Les enjeux du gaspillage alimentaire sont devenus cruciaux dans le contexte actuel de surproduction et de préoccupations environnementales. Aujourd’hui, de nombreuses associations, startups et banques alimentaires s’engagent à réduire ce gâchis en revalorisant les surplus alimentaires destinés à la destruction. Cet article explore les chiffres clés du gaspillage alimentaire en France, ses causes et conséquences, ainsi que les solutions pour l'éviter.
Il est essentiel de distinguer le gaspillage alimentaire des déchets alimentaires. Le gaspillage alimentaire concerne les aliments propres à la consommation humaine qui sont perdus, jetés ou dégradés à une étape de la chaîne alimentaire. Les déchets alimentaires, quant à eux, incluent les déchets considérés comme inévitables car non comestibles (os, coquille d'œufs, peaux de banane, etc.).
En France, les pertes et gaspillages s’élèvent à près de 10 millions de tonnes de denrées par an, représentant 16 milliards d’euros, soit 240 € par personne. Un habitant jette chaque année entre 20 kg et 30 kg d’aliments, dont 7 kg sont encore emballés. Comme nous venons de le voir, en France, le gaspillage alimentaire représente 10 millions de tonnes de déchets alimentaires et il peut être issu de n’importe quelle étape de la chaîne alimentaire.
La répartition du gaspillage alimentaire par étape de la chaîne alimentaire est la suivante :
En exploitations agricoles, les fruits et légumes trop petits, de forme biscornue, abîmés, tachés, bien que sains et mangeables, ne répondent pas aux exigences des acheteurs. Dans la grande distribution, la non-conformité des aliments avec les préférences des clients incite les supermarchés à écarter de la vente certains produits.
Au-delà de la perte que cela représente, le gaspillage alimentaire a un vrai impact sur l’environnement. Car avant d’arriver dans nos assiettes, les produits alimentaires sont cultivés, parfois transformés, conditionnés et distribués.
Un grand nombre de facteurs influencent le niveau de perte et de gaspillage des productions. Les pertes alimentaires font référence à des situations dans lesquelles les produits agricoles ou alimentaires sont détériorés avant d’atteindre la dernière étape de production ou d’entrer dans le circuit de vente au détail. Les niveaux de pertes les plus élevés se retrouvent dans les pays en développement.
Le gaspillage alimentaire concerne les aliments éliminés dans le commerce de détail ou jetés par les consommateurs. On estime que le gaspillage alimentaire est notamment le fruit d’une méconnaissance de la signification des dates inscrites sur le produit par le consommateur, de la non-adéquation des produits à des normes de qualité ou d’apparence strictes et de mauvaises pratiques d’achat et de conservation par les consommateurs.
Le gaspillage alimentaire résulte de plusieurs causes, de la parcelle au placard. C’est à chaque étape que l’on peut agir. Souvent, faute de temps, les achats se font sans vraiment prévoir les repas ni regarder les dates de péremption. Et puis il y a ces offres promotionnelles qui nous font de l’œil, du type : « 2 produits achetés, le 3ᵉ offert ». Résultat : on achète trop, avec le risque de dépasser les dates et donc de jeter.
La superproduction, la mauvaise gestion des stocks, la rupture de la chaîne du froid, la date limite de consommation ou les fruits et légumes considérés comme non consommables sont les principales causes du gaspillage alimentaire. Ce gaspillage s'explique par la difficulté à prévoir précisément le nombre de clients, les retours d'assiettes des convives qui ne finissent pas leurs plats, et les erreurs de cuisson ou de préparation dans la restauration commerciale. Dans la restauration collective, ce gaspillage survient principalement en cuisine lors de la préparation des repas, avec des portions standardisées qui ne correspondent pas toujours aux appétits réels. Dans les cantines scolaires, ce gaspillage s'explique par des portions inadaptées aux différents âges, des menus peu appréciés des enfants, et un manque de sensibilisation au gaspillage.
Dans la grande distribution, le gaspillage alimentaire est causé par des dates de péremption courtes, des normes esthétiques strictes et une mauvaise gestion des stocks.
