Les troubles des conduites alimentaires (TCA) concernent près d'un million de personnes en France. Ce sont des maladies mal connues, qui sont source de complications parfois très graves. Plus de la moitié d’entre elles ne sont pas dépistées et n’accèdent pas encore aux soins !
Les TCA les plus fréquents sont l’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie boulimique. Ces pathologies ne doivent pas être confondues avec des habitudes de grignotage, de suralimentation ou des restrictions alimentaires liées à un régime. Les TCA peuvent débuter de manière insidieuse. Et un jour, l’entourage se rend compte que la maladie s'est installée. Un enjeu est celui du repérage précoce.
Un trouble du comportement alimentaire (TCA) se caractérise par une perturbation du comportement en lien avec l’alimentaire, le poids et/ou l’apparence physique de la personne. Le trouble va affecter durablement la santé de la personne, son quotidien et ses relations personnelles et sociales.
Les différents types de troubles alimentaires.
Les troubles des conduites alimentaires (TCA) sont des pathologies fréquentes en France.
La prévalence des TCA est élevée en population générale. D’après la littérature, la prévalence « vie entière » des TCA typiques (AM, boulimie, hyperphagie boulimie) est de 8,4 % chez les femmes et 2,2 % chez les hommes. On note une augmentation nette de la prévalence entre la période 2000-2006 (3,5 %) et la période 2013-2018 (7,8 %).
Chiffres clés des TCA.
D’après le DSM-V, il existe 3 grandes catégories de TCA spécifiés typiques, une quatrième catégorie de TCA spécifiés atypiques et une cinquième catégorie englobant les TCA non spécifiés. Les trois TCA typiques sont l’Anorexie Mentale, la Boulimie et l’Hyperphagie Boulimique. Les TCA non spécifiés comprennent : le grignotage, l’hyperactivité, le Pica, le mérycisme, l’alimentation sélective.
L'anorexie mentale la plus classique est celle de la jeune fille entre 12 et 18 ans. Mais il existe des formes prépubères, qui surviennent avant l'apparition des premières règles, et des formes qui débutent à l'âge adulte. Dans 10% des cas, l’anorexie mentale touche le garçon.
L’anorexie mentale est un TCA dans lequel le patient(e) se livre à une restriction volontaire de nourriture. Dans ce cadre, l’ingestion est réduite en dépit des besoins physiologiques. L’anorexie mentale est souvent une maladie du contrôle. Le poids est en effet l’une des rares choses que l’on peut contrôler quasiment à 100%. La personne anorexique tire une grande satisfaction de pouvoir exercer ce contrôle. L’anorexie mentale est un moyen d’être parfaite y compris sur le plan du corps.
Pour faire le diagnostic d'anorexie mentale, on recherche essentiellement trois critères :
En dehors de ces signes cardinaux, on retrouve très fréquemment d'autres signes : une aménorrhée, c'est-à-dire la disparition (ou non-apparition pour les filles pré-pubères) des règles ; c'est un trouble endocrinien que l'on retrouve chez les garçons sous forme d'un désintérêt sexuel associé à une impuissance, souvent de très bons résultats scolaires, un certain désintérêt pour les questions relationnelles (amicales et amoureuses), la famille est au contraire surinvestie, au début, les personnes qui souffrent d’anorexie ne se sentent pas malades et c'est souvent la famille qui demande une consultation.
L'âge habituel de survenue de la boulimie se situe entre 18 et 20 ans. Le plus souvent il s'agit de jeunes filles ; la boulimie masculine est plus rare. Les symptômes boulimiques, comme les symptômes anorexiques, sont sous-tendus par l’insatisfaction corporelle et la peur de grossir. Mais si dans l’anorexie domine la restriction, dans la boulimie il y a perte de maîtrise.
Pour faire le diagnostic de boulimie, on recherche essentiellement trois critères :
Les personnes qui souffrent de boulimie font au moins une crise par semaine, elles peuvent en faire jusqu'à plusieurs par jour. Rarement, les crises s'enchaînent, même jour et nuit : on parle alors d’ « état de mal boulimique ».Au niveau organique, la complication la plus fréquente est une baisse du potassium sanguin, avec un retentissement cardiaque. On note également la survenue de problèmes dentaires et oesophagiens, et une augmentation caractéristique du volume des glandes parotides. Un suivi médical somatique rigoureux est indispensable pour le dépistage et le traitement de ces complications.
Quand il y a des crises de boulimie sans comportements compensatoires pour prévenir la prise de poids, on parle d'hyperphagie boulimique, qui s'accompagne souvent d'obésité. L’âge moyen de début du trouble est de 21 ans.
L’hyperphagie boulimique est aussi appelée « accès d’hyperphagie », ou « binge-eating ».
Hyperphagie boulimique.
Les problèmes alimentaires sont parmi les plus durs à détecter. Généralement, la personne qui en souffre cache ses troubles, dont elle a honte. Parfois même, elle n’en est pas même consciente. C’est dans ce cas typique que ce site prend tout son intérêt: le rôle de la famille est capital, car c’est elle qui sera la mieux placée pour détecter que quelque chose ne tourne pas rond et aider la personne en difficulté à consulter.
