La prospérité engendre parfois de la pauvreté, comme c’est le cas dans la région franco-genevoise. En Suisse, comme d’autres pays riches, un système de banques alimentaires à plus ou moins grande échelle a été mis en place pour nourrir les nombreuses personnes qui vivent dans l’insécurité alimentaire.
La Fondation Partage à Genève, créée en 2005, et la Banque alimentaire de Haute-Savoie (BA74), fondée en 1995 et établie à Cranves-Sales, font un travail difficile, mais de plus en plus nécessaire, au risque parfois d’être débordées. Selon le directeur actuel de la Fondation Partage, l’idée d’une banque alimentaire est née en 2005 de réunions entre des professionnel·le·s du travail social travaillant à l’Hospice général, l’Armée du Salut Genève, le caré (Caritas-Accueil, Rencontres, Échanges, une association née en 1977), les Colis du cœur (qui ont distribué leurs premiers colis dès 199...
En 2023, ce n’est pas moins de 23 000 personnes qui ont dû recourir à l’aide alimentaire sur les 83 000 habitants de la Haute-Savoie, pendant que 14 000 personnes étaient dans la même situation dans le canton de Genève et ses environs, soit 500 000 habitants. Une proportion identique, mais inquiétante, d’une personne sur 36 à l’aide alimentaire des deux côtés de la frontière : voilà l’envers du décor d’une région prospère par ailleurs.
| Région | Population | Personnes ayant recours à l'aide alimentaire |
|---|---|---|
| Haute-Savoie | 83 000 | 23 000 |
| Canton de Genève et environs | 500 000 | 14 000 |
Les deux organisations ont noué des partenariats avec des enseignes et des grandes surfaces pour récupérer les invendus encore consommables et les offrir aux plus démunis sous forme généralement de paniers-repas, les “Colis du coeur”, à Genève.
Partage et BA74, toutes deux membres de la Fondation européenne des banques alimentaires (FEBA), se connaissent bien et collaborent volontiers. Elles se font même parfois des dons de stocks de denrées lorsqu’elles ont des surplus, ce qui leur permet notamment de diversifier le contenu de leurs paniers-repas. « Parmi les facteurs positifs, il existe un accord entre la France et la Suisse d’une durée de cinq ans permettant aux véhicules des banques alimentaires de passer la douane sans les formalités d’usage », explique Marc Nobs, directeur de Partage. « Du reste, ajoute Phillipe Abraham, c’est la Banque alimentaire de Haute-Savoie, située à proximité, qui opère le plus souvent dans le Pays-de-Gex, plutôt que la Banque alimentaire de l’Ain, basée à Bourg-en- Bresse.
Partage à Genève et BA74 ont aussi pour caractéristique commune d’être aidées par de nombreux bénévoles et de proposer des contrats d’insertion professionnelle. Sur les 21 salariés de la BA74, 17 sont en contrat d’insertion professionnelle en lien avec Pôle emploi, et sur les 40 salariés de Partage, 29 sont au bénéfice d’emplois de solidarité subventionnés par le canton.
Cette collecte a lieu plusieurs fois par an. Chaque année, l’événement permet de récolter près de 10% des approvisionnements annuels du réseau, soit l’équivalent de 20 millions de repas distribués en 2024. Malgré la quantité de produits récoltés, cela ne suffit pas à couvrir les besoins de la population genevoise qui vit dans la précarité. La Fondation, grâce à des dons, complète ses stocks en achetant des produits frais tels légumes et lait, par ex.
La Banque alimentaire a toujours trois sources de denrées, explique le président de la BA74 Philippe Abraham, il y a les ramasses quotidiennes qui nous amènent 1 000 tonnes de nourriture par an, dont des produits frais, la collecte nationale de novembre et la collecte de printemps, soit environ...
Les Sœurs du Grand Lancy et du Lignon sont bénéficiaires de cette Banque alimentaire genevoise depuis décembre 2016 au même titre que d’autres Associations, publiques et privées, plus importantes. Elles peuvent ainsi contribuer, dans la mesure de leurs possibilités à soulager les budgets de 7 familles, suisses, originaires des Balkans et d’Afrique. Récemment, en relation avec le groupe OZANAM, elles continuent d’assurer une distribution une fois par mois. Outre l’aide alimentaire, ce service permet de rester à l’écoute de personnes en prise avec des réalités diverses, voire de servir de relais vers d’autres services.
Cette même Fondation PARTAGE fournit également, une partie des biens alimentaires à l’Association le CARE (Caritas, rencontre, entraide) qui offre gratuitement, chaque jour, des repas chauds à près de 300 personnes. Le CARE s’est ajusté à la pandémie pour répondre à un nombre croissant de personnes dans le besoin et en marge. Les Filles de la Charité ont été actives au CARE depuis sa création et une sœur y est toujours engagée deux après-midis par semaine.
Enfin, dernier point commun, les deux associations ont dû faire face ces dernières années à une augmentation régulière des demandes et à une baisse des dons et approvisionnements. Depuis trois ou quatre ans, la baisse des dons et l’augmentation des demandes risquaient d’aboutir à une situation où, dans certains cas, la demande ne puisse plus être entièrement satisfaite. C’est en partie pour répondre à cette situation que depuis 2020, la BA74 procède ellemême à quelques achats directs, par exemple de riz dont elle n’a pas assez. Une des pistes de collaboration à l’avenir pourrait être de procéder à des achats groupés avec Partage. Ainsi, face à la nécessité, les deux organisations sont amenées à collaborer de plus en plus.
Les banques alimentaires représentent-elles à long terme une solution adéquate ? Non, disent les partisan·ne·s d’un « right to food » pensant que l’aide alimentaire - en dehors des moments de crise qui justifient sa présence - permet aux gouvernements locaux, régionaux ou nationaux de poursuivre leurs politiques d’austérité et de réductions dans l’aide sociale sans vraiment se préoccuper des causes de la pauvreté. En se définissant comme des entreprises de collecte et de redistribution évitant différentes formes de gaspillage, les banques alimentaires se conforment aux valeurs notamment écologiques défendues par maintes institutions et encouragent l’engagement de la société civile plutôt que celui de l’État.
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