E407 : vous avez sans doute déjà croisé ce sigle énigmatique sur vos étiquettes de yaourts ou de crèmes dessert. Il désigne les carraghénanes, des extraits d’algues rouges très utilisés dans l’industrie agroalimentaire… Mais de plus en plus controversés. Les carraghénanes sont des additifs d’origine marine utilisés pour épaissir, gélifier ou stabiliser les aliments. Les carraghénanes sont des polysaccharides soufrés (galactanes sulfatés) extraits d’algues rouges du genre Chondrus crispus, Gigartina ou Eucheuma. Le carraghénane -ou carraghénine- est un polysaccharide -galactane- extrait d'algues rouges servant d'agent d'épaississement et de stabilisation dans l'industrie alimentaire. Il porte le code E407 de la classification des additifs alimentaires.
Chondrus crispus, une source d'extraits de carraghénanes.
Les carraghénanes sont omniprésents dans l’industrie agroalimentaire, surtout dans les produits transformés qui ont besoin d’une texture agréable, d’une bonne tenue dans le temps ou d’une certaine stabilité. Les carraghénanes sont aussi utilisés dans le domaine des cosmétiques et de l’hygiène. Vous l’aurez compris, les carraghénanes ne sont pas utilisés pour leurs bienfaits nutritionnels, mais bien pour leurs propriétés technologiques. Ils sont souvent utilisés dans des produits allégés, végétariens ou végétaliens, pour reproduire une texture agréable sans ingrédients d’origine animale ni excès calorique. Même les produits bio n’y échappent pas. On retrouve ainsi les carraghénanes dans des produits largement consommés comme certaines crèmes légères ou semi-épaisses, dans des laits chocolatés, des yaourts aux fruits, des crèmes glacées, des crèmes dessert, les laits végétaux ; ils sont également utilisés dans les plats préparés (lasagnes, saucisses lentilles…), les cordons bleus de poulet…
Les carraghénanes sont également utilisés dans les aliments pour animaux de compagnie, les produits cosmétiques ou encore l'industrie pharmaceutique.
Les carraghénanes permettent de former des gels à chaud -jusqu'à 60 °C- et présentent donc un intérêt par rapport aux gélatines animales traditionnelles.
Pour évaluer votre exposition à l'additif alimentaire E407 - Carraghénanes, vous pouvez parcourir la liste des produits qui en contiennent. Voir la liste des produits avec l'additif E407 - Carraghénanes ci-dessous.
Si les carraghénanes sont d’origine naturelle, cela ne signifie pas qu’ils sont inoffensifs. “Le fait qu’un ingrédient soit naturel est souvent utilisé comme un argument marketing, mais cela ne garantit pas son innocuité. L’arsenic et le cyanure sont eux aussi naturels… Mais hautement toxiques”, prévient Mathilde Touvier. En résumé, les carraghénanes (E407) sont omniprésents dans notre alimentation industrielle. Naturels, oui. Utiles à l’industrie agro-alimentaire, sans doute. Mais inoffensifs ? Pas sûr.
Les carraghénanes ont longtemps été considérés comme sûrs. Mais plusieurs études récentes, notamment menées dans le cadre du programme NutriNet-Santé, ont mis en évidence des associations entre la consommation de E407 et divers troubles de santé. Des scientifiques ont été amenés à se poser de sérieuses questions sur la toxicité de cet additif dans l'alimentation. À partir d'études effectuées sur des animaux, il a été démontré des cas d'inflammation intestinale, des ulcérations et des coliques en ajoutant cet additif alimentaire dans l'eau de boisson.
Certains praticiens recommandent d'éviter la consommation d'aliments contenant des carraghénanes, spécialement pour les personnes souffrant de problèmes gastro-intestinaux.
D’autres travaux expérimentaux menés sur des modèles animaux ont montré que les carraghénanes pourraient perturber la barrière intestinale, favoriser une inflammation chronique et modifier l’équilibre du microbiote. Des études récentes indique que le carraghénane pourraient aussi déclencher ou amplifier l'inflammation dans les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI). Le supprimer de l'alimentation, ainsi que les autres substances potentiellement en cause, peut être une solution efficace pour la rémission de la maladie. Des études supplémentaires doivent être menées pour confirmer l'effet pro-inflammation. Chez l’animal, cet additif provoquerait des ulcérations au niveau du côlon ainsi que des phénomènes inflammatoires dans différents tissus. Or, l'inflammation est impliquée dans de nombreuses maladies chroniques. Les carraghénanes sont d'ailleurs utilisés pour induire une inflammation chronique dans les modèles animaux.
