Les scandales et crises alimentaires sont des scénarios qui se répètent dans le secteur agroalimentaire et la grande distribution. Ces crises, aux conséquences parfois dramatiques, illustrent la complexité de la chaîne alimentaire actuelle et la montée en puissance du modèle agroalimentaire intensif. D’où la nécessité de se préparer à la gestion de crise et à la communication de crise.
Une crise sanitaire se définit comme l’apparition ou la menace imminente d’une maladie ou d’un état de santé qui affecte, ou pourrait affecter, de manière significative la santé d’une population. Elle peut être causée par une épidémie, une pandémie, une contamination environnementale, un accident industriel, ou encore la défaillance de produits de santé.
Pour toute organisation, qu’elle soit publique ou privée, comprendre la nature d’une crise sanitaire est fondamental. Au-delà de l’impact direct sur la santé des collaborateurs et du public, une crise sanitaire peut entraîner des conséquences économiques, sociales, et réputationnelles majeures.
Nombre d'entreprises et de groupes font appel à des structures comme Nitidis pour les préparer à leur gestion de crise et communication de crise. L’agence Nitidis en accompagne de nombreux depuis des années dans cette démarche d’excellence et de résilience.
La gestion de crise et la communication de crise : un savoir-faire nécessaire à la gestion de ces crises et scandales alimentaires.
Le cabinet Nitidis est toujours très vigilant sur l’évolution de ces crises et sur l’accompagnement des diverses parties prenantes qui constituent les acteurs de ces scandales ou crises alimentaires. Que ce soit sur le plan de l’anticipation ou de la gestion à chaud de ces épisodes de crise (audit des procédures existantes, recommandations, guide de gestion de crise, plan de gestion de crise, process, rappel de produit, information clients, monitoring des plans de communication [on-line/offline], communication digitale, RP, communication de crise, exercice de gestion de crise, formations, média training, etc.).
L’agence Nitidis a conçu un programme d’accompagnement et de formation à la gestion de crise alimentaire entièrement dédié à l’environnement des risques auxquels s’exposent les entreprises et industriels de l’agroalimentaire. Ce programme de formation comporte différentes phases se déployant depuis la théorie et l’apprentissage des bonnes pratiques auprès des cadres et acteurs concernés au sein des structures, jusqu’aux exercices de crise et simulations de situation de crise. L’objectif étant d’acquérir et/ou consolider les bonnes pratiques et réflexes à mettre en œuvre en gestion de crise et communication de crise.
Ces scandales ou scénarios souvent catastrophiques semblent se répéter malgré les règles et normes (notamment françaises) de plus en plus sévères qui visent à les limiter, voire les éviter. Mais c’est sans compter sur la cupidité de certains et sur la notion de profit, et de productivité visée, au détriment de la qualité et surtout de la santé publique.
Voici un récapitulatif non exhaustif de quelques crises et scandales alimentaires ayant touché la France ces 30 dernières années.
Fort heureusement, de nombreux acteurs de la filière agroalimentaire et de la grande distribution respectent la réglementation en vigueur et sont même des acteurs majeurs de la prévention de ces crises. Il faut également saluer les actions et mises en lumière réalisées par les institutions ainsi que certaines associations qui jouent un rôle majeur dans ce combat et dans l’aide à la gestion de crise.
Le fipronil est un produit phytosanitaire très efficace dans le traitement antiparasitaire des animaux domestiques. En revanche, il est strictement interdit chez les animaux destinés à la consommation humaine. Pourtant, de faibles doses de cet insecticide, considéré comme « modérément toxique » par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), se sont retrouvées dans les assiettes des consommateurs européens.
Si de nombreux ovoproduits - c’est-à-dire des produits obtenus à partir d’œufs, tels que des biscuits, des sauces ou des pâtes - sont concernés, des œufs de consommation sont également incriminés, dont au moins 250 000 en France, écoulés entre avril et juillet. Des exploitations conventionnelles mais aussi bio sont concernées.
Les autorités néerlandaises étaient au courant du problème depuis le mois de novembre 2016 de cette pratique illicite et n’ont pas alerté les autorités européennes pour autant. Le ministère de l’agriculture français a tenté vendredi 11 août de minimiser la situation, affirmant : « Nous ne faisons pas face à un scandale sanitaire, mais à une fraude. »
Les étals de boucherie sont regardés de travers, dans le sud de la France. Après deux années d’une enquête franco-espagnole provoquée par un courrier anonyme, vingt et une personnes sont interpellées. En cause : un trafic de viande de cheval, revendue pour la consommation après avoir servi dans l’industrie pharmaceutique, notamment chez Sanofi.
