Cet article explore divers aspects des traditions et rituels juifs, allant des objets cultuels à la pureté rituelle des mains. Nous examinerons une pince de circoncision historique, les niveaux d'interprétation de la Torah, et les pratiques détaillées de Netilat Yadayim.
Cérémonie de Brit Mila
Le Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahJ) présente une pince de circoncision du début du 20e siècle, provenant d'Algérie. De dimensions : H. 10,2 - L. 4,1 cm, elle est en métal gravé avec dans sa partie supérieure une étoile de David à l'intérieur de laquelle est inscrit en hébreu : "Shadday", un des noms de Dieu. Cette pince de circoncision appartenait à M. Maurice Naouri, dit P'tit Prince, mohel qui officiait en Algérie, puis en France et l'ile de la Réunion où il se déplaçait exprès.
La loi écrite et la loi orale (Torah shé bikhtav et Torah shé beâl pé) nous ont été remises en même temps. La loi écrite est la Torah et la loi orale est ce que nous appelons le Talmud lui-même formé de la Mishna complétée par la Guemara. Les commentateurs éclairent les textes toraniques de leurs explications permettant ainsi à chacun de pénétrer les secrets renfermés par le texte divin.
Il existe quatre niveaux d’acception de la Torah :
On a coutume de désigner ces quatre niveaux de commentaires en regroupant les initiales hébraïques de ces quatre termes pour en faire une très belle image : le pardès ou verger (de la Torah).
Dans les grands recueils de commentaires classiques ou mikraoth guedoloth, l’on peut lire avant les opinions de Rashi, les traductions en araméen d’Onkelos, ou le commentaire intitulé de Tirgoum Yonathan, ou encore Rambam, Ramban, Sforno, le Rif, Ibn Ezra etc. Nous aborderons les biographies de ces sages mais à une période plus récente on pourra consulter les explications du Shlah HaKadosh, de S.R. Hirsch et encore plus récemment du Hafets Haïm du Sefat Emet ou du Imré Bina.
Pourtant le côté midrashique reste toujours séduisant. Le Midrash Raba au moyen de paraboles nous fait mieux comprendre ce qui reste souvent hermétique. Le Midrash Rabba existe sur toute la Torah et les 5 meguiloth et est le plus souvent désigné ainsi : Bereshit Raba etc…. mais il existe aussi des midrashim complémentaires plus règlementaires, ou halakhiques tel que la Mehilta[1] sur l’Exode, le Sifra sur le Lévitique, le Sifré sur les Nombres et le Deutéronome il existe aussi une mehilta sur le Deutéronome et Sifri zouta sur les Nombres ou bien la Beraïta [2] encore le Pessikta Rabbati sur l’ensemble du Pentateuque, les Prophètes, les Shabbatot spéciales.
Pessikta Rabbati comporte des aggadoth sélectionnées depuis 845 de l’ère courante. Il existe d’autres recueils de Midrashim comme le Midrash dit de Pirké de Rabbi Eliezer ou Avot de Rabbi Nathan, Tana de Bei (beith en araméen) Eliahou. Le Zohar au moyen de récits donne également un éclairage à la Torah sur un plan ésotérique et plus mystique. Nous entreprendrons une approche détaillée de chacun des grands commentateurs des anciens aux modernes.
Dans le traité TAHAROT sont détaillées les conditions pour lesquelles et dans lesquelles l’on doit procéder à Netilath Yadayim de façon rituelle. L’exposé consacré à la purification rituelle des mains prend des pages mais, nous tenterons ici de le résumer de manière à en faciliter la lecture à tous car ce processus est important dans la pratique quotidienne du judaïsme et, sont souvent posées des questions d’ordre pratique surtout lorsque diverses opinions se font jour.
Nous allons procéder à une distinction entre chaque sorte d’ablutions (netilath yadayim) : Netilath Yadayim de tahara (pureté) à proprement parlé et les ablutions (qui sont aussi de pureté) avant la consommation d’un repas par exemple et la manière de procéder pour chacune d’entre elles. En général, les ablutions ne sont valables que lorsqu’elles sont faites avec l’intervention de la force humaine c’est la raison pour laquelle on utilise un récipient - peu importe lequel nous y reviendrons - et, vraiment si cela s’avère impossible on actionnera d’une main le robinet lorsqu’il faudra faire passer l’autre main sous le jet d’eau.
Pourquoi faire des ablutions sur les mains ? Parce qu’il est reconnu que l’impureté reste sur les extrémités du corps humain et par conséquent sur les mains et plus précisément sur les doigts.
