Pour donner encore plus de goût à vos plats, rien de tel qu’un bon jus de veau ! C’est simple, savoureux, et ça change tout. Vous vous êtes déjà demandé pourquoi les sauces sont toujours plus savoureuses au restaurant, en particulier la fameuse sauce au poivre ? Ce qui fait toute la différence, c’est le jus de veau. Cette préparation aux saveurs profondes, c’est la botte secrète de tous les cuisiniers aguerris. Contrairement à ce qu’on s’imagine, concocter un jus de veau, cela n’a rien de sorcier, c’est même à la portée de tous !
Si vous suivez à la lettre les conseils que nous a prodigués Romain Bonnet, le chef du restaurant Omija auréolé en 2025 par une étoile Michelin, vous parviendrez sans aucun doute à réaliser un jus de veau digne des plus grandes tables.
Sans surprise, pour préparer un bon jus de veau, vous aurez besoin… de veau. "Demandez à votre boucher des parures, c'est-à-dire les parties un peu grasses de la viande et quelques os", nous informe Romain Bonnet en introduction de sa recette. Une fois le précieux butin récupéré, filez en direction des fourneaux.
Faites chauffer un sautoir ou une grande casserole à feu doux pour lancer la préparation. "Le but, c'est de bien faire revenir nos os et nos parures de veau dans l'huile, il faut que ce soit brun, mais pas noir. Il ne faut pas que ce soit brûlé, sinon cela apporte de l'amertume", conseille le professionnel. N’oubliez pas de remuer régulièrement et de gratter les sucs, c’est ce qui va donner du goût à votre jus.
Une fois vos parures et vos os bien colorés, déglacez le tout avec un vin blanc ou un vin rouge, selon ce que vous préférez. "Ajoutez la garniture aromatique comme un morceau de poireau, une carotte, un oignon, une petite gousse d'ail, et après, laissez cuire jusqu’à ce que les légumes soient également bien colorés. Quand c’est prêt, passez le tout au chinois pour dégraisser vos ingrédients et remettez votre préparation dans le sautoir. Mouillez à hauteur, autrement dit, versez de l'eau jusqu'à recouvrir le contenu de la casserole", nous récite le chef.
Vous vous demandez combien de temps faut-il laisser mijoter vos parures ? Malheureusement, il n’y a pas d’indication précise, puisque cela va dépendre de la quantité de parures et d’os, mais le secret du chef Bonnet, c’est de laisser mijoter jusqu’à ce que le jus réduise de moitié.
"Quand c’est fait, passez-le au chinois pour avoir une préparation très claire. Ensuite, faites encore réduire ce jus-là, et vous aurez un jus de veau bien corsé. Vous pouvez ensuite le monter au beurre ou avec une huile, en fonction des goûts de chacun", conclut notre expert.
Souvent confondus, le jus de veau et le fond de veau sont en réalité deux préparations bien distinctes. Le jus de veau se réalise à partir de parures et de quelques os seulement, ce qui donne un résultat concentré en goût, mais assez fluide. À l’inverse, le fond de veau nécessite une grande quantité d’os et très peu de viande : c’est ce qui lui confère une richesse en collagène et une texture beaucoup plus gélatineuse.
Autre différence notable : le fond de veau est généralement préparé pour de plus gros volumes et sa cuisson se fait au four, tandis que le jus de veau, lui, mijote tranquillement à la casserole.
| Caractéristique | Jus de veau | Fond de veau |
|---|---|---|
| Ingrédients | Parures et quelques os | Grande quantité d'os et peu de viande |
| Texture | Concentré et fluide | Riche en collagène et gélatineuse |
| Volume | Plus petit | Plus grand |
| Cuisson | Casserole | Four |
Elles sont, historiquement, l’un des éléments centraux de la cuisine française. Elles subliment les plats et leur donnent plus d’onctuosité, de profondeur, de saveur ou de piquant. Durant l’époque romaine et jusqu’au Moyen-Age, les cuisiniers faisaient bouillir la viande avant de la cuire. Les sucs s’évaporaient alors dans l’eau et il était compliqué d’en retirer davantage de saveurs.
C’est au Moyen-Age qu’ont été pensées les premières sauces au jus de viande. Bien que les viandes continuaient d’être bouillies avant de rôtir à la broche ensuite, on a commencé à récolter les sucs durant la cuisson, très souvent grâce à la technique du déglaçage au vinaigre blanc ou au vin rouge.