Achetés sur pied, notamment par un maquignon du Gard pour la somme dérisoire de 10 euros la bête auprès de Sanofi, ces chevaux, qui auraient dû être revendus comme chevaux de loisirs, ont été cédés à une société de Narbonne (Aude) avant d’être abattus pour certains en Espagne, et de terminer, grâce à des falsifications de carnets d’abattage, sur les étals de boucheries chevalines.
Une convention internationale souligne pourtant que tout animal ayant servi à des programmes scientifiques ne peut être destiné ensuite à la consommation humaine.
L’affaire éclate au début de l’année 2013. Les autorités sanitaires britanniques découvrent que des steaks hachés certifiés « pur bœuf, produits en Irlande » contiennent en réalité de la viande de cheval. Alerté par un sous-traitant, le grand groupe suédois Findus conduit des tests sur ses produits et annonce au début de février avoir trouvé de la viande équine dans ses lasagnes, d’abord au Royaume-Uni, puis en France.
L’entreprise retire aussi par précaution ses moussakas et ses hachis parmentiers dans plusieurs pays européens. L’entreprise qui a produit les lasagnes est française, installée à Metz (Moselle) : Comigel. La société fabrique des plats préparés pour au moins vingt-huit entreprises dans treize pays, dont différents gros distributeurs, tels que Picard, Carrefour, Auchan, Monoprix, etc. Son fournisseur de pain de viande est aussi français : Spanghero, situé dans le sud-ouest de la France.
C’est cette société de transformation de viande qui est accusée d’avoir changé l’étiquetage de la viande de cheval roumaine en « viande bœuf origine UE ». Selon l’agence française antifraude (la DGCCRF), ce sont 750 tonnes de viande faussement étiquetées qui sont sorties de l’usine Spanghero.
S’il est sans conséquence sur la santé des consommateurs européens - au moins six pays affirment avoir trouvé du cheval dans leurs produits surgelés -, le scandale a montré la complexité du circuit commercial suivi par la viande en Europe. Elle avait ainsi été achetée en Roumanie par l’intermédiaire d’un tradeur chypriote, avec une boîte postale belge, et stockée aux Pays-Bas.
L’entreprise suédoise d’ameublement se retrouve empêtrée dans un scandale sanitaire. Des tests effectués par des inspecteurs sanitaires des Douanes chinoises révèlent que des gâteaux au chocolat, vendus dans les cafétérias de l’enseigne, contenaient des bactéries coliformes, laissant suspecter une contamination aux matières fécales. La France figurait parmi les vingt-trois pays concernés par la mise en vente du produit.
Ikea avait immédiatement retiré ces gâteaux de la vente, mais 6 000 tartelettes contaminées avaient déjà été consommées dans l’Hexagone.
La psychose du début d’été 2011 est à la mesure des événements : 47 morts, pour la plupart allemands, et 4 000 malades dans douze pays différents. La crise sanitaire se caractérise par une épidémie de gastro-entérites due à la bactérie Escherichia coli, d’une ampleur sans précédent. Cette bactérie intestinale, très commune chez l’être humain, présente certaines souches extrêmement pathogènes.
La présence de la bactérie est d’abord attribuée à un « concombre tueur » venu du sud de l’Espagne. Ensuite, ce sont les tomates qui sont soupçonnées de véhiculer la bactérie, puis des salades. Après des semaines d’enquête, l’origine du scandale est finalement attribuée à une ferme biologique allemande productrice de graines germées, située à Bienenbüttel (Basse-Saxe).
Selon l’Institut fédéral allemand de veille sanitaire (RHKI), la conclusion de l’enquête n’est pas présentée comme irréfutable, mais plutôt comme le produit d’une « chaîne d’indices tellement importante » et d’une absence « d’autre piste sérieuse ». Six ans après les faits, on ignore toujours ce qui, dans la chaîne de production, a pu conduire à une contamination.
En France, les ventes de légumes crus, notamment les concombres, s’effondrent. Les commissaires européens chargés de l’agriculture et de la santé débloquent une aide de 210 millions pour couvrir les 70 % des pertes.