L'impact environnemental du gaspillage alimentaire est alors lié à toute l’énergie déployée tout au long de la chaîne alimentaire. On pense alors beaucoup au gaspillage des ressources naturelles (eau, espaces agricoles). Selon la FAO, 30% des espaces agricoles mondiaux et 250 km3 de volume d’eau sont utilisés chaque année pour de la nourriture qui sera jetée ou gaspillée.
Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’ADEME à 3 % de l’ensemble des émissions nationales. Avant d’arriver dans notre assiette, les aliments sont cultivés, transformés, stockés et distribués - autant d’étapes qui mobilisent de l’énergie, de l’eau, des engrais ou du carburant, et génèrent des émissions de gaz à effet de serre. Jeter cette nourriture, c’est donc gaspiller toutes ces ressources pour rien, ce qui relève d’un non-sens écologique. En outre, cela ne fait aucun doute quant à l’implication du gaspillage alimentaire envers le changement climatique.
Actuellement, la sécurité alimentaire n'est pas garantie, malgré une production alimentaire suffisante pour tous les habitants de la planète. En France, l'Observatoire des Vulnérabilités Alimentaires révèle que 37% des Français se déclarent en insécurité alimentaire en 2023, contre 11% en 2015. Ce décalage entre la surabondance gaspillée et la pénurie endurée représente une grave lacune morale de notre système alimentaire.
La FAO (Food and Agriculture Organization) estime le coût du gaspillage alimentaire mondial à 2600 milliards de dollars par an. En France, cela représente une valeur de 16 millions d’euros. Cette perte entraîne des coûts significatifs pour tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, affectant les finances des ménages et des producteurs.
Il existe cependant diverses solutions pour lutter contre les pertes et gaspillages alimentaires. Lutter contre le gaspillage alimentaire, c’est aussi choisir d’acheter des produits qui ont une date de péremption très proche, mais qui restent tout à fait consommables rapidement.
En France, la lutte contre le gaspillage alimentaire est accompagnée de lois pour répondre aux objectifs fixés : le réduire de 50% d’ici 2025 aux étapes de distribution alimentaire et restauration collective, et le réduire de 50% d’ici 2030 pour les secteurs de la consommation, production, transformation et restauration commerciale.
En France, seul un faible pourcentage de tous les gaspillages et pertes alimentaires est transformé en compost. Le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, créé en 2013, est un engagement collectif visant à « s’engager concrètement contre les dérives de la société de surconsommation » et de « retrouver du pouvoir d’achat ».
La loi du 11 février 2016 relative à la lutte contre le gaspillage alimentaire (dite Loi Garot) dresse un cadre légal contre le gaspillage et permettra notamment de répondre à l’objectif fixé par le pacte national de 2013, sur la réduction de moitié du gaspillage alimentaire d’ici 2025.
La loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, adoptée en février 2020, vise à renforcer les mesures existantes pour lutter contre le gaspillage alimentaire. La loi se fixe comme objectif de réduire le gaspillage alimentaire de 50 % par rapport à son niveau de 2015 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025 et de 50 % par rapport à son niveau de 2015 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale d’ici 2030.
La réduction des pertes et gaspillage est un objectif central pour la FAO, puisqu’il concerne simultanément des problématiques de gestion des ressources, de réduction des émissions de CO2, de production agricole, de nutrition, d’innocuité et de qualité des aliments.
Voici quelques astuces anti-gaspillage qui vous permettront de réduire votre empreinte écologique tout en réalisant des économies :
Préférez l’achat en vrac pour contrôler les quantités et limiter les emballages. Souvenez-vous que les fruits et légumes un peu tordus sont tout aussi bons que les autres ! En cas de doute sur la péremption d’un produit, référez-vous à la Date Limite de Consommation (“à consommer jusqu’au”) sur les emballages. Ne jetez pas les restes ! Gardez les fanes de poireaux, de carottes ou encore de radis pour les mijoter et les incorporer à d’autres plats, ou les queues de fraises pour faire des sirops délicieux. La conservation des aliments est une des clefs pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Le produit qui génère le plus de gaspillage alimentaire est le pain ! Pensez à le transformer en croûtons, pain perdu ou chapelure lorsqu’il durcit. Pensez à la congélation, la salaison, la conservation dans l’huile (pour les olives, tomates séchées, aubergines ou champignons…).
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