Depuis quelques semaines, la galette des Rois trône avec arrogance sur les présentoirs des boulangers-pâtissiers de la ville, témoignant de son importance dans la tradition culinaire française.
Mais si l’Épiphanie est une fête religieuse, l’origine de la galette des rois est, elle, totalement païenne. Elle trouve son origine dans la fête romaine des saturnales.
Durant l'Antiquité, les Romains célébraient les Saturnales durant la semaine du solstice d'hiver (du 17 au 23 décembre). Cette fête était l'occasion d'abolir toutes barrières sociales, notamment entre maîtres et esclaves.
La tradition romaine voulait qu’à l’occasion des saturnales, un roi soit élu parmi les jeunes soldats. Le célèbre historien du Ier siècle, Tacite, évoque la tradition du "Roi du jour" : un banquet au cours duquel un esclave est tiré au sort dans chaque famille.
Désigné "Prince des Saturnales", il a le droit d'exaucer tous ses désirs. Au cours du banquet, les Romains utilisaient la fève d’un gâteau comme pour tirer au sort le " Prince des Saturnales ou du désordre ".
Cette tradition a évolué et a perduré au cours des siècles en trouvant sa place le jour de l’Épiphanie. L'expression "tirer les rois" prend alors tout son sens.
Selon la religion catholique, la tradition de la galette des Rois commence début janvier, peu de temps après le Nouvel An, le jour de l'Épiphanie, qui célèbre la manifestation de l'enfant Jésus aux Rois mages venus le visiter et lui rendre hommage.
Toutefois, on célèbre leur arrivée à Bethléem depuis les débuts de l'ère chrétienne en partageant une galette le 6 janvier, jour de l'Épiphanie. L'Épiphanie s’appelle aussi le jour des rois en l’honneur des rois mages qui, selon la tradition chrétienne, seraient venus offrir des cadeaux à Jésus lors de sa naissance.
Les Rois mages sont cités dans l'Évangile de Saint Mathieu, sans que l'on ne sache ni leur nombre ni leur nom : ce n'est qu'au VIe siècle qu'il est fait mention de Gaspard, Melchior et Balthazar.
Cette célébration a fini par se confondre avec la tradition héritée des Saturnales, à laquelle elle emprunte la fève, mais aussi le fait que ce soit le convive le plus jeune qui désigne la personne à qui aura la prochaine part de galette.
La présence de la fève dans la galette des Rois remonte à la tradition romaine : c'est ainsi que l'on désignait le "Prince des Saturnales". L'origine de la fève en faïence semble remonter quant à elle au Moyen-Âge.
À cette époque, le fait d'être désigné roi pouvait s'accompagner d'un gage : offrir une tournée générale à toute l'assistance. Certains tentant d'échapper à cet "honneur " en avalant la fève, elle aurait été remplacée par une version non comestible.
Traditionnellement, la galette des rois doit être découpée en autant de parts qu’il y a d’invités, plus une, appelée « part du Bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre ».
Le plus jeune enfant se place sous la table, désignant la personne qui va bénéficier de chaque part. Celui ou celle obtenant la fève hérite de la couronne… et du gage d'apporter la prochaine galette des Rois.
Jusqu'au XVIIe siècle, la galette des Rois est l'occasion de désigner la reine d'un jour à la cour du roi de France, la grande dame obtenant la fève pouvant demander une faveur au roi.
Au cours de la Révolution française, le terme de "galette des Rois" est aboli, le nom étant jugé fallacieux… mais la galette ne tarde pas à reparaître, sous le nom de "galette Égalité" !
Mais les boulangers ne se laissent pas abattre. Ils lancent un produit concurrent, ça sera la fameuse galette, qui va s’imposer petit à petit.
Aujourd’hui, ça n’a plus vraiment de signification politique, mais il en reste quand même quelque chose. Au palais de l’Elysée, les galettes n’ont pas de fèves. On respecte le principe républicain: pas de rois dans la maison du président.
N’oublions pas que la galette des rois est originellement une galette à base de pâte feuilletée, simplement dorée au four et mangée accompagnée de confitures, c’est la galette « sèche ».
Il existe des variations régionales. Non, en Provence et Languedoc, c’est le « Gâteau des Rois ». Il s’agit en fait d’une pâte briochée aromatisée d’un soupçon d’eau de fleur d’oranger, évidée en son centre, donc sous forme de couronne, avec de gros morceaux de fruits rouges sur le dessus et du gros sucre, qui rappellent les pierreries qui ornent la couronne des Rois mages.
En Gascogne et Béarn, c’est le « Garfou » : une pâte briochée parfumée à l’anis et à la fleur d’oranger. Sa forme évoque celle du béret.
La frangipane qui garnit traditionnellement la galette des Rois se compose de 2/3 de crème d'amande et 1/3 de crème pâtissière. Elle devrait son nom au comte Cesare Frangipani, qui aurait offert la recette à Catherine de Médicis en cadeau de mariage lors de ses noces avec le futur Henri II.
Chaque région ou chaque famille en France a désormais sa propre recette de la galette des Rois, avec des variantes selon les goûts de chacun : la galette à la frangipane, à la pomme, au chocolat ; parfumée à la fleur d'oranger ou au rhum ; sous forme de brioche ; agrémentée de fruits secs… voire de fromage !
À 80 %, c'est la galette à la frangipane qui a toujours la cote, « malgré des innovations comme la pomme et la framboise que nous avons lancées », précise la responsable de la boulangerie Défossé, place de la République.
Tous les professionnels admettent que la galette des Rois n'est pas un gâteau compliqué à réussir. Et tous affirment le confectionner artisanalement « de A à Z ». Une réalisation dont le savoir-faire réside principalement dans le feuilletage de la pâte.
Et il n'y a pas d'autres recettes que d'attendre que celle-ci repose longtemps, très longtemps même. Deux à trois jours, selon les pâtissiers. Sans oublier un jour de repos, une fois la galette fourrée, pour détendre le fameux feuilletage.
Aujourd'hui, elle reste l'occasion de démarrer l'année de façon conviviale. Traditionnellement, les boulangers-pâtissiers respectent la date du premier dimanche de janvier avant de donner le coup d'envoi.
La galette est partagée en parts égales, en comptant une part par convive, plus une dite "la part du bon Dieu", "part de la Vierge" ou "part du pauvre".
En famille ou au bureau, nous avons tous déjà partagé une galette des rois, un symbole qui réunit toutes nos traditions.
La galette survit à tout: à tous les régimes, tous les présidents, toutes les époques. C’est une célébration qui a un peu changé au fil des siècles, mais le principe est resté le même: un gâteau où on met une fève. C’est tout simplement une de nos plus anciennes traditions.
La galette, c’est une célébration de l’humanité partagée, de bienveillance et d’amour.
On tire traditionnellement les rois le 6 janvier. Pour davantage de solennité, la date est fréquemment décalée au 2e dimanche après Noël. Toutefois, la période de la galette des Rois s'étend fréquemment tout au long du mois de janvier, et il est courant de la trouver dès le 2 janvier dans les pâtisseries.
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