Le jus de viande s’obtient après cuisson de la viande. Très souvent, on utilise la méthode du déglaçage. Déglacer, c’est verser un liquide dans un plat dans lequel vient de cuire une viande afin de délayer et de dissoudre les sucs caramélisés qui se sont déposés au fond du récipient. La viande rouge se prête très bien au déglaçage.
Il est également possible de recueillir simplement des jus de cuisson en plaçant un bac en dessous de viandes rôties à la broche.
Onctueuses, nappantes, légères ou plus complexes, il existe de nombreuses déclinaisons de sauces au jus de viande.
La base de la sauce fond de veau, c’est tout simplement un bouillon très concentré préparé à partir d’os et de parures de veau, associés à une garniture aromatique. En cuisant longtemps, les os libèrent collagène et gélatine : ce sont eux qui donnent cette texture nappante aux sauces, sans avoir besoin de farine ou de fécule en excès.
Traditionnellement, on prépare un fond brun de veau traditionnel : les os sont d’abord rôtis au four avec les légumes (carotte, céleri, oignon), ce qui donne une couleur ambrée et un goût plus corsé. À l’inverse, le fond blanc est réalisé sans coloration, pour des plats comme la blanquette.
Point important : on ne sale pas le fond de veau pendant la cuisson. Comme il est souvent réduit pour réaliser une sauce demi-glace ou un jus très concentré, le sel se trouverait lui aussi concentré, avec un risque de sauce immangeable. On sale donc uniquement au moment de finaliser la sauce, une fois la réduction terminée.
Si on a un peu de temps un week-end, préparer un bon fond de veau maison, c’est un investissement pour tout le mois. On commence par disposer les os de veau sur une plaque de four avec les légumes coupés en gros morceaux. On enfourne à 200 °C pendant 30 à 40 minutes, en mélangeant de temps en temps, jusqu’à ce que tout soit bien doré, presque caramélisé.
On transfère le tout dans une grande marmite, on ajoute le concentré de tomate qu’on fait légèrement rissoler, puis on mouille à l’eau froide jusqu’à recouvrir largement les os. On porte à ébullition, on écume soigneusement (cette mousse en surface qui troublerait le fond), puis on baisse le feu pour maintenir un frémissement à peine visible. On laisse cuire ainsi 4 à 6 heures, en complétant un peu d’eau si nécessaire. Plus la cuisson est longue, plus on extrait collagène, gélatine et saveurs des os.
En fin de cuisson, on filtre soigneusement à travers une passoire fine ou un linge propre, sans presser les os pour ne pas troubler le liquide. On laisse refroidir au frais, puis on retire la couche de gras solidifiée à la surface.
On n’a pas toujours 6 heures devant soi. Heureusement, il est tout à fait possible de préparer une recette sauce fond de veau simple, très rapide, en utilisant soit un fond maison déjà prêt, soit un fond de veau en poudre de bonne qualité. Dans une petite casserole, on fait revenir l’échalote à feu doux avec un peu de beurre ou d’huile, juste pour la rendre translucide.
On déglace ensuite avec le vin : on laisse bouillir quelques minutes pour évaporer l’alcool et concentrer le goût. On ajoute ensuite le fond de veau et on laisse réduire à feu moyen, jusqu’à obtenir environ la moitié du volume de départ. Cette réduction concentre les saveurs et épaissit légèrement la sauce grâce à la gélatine naturellement présente dans le fond.
Pour finir, on incorpore la crème ou, pour une sauce plus brillante, quelques petits morceaux de beurre froid hors du feu, en fouettant. On peut ajouter une pointe de moutarde, du poivre concassé, ou quelques herbes fraîches.
Entre un fond de veau maison vs fond de veau en poudre, le cœur balance souvent entre goût, temps disponible et praticité. Les deux solutions ont leurs avantages et on peut très bien alterner selon les semaines, les recettes et l’énergie du moment. Si on aime cuisiner et qu’on prépare souvent des plats mijotés, investir dans un bon lot de fond maison (puis le congeler en portions) est une excellente idée.
On entend souvent parler de fond blanc vs fond brun sans toujours bien savoir lequel utiliser. Pour simplifier, le fond brun (avec les os et légumes rôtis) donne des sauces plus colorées et plus marquées, parfaites pour les viandes rôties ou grillées. Pour une sauce fond de veau classique, surtout avec des viandes rouges ou des viandes dorées à la poêle, on privilégie généralement le fond brun.
