Le Venezuela est confronté à une crise sans précédent, caractérisée par l'hyperinflation, la sous-alimentation croissante, la maladie, la criminalité, ce qui entraîne une émigration massive. Cette situation représente la pire crise économique de l'histoire du Venezuela et l'une des plus graves qu'un pays n'ayant pas été en guerre depuis la seconde moitié du XXe siècle ait jamais connu.
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Hugo Chávez a été élu Président du Venezuela pour la première fois en 1998. La hausse des prix du pétrole au début des années 2000 a conduit à des niveaux de financement inégalés au Venezuela depuis les années 1980. Dans le but de maintenir le pouvoir politique par le biais de programmes sociaux, Chávez a mis sur pied des missions bolivariennes visant à fournir des services publics destinés à améliorer les conditions économiques, culturelles et sociales.
Les missions comprenaient la construction de milliers de cliniques gratuites pour les pauvres, ainsi que la promulgation de subventions à la nourriture et de logements. Un rapport de l'Organisation des États américains (OEA) publié en 2010 indiquait les progrès accomplis dans la lutte contre l'analphabétisme, les soins de santé et la pauvreté, ainsi que les progrès économiques et sociaux. La qualité de vie des Vénézuéliens s'est également améliorée selon un indice de l'ONU.
Teresa A. Meade a écrit que la popularité de Chávez dépendait fortement "des classes inférieures qui ont bénéficié de ces initiatives en matière de santé et de politiques similaires". Le travail social initié par le gouvernement de Chavez reposait sur les produits pétroliers, le pilier de l'économie vénézuélienne, qui a provoqué la maladie hollandaise, selon Javier Corrales.
Les investissements sociaux du gouvernement (par le biais des misiones) dans les domaines éducatifs, alimentaires et médico-sanitaires, créées depuis 2001 ont assez rapidement permis d'améliorer le niveau de vie de la population : le taux de pauvreté est réduit entre 2003 et 2008 de près de 30 points (de 54 % à 26 %), dont une diminution particulièrement significative de l'extrême pauvreté de 72 %, tandis que près de 1 250 000 personnes ont été alphabétisées entre 2003 et 2004 selon les chiffres de la Banque centrale du Venezuela (Banco Central de Venezuela). Ces progrès sociaux s'accompagnent aussi d'une réduction des inégalités mesurées par l'indice de Gini.
En 2013, la FAO félicite le Venezuela pour ses progrès « remarquables et extraordinaires » en matière de lutte contre la sous-nutrition. L'organisme onusien estime la proportion de personnes affectées par la faim réduite de 14,1 % en 1990 à 4,6 % en 2013, malgré l'accentuation du problème jusqu'en 2001.
D'après Martinez Lazaro, professeur d'économie à l'école des affaires IE à Madrid, les problèmes économiques que le Venezuela a continué de subir sous Maduro, se seraient produits même si Chávez était toujours au pouvoir.
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En mars 2013, après la mort de Chávez, Nicolás Maduro devient d'abord président par intérim. Il est ensuite élu en avril 2013, après avoir battu son adversaire Henrique Capriles Radonski par 235 000 voix, soit une marge de 1,5%. Maduro a gardé la plupart des politiques économiques existantes de son prédécesseur Chávez.
Maduro a blâmé la spéculation capitaliste d'avoir entraîné des taux d'inflation élevés et créé une pénurie de produits de première nécessité. Il a déclaré qu'il faisait face à une "guerre économique". En 2014, le Venezuela est entré en récession économique et en 2016, son taux d'inflation était de 800%, le plus élevé dans l'histoire du pays.
Le président Nicolás Maduro est très critiqué pour ses décisions économiques. Il maintient notamment une politique de contrôle des changes qui impose une parité du bolivar (la monnaie vénézuélienne) face au dollar ; des hommes d'affaires ont ainsi pu acheter des dollars à un prix très inférieur à leur valeur réelle, provoquant une importante fuite des capitaux.
