Chaque année, au moment de l’Épiphanie, les Français dégustent la galette des rois pour fêter l’arrivée des rois mages, venus d’Orient rendre hommage à l’enfant Jésus, le 6 janvier ou le premier dimanche après le 1er janvier. La tradition de la galette des rois proviendrait des fêtes romaines, les Saturnales, et d’une journée particulière où un serviteur devenait roi d’un jour. Comme beaucoup de traditions, celle de la galette des rois est née dans une fête païenne.
Elle était partagée entre les romains durant la célébration du solstice d’hiver, pendant les saturnales. Cette journée de fête débutait par un gâteau rond et doré, comme le soleil. Un enfant était placé sous la table pour attribuer, de manière juste et innocente les parts du gâteau. A partir du XIXème siècle, cette tradition a été associée à l’épiphanie, qui signifie « apparition » en grec.
Il semble que la brioche des rois apparaisse en France au Moyen-Âge. A l’époque, il s’agissait d’une simple boule de pain fourrée d’une fève. Les fruits confits et le sucre sont venus plus tard. Au XVI° siècle, les pâtissiers réussirent à faire interdire aux boulangers de vendre ce gâteau, et les boulangers offrirent alors la galette à leurs clients. La galette feuilletée, qui aurait été importée d’Italie par Marie de Médicis au XVI° siècle, a progressivement supplanté la brioche dans la majeure partie de la France. Il s’agit d’une pâte feuilletée, fourrée de pâte d’amande et de crème pâtissière.
Dans l’enquête qu’il a mené auprès des populations de la Woëvre et du Pays Haut, Daniel Bontemps nous révèle que cette galette n’a pas toujours été de mise dans les familles lorraines. Au début du XXème siècle, elle était même inconnue dans la plupart des foyers lorrains. Ou alors elle se substituait à une brioche ou une simple tarte. On faisait, en quelque sorte, avec ce qu’on avait. Un boulanger de Villers-la-Montagne reconnaît même avoir confectionné ses premières galettes des rois dans l’immédiat après-guerre ! La chose peut paraître curieuse quand on sait que cette pâtisserie est attestée, dans le Royaume de France, dès le XIVème siècle. Mais la Lorraine était à cette époque-là un duché indépendant.
La coutume prévoit que la galette soit partagée en autant de parts que de personnes présentes autour de la table, avec une portion supplémentaire. Parfois, on laissait volontairement une part de plus, appelée « part du pauvre » ou « part à Dieu ».
La tradition veut que chacun se réunisse autour de la célèbre galette des rois le 6 janvier, jour de l’épiphanie. Traditionnellement, la galette des rois est coupée en autant de parts qu’il y a de convives. Les différentes parts de tarte sont alors distribuées au hasard et c’est souvent la plus jeune personne de l’assistance qui, placée sous la table, afin de ne pas voir la fève au cas où on aurait coupé dessus, s’acquitte de cette tâche.
Les premières fèves étaient des vraies légumineuses, symboles de la fécondité. Or, la coutume prévoyait que la personne qui trouvait la fève devait payer l’addition de sa table. Ainsi, certains l’avalaient pour ne pas débourser d’argent. Elles ont alors commencé à être remplacées par les fèves en porcelaine, au milieu du XVIIIème siècle. A leur apparition, elles représentaient systématiquement l’enfant Jésus puis un bonnet phrygien.
En fait, la galette des rois doit surtout son attrait à la fève qu’elle contient. La personne qui obtient cette fève, il s’agissait autrefois d’une véritable fève crue, devient le roi de la journée. A l’occasion de ces fêtes, un repas était partagé entre les maitres et les esclaves. On glissait alors une fève (un haricot) dans un gâteau dont l’aspect rond et doré symbolisait le soleil. La fève était l’un des symboles du solstice d’hiver car c’est le premier légume qui pousse au printemps.
En 1875 arrivent les fèves en porcelaine de Saxe puis, en 1913, celles qui sortent des ateliers de Limoge. Par la suite, on vit apparaitre des animaux et des symboles de chance (fer à cheval, trèfle…). Quant aux fèves publicitaires, elles arrivent au début du XXe siècle, on les attribue à un certain Monsieur Lion qui a créé une fève en forme de lune où était inscrit le nom de son commerce.
Aujourd’hui, les modèles de fèves se comptent par millions et sont sans limite. Les fabophiles, c’est-è-dire les collectionneurs de fèves, s’arrachent d’ailleurs à prix d’or les fèves à thématique régionaliste.
Entre la frangipane, la galette aux pommes ou la couronne briochée aux fruits confits, à la fleur d’oranger, aux fruits secs, vous trouverez des galettes des rois pour tous les goûts. Il existe en effet plusieurs variantes de ce gâteau, en fonction des pays et des régions.
En France notamment, chaque région a sa propre pâtisserie pour célébrer cette tradition. En Ile-de-France, la « galette des rois » à base de pâte feuilletée dorée au four et fourrée à la frangipane est la plus connue. Dans le Sud de la France, il s’agit d’une brioche en forme de couronne avec des fruits confits, généralement appelée « gâteau des Rois ».