Mais on peut tout à fait adapter : certains plats de veau, de volaille ou même de légumes rôtis gagnent à être cuisinés avec un fond plus doux, moins coloré.
| Type de Plat | Fond Recommandé |
|---|---|
| Viandes rouges | Fond brun |
| Veau ou volaille | Fond blanc ou brun léger |
| Plats mijotés | Fond brun |
Une fois qu’on a compris le principe, on peut décliner la sauce fond de veau à l’infini ou presque. Pour les viandes rouges, un jus corsé au vin rouge fonctionne très bien : après avoir fait revenir votre pièce de bœuf, on déglace la poêle avec un peu de vin rouge, on ajoute du fond brun de veau, on laisse réduire, puis on monte avec une noix de beurre.
Pour le veau ou la volaille, on peut préparer une sauce crème-champignons : on fait dorer les escalopes, on retire la viande, on fait revenir des champignons émincés, on ajoute un peu de fond de veau (blanc ou brun léger), on laisse réduire, puis on termine avec de la crème. Dans un registre plus familial, le fond de veau fait merveille dans une blanquette ou un mijoté : il remplace avantageusement les cubes de bouillon et apporte ce petit côté “chez le traiteur” aux sauces.
Une fois le fond prêt, l’enjeu est surtout de bien le doser, le réduire si besoin et le conserver sans gaspillage. Pour les sauces les plus concentrées, on réalise une sauce demi-glace en laissant réduire le fond de veau jusqu’à ce qu’il soit deux à trois fois plus concentré.
En allant encore plus loin, on arrive à ce qu’on appelle une “glace de viande” : le fond réduit tellement qu’il devient presque sirupeux et très sombre. Un simple petit morceau suffit alors à relever une sauce ou un jus.
Côté conservation fond de veau, quelques repères simples : au réfrigérateur, un fond maison se garde 3 à 4 jours, dans un récipient bien fermé. Les fonds en poudre ou en pâte, eux, se gardent plusieurs mois à température ambiante, à l’abri de l’humidité. On pense simplement à bien refermer la boîte et à respecter les dosages indiqués, surtout à cause du sel.
Le Jus de veau lié appartient à la famille des jus et réductions (S-8), ces sauces chaudes qui privilégient la pureté et l’intensité gustative. Sa réalisation repose sur la technique de réduction, concentrant les saveurs d’un fond brun de veau additionné d’échalotes ciselées et déglaçé au vin blanc.
L’ajout de thym apporte une note aromatique subtile, tandis que le beurre froid incorporé en fin de cuisson confère l’onctuosité recherchée. Cette sauce de la cuisine française classique développe des saveurs profondes et authentiques, révélant toute la noblesse du veau. Elle accompagne idéalement le veau sous toutes ses formes : rôti de veau, côte de veau grillée ou braisée.
En restauration collective, sa production en volume nécessite une maîtrise parfaite de la réduction et un maintien en température adapté pour préserver ses qualités organoleptiques. Mise en place : Peser tous les ingrédients. Ciseler finement les échalotes. Effeuiller le thym frais. Sortir le beurre et le découper en dés de 2cm. Mesurer le fond de veau et le vin blanc. Préparer chinois étamine et bacs GN de stockage. Vérifier température fond (à température ambiante).
Astuce chef : La liaison au beurre doit se faire hors du feu pour éviter de faire tourner l'émulsion. Incorporer les dés de beurre un par un en fouettant énergiquement.
Conservation : Liaison chaude +63°C max 2h. Liaison froide : DLC J+3 à +3°C.
Point critique HACCP : Maintien +63°C obligatoire. Réduction alcool 3 min ébullition. Refroidissement rapide si liaison froide.
[Insérer ici les valeurs nutritionnelles si disponibles]
Le jus de veau lié représente l’excellence culinaire française par sa technique de réduction maîtrisée et sa capacité à magnifier les viandes nobles. Cette sauce accompagne parfaitement l’escalope de veau milanaise, le rôti de veau aux herbes, la côte de veau grillée ou le quasi de veau braisé.
En service collectif, maintenez cette sauce à 65°C minimum et comptez 30 ml par portion, en nappant délicatement la viande au moment du dressage pour préserver sa brillance. Vous pouvez décliner cette base en version allégée en réduisant le beurre, ou l’enrichir d’estragon pour une variante saisonnière.
Cette sauce illustre parfaitement comment un accompagnement technique peut transformer un plat simple en expérience gastronomique, apportant cette dimension supplémentaire qui fait la différence dans l’assiette du convive.
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