Cet additif pourrait augmenter la perméabilité de la barrière intestinale, ainsi que les phénomènes inflammatoires, et perturber l'équilibre de la flore intestinale. Cette dysbiose peut contribuer au développement de nombreuses pathologies chroniques.
Une certaine fraction des chaînes de polysaccharides constituant l’additif peut être dégradée en chaînes de plus petit poids moléculaire. On parle alors de carraghénanes dégradés, susceptibles de passer plus facilement la barrière intestinale. Différentes études ont montré un lien entre les carraghénanes dégradés et la promotion du cancer du côlon. Ces études ont conduit le Centre international de recherche sur le cancer (Circ) à classer les carraghénanes dégradés comme cancérogène possible (groupe 2B). Toutefois, leur utilisation est interdite dans certaines confiseries pour des risques d'étouffements.
Plus récemment, les résultats d'une étude de cohorte ont montré également qu’une consommation plus élevée de carraghénanes est positivement associée au risque de cancer du sein. Une étude récente a mis en lumière un lien entre une l’exposition aux additifs carraghénanes et un risque accru de cancer du sein, en particulier chez les femmes ménopausées.
D'après une étude de cohorte, cet additif est associé à un risque accru de diabète de type 2 lors de sa consommation régulière. Carraghénanes (ou E407) : augmentation du risque de diabète de 3 % pour chaque tranche de 100 mg par jour. Une étude récente a aussi mis en évidence un risque accru de diabète de type 2 chez les personnes qui consomment régulièrement des produits contenant de l’E407.
Une étude majeure publiée en 2024 par l’INRAE, menée sur 92 000 adultes français suivis pendant 6,7 ans en moyenne, a révélé des dangers des carraghénanes particulièrement préoccupants :
Une étude clinique récente a mis en évidence de nouveaux dangers des carraghénanes concernant le métabolisme glucidique :
Une étude parue dans BMC Medicine suggère que les carraghénanes peuvent contribuer à la résistance à l’insuline et à l’inflammation chez des personnes en surpoids par le biais de mécanismes pro-inflammatoires dans l’intestin. 20 hommes ont participé à cet essai randomisé contrôlé. L'intervention consistait en la prise orale de carraghénane (250 mg) ou d'un placebo le matin et le soir, et chaque intervention durait 2 semaines. Résultats : chez les participants en surpoids, l'exposition au carraghénane a entraîné une diminution de la sensibilité à l'insuline, une tendance à l'augmentation de l'inflammation cérébrale et une élévation des taux de protéine C-réactive (CRP) et d'IL-6 par rapport au placebo.
Les dangers des carraghénanes s’étendent également aux réactions allergiques, notamment dans le contexte du syndrome alpha-gal :
À ce jour, les carraghénanes sont autorisés dans l’Union européenne par l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments), qui les considère comme sûrs pour la consommation humaine. Toutefois, par mesure de précaution, leur usage est interdit dans les préparations destinées aux nourrissons de moins de 12 mois. Aux États-Unis, la FDA (Food and Drug Administration) classe également les carraghénanes dans la catégorie “Generally Recognized As Safe” (GRAS). En résumé, aucune recommandation stricte ne limite aujourd’hui leur consommation, et aucune dose journalière admissible (DJA) n’a été définie.
Les autorités européennes ont finalement décidé de tolérer un maximum de 5 % de carraghénanes dégradés au sein de l'additif.
Le groupe d’experts de l’Efsa a fixé une dose journalière admissible (DJA) provisoire de 75 mg/kg de poids corporel qui doit être réévaluée dans les 5 ans.
Beaucoup me demandent si l’agar-agar présente les mêmes dangers des carraghénanes. L’agar-agar ne présente pas les dangers des carraghénanes documentés par la recherche scientifique.
D’une manière plus générale, il vaut mieux limiter au maximum la consommation de cet additif. Face aux dangers des carraghénanes documentés par la recherche, voici mes recommandations pratiques :
Privilégiez une alimentation peu transformée, lisez attentivement les étiquettes et optez pour des alternatives naturelles comme l’agar-agar pour vos préparations maison.
Si aucune réglementation ne les remet encore en question, les récentes études pointent des liens possibles avec certains risques pour la santé. Les dangers des carraghénanes s’ajoutent à la longue liste des additifs alimentaires problématiques qui envahissent notre alimentation moderne. Face à l’accumulation de preuves scientifiques sur les dangers des carraghénanes, une approche de précaution me semble justifiée.
Cet article s’appuie sur les dernières données scientifiques disponibles concernant les dangers des carraghénanes. Les références incluent notamment l’étude INRAE/NutriNet-Santé de 2024, les évaluations de l’EFSA, les classifications du CIRC et de nombreuses publications scientifiques peer-reviewed.
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