Le gaspillage alimentaire est un problème majeur à l'échelle mondiale, avec des conséquences économiques, environnementales et sociales significatives. En France, la lutte contre le gaspillage alimentaire est devenue une priorité nationale, avec la mise en place de lois et d'initiatives visant à réduire le gaspillage à tous les niveaux de la chaîne alimentaire.
Selon le ministère de la Transition écologique, les Français jettent en moyenne 1,7 million d’aliments comestibles chaque année. Chaque année, « 25 kg de nourriture encore consommable » sont jetés à la poubelle par chaque Français, a indiqué à l’AFP Meleyne Rabot, la nouvelle directrice générale de Too Good To Go, l’entreprise spécialisée dans la valorisation des aliments invendus. L’entreprise a chiffré le coût de ce gaspillage pour chaque personne à près de 157 € de nourriture jetée chaque année.
Too Good To Go estime en outre que chaque Français est responsable de l’utilisation en vain de 1,3 km2 de terres agricoles et de 390 litres d’eau, « plus de 2 baignoires d’eau chaque semaine ». C’est à cette conclusion qu’arrivait l’étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en 2011. “À l’échelle mondiale, un tiers de la nourriture produite pour la consommation humaine est perdue ou gaspillée”.
Selon le ministère de l’agriculture, en 2020, le gaspillage alimentaire s’élevait à plus de 8,7 millions de tonnes. En 2023, 9,7 millions de tonnes de déchets alimentaires ont été produits en France, soit 142 kg par personne. Le gaspillage alimentaire représente donc 3,8 millions tonnes de déchets issues des parties comestibles des aliments (aliments non-consommés encore emballés, restes de repas, etc.), soit 55 kg par personne.
La France se situe au-dessus de la moyenne européenne (130 kg par habitant).
Selon l’Ademe, le “gaspillage alimentaire est défini comme étant toute nourriture destinée à la consommation humaine qui, à une étape de la chaîne alimentaire, est perdue, jetée ou dégradée”.
En 2016, l’Ademe a publié une étude pour en savoir plus sur l’ampleur du gaspillage alimentaire en France et décortiquer le contenu de nos poubelles. Ainsi, chaque année ce sont “10 millions de tonnes de produits perdus et gaspillés pour l’alimentation humaine”, estime l’agence. En d’autres mots, un habitant-type jetait 150 kg de déchets alimentaires par an. Selon l’étude, l’impact carbone de ces pertes et gaspillages correspondait à 15,3 millions de tonnes équivalent CO2 (Mteq).
En octobre 2023, le ministère a publié les chiffres de l’année 2021. Résultat ? Le gaspillage alimentaire est resté au même niveau qu’en 2020. Ces données permettront de suivre l’évolution du gaspillage alimentaire en France dans les prochaines années.
Toutes les étapes de la chaîne alimentaire sont concernées. La part de ce gaspillage varie d'une étape à l'autre, et représente :
Selon l’étude du ministère de l’agriculture parue en 2022, les ménages seraient à l’origine de près de la moitié (46%) des déchets alimentaires. Viennent ensuite les industries agroalimentaires (20%), la production primaire (14%), la restauration (13%) et enfin la distribution (7%).
En France, depuis 2013 et le lancement du pacte de lutte contre le gaspillage alimentaire, plusieurs mesures visent à limiter le gaspillage alimentaire. Avant qu’une législation soit mise en place en faveur de la lutte contre le gaspillage alimentaire, l’ensemble des parties prenantes avaient été réunies sous le Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a été signé pour 2013 et renouvelé pour deux périodes de 3 ans.
La mesure la plus importante est la loi Agec, ou loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, promulguée en février 2020. Celle-ci a pour objectif de lutter contre les gâchis et la surconsommation inutile. Elle a notamment entraîné la création du label national anti-gaspillage alimentaire et prévoit de réduire de 50% les déchets alimentaires d’ici à 2025 ou 2030. Cette date limite varie selon les secteurs et la réduction se mesure par rapport aux niveaux de 2015.
La loi a notamment introduit une hiérarchie des actions à mener en matière de lutte contre le gaspillage alimentaire, en donnant la priorité à la prévention, puis au don ou à la transformation. Viennent ensuite la valorisation en alimentation animale ou sous forme d’énergie. La destruction est envisagée en dernier recours.
Les distributeurs ayant une surface de vente de plus de 400 m², les opérateurs de la restauration collective préparant plus de 3 000 repas par jour, et les opérateurs de l’industrie agroalimentaire ayant un chiffre d’affaire supérieur à 50M€, et les grossistes (chiffre d’affaires supérieur à 50M€) doivent par ailleurs proposer des conventions de don à des associations d’aide alimentaire pour écouler leurs invendus. Il est en outre interdit, dans l’industrie agroalimentaire et la restauration collective, pour les grossistes et les distributeurs, de rendre impropres leurs denrées alimentaires invendues encore consommables. Les contrevenants s’exposent à une amende pouvant atteindre jusqu’à 0,1 % de leur chiffre d’affaires.
