Érythrosine et autres colorants alimentaires dangereux : Risques et réglementations

Les colorants alimentaires sont des substances ajoutées aux denrées alimentaires pour améliorer leur apparence, en leur donnant des couleurs attrayantes et uniformes. Fruits, légumes, viandes, poissons, fromages, gâteaux, crèmes, yaourts et plats préparés sont aujourd'hui tous concernés par les colorants alimentaires.

Il existe plusieurs types de colorants, notamment :

  • Les colorants naturels, comme le jus de betterave ou la curcumine issue du curcuma (E100).
  • Les colorants de synthèse, qui sont produits industriellement mais existent dans la nature, comme l'extrait de paprika.
  • Les colorants artificiels, qui n'existent pas du tout dans la nature.

Il est donc important, lorsqu’on achète un produit alimentaire, de vérifier sur l’emballage quel type d’additif est présent. Cette information est parfois difficile à trouver, l'identification du colorant n’étant pas nominative mais codée. Dans l’Union européenne, il s’agit d’un code composé de la lettre E suivie de 3 chiffres. Celui des centaines (le 1) indique qu’il s’agit d’un colorant alimentaire quand celui des dizaines et celui des unités indiquent la couleur ou la teinte. Les colorants alimentaires sont donc tous des additifs compris entre E100 et E199.

L'Érythrosine (Red 3) : Un Colorant Controversé

L’érythrosine, aussi appelée « Red 3 », est un colorant rouge controversé, connu sous l’appellation E127 en Europe et « Red 3 » en Amérique du Nord. Cet additif synthétique créé à partir de pétrole sert à donner aux aliments ou aux gélules de médicament un aspect rose à rouge vif.

Les autorités américaines ont annoncé interdire l’utilisation du « Red 3 » dans les denrées alimentaires et les médicaments ingérés. On le trouvait jusqu’ici dans environ 3 000 produits alimentaires commercialisés aux Etats-Unis, selon la base de données de l’Environmental Working Group (EWG) : bonbons, fruits en conserve, boissons ou encore substitut végétarien au bacon. Cette décision marque une « victoire monumentale pour la santé et la sécurité des consommateurs », a salué Ken Cook, président d’EWG.

Ce colorant était déjà interdit aux Etats-Unis depuis 1990 dans les cosmétiques et les médicaments directement appliqués sur la peau, en raison de risques d’allergie et de suspicions sur son caractère cancérigène pour l’homme, après que des études ont montré qu’il provoquait des cancers chez les rongeurs. Plusieurs autres pays ont également très sévèrement restreint son utilisation : au sein de l’UE, l’érythrosine est exclusivement autorisée dans l’alimentation pour les cerises en conserve et pour cocktail, mais est utilisée par l’industrie pharmaceutique pour colorer notamment les gélules.

Risques pour la santé et réglementations

Les colorants alimentaires sont réglementés par diverses agences à travers le monde pour garantir leur sécurité. Ces agences évaluent les colorants alimentaires en fonction de leur toxicité, de leur potentiel allergène et de leur effet sur la santé à long terme. Des études ont montré que certains colorants artificiels peuvent poser des risques pour la santé.

La FDA (Food and Drug Administration) aux États-Unis régule les colorants alimentaires en exigeant des tests de sécurité rigoureux avant leur approbation. En Europe, l'EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) est responsable de l'évaluation de la sécurité des colorants alimentaires. L'EFSA publie des avis scientifiques et établit des limites maximales de résidus pour chaque colorant.

Tout en reconnaissant le caractère cancérigène du colorant chez les rats, la FDA maintient dans sa décision que les preuves ne permettent pas d’établir à ce jour un tel risque chez l’homme, pointant notamment les différences de mécanismes hormonaux entre les espèces. Elle décide toutefois de l’interdire par mesure de précaution, comme l’y oblige une loi fédérale, répondant ainsi favorablement à une requête en ce sens déposée en 2022 par plusieurs associations américaines de consommateurs.

