Quand on est l’heureux propriétaire d’un chien, on cherche à lui offrir une alimentation de qualité adaptée à ses besoins. Mais comment faire le tri dans l’offre pléthorique qui s’offre à nous, et surtout décrypter la vérité derrière les discours marketing ? Dans ce dossier, on s’intéresse particulièrement à la viande dans les croquettes. Que dit la loi ? Quelles différences entre “viande fraîche” et “déshydratée” ? Sur quels critères se baser pour choisir au mieux l’alimentation de son chien ?
Les termes affichés sur les paquets de croquettes et sur les publicités sont réglementés par le Règlement 767/2009 du 13 juillet 2009. Suite à la vache folle et la crise mondiale, les Européens ont créé de nouvelles normes réglementaires sur l’alimentation animale pour protéger le consommateur (aussi bien l’être humain que les animaux de compagnie) en commençant par le tri des produits animaux en 3 catégories :
Il est également bon de savoir que l’ordre des aliments sur la liste des ingrédients correspond à l’ordre en quantité. Selon les dernières investigations de la DGCCRF, le défaut d’informations obligatoires en matière d’étiquetage pour les aliments composés et matières premières est particulièrement important. Les aliments mettent fréquemment en avant les matières premières d’origine animale (ex : poulet). Cela va de paire avec les représentations visuelles sur les paquets de croquettes. Les photos, images ou dessins de filet de poulet, entrecôte de bœuf et même les fruits et légumes frais sont strictement interdits par la réglementation.
Alors, qu’entend-on par “viande” dans les croquettes ? Le mot “viande” est à nuancer de la part des fabricants d’alimentation pour animaux. Le mot viande désignant le tissu musculaire des animaux et principalement des pièces nobles, on ne peut pas utiliser ce terme pour des croquettes qui utilisent des sous-produits animaux (co-produits de l’alimentation humaine), comme des abats, et des viscères. On appelle cela de la viande séparée mécaniquement (VSM). Il s’agit de produits obtenus par l’enlèvement, à l’aide de moyens mécaniques, de la viande des os ou des carcasses de volailles.
Obtenus après désossage, ces produits peuvent contenir des résidus d’os, de cartilages ou de moelle, contrairement aux viandes hachées ou aux viandes pour hachis. En fonction des fabricants, il y a des VSM de plus ou mois bonne qualité. Pour vérifier la qualité d’une protéine, il suffit de regarder le rapport phospho protidique qui s’obtient en divisant le taux de protéines par le taux de phosphore.
Vous l’aurez compris, entre les étiquettes qui nous promettent des morceaux de viande alléchants et la réalité, il y a un gouffre très obscur. Heureusement, toutes les marques n’abusent pas de représentations et de termes trompeurs, mais il reste essentiel en tant que consommateur de rester vigilant.
Une croquette est par définition un aliment solide et sec, qui doit contenir environ 10% d’humidité dans forme finale. La viande dans les croquettes sera donc toujours déshydratée.
La composition d’une croquette implique au minimum l’ajout de glucides, d’amidons, de protéines déshydratées, de minéraux et de vitamines. Souvent composées de sous-produits animaux de moindre qualité, tels que les abats, les plumes, les becs, les pattes, et même les carcasses, les croquettes aux protéines “classiques” sont loin d’être bénéfiques pour la santé de nos chiens. Il est essentiel de noter que toutes les protéines animales ne sont pas égales en termes de qualité.
Pour assurer une alimentation optimale à votre chien, privilégiez des sources de protéines de haute qualité, telles que les protéines d’insectes. Elles sont riches en acides aminés essentiels, présentes aussi dans les protéines animales traditionnelles de bonne qualité.
Quand on est perdus dans l’offre de croquettes, on peut avoir tendance à se diriger vers les recettes ayant le taux de protéines le plus élevé. Attention : comme on vient de le voir, la qualité des protéines et sa capacité à apporter tous les acides aminés essentiels est plus importante que la quantité.
Contrairement aux autres protéines animales, les insectes utilisés pour la fabrication des croquettes ne sont pas des “restes” mais sont utilisés dans leur intégralité. Les insectes ont un profil nutritionnel supérieur à la viande et présentent de nombreux avantages pour la santé de nos chiens. Les protéines d’insectes ont un taux de digestibilité de 84%, un résultat plus élevé que celui du poisson, pourtant réputée pour cette qualité. En plus d'être des protéines animales excellentes pour la santé de nos chiens et de nos chats, les insectes sont naturellement hypoallergéniques. Nos chiens n’ayant pas été exposés à cette source de protéines innovante, elles sont conseillées pour les chiens souffrant d’allergies alimentaires.