Brioche des Rois, couronne des Rois ou galette provençale : autant de noms que l'on entend parfois pour désigner une recette bien connue en Provence, et même dans tout le Sud de la France et jusqu'en Espagne, le gâteau des Rois. Le gâteau des Rois, c'est cette brioche pleines de fruits confits, qu'on cuisine chaque année en Provence le jour de l’Épiphanie. Et si la France célèbre cette fête majoritairement autour de la galette à la frangipane, la Provence, elle, continue de partager ses fameux gâteaux des Rois, fourrés de fruits confits, parfumés à la fleur d’oranger : ces fruits confits représenteraient d’ailleurs les trésors amenés par les Mages au petit Jésus.
Dans les autres pays européens, la tradition de la galette varie tout autant. Par exemple, la galette des rois portugaise est composée d’une pâte briochée arrondie et creusée au centre, représentant la couronne des Rois mages. Plus généralement, il est courant de retrouver la tradition de la galette des rois dans les pays où le Christianisme est présent. C’est le cas notamment du Liban et de ses terres ensoleillées et riches en saveurs exotiques qui permettent de laisser place à la créativité. Vous pouvez par exemple réaliser une galette des rois à la fleur d’oranger, sublimée par une petite touche de vanille.
Enfin, il est possible de retrouver la tradition de la galette des rois dans des pays encore plus lointains comme le Japon. En effet, la communauté chrétienne, bien que très minoritaire, y est implantée depuis la fin du XVIe siècle. Le Japon est aussi un pays très ouvert et adepte des traditions gastronomiques à l'occidentale.
En Espagne, le Roscón de Reyes, une brioche semblable à la couronne des rois, est partagée.
L’Épiphanie, célébrée le 6 janvier par les catholiques et le 19 janvier par les orthodoxes, est une commémoration religieuse en hommage à l’arrivée des rois mages à Bethléem. Elle serait l’une des plus anciennes fêtes du christianisme. À ce jour, l’histoire de ces rois reste encore floue et les versions diffèrent selon les époques, les interprétations et les historiens.
Dans l’évangile selon Matthieu, dans lequel les rois mages sont cités pour la première fois, il n’y a aucune description précise, pas même de prénoms. Il faudra attendre le manuscrit d’un chroniqueur italien, Jacques de Voragine, au 13e siècle, pour lire leurs noms, inspirés des continents dont ils provenaient. Gaspard, Melchior et Balthazar auraient été guidés par une étoile, selon l’évangile de Matthieu, jusqu’à l’enfant Jésus.
L’Épiphanie, c’est avant tout une fête qui célèbre une « apparition », une révélation. Dans la tradition chrétienne, c’est le moment où les Rois Mages, Melchior, Gaspard et Balthazar, arrivent à Bethléem pour rencontrer l’Enfant Jésus. Mais au-delà de ce récit biblique, l’Épiphanie, c’est surtout l’idée d’une lumière qui éclaire le monde. Un moment où l’on célèbre la fin de l’obscurité - un clin d’œil aux jours qui rallongent doucement après le solstice d’hiver.
Elle serait plutôt un hommage aux Saturnales de l’époque romaine. Ces grandes fêtes en l'honneur de Saturne, le dieu romain du temps, avaient lieu entre fin décembre et début janvier.À l’époque, cette journée était très spéciale puisque les esclaves étaient invités à partager un gâteau avec les Romains. S’ils tombaient sur la fève dans le gâteau, ils devenaient « Princes des Saturnales » et avaient le droit d’obtenir tout ce qu’ils souhaitaient pendant une journée.
Avec les années, les fêtes et célébrations du solstice d’hiver se sont confondues. Aujourd’hui, le point commun entre ces différentes commémorations reste le partage. C’est le début de l’année, les fêtes de Noël sont à peine derrière nous, et voilà que l’Épiphanie arrive, prête à réunir à nouveau tout le monde autour d’une table.
L’Épiphanie prolonge la magie de Noël avec des traditions qui varient selon les régions. Cependant, pour des raisons pratiques, beaucoup la fêtent le premier dimanche de janvier, ce qui permet de réunir plus facilement famille et amis autour de la célèbre galette des rois. Certaines régions, comme l’Alsace, perpétuent des traditions uniques pendant les fêtes de fin d’année.
Dans l’Évangile de Matthieu, l’Épiphanie, c’est l’adoration des Rois Mages. Ces trois sages venus d’Orient ne sont pas juifs, mais ils reconnaissent Jésus comme le Messie. Ce détail est crucial : il symbolise l’universalité de sa mission.
Finalement, l’Épiphanie, c’est bien plus qu’une histoire de galette. C’est une fête qui traverse les siècles, mêlant traditions anciennes, spiritualité et convivialité. Et après l’Épiphanie, on prolonge les traditions gourmandes avec la Chandeleur et ses fameuses crêpes.
| Question | Réponse |
|---|---|
| Quelle est la signification de la fève dans la galette des rois ? | La fève symbolise le jeu et le suspense. |
| Quelle est la différence entre la galette des rois et la couronne des rois ? | La galette des rois, typique du nord de la France, est feuilletée et garnie de frangipane. |
| Pourquoi mange-t-on une galette des rois pour l’Épiphanie ? | Cette tradition remonte aux Saturnales romaines, où un gâteau à fève était partagé. |
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