Les premiers soupçons apparaissent au début de l’année 1999, en Belgique. La mort de nombreux poulets ainsi que la perte d’œufs d’élevage qui n’ont pas éclos inquiètent les éleveurs. A la fin d’avril, les analyses parlent : on y trouve des traces de dioxine jusqu’à 100 fois supérieures à la norme imposée par l’Organisation mondiale de la santé.
En cause, l’alimentation de ces volailles, avec un nutritif contenant de l’huile alimentaire mêlée à de l’huile de vidange. D’autres élevages de pays voisins sont rapidement concernés, notamment en France, en Allemagne et aux Pays-Bas. La panique s’empare des consommateurs, et les supermarchés vident leurs étals.
Les dioxines et les furanes sont des substances chimiques dérivant de la combustion de matériaux organiques. Sur 210 types de dioxines ou de furanes (poly)chlorés, dix-sept sont estimés toxiques à des degrés divers. Depuis février 1997, les dioxines TCDD sont classées cancérigènes pour l’homme par le Centre de recherche sur le cancer (CRC).
Plusieurs autres épisodes de contamination à la dioxine suivront, notamment de la viande de porc irlandais en 2008, ou de la mozzarella, à cause de la contamination du lait des bufflonnes de la région de Naples, dont l’environnement est infecté par les déchets.
Le premier cas d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) est détecté au Royaume-Uni en 1986. Il s’agit de la maladie dite de « la vache folle », terme évocateur des symptômes présentés par l’animal en phase terminale de la maladie : anomalies de locomotion (démarche vacillante, perte d’équilibre), troubles du comportement (nervosité, agressivité), hyperexcitabilité (au bruit, au toucher, à la lumière).
Cette infection mortelle est, en effet, une dégénérescence du système nerveux central. Sa durée d’incubation est de cinq ans en moyenne. La cause de la maladie est rapidement identifiée : l’alimentation. L’ESB s’est, en effet, propagée parmi les bovins par leur nourriture comportant des farines de carcasses et d’abats d’animaux (bovins ou ovins) atteints d’encéphalopathie spongiforme.
L’interdiction de ces farines animales a d’ailleurs considérablement ralenti la courbe de l’épidémie bovine britannique. Mais l’infection touchera autour de 200 000 bovins. La panique atteint le grand public quand les scientifiques établissent une transmission de l’animal à l’homme par le biais de la consommation de viande. La maladie de Creutzfeldt-Jakob s’invite à la « une » des médias et fait officiellement 204 morts.
Des centaines de milliers de bovins sont alors abattus, un embargo est imposé sur le bœuf britannique et les farines animales sont interdites (à nouveau autorisées depuis 2013 pour l’élevage de poissons).
Cette intoxication alimentaire reste l’une des plus graves du siècle, avec près de 1 000 morts et 25 000 personnes malades, dont 5 000 handicapées à vie. Des huiles de colza contenant de l’aniline (un dérivé du benzène), en théorie réservées à l’industrie, avaient été vendues comme huile de table sur les marchés pendant des années par de petits entrepreneurs véreux.
Ils furent condamnés à de lourdes amendes après des années de procès.
Lorsqu’un affichage en supermarché ou une annonce à la radio demande de rapporter des produits alimentaires ou de ne pas les consommer, cela signifie qu’une alerte alimentaire a été déclarée. Mais qu’est-ce qu’une alerte alimentaire ? Comment la détecte-t-on ? Qui sont les acteurs qui interviennent dans le processus ? Pourquoi les alertes sont aussi fréquentes ?
La Mission des urgences sanitaires (MUS) de la Direction générale de l’alimentation du Ministère de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire joue un rôle de chef d’orchestre : en cas d’alertes alimentaires, la MUS coordonne au niveau national les investigations et les contrôles des services du MASA, en lien étroit avec le CORRUSS.
Lorsqu’un aliment a été mis sur le marché et qu’il est constaté a posteriori qu’il présente un danger (par exemple à la suite de la réception tardive d’un résultat d’analyse, ou d’un autocontrôle effectué par un client professionnel), ce produit doit être retiré du marché.
Les alertes alimentaires se renouvellent constamment. De nouvelles entreprises s’installent, de nouveaux produits et de nouveaux modes de consommation se développent, ce qui peut générer de nouveaux dangers. Les alertes sont ainsi le témoin d’un système de contrôle actif et vigilant.
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