La France s’est par ailleurs dotée d’un objectif global de réduction du gaspillage alimentaire de 50 % entre 2015 et 2025 dans les domaines de la distribution alimentaire et de la restauration collective d’ici 2025, et de 50 % entre 2015 et 2030 dans les domaines de la consommation, de la production, de la transformation et de la restauration commerciale.
En 2020, la loi prévoit la mise en place d’un label national « anti-gaspillage alimentaire » visant à valoriser les acteurs de la chaîne alimentaire qui contribuent aux objectifs nationaux de réduction du gaspillage alimentaire. Ce label est aujourd’hui disponible pour le secteur de la distribution (grandes et moyennes surfaces, grossistes et métiers de bouche). Suivent le référentiel pour le secteur de la restauration (restauration collective et commerciale) en 2025, puis celui de l’industrie agroalimentaire.
Depuis 2022, les États membres doivent rapporter chaque année les quantités de déchets alimentaires produites à chaque étape de la chaîne alimentaire (production primaire, transformation, distribution, restauration, ménages).
La directive-cadre déchets, qui fixe les orientations majeures de la politique de gestion des déchets, a été révisée pour y introduire notamment des objectifs de réduction des déchets alimentaires d’ici 2030 au niveau européen, à l’image de ce qui a été fait en France. Le Conseil et le Parlement se sont ainsi accordés en 2025 sur les objectifs suivants :
Pour limiter le gaspillage alimentaire au niveau des ménages, les opérations de sensibilisation et d’éducation ont pourtant montré leur efficacité. Cela a notamment été le cas de la Zéro Gâchis Académie, une opération nationale menée par l’Ademe et trois associations de consommateurs (CSF, CLCV, Familles Rurales) en 2019. Cette initiative a accompagné 243 foyers pendant trois mois. Cela leur a permis de prendre conscience de l’ampleur du gaspillage alimentaire et de mettre en place certains gestes anti-gaspi dans leur quotidien.
D’après le compte rendu de l’Ademe, les foyers ayant participé à l’opération ont réduit leur gaspillage alimentaire de 59%. “Les foyers passent en moyenne de 25,5 à 10,4 kg gaspillés par an et par personne, soit 30 repas économisés”, explique l’agence. Et ce n’est pas tout, le changement amené par la Zéro Gâchis Académie semble durable.
Le gaspillage alimentaire représente un prélèvement inutile de ressources naturelles (terres cultivables, eau, etc.), et des émissions de gaz à effet de serre qui pourraient être évitées. Ces dernières sont évaluées par l’Ademe à 4,2 % de l’ensemble des émissions nationales.
D’après la Commission européenne, jusqu’à 10% du gaspillage alimentaire serait lié à une mauvaise compréhension des dates de consommation qui sont indiquées sur les emballages. Quelles sont ces mentions ? Les produits alimentaires pré-emballés doivent indiquer un délai pour la consommation : la date limite de consommation (DLC)ou la date de durabilité minimale (DDM).
La date limite de consommation (DLC) indique une limite impérative. Elle est signifiée par la mention « à consommer jusqu’au… » suivie du jour, du mois, et éventuellement de l’année. Elle s'applique à la majorité des produits à conserver au frais qui sont très périssables (viandes, les poissons, la charcuterie, les plats cuisinés, produits laitiers frais etc.). Une fois la DLC dépassée, les aliments concernés sont impropres à la consommation car ils présentent un caractère dangereux pour la santé.
Pour les produits alimentaires qui ne sont pas soumises à la mention DLC, une date de durabilité minimale (DDM) est apposée, présentée sous la forme « à consommer de préférence avant… ». Celle-ci concerne les produits secs, stérilisés et déshydratés (café, lait, jus de fruit, gâteaux secs, boîtes de conserve, pâtes, riz, sucre, farine, etc.). Le dépassement de la DDM ne rend pas l'aliment dangereux pour la santé. Il peut en revanche avoir perdu son arôme ou sa consistance. Les aliments dont la DDM est dépassée, contrairement à ceux dont la DLC est dépassée, peuvent être commercialisés et consommés.
Pour clarifier davantage cette possibilité de consommer des produits dont la DDM est dépassée, les opérateurs peuvent depuis 2022 ajouter sur l’emballage les mentions « pour une dégustation optimale… » ou « ce produit peut être consommé après cette date ».
| Caractéristique | Date Limite de Consommation (DLC) | Date de Durabilité Minimale (DDM) |
|---|---|---|
| Mention | "À consommer jusqu’au…" | "À consommer de préférence avant…" |
| Type de produits | Produits frais et périssables (viandes, poissons, produits laitiers frais) | Produits secs, stérilisés et déshydratés (café, pâtes, conserves) |
| Risque pour la santé | Dangereux après la date | Non dangereux, mais perte de qualité possible |
| Commercialisation après la date | Interdite | Autorisée |
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