La décision de la FDA se concentre sur la question de la cancérogénicité, mais des colorants alimentaires synthétiques, dont l’érythrosine, sont également mis en cause pour leur possible implication dans des troubles du comportement chez les enfants. « Les études sur l’homme montrent que les colorants alimentaires synthétiques sont associés à des effets neurocomportementaux néfastes chez les enfants et que la sensibilité des enfants aux colorants alimentaires synthétiques varie », alertait un rapport du gouvernement californien en 2021.

Face à ces risques, la Californie a adopté en 2023 une loi visant à interdire à partir de 2027 la fabrication et la distribution de toute denrée alimentaire comprenant de l’érythrosine.

Voici quelques exemples d'additifs alimentaires potentiellement dangereux :

  • Nitrates et nitrites (E249, E250, E251, E252) : Associés à un risque accru de cancer colorectal.
  • Glutamate monosodique (E621) : Peut affecter les neurones et est particulièrement déconseillé chez les enfants.
  • Dioxyde de titane (E171) : Sera interdit en 2026 en raison de son caractère potentiellement cancérogène.
  • Colorants azoïques (E102, E104, E110, E122, E124, E129) : Suspects de favoriser l’hyperactivité et les troubles du comportement chez les enfants.
  • Caramels (E150c, E150d) : Contiennent des substances potentiellement cancérogènes, telles que le 4-méthylimidazole (4-MEI).
  • Parabens (E214, E216, E217) : Peuvent interférer avec les hormones et sont suspectés de favoriser certains cancers.
  • Phosphates (E300, E400) : Liés à des risques cardiovasculaires et rénaux.
  • Carraghénanes (E407) : Suspects de favoriser l’inflammation intestinale, des allergies et le cancer du côlon.
  • Sulfites (E220, E221, E222) : Peuvent provoquer des réactions allergiques graves et nuire à la flore intestinale.
  • Benzoates de sodium (E211) : Suspects de favoriser l’hyperactivité et d’autres troubles comportementaux chez les enfants.

Les colorants synthétiques « n’ajoutent aucune valeur nutritionnelle et ne conservent pas les aliments. Ils ne servent qu’à [les] embellir » et pourraient donc être enlevés, selon M. Galligan. Avec cette décision, les associations de consommateurs espèrent inaugurer un changement plus large en matière de réglementation des substances synthétiques autorisées.

Alternatives et précautions

De nombreux consommateurs préfèrent éviter les colorants artificiels en raison des préoccupations croissantes concernant leur sécurité. Les colorants naturels sont une alternative populaire aux colorants artificiels.

Voici quelques conseils pour réduire votre exposition aux colorants artificiels :

  • Lire attentivement les étiquettes des aliments pour identifier la présence de colorants alimentaires.
  • Opter pour des produits qui utilisent des colorants naturels ou qui n'ont pas de colorants ajoutés.
  • Privilégier les aliments frais et naturels.
  • Modérer votre consommation de produits transformés.

Un étiquetage clair et transparent permet aux consommateurs de faire des choix éclairés sur les produits qu'ils achètent. La modération est clé. Consommer des aliments contenant des colorants alimentaires de manière occasionnelle est peu susceptible de causer des problèmes de santé. Certaines personnes peuvent être plus sensibles aux colorants alimentaires que d'autres.

Les additifs alimentaires dévoilés : les colorants artificiels et les produits chimiques à éviter...

Il est essentiel de se reporter à la dose journalière acceptable indiquée par la Commission européenne, en mg/kg de poids corporel. Celle-ci admet que 60 mg/kg est une dose maximale jusqu'à laquelle il n'y a pas de risque particulier pour la santé.

En fin de compte, la meilleure approche consiste à maintenir une alimentation équilibrée et variée, en se concentrant sur des aliments frais et naturels.

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