L’ustensile : On utilise un instrument généralement destiné à cet usage et dont le nom est natela (נטלה) ou antel (אנטל) ou kéli (כלי) quelle que soit la matière doit est confectionné cet accessoire (verre, céramique, métal, plastique) l’essentiel est qu’il ne doit pas être fendu, ébréché, cassé en partie. Le fait qu’il soit destiné à netilat yadayim et donc à ôter l’impureté des mains, cette impureté ne se communique pas à la natela et en cas de besoin on pourra se servir d’un verre de table puis s’en resservir ensuite pour boire.
Contenance : En vérité un demi-verre à eau (même petit) suffit.
Et s’il n’y a pas d’eau ? De la neige pourra faire l’affaire, ou vraiment très peu d’eau et pour le cas où l’on ne détient pas même quelques gouttes, on pourra frotter ses doigts sur des branchages ou sur des pierres.
Il existe deux façons de faire netila :
L’eau contenue dans la natela doit mouiller la main au moins depuis la racine des doigts jusqu’à leur extrémité ou, encore mieux, depuis le poignet jusqu’au bout des doigts. Les nateloth contiennent en général plus d’un litre d’eau et le minimum est de 0,056 l (un demi-verre en plastique à usage unique ou à jeter). Nous avons coutume de nous laver trois fois chaque main alors que l’obligation est de deux fois la première fois entraînant l’impureté et la deuxième fois pour purifier.
Si nous nous trouvons dans un endroit où il n’y a pas de natela pour faire nos ablutions il est possible d’ouvrir le robinet à chaque fois avec l’autre main et refermer le robinet autant de fois que nécessaire. Pour les robinets dont le débit est actionné par une cellule photo-électrique, les opinions divergent mais certains penchent pour le fait qu’il faille attendre que le jet s’arrête avant de renouveler l’opération étant donné que la présence de la main a fait démarrer l’écoulement de l’eau.
Pour les ablutions du matin au lever : il faut impérativement procéder à des ablutions alternées et à 3 reprises et ne pas dépasser les 4 coudées depuis le lit jusqu’au lavabo ce qui fait que certains disposent d’une cuvette avec une natela remplie d’eau pour faire netila debout à côté du lit. Celui qui se réveille doit faire la berakha après ses ablutions.
Pour tous les cas énoncés aux situations 2, 3, 4, et 5, on doit faire le lavage des mains sans bénédiction et même sans l’utilisation d’un ustensile.
Pour ceux qui ont été en contact de près ou de loin avec un mort ou un cimetière, il est d’usage courant de ne se laver les mains qu’une seule fois et de ne pas les essuyer pour prolonger le plus possible ses pensées vers le défunt.
Lorsqu’on veut manger d’un fruit qui a été rincé et est encore mouillé ou une pâtisserie qui a été trempée dans un sirop de sucre ou de miel, de lait etc… il est recommandé de se laver les mains avant et sans berakha. La plupart des possekim (décisionnaire rabbinique ou dayane ce qui revient à dire "RAV" dans le sens véritable du terme) pensent que cela n’est pas aussi utile qu’au temps où le Temple existait puisqu’on ne traite plus d’affaires de pureté et d’impureté. De même, il n’est pas nécessaire d’essuyer le kéli avant de s’en servir puisque de toute façon l’impureté des mains s’en ira avec le premier jet d’eau.
Que désigne-t-on par un "REPAS" : La personne qui mange ne serait-ce qu’une très petite quantité de pain doit faire netila et hamotsi puis birkat hamazone. La personne qui décide de ne manger que des gâteaux et à condition que la quantité soit supérieure à 4 œufs (entre 250 et 300 grs) doit se laver les mains faire la berakha de netila et birkat hamazone à la fin de son "repas". Evidemment pour ces cas aussi existent différentes opinions.
Qui n’a pas déjà entendu dire qu’il est obligatoire de faire netilat yadayim spéciale de mayim aharonim ? Quelle en est la signification ? A l’époque, certains utilisaient pour assaisonner la nourriture de sel de Sodome qui avait la réputation de favoriser la cécité pour ceux qui ne rinçaient pas leurs doigts après usage de ce sel. Une autre raison : on mangeait souvent avec les doigts et les mains n’étaient pas propres pour entreprendre la récitation du birkat Hamazone on faisait alors circuler parmi les commensaux un petit récipient contenant de l’eau pour nettoyer au moins les deux premières phalanges et une phalange du pouce car en fait les troisièmes phalanges se salissent moins.
Il existe également des "agadoth" récits allégoriques selon lesquelles des dangers furent écartés des Bené Israël grâce à Mayim aharonim.
Ainsi que je l’ai signalé au début de mon propos, cet article n’a pour seul et unique but de tenter de clarifier ce thème important qu’est la netilath yadayim à propos duquel il est dit que quiconque s’applique à cette mitsva éloigne de lui la pauvreté (les initiales de la bénédiction Âl Netilath Yadayim forment le mot âni qui signifie pauvre).
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