Quelques signes peuvent alerter. Les premiers sont l'amaigrissement, ainsi que la modification du comportement alimentaire : la jeune fille va commencer à mettre la nourriture de côté, à contrôler ce qu’il y a dans son assiette. A l’inquiétude des parents, elle va répondre : « je n’ai pas faim » ou « je fais attention à ma ligne ».
ATTENTION AUX SIGNES D’ALERTE ! Chez les adolescentes, une perte de poids de 10% ou plus, des variations brutales de poids et de comportement, une aménorrhée, une préoccupation excessive autour de l’image du corps, de l’alimentation et de la diététique, ainsi qu’une mauvaise estime de soi, doivent être considérés comme des signes d’appel d’un comportement anorexique ou boulimique. D’autres signes comme les vomissements, le suivi « à la lettre » de régimes avec une perte de poids significative, une activité physique intense, témoignent d’un trouble alimentaire qui s’installe...
Une détection précoce des TCA est importante pour prévenir les risques d’aggravation et l’évolution vers des formes chroniques. L’installation d’une anorexie mentale, comme la plupart des troubles du comportement alimentaire, est souvent insidieuse chez les personnes concernées. Elle est généralement masquée par un régime alimentaire à visée amaigrissante ou un trouble digestif. Les signes évocateurs ont tendance à varier entre les filles et les garçons. Chez ces derniers, on retrouve plus souvent de la boulimie associée ainsi qu’une hyperactivité plutôt qu’un investissement intellectuel vis-à-vis de la nourriture.
Comme pour les autres TCA, l’installation de la boulimie se fait progressivement et elle est difficile à repérer. La boulimie et l’hyperphagie boulimique se manifestent toutes les deux par des comportements compulsifs incontrôlables autour d’un besoin de consommer de la nourriture. Ils se déroulent presque tout le temps hors des repas et sont cachés à l’environnement familial.
Le dépistage de l’anorexie mentale doit être systématique en cas de perturbation de l’image du corps. Il s’appuie sur la recherche d’une restriction alimentaire (anorexie), d’une perte de poids et de la présence de stratégie de contrôle de poids telle que l’hyperactivité physique, les vomissements provoqués ou la prise de laxatifs.
Pour établir le diagnostic de la boulimie et de l’hyperphagie boulimique, plusieurs éléments sont analysés, en particulier la répétition et la récurrence des accès boulimiques, et la présence ou l’absence de comportements compensatoires inappropriés visant à prévenir la prise de poids.
Les troubles des conduites alimentaires dépendent de facteurs individuels et socioculturels. Ils sont très souvent associés à un problème d’image du corps, appelé « dysmorphophobie ». L’anorexie mentale est notamment aggravée par un contexte social et médiatique où la minceur est survalorisée. Elle est très souvent associée à une mauvaise estime de soi.
Il y aurait également une part de génétique dans ces pathologies. Pour l’anorexie mentale, les gènes pourraient représenter 50 à 60 % des divers facteurs de risque. Une étude a notamment permis d’identifier huit régions génétiques fortement associées à l’anorexie mentale.
Facteurs de risques des TCA.
Les troubles alimentaires ne peuvent pas se régler sans l’aide de professionnels. De ce fait, il est indispensable de consulter un médecin généraliste et un médecin psychiatre. A l’inverse, il est inutile de négocier, de culpabiliser, voire de forcer la personne ayant des troubles alimentaires à manger.
Pour les troubles des conduites alimentaires, les spécialistes recommandent une prise en charge multidisciplinaire et la plus précoce possible. La mise en route du traitement doit donc associer le médecin traitant, les médecins spécialisés par exemple sur le plan digestif et cardiovasculaire, le médecin psychiatre ou le psychologue, et le médecin nutritionniste ou diététicien.
L’objectif est de limiter les conséquences somatiques des troubles, d’éviter les complications à long terme, et de comprendre les mécanismes psychologiques pour enrayer une évolution vers la chronicité et guérir. Pour le moment, aucun médicament n’a apporté la preuve d’un intérêt thérapeutique spécifique, sauf pour traiter les conséquences psychologiques ou somatiques des TCA.
Dans le traitement de l’anorexie mentale, les thérapies familiales se sont déjà montrées efficaces. Les thérapies cognitives et comportementales sont plutôt indiquées dans le cadre de la boulimie et de l’hyperphagie boulimique.
Il faut toujours une prise en charge somatique des troubles du comportement alimentaires du fait des risques physiques. En effet, il convient également de prendre en charge un éventuel autre trouble psychique sous-jacent. Le traitement des TCA reposent sur les psychothérapies, notamment thérapie cognitive et comportementale (TCC) et thérapie Interpersonnelle.
La Thérapie Interpersonnelle (TIP) et la Thérapie cognitive et Comportementale (TCC) sont à privilégier dans cette situation.
Les approches à médiation corporelle (sophrologie, relaxation, psychomotricité...) pourront avoir un grand intérêt, notamment pour aider la patiente à se réconcilier avec son corps. Des ateliers culturels peuvent compléter le dispositif ; il s’agira, par l’intermédiaire de l’art et de la fiction, de laisser se développer son imaginaire, d’éprouver des émotions, d’accéder à des représentations de soi et de pouvoir en parler avec d’autres.
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