au démarrage (41 g/kg de poids vif), avec une progression quotidienne de 31 g et un plafond plus classique de 2,52 kg.

Pour aider les porcelets à consommer rapidement l’aliment, les éleveurs réalisent le premier jour deux distributions d’aliment dans un maxitolva dans lequel ils ajoutent de l’eau.

L’augmentation très progressive des rations grâce au multiphase évite notamment les surconsommations lors du passage au 2e âge.

Un contrôle régulier de son système d’alimentation est essentiel pour s’assurer d’apporter la bonne quantité d’aliments nécessaire pour répondre aux besoins des animaux et éviter le gaspillage.

L’abreuvement correspond à 93,6 % de la consommation d’eau d’un élevage. Les consommations d’eau sont de 1 à 4 litres par jour en post-sevrage, et de 4 à 12 litres par jour en engraissement.

Gestion des départs

Enfin, concernant la gestion des départs, deux tiers des éleveurs réalisent trois départs par bande. L’âge au premier tri est de 155 jours. Compte tenu d’une moyenne de 0,72 m2/porc en engraissement, cela correspond à un chargement au premier tri de 142 kg/m2.

Impact économique

Pour un même prix d’aliment, leur coût alimentaire est réduit de 6,15 euros par porc, soit au final un écart de 150 euros de marge brute par truie et par an.

« Ce n’est pas rien ! », appuie Hervé Pelleau, animateur technique du groupement. Pour un élevage de 300 truies, cela représente un différentiel de 45 000 euros par an. À titre de comparaison, c’est l’équivalent de 1 000 places d’engraissement financées sur dix ans, à raison de 450 euros par place.

Gain Moyen Quotidien (GMQ)

Le Gain Moyen Quotidien (GMQ) permet de suivre la croissance des animaux, prévoir leur poids à l'abattage et améliorer la génétique du troupeau. La vitesse de croissance se transmet génétiquement : il est donc indispensable de la calculer pour le choix des vaches et brebis de renouvellement.

Pour les bovins, le calcul standard est celui du GMQ 120 (gain de poids de 0 à 120 jours) et le GMQ 210 (gain de poids de 0 à 210 jours).

La performance du Gain Moyen Quotidien est héréditaire et dépend donc des qualités génétiques des deux parents, c'est pourquoi il faut être attentif aux GMQ de référence du bélier ou du taureau choisi.

Facteurs influençant l'indice de consommation

Cet outil permet de diagnostiquer les problèmes d'indice de consommation (IC) et de détecter toutes les causes qui peuvent augmenter l'IC de l'élevage.

  • Froid
  • Chaleur: La chaleur active tous les mécanismes compensatoires pour tenter de maintenir une température corporelle constante.
  • Manque de protéines ou d'acides aminés spécifiques.
  • Alimentation à très faible énergie.
  • Manque de ventilation.
  • Maladies.

Il est donc essentiel de peser les animaux à âge fixe afin de pouvoir comparer les résultats d'une année sur l'autre.

Quel choix technique pour réduire la production et l'émission de particules en élevage porcin ?

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