En France, le gaspillage alimentaire est un problème majeur avec des implications économiques, sociales et environnementales significatives. On estime que 20% de la nourriture est jetée, représentant un poids annuel de 10 millions de tonnes. Cela équivaut à 1000 fois le poids de la Tour Eiffel.
Répartition du gaspillage alimentaire dans l'Union Européenne
Depuis le champ jusqu’à nos assiettes, le gaspillage alimentaire a lieu à tous les stades de la chaîne de production alimentaire.
La production et la consommation alimentaires ont un poids conséquent sur l’environnement. Le secteur agricole représente 21% des émissions de gaz à effet de serre en France. Ce chiffre grimpe même à 36% si l’on prend en compte l’ensemble des activités agricoles et alimentaires (ex: la fabrication des emballages ou le transport de marchandises). A cet égard, le gaspillage alimentaire représente à lui seul 3% des émissions de gaz à effet de serre de l’activité nationale.
En France, ce sont 10 millions de tonnes de nourriture qui sont gâchées chaque année, représentant 16 milliards d’euros de perte. 33% du gaspillage alimentaire a lieu lors de la consommation, dont 14% pour la restauration collective et commerciale.
Plusieurs lois ont été mises en place pour lutter contre le gaspillage alimentaire en France :
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
Avant qu’une législation soit mise en place en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’ensemble des parties prenantes avaient été réunies sous le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été signé pour 2013 et renouvelé pour deux périodes de 3 ans.
En 2020, la loi prévoit la mise en place d’un label national « anti-gaspillage alimentaire » visant à valoriser les acteurs de la chaîne alimentaire qui contribuent aux objectifs nationaux de réduction du gaspillage alimentaire. Ce label est aujourd’hui disponible pour le secteur de la distribution (grandes et moyennes surfaces, grossistes et métiers de bouche).
Suivent le référentiel pour le secteur de la restauration (restauration collective et commerciale) en 2025, puis celui de l’industrie agroalimentaire.
En 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France, soit 142 kg par personne. Parmi ces déchets, 5,9 millions de tonnes ne sont pas comestibles (os, épluchures…) et sont assimilés à du gaspillage alimentaire. Le gaspillage alimentaire représente donc 3,8 millions tonnes de déchets issues des parties comestibles des aliments (aliments non-consommés encore emballés, restes de repas, etc.), soit 55 kg par personne.
Toutes les étapes de la chaîne alimentaire sont concernées. La part de ce gaspillage varie d'une étape à l'autre, et représente :
La France se situe au-dessus de la moyenne européenne (130 kg par habitant).
Chaque année, un Français jette 61 kilos de déchets alimentaires, dont 19 kilos de nourritures encore comestible.
La valeur moyenne du gaspillage alimentaire s'élève à 100€ par habitant par an.
Infographie du Ministère de l'Économie sur le gaspillage alimentaire en France
La lutte contre le gaspillage alimentaire dans la grande distribution n'est plus une option : c'est un levier stratégique de performance. Le Baromètre Phenix 2025, qui analyse les données de 253 magasins suivis en 2024, révèle des chiffres qui interpellent et inspirent.
Phenix identifie trois leviers qui permettent aux grandes surfaces d'éviter que leurs invendus ne se retrouvent à la poubelle. Le premier, ce sont les promotions sur les produits à date courte. À l'approche de leur date de péremption, les distributeurs bradent ces produits pour qu'ils trouvent preneur. D'après Phenix, "90 % des articles ainsi étiquetés trouvent preneur". Autre levier, les dons aux associations, avec un impact social direct. Et le dernier, ce sont les paniers anti-gaspi: une épicerie ou une grande surface rassemble des produits encore tout juste consommables et les met en vente à prix réduit sur une application (comme Too Good Too Go) ou directement en magasin.
D'après Phenix, grâce à ces actions certains magasins parviennent à valoriser jusqu’à 87% de leurs invendus.
Voici les principaux résultats du Baromètre Phenix 2025 :
| Indicateur | Supermarché | Hypermarché | Signification |
|---|---|---|---|
| Taux de Casse Brute Moyen | 1,5% du CA | 1,1% du CA | Ce qui n'est pas revalorisé devient perte sèche. |
| Coût Annuel de la Casse | ~200 000€ (CA 15M€) | ~550 000€ (CA 50M€) | Chaque point de revalorisation gagné représente des milliers d'euros préservés. |
| Taux de Revalorisation des Champions | 82% des invendus | L'excellence est reproductible avec méthode et engagement. | |
| Valeur Annuelle du Don | ~62 000€ | ~164 000€ | Le don est le pilier solidaire de l'anti-gaspi. |
| Économie sur les Biodéchets | ~3 250€ | ~7 500€ | Même les solutions "invisibles" ont un impact économique mesurable. |
| Repas Sauvés Par Magasin (2024) | ~89 000 | ~220 000 | L'impact social est direct, quantifiable et communiquable. |
| Gain Financier Maximum | Jusqu'à 432 656€ en hypermarché | L'anti-gaspi est un investissement rentable. | |
En conclusion, la lutte contre le gaspillage alimentaire est un enjeu majeur en France, nécessitant l'implication de tous les acteurs de la chaîne alimentaire, des producteurs aux consommateurs. Les lois mises en place, les initiatives des entreprises et les actions individuelles peuvent contribuer à réduire significativement ce gaspillage et à préserver nos ressources.
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