Vous avez maintenant tout en main pour décrypter les étiquettes de croquettes et ne pas tomber dans le piège des fabricants qui voudraient vous faire croire que la viande utilisée est noble. Si certains d'entre eux essaient réellement de proposer des croquettes à base de protéines de qualité, c'est malheureusement loin d'être la norme du marché. Chez réglo, nous pensons qu'il est essentiel de ramener du bon sens dans cette industrie, avant tout pour la santé de nos chiens.
Dans l’univers de l’alimentation industrielle pour chiens et chats, il est courant d’entendre des termes tels que « protéines déshydratées » et « viande fraîche » sur les emballages des produits. Cependant, ces termes peuvent parfois sembler confus pour les consommateurs et peuvent être utilisés de manière trompeuse dans le marketing.
| Terme | Définition | Utilisation |
|---|---|---|
| Protéines Déshydratées (PAT) | Protéines issues de sous-produits animaux de catégorie 3, cuites et déshydratées. | Source principale de protéines dans les croquettes. |
| Viande Séparée Mécaniquement (VSM) | Viande obtenue par pression mécanique des carcasses. | Utilisée dans l'alimentation humaine et parfois animale, qualité variable. |
| Viande Fraîche | Chair musculaire striée squelettique non transformée. | Souvent utilisée en marketing, mais peut contenir de la VSM. |
Depuis des années, on vous demande de regarder la composition des croquettes. Mais est-ce vraiment suffisant d'analyser uniquement la liste des ingrédients pour juger de la qualité d'un produit ? On va oublier tous les arguments marketing de type 100% naturel, croquettes écologiques, sans additifs artificiels, riches en viande ou encore sans sous-produits. On fait l’impasse sur la jolie photo de filet de viande crue ainsi que sur le paysage d’arrière-plan digne de National Geographic. Basons-nous sur le concret !
Sur tous les paquets de croquettes et toutes les boîtes de pâté, figure la liste des ingrédients. Il s’agit là d’un affichage obligatoire prévu par le règlement CE 767/2009 du 13 juillet 2009. La réglementation oblige les fabricants à inscrire les ingrédients par ordre de poids en fonction de leur quantité. Si le premier ingrédient est le maïs, cela sous-entend que le maïs est l’aliment le plus présent dans le produit. Etant un aliment sec, le plus souvent extrudé, elle contient aussi en quantité plus ou moins importante d’amidon. Maïs, blé, seigle, orge, riz, tubercules et légumineuses sont en effet indissociables de notre croquette pour pouvoir lui conférer sa forme et sa texture. Sans eux, pas de croquette mais une poudre pas très pratique à manger. Cette liste n’est pas anodine car elle obéit à des règles mais elle présente aussi quelques pièges.
On retrouve souvent le poulet en 1er ingrédient et c’est super… enfin… ça l’est moins s’il est frais et non déshydraté. Car notre beau poulet frais (40%) est en réalité présent pour moins de 15% dans notre croquette. Pourquoi ? Car le poulet frais, qui est composé d’environ 70 à 75% d’eau, va perdre cette eau une fois la croquette cuite. Et ceci est valable pour TOUS les aliments riches en eau que ça soit de la viande, du poisson ou des légumes frais. On estime que le pourcentage moyen de la quantité réelle d'un ingrédient après cuisson correspond au quart de la quantité indiquée en frais. Ne vous laissez donc pas (trop) séduire par les pourcentages très élevés de "frais". A l’inverse, 15% de poulet déshydraté (ou tout autre ingrédient déshydraté) reste en l’état dans le produit final.
Connaissez-vous la différence entre les ingrédients suivants :
Et bien... il n’y en a aucune, c’est exactement la même chose à savoir des protéines animales transformées (PAT). Je vous vois venir, la farine animale vous fait peur car on a tous en tête le scandale de la vache folle. Mais sachez que, comme pour tout, il y a différentes qualités et que le simple fait qu’il soit indiqué "protéines de poulet déshydratées" dans la liste des ingrédients ne renseigne en rien sur la qualité intrinsèque de l’ingrédient utilisé. Le seul terme officiel qui devrait figurer sur toutes les listes d’ingrédients est "protéines de xxx déshydratées". Seulement voilà, il existe aujourd’hui une tolérance règlementaire car les consommateurs ne sont pas prêts psychologiquement à lire ce terme.
Certaines dénominations sont ambigües : par exemple, 2 aliments entre 2 virgules comme ", viandes et sous-produits animaux," ne comptent que pour un ingrédient. Or, il peut n’y avoir que 3% de viandes et 97% de sous-produits, comme l’inverse.