En raison de la spirale inflationniste, les entreprises ne fixent plus les prix des produits en fonction du coût de production, mais par rapport à ce qu'elles estiment qu'il faudra dépenser pour les produire de nouveau à l'avenir, relançant ainsi le processus inflationniste. Pour y répondre, le gouvernement a renforcé le contrôle des prix dans le pays - limitant à 30 % les marges autorisées -, ce qui a conduit au développement d'un marché noir important, notamment pour les devises étrangères.
En mars 2019, le Wall Street Journal a déclaré que "M. Maduro utilise depuis longtemps la nourriture et d'autres aides gouvernementales pour faire pression sur les Vénézuéliens appauvris pour qu'ils assistent à des rassemblements pro-gouvernementaux et pour qu'ils le soutiennent pendant les élections, alors que la crise économique du pays s'intensifie".
Pour l'ancien rapporteur indépendant auprès des Nations unies Alfred de Zayas, les sanctions américaines relèvent de « crimes contre l'humanité » puisqu'elles détériorent sensiblement la sécurité alimentaire et le système sanitaire du pays. Cette politique a été critiquée par des personnalités politiques américaines.
Le conflit global engendré par la guerre russo-ukrainienne pousse les États-Unis à reconsidérer le Venezuela pour garantir ses imports pétroliers. Le gouvernement ne réussit pas à réduire les dépenses face à la baisse des revenus pétroliers et gère la crise en niant son existence et en réprimant violemment l'opposition.
La corruption politique, les pénuries chroniques d'aliments et de médicaments, la fermeture d'entreprises, le chômage, la baisse de la productivité, l'autoritarisme, les violations des droits de l'homme, la mauvaise gestion économique et la forte dépendance à l'égard du pétrole contribuent également à l'aggravation de la crise.
Certaines critiques disent que la crise est provoquée par les politiques socialistes du pays, bien que la plupart de ces politiques aient été qualifiées de populistes, celles-ci sont utilisées pour maintenir le pouvoir politique. D'autres critiques affirment que la crise a plus à voir avec la gouvernance antidémocratique, la corruption et la mauvaise gestion de l'économie.
En 2018, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH) documente que « les informations recueillies indiquent que la crise socio-économique se déroulait depuis plusieurs années » avant les sanctions internationales.
La crise affecte la vie de la population moyenne du Venezuela à tous les niveaux. Les données de l'ONU soulignent qu'entre 2016 et 2017, 600 000 Vénézuéliens ont basculé dans la sous-alimentation, alors que ce problème avait quasiment été éradiqué au cours des années 2000 : la proportion de personnes souffrant de la sous-alimentation avait chuté de 16,3 % en 2000 à 3,6 % en 2010.
En 2017, près de soixante-quinze pour cent de la population a perdu du poids, en moyenne plus de 8 kg selon une étude d'une université vénézuélienne, et plus de la moitié ne dispose pas d'un revenu suffisant pour couvrir leurs besoins alimentaires de base.
Reuters indique qu'un rapport de l'ONU estimait en mars 2019 que 94 % des Vénézuéliens vivent dans la pauvreté et que plus de 10 % des Vénézuéliens (3,4 millions) ont quitté leur pays. Cette émigration provoque une baisse du nombre de médecins par habitant, tandis que l'embargo instauré par les États-Unis empêche le Venezuela d'importer des médicaments.
L'analyse des Nations unies estime en 2019 que 25 % des Vénézuéliens ont besoin d'une forme d'aide humanitaire. Le Panorama de la sécurité alimentaire, publié par quatre agences de l'ONU (FAO, l'OMS, le Programme alimentaire mondial et l'UNICEF), estime que 11,7 % des Vénézuéliens sont sous-alimentés en 2017, soit une proportion plus élevée que le taux planétaire (10,9 %) mais inférieure à la région caraïbe (17 %).
D'après l'Église catholique vénézuélienne, la situation nutritionnelle se serait un peu améliorée en 2018 sous l'effet des mesures gouvernementales de lutte contre l'inflation.
| Année | Pourcentage de la population vivant dans la pauvreté |
|---|---|
| 1998 | 45% |
| 2017 | 87% |
| 2019 | 87% |
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