Le sel est un ingrédient essentiel en cuisine, bien plus qu'un simple assaisonnement. Il structure les plats, oriente les cuissons et influe sur la texture des produits. Dans cet article, plongeons au cœur de la cuisson au sel, une technique ancestrale qui révèle les saveurs et préserve l'humidité des aliments.
Quand on parle de « sel » en cuisine, on fait référence au « chlorure de sodium » (NaCl). L'organisation de ces atomes en cristaux de sel est une solution astucieuse que la matière a trouvé pour dépenser le moins d’énergie possible. En effet, par nature, certains ions sont chargés positivement (les cations comme Na+) et d’autres sont chargés négativement (les anions comme Cl-). En s’associant sous la forme d’un sel, ces ions neutralisent leurs charges opposées et ainsi se stabilisent pour dépenser moins d’énergie.
L’expression « Mettre un peu de sel dans sa vie » n’est pas le fruit du hasard. Le sel est l’élément clé pour donner du pep’s à vos plats. Lorsque vous ajoutez du sel dans un plat, il se dissout dans votre préparation et libère alors ses ions Na+ et Cl-. Ces derniers, très solubles dans l’eau, entrent en compétition avec les autres molécules déjà présentes dans le milieu. Les molécules sapides (aussi appelées arômes), qui sont très volatiles par nature, ont alors tendance à s’évaporer les premières pour « laisser la place au sel ». Voilà ce qui explique la perception plus intense des arômes quand on sale un plat !
Le dosage du sel est vraiment une affaire de goût personnel. Je vous conseille de goûter votre plat et d’ajouter le sel progressivement jusqu’à atteindre ce fameux « déclic » dont parle le Chef Schaefers !
Hygroscopie : Un mot bien tarabiscoté qui signifie simplement que le sel aime beaucoup l’eau ! En bref, dès que le sel est mis en contact avec un aliment humide, il capte son eau de constitution et le dessèche progressivement. Tous ceux qui s’empressent de mettre du gros sel sur une nappe tachée de vin maîtrisent déjà très bien l’hygroscopie.
Osmose : Pour comprendre ce phénomène, dites-vous que la nature a horreur des différences de concentration entre deux milieux séparés par une paroi poreuse (par exemple un légume, séparé par sa peau de l’eau de cuisson). Dans le cas de l’osmose, l’eau se déplace du côté le moins salé vers le côté le plus salé. La diffusion repose sur le même principe d’équilibre des concentrations en sel. Mais cette fois-ci, ce sont les molécules du sel qui traversent la paroi.
Reconnaissable grâce à son grain épais, le gros sel est ramassé au fond des œillets dans les marais salants. En cuisine, il s’utilise pour saler l’eau de cuisson ou réaliser des mets en croûte de sel, une technique qui permet de cuire un poisson ou une viande à l’étouffée, afin de préserver toutes leurs qualités gustatives. Envie d’exotisme ? Le gros sel se mêle à la perfection aux épices pour créer des sels aromatisés.
La Fleur de sel doit son joli nom à sa rareté. Si la Fleur de sel révèle le parfum de tous vos plats, de la viande aux légumes en passant par le poisson, il existe de véritables “accords gagnants”. Les produits à la saveur franche seront particulièrement magnifiés par la fleur de sel. Côté dessert, on retrouve les alliances de la fleur de sel et du chocolat, du caramel ou encore de la vanille.
La cuisson en croûte de sel est une technique ancestrale qui séduit autant par son esthétique que par ses qualités gustatives. En enveloppant un poisson, une volaille ou même des légumes, comme le céleri iodé en croûte de sel, dans un mélange de gros sel et d’eau, on crée une véritable coque protectrice. On l'enrichit parfois d’herbes ou de blancs d’œufs pour encore plus de saveurs. Cette croûte isole les aliments de l’air, les cuit à l’étouffée et préserve toute leur humidité naturelle.
Lorsqu’il est enfourné sous une épaisse gangue de sel, le bar cuit dans sa propre humidité. Le sel, combiné à du blanc d’œuf, forme une croûte hermétique qui préserve la chair du dessèchement et concentre les arômes. À la sortie du four, la croûte se brise comme une coque, libérant un poisson nacré, d’une tendreté remarquable.
Recette du bar en croûte de sel (pour 4 personnes):
Préparation:
À servir simplement, avec un filet d’huile d’olive citronnée.
D'un point de vue chimique, on peut encore aller plus loin en évoquant les propriétés hygroscopiques du sel. En contact avec un aliment humide, le sel a la capacité d'absorber l'eau contenue dans la nourriture. Et c'est ce phénomène qui est intéressant à retenir en cas de coupure d'électricité. On peut en effet obtenir une cuisson singulière, que l'on ne pourra comparer ni à une cuisson à la poêle ni à la consommation crue. C'est en fait le principe d'une recette d'origine suédoise : le gravlax. On l'adapte généralement au saumon.
Pour que la recette soit un succès, le pavé doit être d'une extrême fraîcheur. Il s'agit de l'enduire de sel (du gros sel, pas du sel de table !) et de serrer la préparation dans un film alimentaire avant de réfrigérer le tout durant au moins 12h.Souvent, on conseille de poser une assiette ou un objet lourd sur le saumon pour que le sel pénètre parfaitement dans les chairs. Si l'on "cuit" le saumon avec le sel, on lui donne du goût en le mélangeant à du poivre, des baies roses et des branches d'aneth que l'on vient apposer tout autour du pavé de saumon. Au final, on obtient une enveloppe légèrement desséchée et un coeur de saumon tendre facile à découper.
L'idée est d'autant plus astucieuse que le saumon ne constitue pas l'unique choix. On peut préparer selon la méthode gravlax de la truite, sinon un poisson blanc comme le cabillaud, voire même des maquereaux si ces derniers sont d'une fraîcheur irréprochable.
Le sel peut être utilisé pour faire dégorger un concombre afin de le rendre plus digeste. On emploie également du sel pour faire suer des échalotes ou des oignons dans du beurre. Cela facilite leur cuisson en accélérant l’évaporation de l’eau. Dans ce but précis, on ajoute le sel dès que le légume est coupé et on laisse assez de temps à l’osmose pour se produire.
Si on veut obtenir des légumes bien fermes et croquants, il faut éviter de les vider de leur eau ! Maintenant que vous avez bien saisi la notion de différence de concentration, vous allez facilement comprendre pourquoi il faut saler l’eau de cuisson. Si l’eau n’est pas ou peu salée, sa concentration en sel sera inférieure à la concentration naturelle en minéraux des légumes.
Il est également recommandé de saler l’eau de cuisson pour les céréales (riz, pâtes, quinoa, millet…). Vous avez remarqué que les céréales gonflent en cuisant ? C’est parce qu’elles absorbent l’eau de cuisson ! À contrario, il est déconseillé de saler l’eau des légumineuses car cela a tendance à durcir leur peau et à ralentir leur cuisson. Ne salez l’eau que lorsqu’elles sont « al dente« , c’est-à-dire légèrement fondantes.
| Type d'aliment | Quand saler ? | Pourquoi ? |
|---|---|---|
| Légumes | Pour dégorger : dès le début ; Pour eau de cuisson : pendant l'ébullition | Dégorger : extraire l'eau ; Eau de cuisson : préserver la fermeté |
| Viande | Marinades : à l'avance ; Mijotés : après coloration | Marinades : booster les arômes ; Mijotés : éviter le dessèchement |
| Céréales | Pendant la cuisson | Favoriser l'absorption de l'eau |
| Légumineuses | En fin de cuisson (al dente) | Éviter de durcir la peau |
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