Il faut se méfier du mot "viande" dans la liste des ingrédients car selon le règlement UE 1017/2017 du 15 juin 2017, le terme de "viande ou viandes" ne peut être employé que si l'on incorpore du muscle squelettique. Autrement dit, du filet de viande comme on pourrait l’acheter en supermarché ou en boucherie.
Or, soyons clairs, en petfood ça n'arrive jamais d'avoir du muscle squelettique. Bien des marques indiquent utiliser de la vraie viande et ceux même si on leur pose la question directement. Alors qu’il s’agit en réalité de VSM (viande séparée mécaniquement) et ça, ça ne peut pas s'appeler de la viande. La VSM est mélangée à de la carcasse et le tout est transformé en protéines animales transformées (PAT). Les fabricants utilisent pour leurs croquettes haut de gamme des PAT plus riches en viande qu'en os. Dans les croquettes bas de gamme, les PAT sont plus riches en os car moins onéreuses à l'achat. Les marques qui utilisent le terme "viande" sur leur étiquette, soit ne connaissent pas la loi, soit mentent délibérément. Dans les deux cas c’est plutôt inquiétant…
Cela rejoint un peu les pièges précédents, mais je trouve qu’il est important de bien comprendre de quoi il retourne. Lorsqu’on voit "poulet frais" ou "poisson frais" dans la liste des ingrédients, on imagine que ce sont des animaux entiers et vidés qui sont utilisés. En réalité, ce qui arrive en "frais" dans les usines de petfood sont des restes de la chaine d’alimentation humaine (donc de qualité de consommation humaine). La plupart du temps cela prend la forme de bacs remplis de reste de poisson ou de viande, le tout baignant dans de la graisse.
Cela dit, même si cela ne correspond pas à votre imaginaire, ce ne sont pas des ingrédients de qualité médiocre. Au même titre que les protéines animales transformées ne sont pas forcément mauvaises.
Les sous-produits sont des produits secondaires créés en surplus du produit principal. Ils concernent aussi bien les abats de qualité comme le cœur ou le foie que d’autres beaucoup moins digestes comme le poumon ou les mamelles. Le son de blé, est aussi considéré comme un sous-produit négatif alors qu'il est en réalité très utile pour la bonne digestion. Idem pour la pulpe de betterave, elle est bien moins mauvaise que sa réputation sur le net car ce n’est en rien un déchet de l'industrie sucrière !
Attention aux on-dit du net : poils, cornes, sabots, laines ou autres sont exclus de l’alimentation animale, d’autant qu’ils n’ont aucune valeur nutritionnelle. Il est cependant possible d’utiliser des plumes et des becs, mais ces matières premières ont été transformées au préalable sous forme d’additifs ou de protéines hydrolysées. Ils apportent à l’aliment des acides aminés d’intérêt et des protéines facilement digérées par les animaux.
L’affichage réglementaire des aliments pour animaux est encadré par le règlement CE 767/2009, modifié à plusieurs reprises depuis, jusqu'au dernier règlement en vigueur n°2017/2279 du 11 décembre 2017. Dans les mentions obligatoires, on trouve les pourcentages de :
Il existe d’autres mentions obligatoires que les fabricants doivent toujours indiquer. Il s’agit des additifs (vitamines, provitamines, zootechniques, oligo-éléments...), des arômes et des conservateurs.
Une bonne croquette est composée en majorité de divers ingrédients d'origine animale ainsi qu’un peu de légumes et/ou de fruits afin d’apporter tous les nutriments essentiels aux besoins de votre animal. Ne vous laissez pas avoir par les arguments marketing, trop souvent abusifs, des marques en vogue.
Si vous avez opté pour une croquette riche en protéines avec une composition qui vous semble au top, mais que même après une bonne transition, votre chien ou chat part en diarrhée, alors il ne faut pas insister et trouver une autre référence. N'oubliez pas : l’analyse seule de la composition ne suffit pas !!! Car elle ne donne que trop peu d’informations sur la digestibilité et la qualité des ingrédients.
L’origine du lieu de fabrication et des matières premières, le niveau de gélatinisation de l’amidon (pour la digestibilité), l’indice de peroxydation (pour la conservation des acides gras), le taux d’hydroxyproline (pour la qualité des protéines), le profil en acides aminés des protéines utilisées, la teneur réelle des protéines d’origine animale, etc... sont autant d'informations qu'aucun particulier ne peut obtenir.
D’où l’importance de corréler l’analyse de la composition à l’analyse des taux afin d'obtenir une vision d'ensemble. N'oubliez pas que les aliments médicalisés sont très spécifiques et peuvent ne pas correspondre aux recommandations de cet article. Ceci est tout à fait normal, car le but visé par ce type d'alimentation est avant tout thérapeutique et cela nécessite des ajustements nutritionnels précis.
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